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Il découvre une secte dans son université, elle vole l’intelligence des autres 

Il découvre une secte dans son université, elle vole l’intelligence des autres 

À l’université d’Abidjan. L’excellence a un prix terrible. Quand Imani, l’étudiante la plus brillante de sa génération perd inexplicablement son génie en pleine présent, la bibliothèque de l’université d’Abidjan sentait le papier ancien et la pluie qui n’était pas encore tombée. La chaleur humide, une présence presque solide, collait les pages des livres entre elles et faisait perler la sueur sur les fronts des étudiants penchés sur leur notes.

 Yanis n’avait pas tourné la page de son cours de sociologie depuis 20 minutes. Son regard revenait sans cesse à sa sœur. De l’autre côté de la table en bois sombre, il observait le pli concentré entre les sourcils d’Iman, la façon dont ses doigts glissaient sur la surface lisse de sa tablette avec une assurance qui lui semblait venir d’un autre monde.

 Il ne la jalouait pas, il la surveillait comme on regarde un phare dans la brume pour être certain qu’il est toujours là pour ne pas se perdre soi-même. Ça avance, murmura-t-il plus pour briser le silence chargé d’électricité studieuse que par réelle curiosité. Imani releva la tête et Yanis vit immédiatement cette lueur dans ses yeux.

Ce n’était pas seulement de l’intelligence, c’était une fièvre créatrice, une flamme si vive qu’elle l’émerveillait autant qu’elle l’inquiétait. “Mus que ça, répondit-elle, sa voix basse vibrant d’une excitation contenue. Je suis retourné aux sources. J’ai relu les travaux de Konixberger sur l’urbanisme en climatical, mais en les appliquant spécifiquement à la ventilation d’Abidjan.

 Regarde !” Elle fit pivoter la tablette. Des courants d’air bleu et rouges s’animaient en 3D autour d’un dôme translucide. Un balai complexe et magnifique. Tout le monde se trompe en essayant de copier les modèles occidentaux, mais ici, si on inverse les couloirs de ventilation pour créer une trompe d’air passive en utilisant la convection naturelle, 40 % 40 % d’économie d’énergie. C’est ça la clé.

Tu vas les enterrer demain dit Yanis avec une conviction absolue. Je vais les enterrer répéta-t-elle. Il y entendit une nuance nouvelle dans sa voix. Ce n’était pas de la fierté, mais la certitude froide et tranquille de quelqu’un qui sait détenir une vérité. Elle marqua une pause, son sourire s’effaçant une seconde.

 C’est juste “J’ai fait un rêve bizarre cette nuit. Vraiment bizarre.” Quelqu’un lisait par-dessus mon épaule. Je sentais son souffle dans mon cou, mais quand je me retournais, il n’y avait personne. J’ai eu froid, un froid anormal. Elle ossa les épaules comme pour chasser une mouche invisible et se replongea dans ses chemins.

 Mais Yanis lui gardait l’image en tête, le souffle dans le cou. En sortant, la moiteur du soir leur sautaversèrent le hall du département d’architecture dont les murs étaient couverts de maquettes et de plants. Une affiche déchirée sur un panneau de liège attira son œil. En grosse lettre rouge, le mot annulé barrait le visage d’une femme au regard sévère et intelligent.

Le titre de la conférence promettait syncrétisme et psychoénergie, une relecture des traditions à et en dessous un nom, docteur Lena Diop. Dommage, pensa Yanis, ça avait l’air intéressant. Il l’oublia aussitôt, son esprit déjà tourné vers le débat du demain. L’amphithéâtre était une fournaise.

 Les ventilateurs de plafond ne faisaient que brasser l’air lourd, chargé de l’odeur de centaines de corps qui transpiraent l’excitation et l’appréhension. Yanis s’installa au troisième rang, sentant sa chemise lui coller au dos. Sur scène, Immanie ajustait sa présentation sur le pupitre, calme et concentré, le micro cracha, puis la voix du modérateur s’éleva.

