La famille de la victime a publié : « Des enregistrements audio bouleversants, provenant d’une clé USB cachée, montrent la mère abusée par son mari sous les yeux de ses jeunes enfants. Julie Douib, six fois en train d’appeler à l’aide, six fois traitée avec mépris par la police, et une mort annoncée sur le balcon ensanglanté. »

Bruno Garcia. En mars 2019, cet homme a abattu son ex-compagne. Trois balles parce qu’elle refusait de quitter la région en lui laissant les enfants. Trois balles parce qu’on ne refait pas sa vie au nez à la barbe de monsieur Garcia. Julie Douib, c’est la 30e femme tuée par son conjoint en France entre janvier et mars 2019. 30 femmes en 3 mois.
Elle a pourtant bien essayé de sauver sa peau, Julie Dibtraitance. Quand il l’a poussé à terre, forcément ça raisonnait dans mon plafond. Donc je sentais bien qu’il y avait un corps qui tombait. Il a traité de il a traité de que qu’elle avait pas de cerveau. Julie a même enregistré les violences de son tyran domestique pour preuve.
J’ai envie de t’emplatrer en ce moment. Tu sais quoi ? En ce moment, j’ai envie de te faire rentrer dans la ville. Lâche-moi. Mais tu comprends pas ou quoi ? Ne me touche pas. Terrorisé par les menaces de mort, Julie Doub a mis 7 ans à fuir et à porter plainte. Mais elle l’a fait six fois si plaines classé s’ensuite.
Quand elle dit qu’il me prend par les cheveux, qui me traîne contre un meuble qui me tape et qu’il y a les enfants, j’ai je sais pas ce qu’il faut pour qu’on se dise c’est grave. Après cette affaire, le gouvernement aisé le premier grenel contre les violences faites aux femmes.
Mais le compteur des féminicides tourne encore. Dimanche 3 mars 2019, 11h du matin, à l’île rousse en Corse. Au nom du Père et du Fils et du Moi, j’étais devant ma télévision, je regardais la la messe de elle venait de commencer. J’ai entendu un bruit de chaise. Moi, je me suis dit Julie doit faire le ménage. Et j’ai entendu un premier coup.
Je me suis dit c’est pas un pétard ça. Ça c’est un Et j’en ai entendu un second. Ah là là là ! Alors là, j’ai j’ai dit c’est pas possible. Et je me suis levé de de du de mon fauteil. Je suis parti comme une folle. Maris se précipite chez sa voisine du dessus. Dans l’escalier, elle croise l’ex de Julie. Il m’a bien regardé.
Moi aussi, comment je connaissait ? Mais il a pas dit un mot et moi non plus. La porte que je lis était ouverte et là j’ai vu du sang déjà dans le couloir quoi. Il y avait déjà des traces de sang. J’ai dit mon dieu il a touché. J’ai suivi les sang et j’ai entendu le gémissement de Julie. Je elle était allongée sur le balcon avec les bras enfin les bras écartés comme ça.
Et quand je me suis approchée d’elle, je l’ai prise par les mains les deux côtés et j’ai vu qu’elle avait un trou sur le genre de là et un trou sur [grognement] le bras. Et là je lui ai dit, je lui dis ça va aller, ça va aller, on va appeler le Samuel. J’ai crié parce que j’avais pas mon portable. J’ai appelé mon voisin et je génissais génissé.
Elle elle m’a dit [rires] il m’a tué. Elle m’avait tellement rabâché il va me tuer que ces dernières paroles ont été voilà il m’a tué tout. Les détonations et les cris ont alerté les habitants de la résidence. Quand les gendarmes de l’île Rousse arrivent, elle vient de rendre son dernier souffle sur le balcon.
Au 3e étage, les enquêteurs de la brigade technique et scientifique saisissent la scène en quelques clichés. Des objets renversés dans l’appartement font penser à une lutte. Sur le mur de la chambre d’enfant, un impact de balle. Un tir a eu lieu ici, blessant la jeune femme. Un chemin de goutte de sang mène de la chambre jusqu’à la porte-fenêtre du salon.
Au sol, un silencieux et plusieurs douilles de calibre 9 mm, la victime a été abattue au pistolet. Elle est allongée sur le sol du balcon et les gendarmes ont étendu des draps sur la rambarde pour la protéger des regards. Il y a toutes les amis de Julie devant l’immeuble en état de choc. Toutes sans exception, elles sont là.
On narrive même pas à se parler, on narrive même pas à se regarder. On devient fou. Julie Dib avait 34 ans. C’était une jeune femme solaire. Elle venait de se séparer de son compagnon et s’était installée dans cette résidence de mois plus tôt tandis que leur fils de 8 et 10 ans était encore avec leur père. À 1000 km de là, en région parisienne, chez Lucien et Violette Douibe, le monde bascule en un coup de fil celui d’un ami de leur fille.
me dit, “Je suis désolée de vous dire ça, Julie a été tué. Je je hurle, je suis dans la chambre, je hurle. J’ai encore le Ouais, j’ai encore son cri dans la tête. Il l’a tué, [ __ ] Il l’a tué. C’était atroce. J’étais dans je sais pas dans une 4e dimension là. J’étais pas bien. J’ai pas mangé. Tu prends tu prends un tsunami dans la tête.
Et le premier réflex c’est où sont les enfants ? Où sont où sont mes neveux ? J’avais peur qu’il ait tué également les enfants. Il l’a tué pour les parents de Julie. Pas de doute ce Bruno Garcia, leur gendre. Le parquet ouvre immédiatement une enquête de flagrance pour homicide volontaire.
Les enfants sont rapidement localisés, sains et sauvent, à l’ab chez des amis de leur mère. Et pendant que les gendarmes commencent leurs investigations dans l’appartement, un homme se présente à la gendarmerie de l’île rousse. L’homme a du sang sur le pantalon. Il vient se constituer prisonnier un carton à chaussures sous le bras. À l’intérieur, son arme à feu, un gloc 9 mm.
Il s’appelle Bruno Garcia et il l’annonce tout de go, il a fait une grosse connerie. Il a tué son ex Julie Doub. Mais c’est un accident. Les gendarmes le placent immédiatement en garde à vue et l’homme raconte. Ça fait 6 mois depuis leur séparation qu’il se déchirent, Julie et lui, à propos des gosses. Les choses ont vraiment dérapé de jours plus tôt, raconte Garcia.
C’était vendredi soir. Il est passé chez Julie pour discuter une fois de plus de la garde des garçons. Mais quand il est arrivé devant la porte, il a entendu des bruits débat sexuels et il a reconnu la voix de son ex. Il est reparti furieux. Il la soupçonne d’avoir un amant. Il est blessé. Il est jaloux.
C’est ça qui décide effectivement qu’ qu’il décide à faire peur à faire peur à Julie. Quand Bruno Garcia est allé s’entraîner à son stand de tir le dimanche matin, ça faisait de jours qu’il ruminait sa colère. Sur un coup de tête, il a donc décidé de faire un crochet, de passer chez Julie, armé de son Glock. Il sonne à sa porte, il sort son arme, s’enuit une discussion, une altercation, une lutte selon lui au cours de laquelle un coup de feu accidentellement part.
Julie Douib cherche à partir, cherche à s’enfuir vers le balcon et là il lui retire dessus puis il s’en va. un accident. Mais dans ce cas, pourquoi avoir tiré une seconde fois demande l’enquêteur ? Il ne sait pas. C’est le trou noir. Bon, Garcia, quoi qu’on en dis, c’est quelqu’un qui a un casière Vierge.
C’est la première fois qu’il se sert d’une arme sur quelqu’un. Bruno Garcia est déféré au palais de justice de Bastia. J’ai le souvenir d’un d’une personne assez bien bâtie physiquement, assez sûr de lui. Il reconnaît les faits. Donc je pose les questions caractéristiques de l’homicide, du meurtre.
Comment se fait-il qu’on se rentre chez quelqu’un avec une arme et que celle-ci est approvisionnée, autrement dit un chargeur avec des cartouches à l’intérieur dans la crosse puisque c’est un pistolet, que celle-ci est chambrée et qu’en plus il y a un silencieux. Bruno Garcia rappelle au magistrat qu’il partait au stand de tir. Il a bifurqué au dernier moment vers la résidence de la mer.
