L’affaire Lyhanna : témoignage horrifiant d’un professeur d’éducation physique sur le comportement de Jérôme Barella envers ses élèves, regrettant de ne pas l’avoir immédiatement signalé à la police
L’onde de choc est totale dans le département du Gers. Après la découverte tragique du corps de la petite Lyhanna, une affaire qui a plongé la France dans l’effroi, les langues se délient. Au milieu de ce traumatisme collectif, une figure émerge : Damien, professeur de sport à Auch. Pour lui, le nom de Jérôme Barella n’est pas celui d’un inconnu, mais celui d’un homme dont il a croisé le chemin au cours de la saison 2024-2025. Aujourd’hui, Damien vit avec un fardeau qu’il peine à porter : celui de ne pas avoir dénoncé plus tôt des agissements qu’il savait anormaux, convaincu que la présence des enfants du suspect constituait un rempart contre le mal.

Un “sanctuaire” infiltré par le vice
Pour Damien, son club de sport à Auch n’était pas un simple lieu d’entraînement. Il le qualifie lui-même de « sanctuaire », un endroit où il accompagnait des élèves de leur plus jeune âge jusqu’à leur entrée dans la vie adulte. La confiance y était le socle de chaque relation. Lorsqu’à l’automne 2024, Jérôme Barella s’est présenté pour inscrire ses filles, le professeur n’a rien détecté de suspect dans l’immédiat. Mais au fil des séances, une gêne diffuse a commencé à s’installer, une intuition qui, avec le recul, s’est transformée en une certitude douloureuse.
Le suspect ne se comportait pas comme les autres parents accompagnateurs. Alors que ces derniers respectaient une certaine distance, laissant les enfants pratiquer leurs activités, Barella s’immisçait systématiquement. Il restait dans le groupe des mineurs, fuyant la compagnie des adultes. Les jeux qu’il proposait – lutte au sol, portés dans les airs, contacts physiques fréquents – créaient un malaise manifeste parmi les adhérents et les autres moniteurs.
L’illusion de la normalité : le piège des enfants-outils
Le point le plus glaçant du récit de Damien réside dans la stratégie déployée par Jérôme Barella. Selon le professeur, le suspect utilisait sa propre famille comme un paravent. La présence de ses filles agissait comme une « endormissement de la méfiance ». Comment soupçonner un père qui vient avec ses enfants ? Damien l’admet sans détour : « Tout aurait été traité différemment s’il s’était agi d’un homme seul. » Cette mise en scène de la normalité familiale a permis au suspect de tisser une toile complexe autour de ses victimes potentielles.
C’est dans ce cadre, sous le couvert d’une amitié entre sa fille et les autres enfants du cours, que Barella a pu approcher la jeune Rosa, aujourd’hui victime présumée. Le professeur rapporte que ce sont les filles du suspect qui invitaient les camarades à des soirées pyjama, une manœuvre habilement orchestrée pour isoler les proies hors du cadre surveillé du club. « Il se servait de ses enfants comme d’un outil », martèle Damien, conscient désormais de la dimension prédatrice de cette manipulation.
Le poids de la culpabilité et l’appel à la vigilance
Aujourd’hui, alors que le drame de Lyhanna a révélé la face sombre du suspect au grand jour, Damien se retrouve face à ses propres fantômes. Il avait pourtant partagé ses doutes avec un cercle restreint d’adhérents. Ces derniers, tout comme lui, avaient ressenti la même gêne, le même malaise, sans pour autant oser franchir le pas du signalement officiel. « On a l’impression d’avoir raté quelque chose », confie-t-il, la voix empreinte de regrets.
Le professeur est formel : ce sentiment de culpabilité ne doit plus paralyser la société. Son témoignage, au-delà de la douleur, se veut un appel vibrant à la responsabilité collective. Il insiste sur la nécessité de sortir de cette réserve sociale qui empêche souvent d’intervenir par peur de se tromper ou de paraître intrusif. « Quand quelqu’un a un doute sur quoi que ce soit, maintenant, il faut en parler, il ne faut pas hésiter », supplie-t-il. Pour lui, le moindre signe d’alerte, la moindre anomalie dans le comportement d’un adulte envers un enfant, doit désormais être considéré comme un signal prioritaire.

Une leçon pour l’avenir
L’affaire Jérôme Barella laisse derrière elle une traînée de détresse dans le Gers, mais elle force également une remise en question profonde des structures sportives et sociales. Comment mieux protéger nos enfants ? Comment déceler les prédateurs qui se cachent derrière l’apparence de la respectabilité ? Le cas de Damien prouve que l’intuition est un outil puissant, mais qu’elle doit impérativement être suivie d’actes concrets.
Alors que l’enquête se poursuit pour faire la lumière sur l’intégralité des faits reprochés à Barella, le cri d’alarme de ce professeur de sport résonne comme une nécessité. Ce « sanctuaire » qu’il chérissait a été souillé par une malveillance qu’il n’a pas su arrêter à temps. Son témoignage, marqué par une honnêteté brutale, est peut-être la clé pour éviter, demain, que d’autres adultes ne restent dans le silence face à l’indicible.