Parfois, la promotion que vous convoitez n’est pas une opportunité, mais le premier pas vers votre propre chute

Une rivalité ordinaire devenue fatale. Une promotion suffit parfois à révéler ce qui était enfoui. Dans les couloirs d’une entreprise, la rivalité devient une obsession. Chacun cherche à reprendre ce qu’il estime lui appartenir jusqu’au jour où des limites invisibles sont franchis. Bienvenue sur les histoires de Flow div.
Le jour où Maelia franchit pour la première fois les portes de l’entreprise, elle eut cette impression étrange que quelque chose allait changer. Pas forcément en bien, pas forcément en mal, juste changer. Maelia avançait avec une légère retenue. Ce poste, elle l’avait longtemps espéré. Alors, elle faisait attention à tout, sa tenue, sa posture.
Elle voulait bien faire. Elle voulait surtout rester. Dès les premières heures, elle remarqua que l’équipe fonctionnait comme un mécanisme bien huilé. Chacun avait sa place, ses habitudes, ses alliances tacites. Elle se présentait, observait. Rien ne lui semblait hostile. Puis elle sentit un regard.
Maellia leva les yeux et croisa ceux d’une femme assise à quelques bureaux de là. Elle ne souriait pas. Elle observait simplement, avec une intensité calme, presque dérangeante. Cette femme s’appelait Isandre. Plus tard dans la journée, on la lui présenta comme une collaboratrice ancienne, respectée. Isandre serra la main de Maelia avec une politesse parfaite.
Son sourire était bref, maîtrisé. “Bienvenue !” dit-elle simplement. Un mot, pas un de plus. Maellia détourna les yeux la première, pas par politesse, mais parce que quelque chose dans ce regard l’avait cloué sur place une fraction de seconde de trop. Elle mit cette impression de côté.
Elle se disait que c’était le stress du premier jour. Après tout, tout le monde n’était pas expansif. Elle, la première, avait appris à se fondre dans les lieux avant de s’y imposer. Les jours suivants confirmèrent une chose. Maellia était compétente. Elle travaillait tard, anticipait les besoins, rendait ses dossiers à temps. Elle remarqua alors de petits détails.
Quand elle parlait en réunion, certains regards se détournaient. Quand elle posait une question, Isandre répondait toujours avec précision, mais sans jamais la regarder directement. Comme si Maellia n’était qu’un passage obligé, jamais une interlocutrice. Maellia avait appris au fil des années que survivre dans un nouvel environnement signifiait parfois ne pas trop exister au début.
Elle se concentra sur son travail, sur ses objectifs. Sa vie de prière, nourrie par sa foi chrétienne, autrefois régulière et apaisante, s’était peu à peu effacé. Depuis qu’elle avait commencé ce travail, la fatigue, le rythme imposé et les transports avaient pris le dessus. Un soir, alors qu’elle quittait le bureau plus tard que prévu, elle croisa Isandre près de l’ascenseur.
“Tu travailles tard”, remarqua Isandre. “J’essaie de m’adapter”, répondit Maellia avec un sourire. Isandre hocha la tête. Ici, certains s’adaptent mieux que d’autres. Lorsque les portes de l’ascenseur se refermèrent, Maelia eut la certitude étrange que ce regard posé sur elle depuis le premier jour n’était pas celui d’une simple collègue.
C’était un regard qui mesurait, qui comparait, qui comptait. Sans le savoir, Maelia venait d’entrer dans un espace où tout ne se jouait pas uniquement sur les compétences. Certaines batailles commençaient bien avant les mots. Au fil des mois, Maelia cessa d’être simplement la nouvelle. Son nom revenait souvent, d’abord discrètement, puis avec une régularité qui ne passait plus inaperçue. Elle travaillait sans bruit.
Peu à peu, la direction s’en aperçut. On commença à lui confier des tâches et responsabilités qui n’étaient pas prévues pour son poste. Maelia acceptait. Pour elle, c’était une preuve de confiance fragile qu’il ne fallait surtout pas briser. Mais pour Isendre, ces changements n’avaient rien d’anodin. Elle observait tout, les échanges dans les couloirs, les regards de la hiérarchie plus attentif qu’avant.