On ne rentre pas dans un stand de tir avec une arme à la ceinture ou ne serait-ce qu’à la main, elle doit en principe, si le règlement est respecté, être dans une mallette, les munitions à part. Tout ceci n’apparaissait pas très crédible. Le premier tir, un accident, pourquoi pas ? Mais le deuxième le deuxième tir, il le situe à une distance de 2 m lorsque Julie Douib après s’être enfuie sur le balcon revient vers lui alors qu’il est toujours dans le salon et c’est là qu’il tire alors même qu’il n’est pas agressé
physiquement. Là, elle s’effondre et lui s’enfuit. Le juge a le procès verbal des constatations sous les yeux et plusieurs éléments sont troublants. La présence d’une bombe lacrymogène entamée près de la porte-fenêtre. Bruno Garcia a-t-il terrifié Julie au point qu’elle veuille le gazer ? Et puis il y a ces trois douilles percutées que les gendarmes ont ramassé.
Trois étu percutés. et uniquement deux tirs reconnus. Donc il manque un troisème tir. On se rend compte tout de suite que c’est un dossier où il va falloir creuser un petit peu ce qui s’est passé en amont et en aval aussi se pose la question de la préméditation. Le 5 mars 2019, Bruno Garcia est mise en examen pour Assassinat et placé en détention à la maison d’arrêt de Borga.
Dominique, le moins que l’on puisse dire, c’est que le juge d’instruction doute de la version de Garcia. Est-ce que les expertises médico-légales et balistiques l’éclairent ? Alors, l’autopsie a été réalisée en présence d’un expert en balistique et c’est important. Première certitude, l’arme qui a tué Julie et bien le pistolet automatique Glock 9 mm qui appartient à Bruno Garcia.
L’expert écarte d’emblé l’hypothèse d’un premier tir accidentel. Pourquoi ? Parce que le Glock dispose d’un triple dispositif de sécurité qui empêche un départ accidentel. Dans cette configuration de tir, il n’y a aucune trace de lutte sur la victime. Donc il y a pas eu de bagarre et le coup ne peut pas être parti accidentellement.
On a retrouvé sur place trois étuils percutés. Julie a été touché deux fois au bras. une première fois au coude, une deuxième fois au poignet. Cette balle lui a traversé le poignet, elle est entrée dans son thorax, elle a provoqué la mort parce que Julie a mis son bras comme ça au moment du tir et la balle a traversé. Et il y a donc un troisème tir qui n’a pas touché Julie et l’expert dit que toutes les balles ont été tirées à moins de 5 cm et non pas à 2 m comme le dit Garcia.
Absolument. Et pour les experts, l’explication c’est que Julie avait le dos collé à une surface dure, soit le mur du balcon, soit le sol. Parce que l’orifice de sortie de la balle qu’elle a reçu dans le thorax présente un halo érosif. Et ça, c’est caractéristique d’une personne qui reçoit une balle alors qu’elle est appuyée sur un plan dur.
Et ça aussi, ça ne correspond pas du tout à la version de Garcia qui lui dit qu’elle était debout et qu’elle courait vers lui. Ça tient pas debout. Julie a été touchée une première fois dans la chambre des enfants. Elle s’est enfuie. Garcia l’a poursuivi. Quand elle est arrivée sur le balcon, elle s’est retournée et là, il a tiré.
Donc elle était soit dos au mur, soit elle était tombée. Elle était sur le sol. 4 jours après la mort de Julie, plusieurs milliers de personnes défilent en silence lors d’une double marche blanche en Corse et en région parisienne en sa mémoire. Il y a des gens qui sont arrivés de partout. Ça ça a fait vraiment un électrochoc. On a de suite vu son visage à Julie et c’est pas possible.
C’est pas possible. Qu’est-ce qui se passe là ? Pas chez nous. Encore ce il y a toujours ce truc de protéger la la famille en fait de de que la famille s’est sacrée, qu’on touche pas aussi aux femmes. Il y a toutes ces valeurs qui étaient un peu mises à mal dans une microciété. En plus, la mort de Julie a été vraiment euh révélateur de de ce qui était la réalité de ces féminicides.
Julie est la 30e femme tuée par son conjoint depuis le début de l’année 2019. 30. En 3 mois. Avec ce nouveau drame, la France semble tout à coup en prendre conscience. 130 femmes meurent chaque année sous les coups de leurs compagnons. En tête du cortège, Lucien et Violette Dib. Et le combat aujourd’hui, c’est ça.
Elle a payé, elle a payé. Mais pour vous, il faut vous battre. Battez-vous mesdames. N’hésitez pas. Bougez, bougez. Faites bouger tout ce qu’il y a autour. C’est pas normal ce qui vient d’arriver. La mort de Julie est d’autant plus révoltante qu’elle avait appelé la justice au secours plusieurs fois. Julie m’avait dit “Je m’inquiète parce qu’on ne me prend pas au sérieux.
Il faudra peut-être que je meure pour qu’on me prenne au sérieux.” Donc c’est peut-être aujourd’hui voilà on en est. Une élue locale interpelle Marlè Chapa, la secrétaire d’État à l’égalité femme homme sur Twitter. Elle dénonce la défaillance des services de la justice. Réponse musclée. Intolérable, intolérable et injustifiable.
Et ne comptez pas sur moi pour tenter de justifier cela qu’une femme qui va déposer des plaintes, qui va déposer des mains courantes ne soit pas davantage protégée. Dans le milieu judiciaire, l’affaire raisonne aussi. jusque dans le bureau d’une magistrate qui ne sait pas encore qu’elle deviendra bientôt l’avocate générale de ce procès.
Moi à l’époque, je suis procureur de la République dans le Gers à Hoche. Je suis plus particulièrement en charge violence conjugale parce que pour moi c’est un sujet depuis des années. Il faut que les féminicides s’arrêtent parce qu’une femme qui meurt sous les coups de son compagnon tous les 3 jours, c’est un vrai sujet.
Il me semble que ce dossier, notamment parce qu’il va être médiatisé, euh va pouvoir avoir un impact et peut-être de changer le regard qu’on porte sur les féminicides et changer les idées reçues qu’on a sur les victimes de violence conjugale. Au palais de justice de Bastia, le juge d’instruction doit pourtant garder la tête froide s’il veut caractériser la préméditation.
Le coupable sous les verrou, il charge les gendarmes de retracer l’histoire du couple. Depuis 2006, depuis que la petite étudiante de Ver sur Marne ne décide à 22 ans de faire un break, quitter papa, maman et ses études pour se faire quelques sous comme serveuse en Corse. Et un jour, en fin de saison, elle nous dit “Maman, j’ai rencontré quelqu’un.
J’ai rencontré Bruno. Il est il est avenant, il est gentil. On fait plein de choses. Il m’emmène au restaurant, on fait du bateau, on fait [soupir][souffle coupé] euh quand je vous le présenterai quand on reviendra, je vous le présenterai. C’était l’amour, c’était le soleil, la promesse, c’était le coup de foudre tout simplement.
Elle a elle a trouvé celui qu’elle aimait et elle est restée pas ce qu’elle l’aimait. Bruno Garcia est un enfant du pays qui vend des spiritueux dans les bars. Il a 8 ans de plus que Julie et il est très amoureux de celle qu’il appelle Choupette. Dès leur première rencontre, il séduit les parents. C’était Chouchou et Choupette.
L’impression l’impression était bonne un peu, je trouvais un peu matcho euh qui qui musclé. Non mais il était il était surtout très gentil comme un un jeune homme qui rencontre les parents de son ami. Voilà, c’était le copain idéal. Voilà, il faisait vraiment attention à elle. Toujours au petit soins. Voilà. Alors voilà, nous il nous a charmé.
Bah oui, voilà, c’était pour elle, c’était le point charmant pour elle et pour nous aussi. À peine 3 mois après leur rencontre, Julie s’installe chez Bruno près de l’île Rousse. Ils ont bientôt un fils, puis deux. Mère turquoise, ciel bleu, sourire d’enfants bronzés. Sur les réseaux sociaux, l’illusion du bonheur est parfaite.
