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Catherine Lara à 80 ans : Entre deuils successifs et solitude affreuse, le destin brisé de la rockeuse de diamants

Catherine Lara à 80 ans : Entre deuils successifs et solitude affreuse, le destin brisé de la rockeuse de diamants

Catherine Lara a toujours été perçue comme une force de la nature, un volcan de talent et de rébellion qui a marqué l’histoire de la musique française. Pourtant, à plus de 80 ans, la virtuose du violon traverse aujourd’hui un automne de vie marqué par une tristesse profonde et des adieux répétés. Celle qui a défié la morale en chantant son autonomie et sa liberté d’aimer se retrouve aujourd’hui face à un miroir où les souvenirs pèsent désormais bien plus lourd que les projets d’avenir.

Une cascade de deuils insupportables

En septembre dernier, Catherine Lara a glacé l’atmosphère d’un podcast belge. Alors qu’on l’interrogeait sur son tempérament volcanique dans l’industrie, elle a simplement murmuré, la voix blanche : “Mon petit frère est mort il y a deux jours. Mon cœur est brisé.” Ce drame n’est que le dernier d’une série noire implacable. L’année précédente, elle perdait sa mère, son ancêtre protecteur, décédée à l’âge vénérable de 102 ans après un dernier souffle empreint de sérénité, mais laissant sa fille totalement dévastée.

Lara porte également en elle le deuil secret d’une ancienne compagne, une femme qui a partagé sa vie pendant dix-sept ans, dont elle a appris la disparition avec une violence inouïe. Bien qu’elle vive une relation fusionnelle avec Samantha depuis plus de trente ans, ces pertes successives ont créé une zone d’ombre et une solitude que même l’amour le plus présent peine à occulter. Son univers se rétrécit, et chaque disparition semble emporter avec elle un fragment de sa propre existence.

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Le traumatisme originel : entre miracle et phobies

Pour comprendre la fragilité actuelle de l’artiste, il faut remonter à ses trois ans, un âge où le destin a basculé une première fois. Catherine Lara a frôlé la mort, frappée par une paralysie brutale qui lui a volé une année entière d’enfance. Alors que les médecins désespéraient de la voir remarcher un jour, ses parents racontent qu’un “miracle” s’est produit une nuit, au son de clochettes mystérieuses traversant la maison. Le lendemain, la fillette tenait debout.

Cependant, cette “résurrection” a laissé des cicatrices invisibles mais indélébiles. Toute sa vie, Lara a lutté contre des phobies paralysantes et une obsession dévorante de la mort. Longtemps, elle a vécu dans une prison d’angoisse existentielle, ne trouvant le salut et l’invincibilité que sur scène, là où son violon hurlant devenait un bouclier contre ses propres démons. Aujourd’hui, avec la raréfaction des concerts, ces angoisses resurgissent avec une force nouvelle.

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Le sacrifice de la maternité et les amours foudroyantes

Au sommet de sa gloire, Catherine Lara a pris une décision radicale qui hante encore ses silences. Enceinte de Georges Moustaki, elle choisit de ne pas garder l’enfant. “J’aimais trop les enfants pour en avoir sur la route”, explique-t-elle aujourd’hui avec une lucidité teintée d’une amertume manifeste. Ce choix a dessiné une vie sans héritiers directs, une existence peuplée uniquement de ses passions électriques et de ses engagements artistiques totaux.

Sa vie sentimentale a été un kaléidoscope de relations intenses. De sa liaison protectrice avec “Do”, qui l’a sauvée d’elle-même pendant ses années les plus chaotiques, à son histoire explosive et médiatisée avec Muriel Robin, Catherine a toujours cherché l’absolu amoureux. Aujourd’hui, Samantha est son ancêtre, son phare, celle qui calme ses tempêtes et gère le quotidien d’une star qui a parfois du mal à respirer dans le monde moderne. Mais la “rockeuse de diamants” le sait : une partie de son âme s’éteint irrémédiablement avec chaque être cher qui s’en va.

Le crépuscule d’une icône rebelle

Celle qui a été la première en France à chanter ouvertement son homosexualité avec le titre “Autonome” se produit désormais rarement. Sa présence médiatique, bien que toujours honorée par son statut de Commandeur de la Légion d’Honneur, respire une fragilité qui bouleverse ses fans de la première heure. Chaque apparition semble être un effort pour refermer un chapitre, pour porter en silence le deuil d’une constellation familiale et amicale qui s’amenuise de jour en jour.

Elle décrit souvent la solitude affreuse qui suit la fin des applaudissements. Pour Catherine Lara, le violon n’était pas seulement un instrument, c’était une arme de survie. Son histoire reste celle d’une femme qui a joué sa vie comme une tempête magnifique, mais qui découvre aujourd’hui le silence assourdissant qui suit les derniers éclats d’un destin hors du commun. Entre ses souvenirs sacrés et la réalité brutale de la perte, Catherine Lara demeure une légende blessée, une artiste dont la musique continue de vibrer malgré les brisures du cœur.