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Treize ans après la mort tragique de Valérie Benguigui, son fils, Abraham, a révélé que les tragédies de la vie de sa mère étaient liées à Patrick Bruel

Treize ans après la mort tragique de Valérie Benguigui, son fils, Abraham, a révélé que les tragédies de la vie de sa mère étaient liées à Patrick Bruel

Treize ans après la disparition de Valérie Benguigui, une nouvelle page s’écrit dans l’histoire de sa famille. Son fils Abraham Wapler, longtemps resté dans l’ombre du deuil et du souvenir, avance désormais sous les projecteurs avec une ambition claire : devenir comédien par son propre travail, sans se cacher derrière le nom de sa mère, mais sans jamais renier l’héritage bouleversant qu’elle lui a laissé.

Valérie Benguigui s’est éteinte le 2 septembre 2013, à l’âge de 52 ans, après une longue maladie. Sa mort avait provoqué une immense émotion dans le monde du cinéma, du théâtre et auprès du grand public. Elle incarnait une comédienne populaire, vive, sensible, capable de passer de la comédie à l’émotion avec une justesse rare. Sa disparition prématurée avait laissé un vide immense. Elle laissait derrière elle son mari, Éric Wapler, rencontré au cours Florent, ainsi que leurs deux fils, César et Abraham.

À l’époque, Abraham n’avait que 13 ans. Un âge où l’on commence à peine à se construire, à comprendre le monde, à chercher sa place. Perdre sa mère à ce moment-là est une blessure profonde, intime, presque impossible à formuler. Pendant plusieurs années, le jeune homme reste discret. Il grandit loin de l’agitation médiatique, avec le poids d’un nom associé à une actrice aimée de tous. Mais peu à peu, une évidence s’impose : lui aussi veut raconter des histoires, incarner des personnages, vivre devant une caméra ou sur une scène.

Aujourd’hui âgé de 28 ans, Abraham Wapler trace son chemin dans le cinéma avec une détermination qui force le respect. Il n’a pas choisi la facilité. Il aurait pu se présenter partout comme “le fils de Valérie Benguigui”, utiliser cette filiation comme un passeport. Il affirme au contraire avoir voulu prouver sa valeur par son travail. Ce choix donne à son parcours une dimension plus forte. Il ne fuit pas sa mère, il ne cherche pas non plus à vivre uniquement à travers elle. Il tente de construire son propre nom, tout en gardant vivant le souvenir de celle qui l’a inspiré.

Dans ses prises de parole, Abraham ne cache pas le lien profond entre sa vocation et la disparition de sa mère. Il explique qu’après sa mort, il a ressenti le désir de “reprendre le flambeau”. Cette phrase est simple, mais elle dit beaucoup. Elle ne parle pas seulement de carrière. Elle parle de mémoire, de transmission, d’amour filial. Pour lui, jouer n’est pas uniquement un métier. C’est aussi une façon de prolonger quelque chose, de transformer une douleur en énergie créative.

Cette volonté ne signifie pas que le chemin a été simple. Au contraire, Abraham Wapler reconnaît avoir énormément galéré. Derrière l’image parfois fantasmée des enfants d’artistes, il rappelle une réalité plus dure : porter un nom connu ne suffit pas à ouvrir toutes les portes. Il faut convaincre, passer des castings, essuyer des refus, recommencer, douter, parfois se sentir humilié. Dans son cas, il revendique même une certaine fierté à avoir obtenu des projets par son propre travail plutôt que par son héritage familial.

Cinéma. Mort de Valérie Benguigui, à l'âge de 47 ans

Cette phrase est essentielle : il se dit désormais prêt et fier que l’on retrouve un peu de Valérie Benguigui en Abraham Wapler. Pendant longtemps, cette comparaison aurait pu être lourde, presque étouffante. Aujourd’hui, elle devient une force. Non pas parce qu’il veut imiter sa mère, mais parce qu’il accepte que quelque chose d’elle vive en lui : une sensibilité, une exigence, un rapport au jeu, peut-être aussi une manière de ne jamais tricher avec l’émotion.