C’est vrai que on voyait d’elle qu’elle vivait une vie idylique entre ces magnifiques photos de paysage et et l’amour qui se développait avec ce jeune homme qu’elle avait rencontré. On se disait tout va bien, elle est amoureuse, elle est heureuse. Jamais on aurait pu se douter de ce qu’elle est arrivé et de ce que le grand sourire de Julie cachait.
Car après la naissance de leur deuxième enfant, Bruno Garcia se montre plus distant. Julie n’est plus tout à fait la même. Elle devient un peu maniaque et ses proches commencent à se poser des questions. Quand on allait chez eux, monsieur Garcia nous agressait par la parole. Dès que quelque chose traînait mais du quotidien, voilà, on laissait un verre à un endroit, bah il fallait vite l’enlever, vite nettoyer pour pquer de trac.
Un jour, au retour de la plage, Lucien Dib a été témoin d’une scène de ménage particulièrement choquante. On avait des sacs de plage de sable et lui il était en train de balayer la maison, l’aspirateur et tout. Et Julie arrive et il commence à l’insulter. Quelque chose de grave. Voilà rien je suis pas là pour ça.
Pourquoi tu veux que je fasse le ménage ? Je dis rien. J’appelle Violette, j’ai Violette, ça va plus du tout. La semaine prochaine, on prend une chambre d’hôtel mais je vais plus chez eux. Voilà. Hien lui a demandé Julie, tu as un problème ? Il y a un problème dans ton couple ? Julie a fait “Mais non, c’est juste des petites disputes comme tout le monde hein.
Si jamais il y a quelque chose hein, on est là, tu nous en parles.” Elle fait non. Prêve le grand sourire toujours. Elle a le sourire, elle a elle a toujours le sourire et c’est c’était ça Julie, c’est qu’elle arrivait à voir le sourire même quand ça allait pas. Il n’y a qu’à ses copines les plus proches que Julie n’a pas pu cacher la vérité.
L’une d’elles a habité pendant 3 ans juste en dessous du couple aux premières loges d’une descente aux enfers. J’ai pu voir la progression et la montée en en puissance du problème qui existait dans cette maison. Et si je témoigne à visage caché, c’est uniquement parce qu’ici nous sommes dans un microcos et que je suis amenée à croiser régulièrement la famille de monsieur Garcia.
J’ai commencé à entendre des choses suspectes, des bruits très forts, des cris. Quand il l’a poussé à terre, forcément ça raisonnait dans mon plafond. Donc je sentais bien qu’il y avait un corps qui tombait que voilà, moi j’avais peur que qu’il y a un accident. Après, on a toujours du mal à s’imisser dans la vie des couples.
C’est compliqué. On n pas envie d’être inclusive. Fini le temps où Bruno appelait Julie sa choupette. J’ai entendu des insultes. Oui. Une fois même jusqu’à minuit. Il a fait un monologue jus jusqu’à minuit en l’insultant. Il l’a traité d’autrui. Moi ce qui a commencé à me poser un problème, c’est que si moi j’entendais ça, les enfants entendaient ça.
La dernière année, c’est monté crendo. Il y avait de plus en plus de querelles, il y avait de plus en plus de violence, il y avait de plus en plus de bruit. La dernière année, ça a été infernal. Infernal. Les amis de Julie s’inquiète, l’enjoignne de prévenir les gendarmes, mais elle refuse pour tenter de sauver son couple.
Pour les enfants, elle continue à cacher la vérité à ses parents. C’est son secret. avec toi. Le 25 septembre 2018, après une dispute violente, Bruno Garcia la flanque dehors. Les mises à la porte de Julie étaient assez fréquente puisque moi j’ai pu assister au moins quatre fois dont la dernière où elle est partie en pyjama avec rien, aucun effet personnel.
C’était sa manière à lui de de la rabaisser et de lui faire sans doute comprendre qu’elle n’était rien. Mais cette fois, c’est la foi de trop. Ce 25 septembre, Julie trouve enfin le courage de partir. Après 12 ans de vie commune, elle quitte Bruno, se réfugie chez des amis et raconte enfin son calvaire à ses parents.
C’est de là qu’elle nous a dit clairement que ça faisait des années qu’il était qu’il lui faisait une violence psychologique, qu’il était méchant avec elle, qu’il la rabaissait, que c’était plus vivable. Il a traité de de [ __ ] il a traité de [ __ ] que qu’elle avait pas de cerveau. Ça c’était son mot. Tu as pas de cerveau.
Euh qu’elle s’habillait comme une roumaine, c’était une clocharde. Tu t’habilles comme une cloche, tu as vu comment tu es moche ? C’est beaucoup d’humiliation, c’est beaucoup d’obligation. Il fallait que rien ne traîne à la maison, même pas une petite cuillère dans l’évier, sinon ça déclenchait des foudres.
Si elle était habillée d’une certaine manière, si elle allait à la plage se mettre en maillot de bain, ça déclenchait des scènes. J’ai jamais imaginé que çait c’était à ce point-là. Je pensais pas que c’était possible, que ça pouvait arriver à ma sœur et surtout je ne concevais pas que ma sœur ne m’en ait pas parlé avant.
On on parle de beaucoup de choses, on échangé énormément, on a toujours grandi ensemble, on a toujours été très proche, très fusionnel. Pourquoi elle me l’a pas dit encore une fois ? Pourquoi elle nous l’a pas dit ? Mais la séparation ne met pas fin au cauchemar. Bien au contraire. Dans les semaines qui suivent, Garcia traque Julie.
Les agressions se multiplient. Parfois en public, souvent devant les enfants. Il y a des gens qui ont assisté à des à des scènes de violence. Il est venu, elle avait un petit stand de bijoux, il a foutu en l’air tout le stand de bijoux devant tout le monde et personne n’a bougé. Elle m’a raconté, voilà, il m’a encore frappé, il m’a attrapé par les cheveux, il m’a jeté contre le mur, il m’a jeté dans les escaliers.
Donc là, elle avait mal, elle avait peur et je Mais Julie, te laisse pas faire, va déjà va tout de suite à la gendarmerie, va voir un médecin, fais quelque chose, tu peux pas rester comme ça. C’est une femme forte. Pour autant, elle a mis cette année à partir et cette année à franchir enfin la porte d’une gendarmerie. Le phénomène d’emprise, c’est finalement l’incapacité à se sortir de ce continuum de violence qui est devenu qui est devenu une habitude.
Les violences conjugales, c’est un monstre qui se nourrit de la honte des victimes, de leur peur, de la culpabilité de ces mêmes victimes. Cette peur, Julie a donc décidé de la surmonter en franchissant la porte de la gendarmerie, mais elle n’y a pas trouvé l’aide qu’elle espérait. Elle allait porter plainte et elle me disait “Papa, ils me prennent pas au sérieux, il rigole avec moi.
” La gendarmerie ne m’écoute pas. Ça sert à rien tout ce que je fais, ça ne sert à rien. Julie faisait confiance en la justice. La justice ne l’a pas écouté et ne n’est pas venu l’aider. Dominique Julie a donc alerté plusieurs fois les gendarmes de l’île rousse, plusieurs fois. Et la première fois, c’était donc fin septembre 2018.
Ouais. Première plainte le 30. Julie se présente à la gendarmerie. Elle raconte que son ex et elle sont séparés, que la garde des enfants pose problème. Elle dit surtout au gendarme qu’elle est victime de violence conjugale depuis des années, que Bruno Garcia l’a saisi par les cheveux, l’a attrapé par les poignés, qu’ la bouscule, qui l’insulte.
Elle dit au gendarme, il me traite de plus gros tapins de l’île rousse. Il me considérait comme une [ __ ] Et Julie raconte le dernier épisode, elle va à la fête foraine, elle tombe sur Garcia. Garcia s’approche d’elle, bousculade, il l’attrape par les cheveux, il la colle contre un manège, il la brutalise.
Donc elle va chez un médecin et elle donne le certificat médical au gendarmes. Bruno Garcia est entendu. Évidemment, il est placé en garde à vue, hein, mais il minimise tout. Quelques jours plus tard, 9 octobre 2018, alors que Julie et son père sont en train d’assister à un match de foot où joue l’un des enfants de Julie, Garcia est là, il arrive vers le père de Julie, il l’insulte, il le bouscule.
