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Il a trouvé le bracelet de la fillette kidnappée… et tout a été bouleversé à Nairobi

Patrick se tenait au milieu de la circulation qui recommençait lentement à se calmer, le bracelet en or dans sa paume brûlant presque au rythme de son cœur.

« Zuri Mangi… »

Ce nom n’était pas qu’une information.

C’était un avertissement.

Le bruit des klaxons revenait au loin, mais pour Patrick, tout semblait étouffé, comme si le monde avait été repoussé. Il regarda la direction dans laquelle la camionnette noire avait disparu, puis serra le bracelet si fort que ses doigts devinrent blancs.

Personne ne prête attention à un mendiant.

Mais aujourd’hui… tout venait de changer.

Il se retourna et se dirigea rapidement vers le trottoir, où un vendeur d’eau le regardait encore, tremblant après ce qu’il venait de voir.

— Tu… tu as vu la plaque ? demanda Patrick d’une voix rauque.

Le vendeur secoua la tête, livide.

— C’était… c’était trop rapide… ils ont disparu en quelques secondes…

Patrick hocha légèrement la tête, comme s’il s’y attendait déjà. Il ne chercha pas plus loin. Personne ne l’aiderait. Personne ne croirait un mendiant en haillons au milieu de la rue.

Mais il avait quelque chose.

La mémoire.

Et la persistance de ceux qui n’ont plus rien à perdre.


Non loin de là, dans une ruelle étroite derrière le marché, Patrick s’assit sous une tôle rouillée. Il ouvrit de nouveau le bracelet.

L’or terne reflétait son regard.

Zuri Mangi.

La fille de David Mangi.

L’homme que toute la ville craignait.

Patrick eut un petit rire, sans joie.

— Mauvais jour pour vous… murmura-t-il.

Il ferma les yeux.

Pas pour prier.

Mais pour se souvenir.

Trois ans plus tôt, lorsque sa femme était morte faute d’argent pour une opération, il s’était tenu devant les portes d’un hôpital privé appartenant au groupe Mangi.

Il avait supplié.

Il avait été à genoux.

Et on l’avait jeté dehors comme un déchet.

Ce jour-là, il avait tout perdu.

Sa famille. Sa maison. Son identité.

Il ne lui restait plus que la rue.

Et maintenant… la fille de Mangi venait d’entrer dans cette même rue.

Patrick rouvrit les yeux.

— C’est ça, la justice ? murmura-t-il.

Puis il se leva.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la ville, le manoir de David Mangi était en pleine agitation.

Son téléphone n’arrêtait pas de vibrer.

— Monsieur Mangi… nous avons vérifié les caméras de circulation…

La voix de l’assistant tremblait.

— Zuri… a été enlevée.

Le verre que David tenait se brisa au sol.

Mais pas immédiatement.

Il roula une seconde.

Puis éclata en milliers de morceaux.

— Répétez, dit-il d’une voix glaciale.

— Nous avons confirmé… une camionnette noire, sans plaque claire. Sur Ngong Road.

La pièce sembla se figer.

David Mangi ne dit plus un mot.

Il se leva simplement.

Et marcha vers la salle de sécurité.

Trois heures plus tard.

Toutes les caméras de la ville étaient en cours d’analyse.

La police, les gardes privés et des personnes qui n’auraient jamais dû être là participaient aux recherches.

Mais Patrick, lui, n’était nulle part.

Il avait disparu de son endroit habituel.

Comme s’il n’avait jamais existé.

Dans une maison abandonnée à la périphérie de la ville, Zuri se réveilla.

La pièce était sombre, éclairée seulement par une ampoule oscillante.

Ses poignets étaient légèrement attachés avec des liens plastiques souples.

Ça ne faisait pas mal.

Mais c’était suffisant pour l’empêcher de fuir.

Elle respirait vite, paniquée.

— Papa… murmura-t-elle.

Aucune réponse.

Seulement des pas à l’extérieur.

Un homme entra.

Ce n’était pas celui qui l’avait enlevée.

Il portait une vieille veste, et son regard était dur, mais pas cruel.

Patrick.

Zuri recula instinctivement.

— N’aie pas peur, dit-il doucement. Je ne suis pas celui qui t’a enlevée.

Elle le regarda, les larmes aux yeux.

— Alors… qui êtes-vous ?

Patrick resta silencieux un instant.

Puis répondit :

— La seule personne qui a suivi quand tout le monde a détourné le regard.

De l’autre côté de la ville.

David Mangi regardait un écran géant.

Un agent pointa une zone.

— Monsieur… nous venons de détecter le signal du bracelet de Zuri.

La salle devint silencieuse.

— Où ? demanda David.

L’homme hésita.

— Dans une zone périphérique ancienne… mais il y a un second signal à proximité.

— Lequel ?

— Inconnu… mais il se déplace avec elle.

Les poings de David se serrèrent.

Pour la première fois depuis des années…

il ne contrôlait plus rien.

Pendant ce temps, Patrick, dans l’obscurité de la maison abandonnée, regardait par une fenêtre fissurée.

Des sirènes retentissaient au loin.

Mais il ne bougea pas.

Il murmura simplement :

— Maintenant… le vrai jeu commence.