Accueillons maintenant pour la faculté d’architecture, mademoiselle Immanie Quadio. Elle commença sans note. Ses mains dessinaient dans l’air les courbes et les angles de sa vision. Sa voix claire et lumineuse déroulait une argumentation implacable, tissant ensemble l’histoire, la climatologie et une innovation audacieuse.

Yanis voyait les têtes dans le public s’incliner. Les stylos se figaient au-dessus des carnets. Il sentit la fierté gonfler sa poitrine, une chaleur qui n’avait rien à voir avec la température de la salle. Puis il vit le changement. Ce ne fut pas une hésitation, un simple trou de mémoire. Ce fit d’une coupure nette, un blackout.

Le pli concentré entre ses sourcils s’effaça, laissant place à une expression de confusion vide. Ses mains qui dansaient une seconde plus tôt retombèrent mollement le long de son corps. “Le système ?” commença-t-elle, sa voix soudainement incertaine. “Et rien. Elle fixa l’écran de sa présentation comme s’il affichait une langue étrangère.

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 Les schémas qu’elle avait conçus avec tant de passion devenus d’incompréhensibles gribouillis. Dans la première rangée, une silhouette se redressa. Marcus Sissé. Yanis ne l’avait pas vu entrer. Sa veste bleue nuit était taillée à la perfection, sobrecun symbole visible. Il n’arboraait pas son sourire charismatique habituel.

Il observait immobile avec une intensité presque prédatrice. Mademoiselle Quadiot le modérateur se pencha vers son micro, son embarras palpable dans le silence qui s’était abattu sur la salle. Imani cligna des yeux comme si elle sortait d’une trance. Pardon, je je ne me souviens plus. Un murmure désolé parcourut l’assemblée.

 Yanis sentit ses paumes brûlées. Ce n’était pas le track. Il avait vu sa sœur stressée, angoissée, mais jamais, jamais vide. C’était autre chose. Il le sentait comme un courant d’air glacial qui venait de traverser la salle surchauffée, laissant tout le monde indemne, sauf elle. Marcus se leva. Si vous permettez, dit-il d’une voix douce, presque compatissante, qui n’atteignit pas ses yeux.

 Le modérateur au chat de la tête, visiblement soulagé de trouver une issue à ce malaise. Marcus ne monta pas sur scène. Il resta dans l’allée, baigné par la lumière d’un projecteur. Il eut une fraction de seconde, un instant suspendu où son regard croisa celui d’Imani. Yanis vit non pas de la pitié, mais quelque chose de bien pire, une évaluation froide comme un artisan qui juge la qualité d’un matériau.

Puis Marcus se tourna vers le public. Il ne suffit pas de penser en terme de structure et le sang de Yanis se glaça dans ses veines. Ce n’était pas une idée similaire. C’était les mêmes mots, la même cadence, la même intonation. Quelle avait utilisé la veille à la biblièque. Il faut envisager une symbiose architecturale, créer une trompe d’art passive en utilisant les couloirs de ventilation du Doom.

 On parle d’une réduction énergétique de 40 %. L’ovation fut immédiate, assourdissante, mais Yanis n’entendait plus que le battement sourd de son propre sang dans cette tempe. Sur scène, Immanie ne pleurait pas. Elle était figée, les yeux rivés sur Marcus avec une expression qu’il ne lui avait jamais vu, celle de quelqu’un qui vient de se faire dérober une partie de son âme et qui ne comprend même pas comment le vol a eu lieu.

 Les jours qui suivirent furent une descente aux enfers silencieuses. La lumière dans les yeux d’Immanie s’était éteinte. Elle ne lisait plus, ne dessinait plus. Yanis qui a trouvé le plus souvent assise sur son lit, les rideaux tirés en pleine journée, le regard fixé sur le mur, vidé. Le silence dans leur petit appartement était devenu assourdissant.

Une nuit, il fut réveillé par des sanglots étouffés. Il se leva et colla son oreille à sa porte. Il l’entendit murmurer dans un demi-sommeil agité. Arrête de fouiller. Sors de ma tête. Arrête. Le médecin du campus, un homme bienveillant mais débordé, parla de burnout sévères, prescrivit du repos et des vitamines.