Julie essaie d’intervenir, elle est blessée. Résultat, plainte croisée des deux hommes. Lucien, le père de Julie, dépose plainte contre Garcia. Garcia dépose plainte contre lui. Et ça va durer octobre, novembre. des plaintes pour dégradation de voiture, des plaintes pour menace de mort.
On propose au couple une tentative de médiation pénale. Ce jour-là, Julie vient avec son père Lucien. Encore des problèmes avec Garcia qui menace de mort le père de Julie, il lui dit “Je vais m’occuper de toi maintenant, je vais te régler ton compte.” Le père de Julie dépose plainte à la gendarmerie pour menace de mort.
On convoque Garcia et une fois de plus, il n fin novembre, Julie retourne deux fois à la gendarmerie pour signaler que son ex la suit et qu’elle a vraiment très peur. Mais toujours à la même gendarmerie. Toujours à la même gendarmerie. Et c’est pas fini. Le 13 décembre 2018, nouvelle plainte de Julie qui dit que Bruno Garcia l’a saisi par les cheveux, l’a poussé dans l’escalier.
Elle venait chez lui pour récupérer les enfants. Garcia est convoqué et lui donne une autre version. Il dit, “Elle est arrivée à la maison comme une folle en furie. Elle a donné des coups de pieds dans ma porte et il va déposer plainte lui aussi pour dégradation sur sa porte d’entrée. Le 20 décembre 2018, Julie signale qu’elle n’a pas pu récupérer les enfants rebelotte 3 mois plus tard, le 1er mars.
Et là, on est 3 jours avant sa mort. Ouais. Et c’est ce jour-là que Julie apprend que toutes les plaintes qu’elle a déposé ont été classées sans suite. Elle a eu le sentiment de ne pas être écoutée par les gendarmes et elle raconte à une amie qu’un gendarme lui a dit un jour où elle poussait la porte de la brigade encore vous ? Et elle dit à cette copine tu sais on me prendra peut-être au sérieux quand je serai morte.
Donc si je résume six plaintes ou ma main courantes déposé en 7 mois sans compter évidemment celle du père et toute classée. Mais comment c’est possible en fait ? Alors, c’est difficile à dire. La procureur de Bastia s’expliquera euh en disant que toutes ces plaintes ont donné lieu à des amendes ou à une médiation pénale qui a échoué.
Elle assure que les procédures ont toutes été traitées et qu’elles ont été classées sans suite pour cause d’infraction insuffisamment caractérisées. Donc pour le parquet, aucun manquement ni de la justice ni des gendarmes. On se doute bien que c’est pas la vie de la famille. Il a collé son point à 2 cm de ma figure et m’a dit “Heureusement que qu’il y a les enfants sinon je te défonce.
” C’est fou, c’est fou. C’est fou, c’est fou. C’est fou. Quand elle dit qu’il me prend par les cheveux, qui me traîne contre un meuble qui me tape et qu’il y a les enfants, j’ai je sais pas ce qu’il faut pour qu’on se dise c’est grave. J’arrive pas à comprendre comment avec ces plaintes on n pas pu la protéger.
C’est c’est un truc qui me qui me ronge, qui me bouffe parce que c’est c’est insupportable. En apprenant ce que leur fille vivait, Lucien et Violette Doub ont foncé en Corse et eux aussi se sont heurés à la violence de Bruno Garcia. C’était toujours des menaces. C’était alors quand je passais dans la rue attendant Julie, il me regardait et il me faisait un jour il s’approche de moi, il me regarde comme ça, me dit “Écoute bien, si elle quitte pas la balagne, je la tue et je te tue.
” Elle peut aller où elle veut en Corse, mais si elle reste en balagne, je lui ferai la misère. Je fer la misère. La misère, je la défiguré, je la tuerai. Lorsqu’une personnalité comme Garcia se fait quitter ou perd sa victime, ça ça le rend fou, ça le rend plein de haine, de rage. C’est quelque chose qui est intolérable pour lui.
C’est le moment où euh Julie Douib échappe à Bruno Garcia tant physiquement que psychologiquement et elle devient pour lui une menace imminente pour la structure de son ego. [acclamation] À l’automne 2018, moins de 5 mois avant le drame, Julie a fêté ses 34 ans avec ses amis. Par filmer aussi, tu peux parler, tu filmé.
Elle tentait de reconstruire sa vie avec un nouvel amoureux, son prof de sport. Elle s’est mise à chercher un job et surtout pour pouvoir accueillir ses enfants, elle s’est installée dans un appartement de la résidence de la mer. Mais en attendant que sa situation se stabilise, la juge aux affaires familiales a confié temporairement la garde de ses fils à leur père.
Ils ont pas tenu compte que Julie avait retrouvé un appartement. Ils ont pas tenu compte que Julie avait retrouvé un travail. Et comme il avait gardé la maison puisquil l’avait mise dehors, qu’ils avaient leurs chambres, qu’ils avaient leurs habitudes, ils ont estimé que les enfants étaient mieux chez le père jusqu’au jugement.
Voilà, jusqu’à un prochain jugement. Alors Garcia en profite. Lui a pris les enfants en otage et en sachant très bien qu’à partir du moment où il les prenait en otage, il la dominerait encore. C’est ça. C’est lui qui décidait en fait quand elle avait le droit de de les voir. Il avait réussi à faire croire aux enfants que leur mère les avait abandonné.
C’estd que ta mère tu as vu comment elle s’habille ? Tu as vu ta mère comment elle traîne ? Tu as vu ta mère qu’est-ce qu’elle fait ? Elle s’occupe pas de vous. Le but c’était de la mettre dans un état tel de panique que de s’éloigner de ses enfants était juste invivable pour elle. Insupportable. Et dans les rues de l’île rousse, Bruno Garcia ne lâche pas Julie.
Il la traque pour qu’elle quitte la balagne et la haute Corse. Elle me disait “Papa, quand je vais travailler à 8h30, il est devant le bureau et il me menace de mort.” Elle allait faire les courses au Leclerc, elle tournait la tête, il était là. Un jour, elle avait un problème de batterie de voiture, elle ramène les pinces au garage. Il était là.
Moi, je reste persuadé que ou qu’il avait mis un GPS sur sa voiture parce qu’il pouvait pas ça pouvait pas être une coïncidence qu’il soit là tout le temps. Dans les mois qui précèdent le crime, l’attention monte encore. L’angoisse de Julie aussi. Et elle en parle maintenant à tout le monde comme à ce copain de l’île Rousse.
Elle avait dit une fois, il peut me tuer un jour. Je crois que je lui avais même dit “Oh, tu exagères. Elle a dit “Non, non, j’ai peur. En plus, il est on sait qu’il est armé. J’en ai parlé à la gendarmerie, il va finir par me mettre une balle. Je le sais. À chaque fois, je lui répondais mais non, il va pas tuer la mère de ses enfants.
Jamais j’aurais pensé qu’il passait à l’ jamais de la vie. Après le drame, les questions et les regrets déferlent sur la famille et les proches de Julie. Est-ce qu’on aurait pu la sauver ? On a toutes essayé, toutes les proches de Julie de lui trouver des solutions, de lui dire que elle pouvait partir, queon l’hébergerait, queon la cacherait.
Mais le problème c’était de laisser ses enfants. Pour Julie, c’était impossible. Je lui dis “Mais fais comme dans les films, disparaîts, prends tes enfants, prends un avion.” Je me suis longtemps dit “Mais pourquoi je me je pas forcé à partir ? Pourquoi je l’ai pas prise par ? Pourquoi je l’ai pas kidnappé Julie s’est équipé d’une bombe lacrymogène et d’une lampe taser au cas où.
La veille du drame, c’est dans un état de terreur qu’elle s’est rendue au cinéma avec des amis. Elle avait très peur. Bruno l’avait croisé en voiture. Du coup, il avait suivi jusqu’au cinéma. Si la la porte du cinéma s’ouvrait, elle était Ouais, elle était quand même assez assez vraiment apeurée, quoi.
Une amie se souvient qu’après la séance, Julie l’a appelé depuis sa voiture. Elle se sentait suivie sur le trajet. Au lieu de rentrer directement chez elle, elle s’est cachée dans un parking bien éclairé et bien gardé. Les caméras de vidéo surveillance, les enquêteurs les visualisent. Vois la voiture de Julie Doub rentrer dans un parking.
