La vérité avait cette particularité : une fois exposée en plein soleil, elle pourrissait très vite.
Camille descendit lentement les marches.

Quand elle vit les marques rouges sur les petites mains de Léna, là où elle avait frappé contre la porte métallique, elle porta une main à sa bouche.
« Non… »
Je la regardai droit dans les yeux.
« Il l’a enfermée là-dessous parce qu’elle dérangeait ses investisseurs. »
Camille chancela comme si quelqu’un venait de la frapper.
Marc s’énerva aussitôt.
« Arrête de présenter ça comme si j’avais essayé de la tuer ! »
Cette fois, je m’approchai tellement près qu’il recula instinctivement.
« Tu veux savoir ce qui me retient de te jeter à la mer, Marc ? »
Deux opérateurs se figèrent discrètement.
Le pont entier retenait son souffle.
Je regardai ensuite Léna, toujours accrochée à moi malgré le masque d’oxygène.
Puis je répondis moi-même à ma question.
« Elle. »
Marc comprit enfin quelque chose d’essentiel à mon sujet.
La violence ne me faisait pas peur.
Le contrôle, oui.
Et je contrôlais encore parfaitement la situation.
Un hélicoptère apparut au loin quelques minutes plus tard.
Cette fois, même les invités commencèrent à paniquer.
« Un hélico militaire ? » murmura quelqu’un.
L’un des opérateurs reçut une transmission dans son oreillette puis se tourna vers moi.
« Les autorités maritimes montent à bord dans trois minutes. Le parquet a validé la saisie des enregistrements du navire. »
Marc devint livide.
« La saisie ?! »
Je sortis calmement la tablette contenant les preuves.
« Verrouillage manuel. Flux vidéo. Biométrie médicale. Témoins présents. »
Puis je le regardai.
« Tu as enfermé ma fille dans un compartiment moteur scellé. »
Le bruit des pales se rapprochait.
Marc regarda enfin autour de lui et réalisa ce que ses invités voyaient désormais :
Pas un homme riche et puissant.
Pas un entrepreneur brillant.
Juste un lâche terrifié… qui avait presque tué une enfant pour protéger son image.