 Yanis hoa la tête, mais il n’y crut pas une seconde. Un soir, après une autre journée de silence, il entra dans sa chambre et s’assit au bord de son lit. Il ne lui apporta pas de nourriture cette fois. Il attendit simplement. Finalement, elle tourna lentement la tête vers lui. “Dis-moi, dit-il doucement, pas ce que le médecin pense, pas ce que je devrais entendre.

Dis-moi ce que tu ressens. Elle prit une inspiration tremblante. C’est vide, Yanis. Sa voix était infilée d’air. Tu te souviens de ce que grand-mère nous racontait sur les tend les symboles qui boivent la lumière des gens. C’est ça que je ressens comme si on m’avait bu. Le mot tanle.

 Il fit jaillir un souvenir enfoui, une image nette de sa grand-mère assise sur le perron de la maison du village traçant des symboles dans la poussière avec un bâton. Elle nous expliquait que chaque esprit avait son propre éclat, sa propre lumière et que certains sorciers connaissaient les symboles pour la voler. Une histoire pour faire peur aux enfants, une superstition.

 Mais en regardant le visage creusé de sa sœur, ce n’était plus une histoire, c’était une piste. Le soir même, il monta au grenier. Dans une vieille en fer qui sentait le canfre et le temps, il trouvait le journal de sa grand-mère, un carnet épais relié en cuir dont les pages étaient douces sous ses doigts. L’espoir le submergea.

 Il ouvrit à la lueur d’une ampule nue. Le désespoir le frappa aussitôt. Les pages étaient couvertes d’une écriture fine et élégante, mais dans le baoulet ancien de son village. Une langue dont il ne connaissait que les bribes de conversation, pas les subtilités littéraires et mystiques. Il passa de nuit entière à se battre avec le texte, un vieux dictionnaire baoulet français sur les genoux, son ordinateur portable affichant des traducteurs en ligne qui lui renvoyait des phrases absurdes.

 Il avançait à l’aveugle comme un archéologue dans le noir reconnaissant des mots isolés qui le faisaient frissonner. Éclat, lien, ancre, symbole. Il avait l’impression de tenir la clé d’une serrure dont il ne comprenait pas le mécanisme. Puis au bout de la troisième nuit, épuisé, les yeux brûlant, il déchiffra une phrase griffonnée dans la marge du dernier passage, une note presque effacée.

 Et cette fois, il luut le nom sans effort, l’énadiope. Le lendemain matin, il était au service de la scolarité. L’air conditionné lui parut glacial, agressif. Une employée au visage là leva à peine les yeux de son écran. Bonjour, je cherche à contacter le docteur Lena Diop”, dit Yanis, essayant de garder sa voix neutre.

 “Elle n’enseigne plus ici, répondit la femme d’un tonde, le cliqueti de son clavier ne s’interrompant même pas.” “Oui, je sais, mais j’aurais besoin d’un moyen de la joindre, c’est très important, s’il vous plaît. Les informations sur les anciens employés sont confidentielles.” Le mot tomba comme une lame de guillotine. “S’il vous plaît, insista Yanis, sentant le désespoir monter.

 C’est une affaire de famille. Ma grand-mère la connaissait. La femme soupira. Un soupire d’agacement qui disait tout le poids de la bureaucratie du monde. Elle tapa quelques touches par pure formalité. Je n’ai rien. Son dossier est classé. Archive morte, je ne peux pas vous aider. Elle retourna à son écran. La conversation était terminée.

 Yanis sortit dans le couloir bondé, le bruit des conversations et des rires des autres étudiants raisonnant autour de lui comme une langue étrangère. Il avait le problème, il avait le début d’une explication, il avait un nom. Mais la porte venait de se refermer brutalement devant lui. Il était seul, complètement seul.

 Yanis resta planté dans le couloir bondé, le bruit des conversations et des rires des autres étudiants se brisant sur le mur de son silence. Seul. Le mot raisonnait dans sa patte comme une sentence. La bureaucratie avait rendu son verdict, classant son espoir dans ses archives mortes. La frustration menaçait de le submerger. une vague chaude de désespoir, mais elle se m en une colère froide et déterminée.