Depuis des années, Isandre attendait. Elle avait tenu bon accepté les sacrifices, les heures supplémentaires. Et voilà qu’une nouvelle arrivait et prenait doucement cette place. Un matin en réunion, un responsable remercia ouvertement Maelia pour son travail. Un simple remerciement, mais Isandre baissa les yeux.
Ce jour-là, quelque chose se fissura. À partir de ce moment, Isandre ne regarda plus Maélia de la même façon. Cette dernière ne se doutait de rien. Quelques jours plus tard, la confirmation tomba. Maellia fut appelée dans un bureau. On lui parla de potentiel, d’évolution, de perspective. Le poste supérieur lui fut proposé. Elle accepta sans exulter, sans célébrer.
Quand la nouvelle se répandit dans les bureaux, Isandre resta immobile à son poste. Son visage ne trahissait rien. Mais à l’intérieur, quelque chose se referma. Ce ne fut pas par modestie. Une image lui revint avec netteté. Quelques années plus tôt, on lui avait proposé un poste dans une autre entreprise.
Un poste plus stable, mieux reconnu. Elle l’avait refusé. À l’époque, on lui avait fait comprendre, sans jamais le formuler clairement, que son avenir était ici, qu’elle n’avait qu’à attendre encore un peu. Elle avait choisi de rester, de renoncer à cette opportunité, de miser sur cette promesse implicite. Et aujourd’hui, elle comprenait que cette attente n’avait servi à rien.
Pour elle, ce n’était pas une promotion, c’était une dépossession. À partir de ce jour, Maelia ne fut plus seulement une collègue. Elle devint celle qui avait pris ce qui ne lui appartenait pas. Et certaines personnes, lorsqu’elles se sentent privées de leur avenir, ne cherchent plus à réussir. Elles cherchent à reprendre par tous les moyens. Les semaines passèrent.
La première alerte pour Maelia ne fut pas provoquée par une parole, mais par un chiffre. Un dossier qu’elle avait validé la veille revint avec une annotation rouge. Incohérent, elle relue. Deux fois. Le chiffre n’était pas le sien. “Qui a modifié ce tableau ?” demanda-t-elle calmement en réunion. Isandre répondit sans lever les yeux de son écran. “Je pensais que c’était toi.
” Personne n’insista. Le dossier fut corrigé. Mais à partir de ce jour-là, les incidents se multiplièrent. Un matin, Maelia arriva en retard à une réunion dont l’horaire avait été modifiée la veille. Elle n’avait reçu aucun message. La responsable leva légèrement les yeux de son dossier. “L’information a été transmise hier”, dit-elle calmement.
Maelia sentit une pointe de confusion. “Je n’ai rien reçu”, répondit-elle. La responsable tourna la tête vers Isandre. “C’était toi qui devait prévenir l’équipe ?” “Non ?” Isandre hocha la tête sans hésiter. “Oui, j’ai envoyé le mail. Il a peut-être dû se perdre.” Maelia vérifia. Elle n’a rien reçu. Elle s’excusa quand même.
À la pause déjeuner, deux collègues parlaient à voix basse près de la machine à café. C’est quand même rapide comme évolution, murmura Lune. Peut-être trop. Qui sait ce qu’elle a fait ? Répondit l’autre. Elle se ture en la voyant approcher. Maellia ressentit alors cette impression désagréable que tout s’alignait contre elle. Les remarques, les oublies, les regards détournés.
L’idée la frappa, puis elle la repoussa aussitôt. Elle se dit qu’elle cherchait une cohérence là où il n’y avait sans doute que du stress, de la fatigue et l’apprentissage brutal d’un nouveau poste. Les semaines suivantes, Maelia eut l’impression de marcher sur un sol instable. Chaque erreur, réelle ou non, semblait lui revenir.