Une deuxième voiture passée devant. Quelques minutes plus tard, la voiture de Bruno Garcia est repassée dans l’autre sens comme s’il avait fait demi-tour après avoir perdu la trace de Julie. L’intéressé, monsieur Bruno Garcia dira, “Je l’ai croisé au cinéma, je tournais en ville et je l’ai vu, il rou ses petits, j’ai vu la voiture, j’ai tourné la tête, j’ai vu Julie Garcia.
” En réalité, les images montrent que son véhicule suivait déjà à ce moment-là, celui de Julie Doub. Une fois rentrée, Julie ne s’est pas senti plus rassurée. Elle a encore appelé l’une de ses amies en pleine nuit parce qu’elle venait de voir Garcia en bas de chez elle. On a vu qu’il était caché dans les buissons à 23h.
On a appris après que elle avait passé la moitié de la nuit dans dans le placard de l’entrée recroquillé de peur. Elle a dû passer une nuit affreuse. Le dimanche 3 mars à 11h du matin, Bruno Garcia sonne à sa porte. Mais pourquoi Diab lui a-t-elle ouvert ? Le père de Julie avait installé un troisème verreau sur la porte de l’appartement lorsque la séparation a été actée.
Connaissant Julie, jamais elle aura ouvert la porte. Elle avait peur. Oui, elle avait tellement peur que jamais elle a ouvert la porte. Donc la seule chose qui lui a fait qu’elle ouvre, c’est qu’il a dû lui dire que que il y a un problème avec les enfants. Le 7 juin 2019, 3 mois à peine après le drame, Bruno Garcia est de retour à la résidence de la mer, sous les regards lourds des amis de Julie.
C’est l’heure de la reconstitution. Le tueur va rejouer froidement son crime. Je l’imaginais comme une personne impulsive et en fait je découvre quelqu’un qui est calme, assez poli vis-à-vis des enquêteurs et qui se prête à la reconstitution avec une sorte de de lassitude. En fait, Garcia explique que son arme se trouvait dans sa poche gauche et que Julie lui a bien ouvert la porte.
On dira avoir chargé l’arme, approvisionner charger l’arme, c’està dire engager une cartouche devant la porte d’entrée. La reconstitution prend vite l’allure d’une démonstration à charge. Il arrivé avec un silencieux. Il pénèt dans l’appartement dans des circonstances qui ne sont pas éclaircies.
Là, il explique avoir engagé une discussion avec Julie. On comprend qu’il a fait asseoir par terre. Évidemment, c’est très difficile pour lui de mimer ce qui s’est passé parce qu’il présente quelque chose qui a pas vraiment de de vraie semblance. Suite à une lutte, Julie Doï se serait emparé alors du canon de larme, du silencieux, on ne sait pas précisément.
Le silencieux serait tombé au sol. La scène est confuse mais ce premier tir ne semble pas aussi accidentel que Garcia ne veut bien le dire. On a malgré tout le doigt sur la queue de détente, ce qui n’est pas un positionnement normal. Et pour le deuxième tir, plus de doute. Bruno Garcia a raté Julie mais il pointait ostensiblement son arme sur elle.
Donc c’est un tir qui était à minima censé atteindre Julie Douib non pas dans les jambes mais à hauteur de au moins de poitrine de buste. Reste le troisème tir celui dont la douille écrasée a été retrouvée sous le corps. Bruno Garcia ne se rappelle pas avoir tiré. Il se souvient juste qu’il a retenu Julie pendant qu’elle tombait.
Mais plusieurs voisins convoqués à la reconstitution livrent une toute autre version. Alerté par l’écrit, ils ont levé les yeux. Il voit Julie Doub courir sur le balcon. Il la voit chuter et il voit Bruno Garcia au-dessus d’elle en train de lutter. Et au moment où Julie était à terre, il tire et et il l’achève.
Donc il n’y a pas eu de gentil dépôt sur la terrasse mais bien une dernière petite phase de lutte mortelle. La sortie de la reconstitution, on a clairement les trois tirs et une intention homicide clairement établie. En réalité, cette scène c’était la scène d’une exécution. Une exécution. Reste à comprendre comment le prince charmant des débuts est devenu un tueur implacable et surtout un assassin, un homme capable de planifier son crime parce qu’une nouvelle pièce arrive sur le bureau du juge et elle ne plaide pas
en faveur de Garcia. Un jour, une amie à Julie m’appelle et elle me dit “Bah Jordan, j’ai un ordinateur à la maison si tu veux.” Julie s’en servait beaucoup. “Viens à la maison, regarde ce qu’il y a dedans.” J’y vais le lendemain, j’ouvre l’ordinateur et là, je vois un dossier Julie. J’ouvre photo et je vois juste les petites les petites vignettes en miniature.
J’en ouvre une ou deux et là je me rends compte que c’est Julie qui se prenait en photo elle-même. Elle me montrait les traces de bleu, les traces d’étranglement, les coups en fait. Elle elle gardait des traces en fait des violences qu’elle avait eu. Quand j’ai vu ça, j’ai fermé les photos. J’ai juste ouvert le dossier audio et là j’ai juste regardé les noms des fichiers.
Il m’insulte violence devant les enfants. Il me fait la morale dans la voiture. J’ai pas écouté. J’ai tout mis sur une clé USB. J’ai tout donné à la gendarmerie. Julie a longtemps caché la violence de Bruno à ses proches, mais en secret, elle a réuni des preuves. Sa clé USB atterrit sur le bureau du juge d’instruction qui la verse au dossier.
Ces documents sont importants pour comprendre la personnalité de l’intéressé, donc je les visualise. Le dossier contient une dizaine d’enregistrements que Julie a saisi en cachette avec son téléphone portable avant sa rupture avec Bruno. Ne fais pas la mariola avec moi et fais attention à ce que tu dis parce que je te mets un coup de tête là je te fais rentrer dans la vitre je te le dis hein.
Fais attention à ce que tu dis. Tu peux me lâcher que tu vas me casser le poignet là. Non non je pas te casser le poignet. J’essaie de te calmer. Mais je suis calme là d’accord. Lâche-moi ces enregistrements, ils sont absolument glaçants. Vous avez cette violence de dans les paroles de Bruno vis-à-vis de Julie.
Vous avez toutes ces insultes et cette colère qui se dégage de ces enregistrements. Parce que j’ai envie de t’emplatrer en ce moment. Tu sais quoi ? En ce moment, j’ai envie de te faire rentrer dans la ville tellement que tu m’excites. On entend des claquements ou je sais pas si c’est de la vaisselle qui se casse. Lâche-moi ! Lâche-moi ! Mais tu comprends pas [rires] ou quoi ? Ne me touche pas.
Et en réalité elle se fait pourrir par Bruno Garcia. Écoute-moi, si je m’en reste là. Tu resteras pas. Tu resteras pas là. Je te dis. Écoute-moi bien ce que je Écoute ce que je te dis. Tu resteras pas. Tu as compris ça ? Mets-toi-le dans la tête. Mets-toi-le. Tu es en train de me faire sortir de mes gants là.
Et là, je je suis au bout du debout. Tu es en train de me faire sortir de mes gants. Prends tes affaires et barre-toi. Barre-toi.Attends. Tu as compris ? Barre-toi. Il y avait une scène extrêmement dure où l’on entendait Julie pleurer. [grognement] Quel clochard ? Tu es devenu vraiment une clocharde. La clocharde que tu devenue.
C’est pas vrai. Mais ce qui pour moi est le plus marquant et le plus dérangeant, c’est qu’on entend les enfants sur ces enregistrements et ça ce sont des enregistrements qui vous transpersent. Tu vas partir ce soir ? Écoute-moi. Maman ça va pas. Maman, elle reste là toujours reste là. D’accord. Jamais je m’en fais.
Jamais je te laisse jamais. [grognement] Il pourra faire tout ce qu’il veut. Tout ce qu’il veut il pourra faire. Laissera jamais. Julie avait de quoi accuser Bruno mais elle n’a jamais fait écouter ses enregistrements au gendarme. Une fois encore, une femme qui franchit une la porte d’une gendarmerie ou d’un commissariat, elle le fait au prix d’une lutte contre elle-même, contre sa propre honte, contre sa propre peur.