 Si les portes officielles se fermaient, il passerait par les fissures. Il n’était pas un historien, il était un sociologue. Il savait que les gens, et surtout les universitaires, laissaient des traces bien plus profondes que des dossiers administratifs. Il laissait des traces dans le savoir qu’il produisait. Il retourna à la bibliothèque mais cette fois il descendit au sous-sol dans les archives.

 L’air y était frais et sentait le papier en décomposition, un parfum doux et mélancolique. Il passa des heures à éplucher les anciens catalogues, les revues académiques oubliées dont les pages craquaient sous ses doigts. La plupart des recherches étaient d’une banalité affligeante, mais il persista, animé par l’image du regard vide de sa sœur.

 Finalement, il trouva ce qu’il cherchait. Une publication de 1998 dans un journal d’anthropologie à faible tirage, presque un fanzine pour spécialistes. Un article intitulé Le Tanle comme psychogramme, symbole ou agent. L’auteur était le docteur Lena Diop. Dans la courte biographie en bas de page, une seule phrase retint attention.

 Elle contribue également aux travaux bénévoles de la fondation Kedger pour la préservation du patrimoine oral des peuples lagunaires. Une recherche rapide sur son téléphone lui appritation était un petit centre culturel obscur à 1 heure de route d’Abidjan en bordure de la lagune. C’était une piste mince, presque invisible, mais c’était la seule qu’il avait.

Le lendemain, il emprunta le scooter d’un ami. La route était longue, le bitume laissant place à un chemin de terre rouge qui serpentait entre les palmiers. La maison du docteur Diop était isolée, plus un refuge qu’une habitation. Les murs croulaient sous le poids des bouquins viillés et les fenêtres semblaient être des yeux méfiants observant les environs.

 Yanis frappa la porte en bois massif. La femme qui ouvrit correspondait à la photo de l’affiche, mais ses yeux étaient plus durs, cerné par des années de solitude et de combat intellectuel. “Qu’est-ce que vous voulez ?” demanda-t-elle, sa voix sèche et sans chaleur. “Docteur Diop, je suis Yanis Quadio, j’ai besoin de votre aide.

 Je ne suis plus docteur pour personne et je n’aide pas les étudiants. Ils sont la raison pour laquelle je suis ici.” Elle commença à refermer la porte. “Attendez !” cria Yannice, bloquant la porte avec son pied. “S’il vous plaît, c’est à propos des tanlay et de l’éclat.” Son expression se durcit encore plus, se transformant en un masque de pur agacement.

Les délires d’un esprit surchauffé par les examens. “J’ai déjà perdu ma carrière et ma réputation à cause de ces délires. Laissez-moi tranquille.” Désespéré, Yanis sortit le journal de sa grand-mère de son sac. Ma grand-mère s’appelait Adja Quadio. Elle a écrit ça. Elle a écrit votre nom. Au nom d’Adja, Lena s’immobilisa.

 Son regard se fixa sur le carnet en cuir usé, un objet d’un autre temps. Lentement, comme si elle craignait d’être brûlée, elle tendit la main et le prit. Elle l’ouvrit, reconnut l’écriture, ses doigts suivant une ligne de texte en baoulet avec une familiarité douloureuse. Un long silence s’installa, seulement troublé par le champ des insectes au dehors.

“Adja”, murmura-t-elle, et sa voix était soudainement plus douce. Elle leva les yeux vers Yanis et pour la première fois, la muraille de cynisme se fissura. Entré. Les jours et les nuits qui suivirent se confondirent dans une urgence fiévreuse. Il travaillaient à l’allueur d’une lampe, l’odeur du café fort se mêlant à celle des vieux livres.

 Lena traduisait le baoulet ancien, sa voix de vie au mot de la grand-mère de Yanis, non pas comme une universitaire, mais comme une disciple retrouvant les enseignements de son maître. Ce n’est pas de la magie comme dans les comptes”, expliqua-t-elle un soir, son doigt pointé sur un passage complexe.