Chaque succès était minimisé, attribué à l’équipe, au contexte, à la chance. Un jour, devant tout le service, Isandre lança, “On voit bien que tu es compétente, mais ce poste demande aussi de la solidité.” Personne ne répondit, personne ne la défendit. Le soir, Maelia resta seule dans le bureau. Elle regardait l’écran sans vraiment le voir.
Pour la première fois, une pensée la traversa. Et si elle n’était pas à la hauteur, elle rentra chez elle avec ce poids dans la poitrine. Pas une colère, un doute. La décision tomba un mardi matin en pleine réunion. La responsable expliqua calmement la nouvelle organisation du service. Les mots étaient mesurés, professionnels jusqu’à ce qu’elle prononce le nom de Maelia.
À partir de maintenant, Maelia sera la référente sur ce dossier. Toute validation passera par elle. Maelia releva la tête. Surprise ! Isandre resta immobile. La responsable poursuivit. Isandre, tu travailleras avec elle sur la suite. Pour Isandre, le temps se suspendit. Cette phrase dit sans émotion qui la plaçait sous l’autorité de celle qu’elle considérait comme une passagère.
Maellia n’osa pas la regarder. À la fin de la réunion, Isandre quitta la salle sans un mot. Dans le couloir, elle s’arrêta net, une main crispée contre le mur. Ce jour-là, la vérité s’imposa. Le poste n’était pas seulement perdu. Il avait été transféré. Le soir même, elle chercha un moyen de reprendre le contrôle.
C’est ainsi qu’elle frappa à la porte d’un marabou. Isandre entra sans regarder autour d’elle. Elle resta debout quelques secondes comme pour s’assurer qu’elle allait jusqu’au bout. L’homme assis face à elle leva enfin les yeux. Sois la bienvenue. Dis-moi ce qui t’amène. Isandre s’assit lentement. On m’a pris ma place, répondit-elle.
Mon poste, celui qu’on m’avait promis. Et qu’attends-tu de moi ? demanda à l’homme. Isandre serra les points. Je veux qu’elle quitte cette place, qu’elle tombe assez pour que la place se libère. Le marabou prit un petit tissu qu’il déplia à l’intérieur un petit sachet noué. Il le lui tendit. Tu le déposeras là où elle travaille.
Et après, demanda-t-elle, après tu ne fais rien. Tu laisses agir. Mais retiens ceci. Une fois que tu l’auras posé, tu n’y touches plus. Isandre paya la somme demandée, se leva et quitta la maison. Dehors, l’air était froid. Elle se sentit étrangement soulagée. Elle ne posa pas l’objet immédiatement. Elle attendit deux jours.
Elle voulait être sûre de l’endroit d’un moment où personne ne ferait attention. Le troisème soir, lorsque le service se vida peu à peu, elle resta sous prétexte de terminer un dossier. Quand les couloirs furent presque silencieux, elle se leva. Le bureau de Maelia était encore éclairé.
Isandre s’approcha sans bruit, glissa la main sous le plateau du bureau et y fixa discrètement le petit sachet noué à l’abri des regards. Une fois fini, elle retourna à son poste, rangea ses affaires et quitta le bâtiment. Le lendemain, Maelia arriva normalement, mais en milieu de matinée, dès qu’elle s’assit devant son écran, sa vision se brouilla.
Une douleur vive lui traversa l’abdomen sans avertissement. Elle porta la main à son ventre, pâit, puis se leva précipitamment. Elle n’atteignit pas les toilettes. Une collègue la rattrapa dans le couloir. “Maelia, ça va ?” Elle ne répondit pas avant de s’évanouir. Elle fut emmenée à l’hôpital. Les examens ne donnèrent rien de précis.
Elle rentra chez elle le soir même avec un traitement léger et des recommandations vagues. Mais les crises revinrent toujours au travail. des douleurs soudaines, des nausées violentes, une faiblesse brutale qui la forçait parfois à quitter le bureau plus tôt. Chaque fois sans signe avantcoureur, la direction commença à s’inquiéter.
Pas pour sa santé, pour le service. “Tu devrais peut-être lever le pied”, suggéra la responsable. “Je vais bien”, répondit Maelia, même si ce n’était plus tout à fait vrai. Isandre observait. Elle surveillait Maelia avec une attention presque obsessionnelle. Chaque absence, chaque arrêt prolongé, elle ne se réjouissait pas ouvertement.