Et si votre prise en charge n’est pas suffisamment effective ou efficiente, la victime, elle elle repartira avec son histoire et elle ne vous dira rien. Bien rigoler. Tu vas comprendre comment je m’ Oh arrête un peu. Perdu dans des salves d’insultes et de menaces, une petite phrase saisit le juge d’instruction. Il y en a une, elle a fait comme toi la mariolle, elle s’est pris des gifs devant les devant le café de la paix.
Elle a vite compris. Ouais. une autre qui a fait la mariole et s’est pris des gifles. On peut déduire qu’il y avait une relation déjà conflictuelle avec une excompagne de monsieur Garcia. les enquêteurs ont réussi à l’identifier et à l’entendre où déjà il y avait le phénomène d’emprise à l’époque c’était uniquement des violences uniquement avec des guillemets psychologiques et physiques, mais c’est la même démarche en réalité.
Bruno Garcia a donc des antécédents et visiblement il ne réservait pas sa brutalité à ses compagnes. Dans le dernier fichier, deux vidéos qui montrent Garcia et sa mère âgée atteint d’Alzheimer. Dépêche, dépêche, va mettre le pyjama. Va mettre le pyjama. Dépêche-toi. Va mettre le pyjama pour ça de patience.
Moi, j’ai pas de patience. Dépêche-toi, mets le pyjama. Dépêche-toi. Il y avait une caméra de vidéos surveillance dans son domicile pour qu’il puisse surveiller sa mère. Et Julie avait conservé certaines vidéos de ce domicile pour pour montrer à quel point Bruno pouvait se montrer violent avec sa mère. Me casser les couilles longtemps, même le matin à 7h du matin, tu vas me casser les couilles.
On voit Bruno Garcia s’emporter vis-à-vis de de cette dame qui est malade. Qu’est-ce que tu fais là ? chaussur dép il la moleste il lui tire les cheveux et il empoigne par les bras donc il la maltraite. Dépêche-toi, j’écoute de toi. Et on entend cette cette dame j’ai pousser des cris. Je vais te laisser la tête la tête. Je défoncer.
On sent vraiment qu’il y a une violence interne profonde profonde et très spontanée qui peut exploser à tout moment. On transpose ça aussi sur les violences qu’a pu subir Julie. Le magistrat voudrait comprendre d’où vient la violence de cet homme. Mais Bruno Garcia est peu locasse quand il s’agit de lui. Il ne va pas répondre à l’interrogateur de personnalité.
Il se livre très peu à l’expert psychologue, très peu à l’expert psychiatre. Et donc on va être privé de qui est cet homme, de son enfance. On va être privé de ses relations avec ses proches puisqu’on aura pas du coup l’audition ou en tout cas le questionnement auprès de ses proches. Ça aurait pu jouer en sa faveur mais monsieur Garcia ne se défend pas.
Manifestement, monsieur Bruno Garcia a eu un parcours de vie empreint de violence régulière. intrafamilial, alcoolisme du père, violence, fragilité de la mère, une famille totalement dysfonctionnel, peut-être même un petit peu enfin instable. Il y a évidemment beaucoup euh d’éléments explicatifs sur son passage à l’acte et la construction de sa personnalité euh fermé.
Dominique, une famille dysfonctionnelle. H Est-ce que Bruno Garcia en parle aux experts ? Il en parle très peu. On sait que ses parents ont divorcé quand il avait 12 ans. Ses sœurs et lui ont grandi dans un climat familial violent, conflictuel. La mère a dû gérer la famille seule. Le père était violent, il était maniaque.
Et il est mort en 2009, tué d’un coup de fusil de chasse. On a jamais retrouvé son meurtrier. Il a fait quoi de sa vie Garcia ? Bah, il a fait une école hôtelière, ensuite une formation de mécano. Il a été serveur et puis il a eu un très grave accident de moto. Il s’en est sorti mais il n’a plus jamais retravaillé et il a passé son temps, il s’est occupé à la salle de musculation.
il a fait du tir. Il se décrit comme quelqu’un de gentil, renfermé, peu expressif, mais il dit aux experts qu’il n’aime pas qu’on le prenne pour un imbécile. Est-ce qu’il évoque les faits avec les experts ? Alors, il parle toujours d’un tir accidentel. Ça s’est passé très vite, c’est le trou noir.
On dit tout de suite que les experts ne croient pas du tout à l’amnésie. Et ensuite, il est beaucoup plus locas quand il parle de son couple dont il raconte qu’il s’est fracturé sur des rumeurs d’infidélité. Il dit aux experts quand elle a commencé à fréquenter une salle de sport, elle souffrait de la crise de la quarantaine. Je suis sûr qu’elle sortait avec son prof de sport.
- Et ça évidemment ça froissait son ego, ça froisse un homme mais lui raconte que à Lî Rousse là-bas où il connaît tout le monde, il passait vraiment pour un imbécile quoi. Julie mettait en péril sa famille, sa relation avec les enfants [grognement] et il a cette phrase, il dit aux experts tout l’été vous êtes fait prendre pour un anne et ça ça l’a rendu dingue.
Et les violences sur Julie, est-ce qu’il les reconnaît ? Les violences, quelle violence ? Il est toujours dans la même configuration. Il minimise, ça n’a pas existé, il ne l’a jamais frappé et il se pose en victime. Alors, il explique que Julie l’a eu mauvaise, qu’elle lui en veut depuis qu’il a eu la garde des enfants et que depuis ça, c’est son expression, elle m’a fait crasse sur crasse.
Elle a déposé plainte sur plainte et il est persuadé qu’elle allait partir avec les enfants. Elle c’est la mauvaise femme, hein. Les petits morflet avec elle, il n’était pas sa priorité. Lui, c’est le gentil. Mon seul souci, moi, c’était mes enfants. Donc, un papa modèle. Voilà. qui frappait sa femme devant ses enfants.
Mais la victime c’est lui. Bah ouais. L’expert relève chez lui des éléments de forte réactivité, d’impulsivité. Il est psychoorigide, c’est une personnalité paranoïque et il a un besoin h on l’a vu, de se victimiser. OK. Et en prison, il redescend un peu, il se calme ou pas ? Alors, en prison, il en veut à la terre entière.
Il en veut au prof de sport, il en veut à Lucien, le père de Julie, il en veut au médias. et il a toujours cette même phrase : “Moi, je me retrouve là, c’est pas ma place en prison, j’ai rien à faire là. Je voulais juste protéger mes enfants.” Une personnalité paranoïque qui rumine et qui rumine sa vengeance. C’est aussi ce que constatent les gendarmes.
En reconstituant l’emploi du temps de Garcia, ils ont découvert les manœuvres d’un homme qui prépare un mauvais coup. Dans le téléphone de Bruno Garcia ou son ordinateur seront retrouver des recherches pour partir à l’étranger loin en Asie. L’expert relève plus de 300 recherches liées à des voyages et apparemment c’était pas pour préparer des vacances.
Il doit faire des recherches sur internet. peine encouride, manière de tuer. Donc c’est quand même quelque chose qui me semble ressembler à une planification de la mort. 3 mois avant le crime, l’accusé a mise en vente ses deux voitures sur internet et un jour, sa voisine a remarqué qu’il semblait sur le départ.
Pendant la semaine qui a précédé la mort de Julie, monsieur Garci habitait encore au-dessus de chez moi. Donc je l’ai vu faire un grand ménage, sortir des grands sacr poubelles, se débarrasser de pas mal de choses, organiser un comme un déménagement. Autre étrange coïncidence, Bruno Garcia a curieusement invité en Corse sa sœur et son beau-frère ce fameux weekend du 2 au 3 mars à l’heure qu’il vivait sur le continent et que leurs relations étaient plutôt distantes.
Il y a un contexte je dirais bizarre avec un billet payé par monsieur Bruno Garcia un petit peu dans la précipitation. Donc évidemment, on pourrait penser que au cas où il pourrait plus s’occuper des enfants et que Julie Douillib non plus quelqu’un soit là pour s’en occuper. Garcia avait même confié les papiers d’identité des deux garçons à l’une de ses proches.
c’est parce qu’il sait qu’il va la tuer et que l’objectif c’est qu’effectivement il ne quitte pas la corse et que les grands-parents ne récupèrent pas les enfant. Lucien et Violette Dib ont évidemment obtenu la garde de leur petitfils. Et quand les gendarmes ont interrogé les deux garçons, les enfants leur ont raconté une étrange séance de tir.