 “L’éclat, ce n’est pas une idée, c’est la capacité à en avoir. C’est l’étincelle avant le feu. Ta grand-mère le décrit comme un muscle de lâs appris à l’arracher.” Ensemble, ils déchiffrèrent le mécanisme. Les bagues gravées dans tanle de captation n’étaient pas que des symboles d’appartenance, c’était des ancres spirituelles. Voilà leur secret, dit Lena, son visage grave à l’allueur de la lampe.

 Il ne crent rien. Ils prennent l’énergie brute, le potentiel pur des autres et le stabilise dans ses ancres pour pouvoir s’en nourrir, s’en vêtir. C’est du vampirisme intellectuel. Poussé par une note dans le journal sur les récoltes passées, Yanis retourna aux archives de la ville. Il ne cherchait plus de professeurs, mais des morts et il les trouva.

 Des coupours de journaux locaux des 20 dernières années sur des microfiches qui sentaient le vinaigre. Un étudiant prodige en mathématiques met fin à séjour. La chute inexpliquée d’une future avocate retrouvée errante. Toujours les meilleurs. Toujours des dépressions soudaines et foudroyantes. Et toujours dans les photos de groupe de l’époque en arrière-plan, on apercevait des membres de l’IS, l’air triomphant.

Il montra les articles à Lena, elle devint blanche. Ce n’est pas juste un cercle d’étudiants, c’est une lignée. Il se transmet de ce savoir prédateur depuis des générations. C’est alors qu’ils trouvèrent la solution dans les toutes dernières pages du journal écrite d’une main plus tremblante.

 Un contre rituel, pas une attaque frontale, une surcharge. “Ta grand-mère était brillante”, dit Lena avec une admiration renouvelée. “Ils utilisent une clé pour verrouiller les esprits. Nous allons utiliser la même serrure pour leur envoyer le courant pour faire sauter le disjoncteur.” Le plan était d’une simplicité terrifiante.

 Il devait surcharger l’encre principale, celle de Marcus, lors du gala de l’excellence. Un éclat d’obsidienne, une pierre neutre gravée du tanelet de la rupture, un symbole de retour à l’envoyeur, un simple contact et le réseau s’effondrerait sur lui-même. Le soir du gala, la salle de réception sa scintillait d’une fausse joie, une mer de sourire et de verre de champagne.

 Yanis, en uniforme de bénévole, se déplaçait entre les tables, le cœur battant à grand coup contre ses coutes. Dans sa poche, l’éclat d’obsidienne était froid comme un morceau de nuit. Marcus était au centre de tout, rayonnant. sa présence magnétique aspirant la lumière de la pièce. Le moment arriva. Le doyen annonça le nom de Marcus Sissé pour le prix de l’étudiant de l’année.

 Alors que Marcus se levait sous les applaudissements, Lena assise au fond de la salle se leva à son tour. Monsieur le doyen, une motion de procédure, je vous prie. Le comité a bien respecté l’article 4 du règlement interne concernant les conflits d’intérêts. Pendant que toute la tension était détournée vers cette femme inconnue qui osa interrompre la cérémonie, Yanis se mit en mouvement.

Il se positionna près du petit escalier menant à la scène. Au moment où Marcus posa le pied sur la deuxième marche, Yanis fit simplement de trébucher. Sa main, sortant de sa poche, effleura la bague de Marcus en un contact fugace. Froid contre métal. Le contact ne dura qu’une fraction de seconde. Un secret partagé entre deux seuls, même si Marcus ne le su jamais.

Marcus arriva au pupitre, son sourire parfait vissait aux lèvres. Il ouvrait la bouche et rien. Le vide absolu se pénit sur son visage. Au même instant, sa bague de vanterne comme une pierre ordinaire. Une fine fissure l’a parcouru à travers la salle. Les membres de Laigie se figèrent. Leur sourire s’évanouirent, leur éclat volé.

 Ce manteau de confiance et d’intelligence qui n’était pas le leur quittait dans une hémorragie invisible, les laissant nu et désemparer. Dans la coue qui s’en suivit, Yanis s’éclipsa. Il marchait dans la nuit chaude d’Abidjan, l’air enfin respirable. Son téléphone vibra dans sa poche. Un message diman.