Elle attendait. Dans son esprit, le scénario était déjà écrit. Maellia ne tiendrait pas. Elle finirait par comme elle était venue, discrètement. Alors, tout rentrerait dans l’ordre. Les choses reprendraient leur cours naturel. Isandre n’avait plus besoin d’agir. Il suffisait de regarder le temps faire son œuvre.
Maellia rentra chez elle tôt ce soir-là. Elle s’allongea sans allumer la lumière. C’est là que la pensée lui revint, évidente sa vie de prière. Elle ne l’avait pas abandonné par rejet. Elle l’avait laissé derrière peu à peu en courant après la stabilité, la reconnaissance, la réussite. Elle avait tout porté seule. Ce soir-là, elle ne chercha pas les mots justes.
Elle s’agenouilla et pria comme elle pouvait. Le lendemain, Maelia demanda trois jours de repos. Ce n’était pas une fuite ni un abandon. Durant ces trois jours, elle resta chez elle. Elle coupa presque tout et surtout elle reprit ce qu’elle avait laissé de côté depuis trop longtemps. Elle pria pour renouer un lien qu’elle avait négligé, pour se replacer devant Dieu.
Elle pria comme on se débarrasse d’un poids trop lourd. Elle rejeta ce qui la troublait, ce qui l’épuisait, ce qui l’atteignait sans qu’elle en comprenne la source. Quand elle retourna au travail, quelque chose changea. Les crises ne cessèrent pas d’un coup, mais elles devinrent moins violentes, moins imprévisibles. Elle recommença à prier.
Brièvement, chaque matin, un après-midi, alors qu’elle se penchait pour ramasser un stylo tombé sous son bureau, ses yeux tombèrent sur quelque chose d’inhabituel. Sous le plateau collé contre le bois se trouvait un petit sachet noué. Maellia mit quelques secondes à réagir. Elle le détacha lentement et le posa sur son bureau.
L’objet n’avait rien d’impressionnant, rien de menaçant et pourtant, un malaise instinctif la traversa. Elle sut une chose immédiatement. Cela ne lui appartenait pas. Le couloir était presque vide. Maellia avançait en tenant le petit sachet dans la main sans le regarder. Elle tomba presque nzanée avec Isandre.
Elles s’arrêtèrent à quelques pas l’une de l’autre. Isandre, dit Maelia calmement. J’ai trouvé ça sous mon bureau ajouta Maelia aussitôt sans préambule. Avant même qu’Isandre ne puisse poser une question, Maelia lui glissa l’objet dans la main. Isandre sentit le contact avant de voir le petit sachet. Son souffle se coupa. Elle baissa les yeux. et comprit.
Son visage se vida instantanément de toute couleur, ses doigts se crispèrent puis s’ouvrirent brutalement. Le sachet tomba au sol, rebondit légèrement contre le carrelage et s’immobilisa entre elle. Isandre appela Maelia surprise. Qu’est-ce qui ne va pas ? Isandre recula d’un pas. Rien, répondit-elle trop vite. Je je ne m’attendais pas à ça.
Elle évitait de regarder l’objet. Maellia se pencha pour le ramasser, mais Isandre tendit la main brusquement. Non, sa voix avait tremblé. Elle se reprit aussitôt. Laisse, je vais m’en occuper. Isandre se pencha aussitôt, le ramassa rapidement comme pour effacer la scène. Dès que ses doigts se refermèrent dessus, une sensation violente la traversa.
Pas une douleur franche, quelque chose de plus profond, une oppression soudaine comme si l’air manquait autour d’elle. La voix du marabou raisonna en elle, claire, implacable. Une fois posée, tu n’y touches plus. Elle venait de l’enfreindre. Deux fois. Tu es sûr que ça va ? Insista Maelia sincèrement t’inquiète.