Les enfants leur ont confié que la veille des faits, papa avait montré à tonton comment fonctionnait le silencieux et qu’il aurait tiré dans le jardin. qu’ils décrivent les bruits que font les balles lorsqu’elles sont tirées, ça faisait un plop. C’est c’était grâce au silencieux finalement que ça ne faisait pas de bruit.
Les gendarmes retrouvent effectivement deux douilles du même calibre que celui qui a tué Julie. Garcia s’est donc bien entraîné dans le jardin la veille du crime. La somme des éléments permettant de penser qu’il y a préméditation commence à s’accumuler. Ce qui pousse les gendarmes d’ailleurs à aller plus loin dans le parcours et dans la précision du déroulement des faits.
Ces enquêteurs sont arrivés à minuter cette scène. On sait qu’il est rentré au domicile de Julie Douib à 11h0. On a un coup de feu qui n’est pas nécessairement le premier qui est entendu à 11h05 et on sait qu’il ressort du domicile à 11h0h9. Donc on est sur une scène qui dure entre 4 et 5 minutes. Ce qui permet de penser qu’en réalité la volonté de discussion n’existait pas.
Face au magistrat, Garcia fait preuve d’un sang frroid inébranlable et surtout, il a toujours une très haute idée de lui-même. C’est je m’occupais bien de mes enfants et on m’a pris mes enfants. C’est parfois on a même l’impression que c’est plus important que l’interrogatoire sur les faits. C’est la question de ses enfants.
Incapable de comprendre le mal qu’il leur a fait. et il aggrave même son cas en prison sur les écoutes téléphoniques. Lorsqu’il est en détention provisoire, on tombe sur une conversation où il explique que le compagnon de Julie Louib aurait dû être là. Donc on comprend qu’il avait prévu d’abattre les deux. On est sur une planification de la mort avec un mobile et une haine sourde qu’il rumine depuis des mois et qu’il rumine même avant que que Julie Douille le quitte.
Dominique Garcia donc un téléphone portable en prison. Les gendarmes le juge écoutent ses conversations et elles sont édifiantes. Ouais. Les gendarmes découvrent que un ami et le beau-frère de Garcia aurait fait entre guillemets une connerie. Ils sont allés dans le maqui, ils ont brûler quelque chose.
Bien évidemment, les enquêteurs vont s’intéresser à eux. On va les chercher. On les colle en garde à vue, on leur pose des questions. Ils finissent par reconnaître que oui, ils sont allés détruire des trucs dans le maqui. Les trucs, c’était un téléphone portable et des sacs à mains de luxe qui appartenaient à Julie.
En fait, Garcia leur avait confié tout ça et ils ont paniqué, ils sont allés s’en débarrasser. Mais ça c’est de la dissimulation de preuve, non ? Oui. Et ils vont être condamnés pour ça à du bracelet électronique. OK. Est-ce qu’il y a d’autres choses intéressantes dans les écoutes ? Oui, on constate que la haine de Garcia pour Julie, pour sa famille, elle est intacte.
Quand il parle d’elle, il dit cette [ __ ] C’est un mot qu’il utilise en permanence, hein. Et il dit même pas une larme, je verse pour elle. Je m’en bats les je dis moi une gonzesse qui va se faire [ __ ] ailleurs et qu’elle nique ses gosses et qu’elle habite encore sous mon toit, c’est une grosse point de suspension.
[grognement] Les marches blanches, les concerts, les matchs de foot, tout ce qu’on dit pour Julie et tout ce qui fait penser à elle, tout ça, ça l’ins supporte et il donne des consigns à ses proches. Il leur dit “Il faut que la force soit de mon côté, il aurait fallu tout dératiser. Au moins, on était tranquille, c’était fini.” Alors, il parle aussi de la famille de Julie.
Il en veut toujours autant à son père qu’il traite de gros. Et puis il dit à ses copains, “S’il y en a qui l’ouvrent, il faut leur montrer que on est du monde et tu verras que là, il y a plus personne qui va l’ouvrir.” Ça c’est Garcia. Il avait fait courir le bruit vrai ou pas vrai, je sais pas de qu’il y avait un contrat sur ma tête comme j’ai toujours été moi euh le papa à battre.
Donc j’ai été à la gendarmerie du coin. Je leur ai dit que voilà, j’avais peur pour ma vie parce que venant de lui, ça m’étonnait pas. En prison, Garcia ne supporte pas de voir son ex beau-père porter le combat contre les violences faites aux femmes devant les médias. Le fait de sortir pour pour aller tuer le père, c’est son moteur. Voilà.
Donc on est quand même sur un niveau de haine qui est au-delà de ce que j’ai pu voir dans d’autres dossiers. [cri] Pour moi, c’est très important d’être là parce que il faut il faut que cette épidémie, ce phénomène Depuis la mort de Julie, le compteur tourne toujours. En mars, elle était la 30e victime d’un féminicide.
En mai, elles sont 60. 74 en juillet, 103 en septembre. Pas de plus. Pas de plus. Sur les réseaux sociaux, dans la rue, les manifestations se multiplient. Elle dénonce la lenteur des actions judiciaires et la lenteur de l’État. Nous vous proposons 74 secondes de bruit de colère. [acclamation] Nous, on a déjà eu des victimes au téléphone qui nous ont dit “Je ne veux pas être la prochaine Julie Doub.
” On a dans notre entourage tous quelqu’un qui est victime est victime de violence conjugale. Ça peut être voilà votre mère, votre sœur, votre amie. Par Julie, tout le monde prend conscience de qui sont ces hommes. Qu’est-ce qu’un féminicide ? Et si on peut en sauver une, deux, trois, peu importe, on aura fait avancer les choses.
Je suis une ancienne femme battue et j’ai réussi à m’en sortir. Je suis heureuse aujourd’hui. Donc parlez, battez-vous. On demande à l’État d’être entendu euh qui ait des lois qui a des policiers formés. À l’automne 2019, 8 mois après la mort de Julie sous pression, le gouvernement organise un grenel des violences faites aux femmes et annonce une série de mesures d’urgence.
C’est le regard de toute une société qui doit changer. La façon dont nous envisageons les rapports entre les hommes et les femmes, bien sûr. La façon dont nous envisageons la violence dans ces rapports. La mort de Julie a donc fait bouger les lignes. Bruno Garcia a beau avoir tout fait pour la détruire, son ex-compagne est devenue un symbole.
C’est dans ce contexte politique et ultra médiatique que Garcia est renvoyé aux assises pour assassinat. Son procès s’ouvre le 10 juin 2021, 2 ans après la mort de Julie, devant la cour d’assise de Haastia. La foule, la presse, tous les soutiens de Julie sont là avec une attente que Garcia reconnaisse sa violence et qu’il admette qu’il a prémédité son crime.
Allez, maintenant ça commence hein. Ouais. Hein ? Dès l’ouverture du procès, euh on a les associations féministes qui accrochent des banderolles au grille du palais de justice qui sont présentes à cette audience et euh avec la presse nationale qui arrive que justice soit faite, c’est tout. Voilà, c’est c’est justice soit faite et bast et qu’on ait la vérité, la vraie vérité.
Moi, je suis arrivé en même temps que la famille Douib. Je je tenais le bras de Lucien. On se retrouve avec des caméramans, des journalistes qui nous posent plein de questions. Moi, j’avais un seul espoir, c’est que tous ceux qui ont fait des féminicides prennent le maximum. De toute façon, je ferai tout ce qu’il faut pour qu’il paye pour ce qu’il lui a fait.
Le risque, il est de faire de Julie Doub un symbole et de faire de Bruno Garcia un exemple. Moi, j’espère que cette médiatisation, cette émotion écrasante en fait ne va pas occulter tout le reste. S’il vous plaît, caméra photographe dehors. Merci. L’accusé s’installe dans le box. Les vêtements et le regard noir.
Il est habillé de noir, t-shirt noir, pantalon noir, regard noir également. Ça a été le plus dur au début, c’était de me retrouver face- à face, les yeux dans les yeux avec avec la personne qui m’a pris ma sœur, la personne qui a assassiné ma sœur. Il regarde méchamment même les partis civiles, les les associations féministes qui sont dans la salle.
