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« Les étreintes terrifiantes » : Flavie Flament raconte sa rencontre glaçante dans une ruelle sombre avec des jeunes « un peu sous l’emprise de drogues »

« Les étreintes terrifiantes » : Flavie Flament raconte sa rencontre glaçante dans une ruelle sombre avec des jeunes « un peu sous l’emprise de drogues »

Il y a bien des années, alors qu’elle cherchait à se reconstruire après les traumatismes qui ont marqué sa jeunesse, l’animatrice Flavie Flament a vécu une scène particulièrement marquante lors d’un réveillon de la Saint-Sylvestre à Amsterdam. Un épisode saisissant qu’elle a choisi de partager publiquement, illustrant la complexité du parcours de résilience d’une femme ayant subi l’irréparable. Ce récit, loin d’être anecdotique, ouvre une fenêtre sur les zones d’ombre de la reconstruction post-traumatique.

Une vulnérabilité née du traumatisme

Depuis sa prise de parole libératrice en 2016 avec son ouvrage La Consolation, où elle révélait avoir été violée par le photographe David Hamilton à l’âge de 13 ans, Flavie Flament est devenue une figure de proue dans la lutte contre les violences sexuelles. Très engagée, elle analyse souvent, avec une lucidité douloureuse, les conséquences à long terme de ces agressions sur le comportement des victimes.

« Le plus grand risque un jour d’être violée, c’est de l’avoir déjà été. En fait, quand on a été violé, on est en danger de viol. On est affaibli par l’agression funeste que l’on a subie, on est muselé par ce poids de la honte et du secret. On est repérable », confiait-elle récemment sur les ondes de RTL. Ces mots, chargés d’une vérité brutale, expliquent pourquoi une victime peut, des années plus tard, adopter des comportements qui semblent, pour l’observateur extérieur, relever de l’inconscience ou de la mise en danger volontaire. La résilience n’est jamais un chemin droit.

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“Des étreintes flippantes” au cœur d’une ruelle sombre

C’est dans ce contexte de reconstruction personnelle chaotique, alors que la douleur cherchait un exutoire, que Flavie Flament a vécu une expérience qui aurait pu basculer dans le drame. Invitée par le passé au micro de La Bande originale sur France Inter, l’animatrice est revenue sur une pratique qu’elle avait adoptée à une époque : la distribution de “free-hugs” (câlins gratuits) à des inconnus.

À Amsterdam, lors d’un soir de fête, cette quête d’humanité l’a conduite dans une situation périlleuse : « Je me suis retrouvée au bout d’une ruelle, avec des jeunes un peu défoncés, à mes risques et périls », a-t-elle expliqué devant un Nagui manifestement interloqué par la prise de risque. « J’ai vécu des étreintes parfois assez flippantes, mais très enrichissantes. »

Pour Flavie Flament, ces rencontres n’étaient pas le fruit d’une témérité gratuite, mais bien une méthode pour “aller chercher” l’autre. Après avoir vécu des échanges encourageants avec d’autres inconnus lors de cette même soirée, elle était entrée dans une forme d’inconscience salvatrice. « À un moment tu pars, et tu ne te méfies plus de l’autre ! C’était magnifique, mais c’est parce que j’avais vécu auparavant des étreintes avec des inconnus qui avaient été hyper encourageantes ! », précisait-elle.

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Une recherche désespérée de reconnexion

Ce témoignage souligne, avec une force rare, combien le chemin vers la guérison peut mener vers des zones de vulnérabilité extrême. Pour une personne ayant été violée, se réapproprier son corps et le regard des autres passe souvent par des expérimentations limites. La frontière entre la volonté de retrouver une confiance en l’humanité, après avoir été brisée par l’agression, et la mise en danger de sa propre vie devient poreuse.

La démarche de Flavie Flament, bien que terrifiante par les risques qu’elle impliquait, témoignait d’un besoin viscéral de tester la bienveillance du monde. En proposant ces étreintes, elle cherchait peut-être à réécrire le scénario de son corps, passant de l’objet subi à l’actrice consentante. Aujourd’hui, en évoquant ces souvenirs, Flavie Flament témoigne avec force de ce long combat pour se réapproprier une confiance trop longtemps bafouée. Elle démontre que la reconstruction ne suit pas un chemin linéaire et que, parfois, pour survivre, la victime doit naviguer dans les eaux les plus troubles, à la recherche de cette étincelle d’humanité qui lui a été volée.

Ce récit, à la fois sublime dans sa recherche de pureté et effrayant dans sa mise en péril, rappelle à quel point le traumatisme du viol est une blessure qui modifie durablement la perception du danger. Flavie Flament, par son courage à dévoiler ces moments de “folie” apparente, offre une perspective nécessaire sur le prix de la résilience, un prix souvent payé par des moments d’inconscience totale, nés du besoin impérieux de redevenir soi-même. Ce n’est pas seulement l’histoire d’une animatrice célèbre, c’est le miroir tendu à toutes celles et ceux qui, après avoir traversé l’enfer, tentent, au péril de leur vie, de retrouver le goût du contact humain.