Isandre força un sourire qui ne teint pas. Ce n’est rien ajouta-t-elle aussitôt d’un ton plus assuré. Ça doit être un vieux truc qui traînait. Je vais le jeter. Maellia la regarda un instant hésitante. D’accord. Je voulais juste que ce ne soit plus avec moi. Tu as bien fait, répondit Isandre. Vraiment, ne t’en fais pas. Maellia reprit sa route sans se retourner, rassuré, convaincu que l’incident était clos.
Quelques jours plus tard, Isandre arriva au travail comme à son habitude. Tout semblait normal. Puis elle éprouva une chaleur au-dedans d’elle, lente et diffuse. Elle monta depuis l’estomac, gagna la poitrine puis les épaules comme si son corps s’embrasait de l’intérieur dans un feu sourd et inexpliqué. Isandre serra les dents, continua à lire son écran.
Au bout de vingt minutes, elle n’y tenait plus. Elle se leva, marcha jusqu’aux toilettes, se passa de l’eau sur le visage qui la calma un peu. Elle quitta le travail avant la fin de la matinée, prétextant un malaise. Le lendemain, Isandre arriva au travail en pleine forme, s’assit à son bureau et commença par travailler.
Quelques minutes plus tard, la brûlure surgit de nouveau. Isandre se redressa brusquement, la main plaquée contre son ventre. “Non !” murmura-t-elle. La chaleur monta d’un coup. Elle l’impression que son corps prenait feu de l’intérieur. Elle tira sur le col de sa chemise, cherchant de l’air. Ça brûle. Elle se leva. Ça brûle. Les conversations cessèrent.
Les regards se tournèrent vers elle. Qu’est-ce qu’elle a ? Murmura quelqu’un. Elle pète un câble, répondit une autre voix trop audible. Isandre fit quelques pas en arrière, heurta une chaise, la renversa. Elle portait ses mains partout à la fois, incapable de rester en place. Ça brûle ! Cria-t-elle, ça brûle dans mon corps ? Isandre, calme-toi ! Lança une collègue, mais elle n’entendait plus.
Elle tournait sur elle-même, paniquée, la respiration sacadée. “Je brûle”, répétait-elle. “Aidez-moi !” Ses jambes cédèrent. Elle s’agripa à un bureau, fit tomber des dossiers, puis elle s’effondra à genoux, secouée de tremblement. Maelia venait tout juste d’arriver, un dossier serré contre elle. Autour, personne ne comprenait vraiment ce qui se passait.
Qu’est-ce qui lui arrive ? Demanda-t-elle à voix basse à un collègue. Il haussa les épaules désemparé. Je ne sais pas, elle allait bien il y a quelques minutes. Deux responsables arrivèrent en courant. On tenta de lui parler, de la relever. Elle criait encore, la voix brisée, attirant tous les regards.
“Sortez-la d’ici”, dit quelqu’un. On l’aida à se relever. À mesure qu’on l’éloignait de l’open space, ses cris diminuèrent. La brûlure semblait perdre de son intensité. À l’extérieur du bâtiment, elle s’affa contre un mur à le tente. “Ça va un peu mieux”, dit-elle désorientée. On l’installa dans une voiture. En roulant vers l’hôpital, son corps se calma progressivement.
Elle ferma les yeux, épuisée, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. À l’hôpital, les examens ne révélèrent rien de précis. Aucune brûlure, aucune cause claire. Elle resta hospitalisée de jours. Lorsqu’elle se sentit mieux, elle décida de reprendre son travail. Mais en approchant du bâtiment, quelque chose se passa.
À quelques mètres de l’entrée, son pas ralentit. Elle sentit encore la brûlure montée, accompagnée d’un vertige violent. Elle posa la main contre le mur, incapable d’avancer. Des collègues passèrent près d’elle. Isandre sava. Elle hoa la tête sans répondre. Elle fit demi-tour et rentra chez elle. Les jours suivants, les tentatives se multiplièrent. Toujours le même schéma.