On a l’impression qu’ défi la salle en fait. Et surtout Garcia se répète, le crime n’est pas prémédité mais face à lui, il y a Charlotte Béluet. Arrivé en Corse depuis peu, l’avocate générale compte bien faire avancer le débat sur les féminicides. La thèse du coup de sang, elle la balaye d’une phrase. L’avocat général, elle elle est allée quoi. C’était elle était bien sèche.
Elle était elle a bien cerné le personnage de toute façon. Elle savait à qui elle avait à faire. Il répond de manière très laconique, très brève. Il était droit comme ça. Il avait une grosse montre qui mettait bien en évidence comme ça. Très content d’être spectateur à tel point que la présidente à un moment donné lui dit “Monsieur Garcia, vous savez que c’est votre procès.
” Un à un. Les enquêteurs et les experts passent en revue la longue liste des éléments à charge contre Garcia, des expertises balistiques à la vente de ses voitures en passant par l’invitation inopinée de sa sœur, ses menaces de mort ou ses recherches sur internet. Sous-entendu, tout ça était largement prémédité et il avait prévu après les faits de prendre ses enfants et de disparaître à Marrakech ou à Bangkok.
En en réalité, c’est pas ce qu’il fait puisque il a choisi de se rendre avec l’arme à la gendarmerie. Camirado bataille, il se donne du mal pour défendre son client mais l’accusé reste muret. il veut pas parler de lui. Pour compenser ça justement, on a eu notamment une de ses sœurs qui a fait, moi je trouve, un témoignage assez assez fort et et émouvant en fait et qui a montré voilà toute c toute cette enfance particulièrement difficile et la vie la vie complètement cabossée de de Bruno Garcia, ce père violent, ses problèmes
d’alcool, cet abandon et tout ça évidemment participe à cette espèce en tout cas de jalousie malad, de peur de l’abandon et cetera qui fait que il peut pas dans son logiciel mental supporter le fait que la mère de ses enfants le trompe. Inaccessible, Bruno Garcia répond à Minima Il s’enfer. C’est madame Dib qui l’a trahi.
Madame Dib, il n’a même pas eu cette force, ce courage de prononcer le prénom de Julie. On parle de Julie Doub. Pourquoi vous l’appelez Madame Doub alors que c’est votre votre ex-femme, c’est c’est la mère de vos enfants ? On comprend qu’il est dans une inversion de la culpabilité et que si Julie est morte, c’est de sa faute à elle parce qu’elle lui a manqué de respect.
Julie était le trophée de Bruno et donc il était hors de question qu’il le perde. Il était hors de question que il soit la risé des gens parce qu’elle allait le quitter et surtout pas. Il était hors de question qu’elle retrouve un compagnon et qu’elle refasse sa vie. Enfermé dans sa logique, Garcia ne doute toujours de rien.
Et je l’ai interrogé pour lui dire “Mais vous entendez quoi par récupérer monsieur Garcia ? puisque vraisemblablement on part pour quelques années de détention, on sent bien que il y a une vraie volonté chez lui de garder les enfants dans son giron et finalement peut-être de garder une sorte d’emprise qu’il ne peut plus avoir sur Julie mais qu’il pourrait exercer sur les enfants.
L’avocate générale veut frapper fort. Elle fait projeter et diffuser les photos et les enregistrements clandestins de Julie. Allez, allez, allez. Tu es ta mère. Lâche là. Allez, lâche-moi. Lâche-moi. Lâche. J’ai pris sur moi et j’ai dit je veux enfin voir qu’est-ce qu’il lui a fait. Tu as toujours tenu comme ça.
J’ai envie de t’emplatrer en ce moment. Tu sais quoi ? En ce moment, j’ai envie de te faire rentrer dans la ville tellement que tu m’excends plus que tu me parles comme ça et que tu bar alors barre-toi. Quand tu entends quand tu entends les cris, quand tu entends les enfants se plainre, quand tu entends c’est toi là là tu peux te projeter dans la scène.
Tu devenu vraiment une clocharde. C’est pas vrai. On a l’impression d’être d’être avec eux. C’est d’être avec eux et et on est là, on peut rien faire. J’ai envie de t’ plârer en ce moment. Tu sais quoi ? En ce moment, j’ai envie de te faire rentrer dans la vie. On était tous d’une certaine manière collectivement invités dans son intimité et on était collectivement invité à contempler directement cette violence.
Dans le silence de la salle, Julie Doub, elle était là. Voilà, ça c’est J’ai je l’ai perçu comme ça. La salle est bouleversée. L’accusé reste de marbre. Il a dit qu’il avait jamais été violent, qu’il n’a jamais frappé une femme. Il a jamais tapé Julie. Il a il a peut-être parler fort mais jamais jamais il a tapé.
Bruno Garcia est dans un déni clairement à la fois de sa préméditation et à la fois de ses comportements. Quand la salle découvre les images de Garcia qui rudoit sa mère malade, c’est un hker. Et on a entendu dans le cours de de la diffusion, la mère de Julie Douib, Violetta, se levait, poussa un cri et quitter la salle d’audience avec fracas.
Euh c’était insoutenable. Les enregistrements sont tellement puissants en réalité que derrière c’est très difficile si vous voulez c’est c’est une une fois qu’on a suscité une telle émotion d’essayer de rationaliser et de raisonner un peu tout ça c’est très compliqué. La déposition de l’expert psychiatre vient encore fragiliser la position de la défense.
Oui, l’accusé est et restera dangereux. À l’heure des plaidoiries, l’avocate général se lève. Avec un certain sens de la mise en scène, elle descend de son estrade et s’avance solennellement à la barre pour s’adresser au jury. Je pouvais pas me permettre de faire une pirouette, de requérir 3 minutes et de repartir.
Les féminicides, c’est un crime de propriété. Quand on tue l’autre, c’est parce qu’on souhaite s’ériger en propriétaire à vie de l’autre. Voilà, on préfère le voir mort plutôt que libre. De toute façon, Julie Doub, elle est morte d’avoir revendiqué sa liberté. Elle parlait, elle parlait, elle parlait. Elle marche, elle marche et elle dit plus rien.
Et toute la salle ne dit rien. Après, elle revient, elle fait “C’est long, 4 minutes, hein. Il lui a fallu 4 minutes pour mourir à Julie. Charlotte Béluet se tourne vers les parents de Julie. Elle a reconnu le dysfonctionnement de la justice et que ils avaient pas fait leur travail, qu’ils avaient pas assez écouté Julie.
Il nous a demandé même pardon. Ouais. Pardon. De de Ouais. de ce qui s’était passé. Sans surprise, l’avocate général requiert la peine maximale avec en prime la déchéance de l’autorité parentale. Il me paraissait essentiel de faire en sorte de retirer la main que Bruno Garcia avait sur ses enfants. Voilà. Donc c’était important cette déchange de l’autorité parentale était plus essentielle encore que la réclusion criminelle à perpétuité.
Le dernier mot est à la défense. Du côté de l’accusé, pas de regret ni d’excuses. À peine une pensée pour ses enfants. Jusqu’au bout, il reste dans sa bulle, il reste dans sa carapace. Après 5 jours de débat, le jury rend son verdict. Bruno Garcia est reconnu coupable d’assassinat. et il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans.
L’autorité parentale lui est définitivement retirée. C’est la première fois qu’on a ce type de peine pour des dossiers de féminicide. À partir de maintenant, on saura qu’il est possible d’être condamné à perpétuité avec 22 ans de sûreté dans des dossier de féminicide et et c’est important qu’on le sache. Ça a été vraiment un soulagement énorme.
Vraiment, ça a été on a réussi. On a réussi. C’est Julie qui lui fait prendre la perpétuité. Aujourd’hui, où il est, il sera plus dès là. Voilà, ça c’est super important. Bruno Garcia a est immédiatement fait appel et en janvier 2023, il a été condamné aux mêmes peine, âge action, perpétuité, 22 ans de sûreté, déchéance de l’autorité parentale.
Depuis 2024, tous les tribunaux sont désormais dotés d’un pôle spécialisé dans les violences intrafamiliales. En 5 ans, les signalements ont doublé. Ces violences touchent en France une femme sur 10.