Sa carrière commence à prendre une tournure plus visible. Abraham Wapler a été remarqué dans la série internationale Andor, production liée à l’univers Star Wars, ainsi que dans le film La venue de l’avenir de Cédric Klapisch. Ces projets témoignent d’un début d’ascension discret mais solide. Le jeune comédien ne cherche pas le bruit inutile. Il avance rôle après rôle, avec patience, dans un métier où la reconnaissance se gagne rarement du jour au lendemain.

Le 5 juillet prochain, il sera également à l’affiche de Microstar, réalisé par Léopold Kraus. Ce nouveau projet pourrait confirmer sa place dans le paysage cinématographique français. Pour Abraham, chaque rôle semble être une étape supplémentaire dans une construction personnelle autant qu’artistique. Il ne s’agit pas seulement d’apparaître à l’écran. Il s’agit de prouver qu’il est là pour durer.

Abraham Wapler, révélation de "La venue de l'avenir" et fils de Valérie Benguigui, pense aussi être le sosie de François Civil - Marie Claire

Mais l’un des passages les plus marquants de son témoignage concerne sa première expérience de tournage, qui s’est très mal passée. Abraham Wapler raconte avoir obtenu six lignes dans un film à gros budget, troisième volet d’une saga. Pour un jeune acteur, ce genre d’opportunité peut ressembler à un rêve. Pourtant, sur le plateau, l’expérience vire à l’humiliation. Il se souvient d’un réalisateur “méchant”, qui lui aurait fait comprendre devant tout le monde que sa prestation ne fonctionnait pas.

La scène est brutale. Abraham devait prononcer une réplique de type geek, mais quelque chose ne passait pas. Le réalisateur revient vers lui, souligne que cela marchait très bien au casting, mais plus du tout sur le tournage. Puis il lance une phrase particulièrement dure devant l’équipe : “On y retourne pour notre ami Abraham. S’il n’y arrive pas, on sait tous ce que ça veut dire.” Finalement, la réplique est donnée à un autre acteur. Abraham passe le reste de la journée à faire de la figuration.

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Pour un débutant, ce type de moment peut casser une confiance. Il peut installer une peur durable, créer un sentiment d’imposture, pousser certains à renoncer. Mais Abraham Wapler a continué. Il raconte cette anecdote avec humour, preuve que la blessure a été digérée. Pourtant, derrière le rire, on devine la violence d’un milieu où la fragilité des jeunes acteurs est parfois négligée. Le cinéma peut faire rêver, mais il peut aussi broyer ceux qui n’ont pas encore les armes pour se défendre.

Ce parcours donne aujourd’hui une dimension plus humaine à son ascension. Abraham Wapler n’apparaît pas comme un “fils de” protégé par un héritage confortable. Il apparaît comme un jeune artiste qui a connu la perte, les refus, les humiliations et les doutes. Sa trajectoire raconte autre chose qu’une simple succession familiale. Elle raconte la manière dont un enfant endeuillé devient un homme qui choisit de transformer l’absence en moteur.

Le public, lui, redécouvre à travers lui le souvenir de Valérie Benguigui. Non pas sous la forme d’une nostalgie figée, mais comme une présence discrète dans le parcours d’un fils. Il y a quelque chose de très émouvant dans cette continuité. Valérie Benguigui n’est plus là, mais son influence continue de circuler. Elle se retrouve peut-être dans une intonation, une pudeur, un regard, une façon d’aborder le métier avec sincérité.

Abraham Wapler sait pourtant qu’il devra continuer à se battre pour être reconnu pour lui-même. C’est tout le paradoxe de son histoire : il porte un héritage magnifique, mais aussi une pression immense. Chaque réussite pourra être associée à sa mère. Chaque échec pourra sembler plus exposé. Mais le jeune comédien semble avoir compris que le plus important n’est pas d’échapper à cette filiation. Le plus important est de l’habiter avec dignité, sans raccourci, sans mensonge et sans renoncer à sa propre identité.

Treize ans après la mort de Valérie Benguigui, son fils Abraham ne cherche pas à remplacer une icône disparue. Il cherche à faire entendre sa propre voix. Et c’est peut-être là le plus bel hommage qu’il puisse lui rendre : ne pas vivre dans l’ombre de sa mère, mais avancer avec sa lumière.

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