Chez elle, tout allait presque bien. Mais dès que le bâtiment de l’entreprise apparaissait, le corps disait non. Isandre retourna voir le marabou, poussé par une inquiétude grandissante. Le marabou la regarda longuement avant de parler. “Qu’est-ce qui t’amène cette fois ?” Isandre hésita, puis répondit : “Depuis quelques temps, je ressens une brûlure dans mon corps chaque fois que j’entre dans le bâtiment de mon travail.” Il ne sembla pas surpris.
“La brûlure disparaît quand tu sors ?” Oui, dit-elle après une courte hésitation. Elle diminue presque complètement. Il hocha lentement la tête. Et le sachez, demanda-t-il soudain. Isandre serra les mains sur ses genoux. Elle l’a trouvé ma collègue et je je l’ai pris. Je ne l’ai pas fait exprès, dit-elle.
Je n’ai pas réfléchi. L’homme l’observa. Je t’avais dit de ne plus jamais le toucher. Je sais, répondit Isandre. Le marabou resta silencieux un moment puis reprit : “Ce que tu ressens n’est pas une maladie. Alors, aide-moi !” supplia-t-elle, “fa quelque chose.” Il secoua lentement la tête. “Je ne peux rien pour toi.” Isandre leva les yeux, paniqué.
“Pourquoi ?” “Parce que ce qui agit maintenant n’est plus entre mes mains et la brûlure ?” demanda-t-elle. “C’est l’endroit qui te rejette”, répondit le marabou. “Tu ne retournes plus dans ce bâtiment pour travailler. Si tu y retournes, tu mourras.” Isandre sentit ses jambes trembler. “C’est la seule solution”, conclut-il.
“Tu pars, tu t’éloignes, tu acceptes.” Elle resta assise un long moment, incapable de parler. En quittant la maison, elle comprit enfin pourquoi la brûlure cessait dès qu’elle s’éloignait du travail. Isandre n’avait plus le choix. Elle rédigea sa lettre de démission. Elle ne donna aucune explication détaillée. Elle parla de santé.
Elle se présenta un matin à l’accueil plus tôt que d’habitude avant que les bureaux ne s’animent. Elle tenait une enveloppe blanche. Son visage était fermé. “Je viens déposer ceci”, dit-elle simplement. La réceptionniste prit l’enveloppe, luut le nom, aucha la tête. “C’est noté. Isandre n’ajouta rien. Elle se détourna aussitôt.
En se retournant vers la sortie, elle tomba presque face à Maelia. Maellia s’arrêta net. Isandre !” Elle hésita puis ajouta : “Sincère, on ne te voit plus. Tu vas bien ? Pourquoi tu ne viens plus au boulot ?” Isandre la fixa. Son regard balaya Maelia de haut en bas avec du mépris. “Je suis ta camarade”, lui demanda-t-elle.
“Écarte-toi de mon passage.” Maellia afficha un air soudainement soucieux. “Pardon, je voulais juste “Quitte devant moi”, répéta Isandre plus sèchement. “Je passe et je n’ai pas ton temps. Je ne vais pas me répéter.” Maelia ne comprenait pas. Elle fit un pas de côté mais tenta encore. Isandre, si j’ai fait quelque chose.
Isandre la coupa d’un geste brusque. Tu as pris quelque chose qui n’était pas à toi. Lâchaelle entre ses dents. Puis sans prévenir, elle la poussa violemment de l’épaule. Maellia perdit l’équilibre un instant. Eh mais qu’est-ce que tu as ? S’exclama-t-elle choquée. Isandre ne se retourna pas. Elle traversa le hall d’un pas rapide, presque fuyant, comme si restait une seconde de plus était impossible.
À mesure qu’elle s’éloignait de l’entrée, ses épaules se détendirent légèrement. Maellia resta immobile, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Elle regarda la porte se refermer derrière Isandre. Puis elle reprit sa route, laissant derrière elle un malaise qu’elle ne saurait jamais nommé. L’injustice ressentie peut déformer la perception de la réalité.
Elle pousse à interpréter chaque événement comme une confirmation d’un tort subi. Ce que l’on tente d’arracher par la ruse ou la colère finit toujours par se retourner contre soi. La prière n’est pas un refuge pour les faibles, mais un ancrage pour ceux qui refusent de s’égarer.