Dernières nouvelles : Le président Tebboune annonce une coupure générale de courant en Tunisie, et les Tunisiens accusent l’Algérie !

Le jour où la Tunisie s’est éteinte : Chronique d’une nuit de chaos
Dans la nuit du mardi au mercredi, une obscurité totale et sans précédent a enveloppé la République tunisienne. En l’espace de quelques minutes, le pays s’est retrouvé brutalement paralysé, plongé dans un black-out généralisé du nord au sud, de l’est à l’ouest. Plus une seule lumière, plus un seul climatiseur en marche, des usines à l’arrêt et des infrastructures vitales fonctionnant au ralenti sous la détresse des générateurs de secours. Pour un État moderne, une panne de courant de cette envergure nationale est un événement rarissime, un signal d’alarme critique qui démontre la fragilité extrême d’un système.
Très vite, la panique a laissé place à l’incompréhension, puis à la colère. Sur les réseaux sociaux, les spéculations les plus folles ont commencé à circuler à la vitesse de l’éclair. Mais au lieu de chercher les causes techniques au sein de leurs propres installations, de nombreux internautes tunisiens, influencés par des discours politiques préexistants, ont immédiatement tourné leurs regards vers la frontière ouest. Une théorie du complot est née en quelques minutes : l’Algérie aurait délibérément coupé les ponts énergétiques pour punir ou humilier la Tunisie.
Pourtant, la réalité des faits, confirmée par les autorités techniques tunisiennes elles-mêmes, raconte une histoire diamétralement opposée. Loin d’être le bourreau de cette affaire, l’Algérie s’est une nouvelle fois imposée comme le sauveur indispensable, mettant en lumière la dépendance structurelle de son voisin.
La vérité technique : Ce qui s’est réellement passé à 1h00 du matin
Pour comprendre l’origine de ce désastre, il faut analyser les déclarations officielles de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), et notamment les interventions de son Directeur Général, Hisham Anan. Contrairement aux rumeurs de sabotage extérieur, la panne trouve sa source au cœur même du réseau tunisien, plus précisément dans la station de conversion d’énergie haute tension de Radès.
Le problème a débuté par un phénomène de surpression et d’amorçage sur les lignes de transmission à haute tension de 225 000 volts, fortement sollicitées. Ce dysfonctionnement majeur a entraîné une baisse brutale de la pression anticyclonique, provoquant la perte immédiate d’environ 870 mégawatts (MW) produits par les centrales locales. Face à ce déficit massif et soudain, le système de sécurité automatisé a tenté de compenser en demandant aux autres stations d’atteindre leur capacité de production maximale. Malheureusement, la charge était trop lourde. L’effet domino est devenu inévitable : pour éviter une destruction totale des équipements, les centres de production se sont séparés les uns après les autres, provoquant l’effondrement complet du système électrique national.
Devant l’urgence de la situation et l’incapacité du réseau tunisien à se relancer de manière autonome, les ingénieurs n’avaient qu’une seule solution viable à court terme pour amorcer le processus de restauration : se connecter en urgence au réseau électrique de l’Algérie.
L’Algérie à la rescousse : Le grand frère énergétique

« Nous sommes un seul et même réseau », a rappelé le directeur de la STEG pour justifier le recours immédiat à l’infrastructure algérienne. Pour redémarrer un système électrique national totalement éteint (une procédure complexe appelée Black Start), il faut une impulsion d’énergie extérieure majeure que les centrales locales ne pouvaient plus fournir. C’est l’Algérie, grâce à la stabilité de ses infrastructures et à sa surproduction énergétique, qui a fourni cette puissance initiale salvatrice dès les premières heures de la crise.
Grâce à cette interconnexion solidaire, le courant a pu être réinjecté progressivement dans les différentes régions de la Tunisie. Les équipes techniques, assistées par la stabilité du flux algérien, ont travaillé d’arrache-pied pendant plus de cinq heures pour réactiver manuellement les zones que les systèmes automatisés ne parvenaient pas à rétablir, s’assurant ainsi que le réseau de distribution était sain pour éviter d’endommager les appareils électroménagers des citoyens.
Au matin, le Directeur Général Hisham Anan confirmait que toutes les stations de production étaient de retour dans un système intégré et connecté. Mais si la lumière est revenue dans les foyers tunisiens, le ressentiment et la polémique, eux, ne font que commencer à grandir du côté algérien.
Entre arrogance politique et ingratitude : La colère légitime des Algériens
Ce qui provoque aujourd’hui l’indignation légitime de l’opinion publique algérienne, c’est le décalage flagrant entre la solidarité indéfectible de leur pays et l’attitude perçue comme arrogante de certains dirigeants et citoyens tunisiens. Récemment encore, un ancien ministre tunisien s’était illustré dans les médias par des déclarations jugées méprisantes, affirmant haut et fort que la Tunisie était « plus grande que l’Algérie », que ce soit par son histoire, ses compétences, ses richesses ou son savoir, réfutant toute notion de « grand frère » et affirmant que la Tunisie n’avait nullement besoin de l’Algérie.
Pour le peuple algérien, voir la Tunisie s’effondrer énergétiquement en l’espace d’une nuit et accuser l’Algérie, alors même que c’est l’électricité algérienne qui les a sortis des ténèbres, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les commentaires acerbes se multiplient sur Internet : « Comment un pays qui se prétend plus grand et plus développé peut-il se retrouver totalement dans le noir à cause d’une seule panne de station, au point de devoir mendier l’aide de son voisin pour rallumer ses ampoules ? »
Les observateurs les plus critiques rappellent des réalités économiques criantes. La Tunisie traverse une crise économique profonde, marquée par des pénuries récurrentes de produits de première nécessité. Sans l’appui logistique et commercial de l’Algérie, l’approvisionnement en denrées de base, comme le sucre ou le carburant, serait gravement compromis. L’ingratitude de certains internautes tunisiens face à cette main tendue permanente est perçue en Algérie comme une insulte à la fraternité historique qui lie les deux peuples.
Vers une redéfinition des relations bilatérales ?
En politique internationale, les sentiments n’existent pas ; seuls les intérêts et les rapports de force comptent. Cette crise du black-out vient de rappeler cruellement à la Tunisie sa vulnérabilité stratégique. Un État ne peut pas revendiquer une supériorité morale ou historique tout en dépendant directement du réseau technique de son voisin pour des besoins aussi fondamentaux que la lumière et l’énergie.
Si les relations officielles entre le président Tebboune et les dirigeants tunisiens restent cordiales et basées sur l’entraide, la fracture au sein des populations est bien réelle. Les Algériens demandent désormais du respect. Ils ne supportent plus d’être critiqués ou accusés de complotisme par ceux-là mêmes qu’ils soutiennent à bout de bras, que ce soit par le tourisme de masse, les aides énergétiques ou les accords commerciaux.
Cette nuit noire en Tunisie aura eu le mérite de jeter une lumière crue sur une vérité indéniable : l’Algérie demeure le pilier de la stabilité énergétique et économique de la région d’Afrique du Nord. Il est grand temps que certains discours politiques tunisiens fassent preuve de plus d’humilité et de réalisme, car si l’Algérie venait un jour à fermer définitivement les vannes, ce ne sont pas seulement les lampes de Tunis qui s’éteindraient, c’est l’économie tout entière du pays qui basculerait dans le néant.