Disparition de Lyhanna : les dernières déclarations bouleversantes de la mère sur le suspect, qui glacent le sang : “Il achetait des bonbons pour avoir le droit de lui faire des chatouilles.”
À Fleurance, dans le Gers, le silence n’a plus rien d’ordinaire. Depuis la disparition de Lyhanna, 11 ans, survenue vendredi, l’inquiétude a laissé place à une angoisse sourde, lourde, presque impossible à contenir. Les recherches se poursuivent, les enquêteurs avancent pas à pas, mais dans cette affaire, ce sont désormais les mots de la mère de la collégienne qui résonnent avec une force particulière. Des mots simples, prononcés avec la douleur d’une mère, mais qui donnent à cette disparition une dimension encore plus glaçante.

Interrogée par ICI Occitanie, Charly Rameau, la mère de Lyhanna, a raconté qu’elle avait déjà exprimé à sa fille une consigne très claire au sujet du suspect. « Je lui ai dit que je ne voulais plus qu’elle lui adresse la parole ou qu’elle le voie », a-t-elle confié. Une phrase qui, aujourd’hui, prend une résonance tragique. Elle ne parle pas d’un inconnu croisé par hasard, mais du père de la meilleure amie de sa fille, un homme que l’enfant avait déjà rencontré dans un contexte familial, apparemment banal, celui d’une soirée pyjama organisée chez une amie.
C’est précisément ce détail qui bouleverse. Dans beaucoup de familles, une invitation à dormir chez une camarade de classe est un moment d’enfance presque ordinaire. On imagine les rires, les histoires racontées tard le soir, les bonbons, les confidences et les petits secrets entre enfants. Mais dans le récit de la mère de Lyhanna, cette soirée prend aujourd’hui une autre couleur. Elle raconte que sa fille avait été invitée à une soirée pyjama d’anniversaire en septembre ou en octobre. À son retour, Lyhanna lui aurait parlé du père de son amie.
Selon Charly Rameau, la fillette lui aurait expliqué que cet homme lui avait acheté une pizza au chorizo spécialement pour elle. Elle aurait aussi évoqué des « chatouilles ». Des mots d’enfant, en apparence innocents, mais qui ont immédiatement alerté sa mère. Comme beaucoup de parents l’auraient fait, Charly Rameau a voulu comprendre. Elle a alors posé à sa fille une question plus directe, pour savoir si l’homme était allé plus loin. Lyhanna lui aurait répondu que non, avec un air choqué, comme si elle ne comprenait pas vraiment l’inquiétude contenue dans la question de sa mère.
Cette scène, racontée après la disparition de l’enfant, est devenue l’un des éléments les plus marquants du témoignage maternel. Elle dit l’instinct d’une mère, cette sensation difficile à expliquer mais impossible à ignorer. Elle dit aussi l’impuissance des familles face à des situations floues, où rien ne semble encore prouvé, mais où quelque chose inquiète déjà. Charly Rameau affirme avoir pris une décision nette après cet épisode : elle ne voulait plus que sa fille parle à cet homme ni qu’elle le voie.
Le suspect, mis en examen pour enlèvement dans le cadre de l’enquête, était déjà connu des autorités. D’après les éléments rapportés, il était visé par deux plaintes antérieures, dont une déposée en 2025 pour viols sur une fillette de 10 ans. Une autre plainte, datant de 2020 et portant sur des faits de nature sexuelle, avait été classée sans suite. Ces informations alimentent aujourd’hui de nombreuses interrogations. Comment un homme déjà mentionné dans de telles procédures a-t-il pu rester dans l’environnement quotidien d’enfants ? Pourquoi les alertes précédentes n’ont-elles pas suffi à empêcher ce drame redouté ? Ces questions, pour l’instant, restent suspendues dans l’air.
À Fleurance, l’affaire dépasse désormais le cadre d’une disparition inquiétante. Elle touche à ce que la société a de plus sensible : la protection des enfants, la confiance entre familles, la capacité des institutions à réagir lorsqu’un signal existe déjà. Le fait que le suspect soit le père de la meilleure amie de Lyhanna rend l’histoire encore plus douloureuse. Il ne s’agissait pas d’un visage étranger, mais d’un adulte appartenant à un cercle que l’enfant connaissait. C’est cette proximité qui glace le sang.
Dans le témoignage de la mère, il n’y a pas de mise en scène, pas de colère théâtrale, seulement une douleur contenue et une lucidité terrible. Elle raconte ce qu’elle a entendu, ce qu’elle a ressenti, ce qu’elle a tenté de faire. Et derrière ses paroles, on devine une question que personne ne peut supporter : aurait-on pu éviter cela ? Cette interrogation hante désormais les proches de Lyhanna, mais aussi tous ceux qui suivent l’affaire à distance.
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations. La justice devra établir les faits, déterminer les responsabilités et faire la lumière sur le rôle exact du suspect, qui bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence. Mais l’émotion, elle, est déjà là. Elle est immense. Elle s’exprime dans les rues de Fleurance, dans les messages de soutien, dans les regards des parents qui serrent un peu plus fort leurs enfants.
L’affaire Lyhanna rappelle brutalement que le danger, parfois, ne se présente pas sous une forme évidente. Il peut se cacher derrière une invitation, une attention, un geste présenté comme anodin. Les mots de sa mère resteront longtemps dans les mémoires, non parce qu’ils accusent à eux seuls, mais parce qu’ils racontent la peur intime d’une mère qui avait senti que quelque chose n’allait pas. Aujourd’hui, cette peur est devenue une blessure collective.
À mesure que l’enquête avance, une chose apparaît déjà clairement : cette affaire ne laissera personne indemne. Elle pose des questions lourdes, douloureuses, nécessaires. Et au centre de tout cela, il y a Lyhanna, une enfant de 11 ans dont le prénom est désormais associé à l’attente, à l’effroi et à l’exigence absolue de vérité.
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