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Obsèques d’Isabelle Mergault : Laurent Ruquier dévoile son dernier message dans son combat contre le cancer — son humour et sa force bouleversent les proches en larmes

La matinée du lundi 30 mars 2026 restera gravée dans les mémoires de celles et ceux qui ont connu, aimé ou simplement admiré Isabelle Mergault. Sous la Coupole du cimetière du Père-Lachaise, à Paris, une foule dense et recueillie s’est réunie pour rendre un dernier hommage à cette figure incontournable du paysage artistique français. Comédienne, réalisatrice, plume affûtée et voix singulière des Grosses Têtes sur RTL, elle s’est éteinte le 20 mars à l’âge de 67 ans, emportée par un cancer du poumon qu’elle avait choisi de garder secret jusqu’au bout.

Cette cérémonie laïque, ouverte au public, a été marquée par une profonde émotion, mais aussi par une forme de lumière fidèle à la personnalité d’Isabelle Mergault : franche, drôle, et farouchement libre. L’atmosphère, empreinte de tristesse, n’était pourtant pas dénuée de sourires discrets, comme si chacun tentait de lui rendre hommage à sa manière, en restant fidèle à son esprit.

Parmi les moments les plus marquants de cette matinée, un message a bouleversé l’assemblée. Un simple SMS, envoyé en janvier à son ami de longue date Laurent Ruquier, a été lu à voix haute. À cette époque, la maladie progressait déjà, mais Isabelle Mergault n’avait rien perdu de sa verve. Dans ce message, elle écrivait : « J’espère qu’on va bien le niquer, ce coloc de merde !! ». Derrière cette formule brute, presque provocatrice, se cachait toute sa manière d’affronter l’adversité : avec humour, dérision et une combativité sans faille.

Ce « coloc », comme elle l’appelait, n’était autre que son cancer. En lui donnant ce surnom trivial, elle semblait vouloir le banaliser, le réduire à une présence gênante mais presque ordinaire, comme pour mieux le dominer. Ce choix de mots, à la fois drôle et poignant, a profondément ému les proches présents lors de la cérémonie. Il résume à lui seul la philosophie d’Isabelle Mergault face à la vie : ne jamais céder à la fatalité, toujours garder une distance ironique, même dans les moments les plus sombres.

Laurent Ruquier, très affecté, faisait partie des rares personnes à être dans la confidence. Fidèle à la volonté de son amie, il n’avait rien révélé, respectant scrupuleusement son désir de discrétion. Cette décision, bien que compréhensible, a suscité des réactions douloureuses. Christine Bravo, notamment, a confié avoir appris la disparition de son amie par les médias, avant de se tourner vers Laurent Ruquier pour obtenir confirmation. Entre incompréhension et chagrin, cette situation illustre la complexité du choix d’Isabelle Mergault : protéger les siens en gardant le silence, quitte à les confronter à une annonce brutale.

Autour de Laurent Ruquier, de nombreuses personnalités étaient présentes pour lui rendre hommage. Valérie Trierweiler, Anne Roumanoff, Karine Le Marchand, Arielle Dombasle, Laurent Baffie, Stomy Bugsy ou encore Christine Bravo ont partagé ce moment de recueillement, témoignant de l’empreinte profonde laissée par Isabelle Mergault dans le cœur de ses pairs. Tous semblaient unis par une même admiration pour cette femme au tempérament unique, capable de faire rire tout en touchant profondément.

Mais au-delà du monde médiatique, c’est aussi une femme profondément attachée aux siens qui a été célébrée. Ses deux filles adoptives, Maya, 17 ans, et Iris, 12 ans, étaient présentes lors de la cérémonie. Dignes malgré leur jeune âge, elles ont incarné une émotion silencieuse mais bouleversante. Une imposante composition florale accompagnait l’entrée du cercueil, envoyée en leur nom, comme un dernier geste d’amour.

Jusqu’au bout, Isabelle Mergault aura pensé à leur avenir. Consciente de la gravité de sa maladie, elle avait pris soin d’organiser chaque détail avec une précision remarquable. Une figure paternelle de confiance a été désignée pour veiller sur elles au quotidien, tandis qu’une amie proche a été nommée exécutrice testamentaire. Plus encore, elle avait tenu à inscrire une clause essentielle : que ses filles ne soient jamais séparées contre leur gré. Un choix qui en dit long sur son sens des priorités et son amour indéfectible.

Laurent Ruquier : Actualité et Infos - Public

Après l’hommage au Père-Lachaise, le cortège s’est dirigé vers le cimetière de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, où Isabelle Mergault repose désormais. Ce lieu, choisi par elle-même, n’a rien d’anodin. Elle y rejoint, symboliquement, l’une de ses grandes inspirations : Sacha Guitry. Cette proximité posthume ressemble presque à une dernière mise en scène, une signature élégante et pleine de sens.

Durant des années, Isabelle Mergault s’amusait d’ailleurs à prononcer le nom de l’acteur et dramaturge avec un chuintement particulier, déclenchant l’hilarité de ses camarades des Grosses Têtes. Ce détail, à la fois tendre et amusant, rappelle combien son humour faisait partie intégrante de sa personnalité. Même dans la mort, elle semble continuer à faire sourire ceux qui l’ont connue.

Ce dernier hommage n’était donc pas seulement une cérémonie d’adieu. Il était le reflet fidèle d’une vie menée avec intensité, humour et indépendance. Isabelle Mergault laisse derrière elle une empreinte singulière, faite de rires, de coups de gueule, de tendresse et de courage.

Son combat contre la maladie, mené dans l’ombre, sans plainte ni mise en scène, témoigne d’une force rare. Son choix de préserver le secret, de continuer à vivre et à travailler sans que la maladie ne définisse son identité, force le respect. Et ce SMS, devenu symbole de sa résilience, restera sans doute comme l’un des témoignages les plus poignants de son état d’esprit.

En quittant la Coupole du Père-Lachaise ce matin-là, beaucoup avaient les larmes aux yeux. Mais tous emportaient avec eux quelque chose de plus : le souvenir d’une femme qui, jusqu’au bout, aura refusé de se laisser enfermer dans la tristesse. Une femme qui aura affronté l’inacceptable avec un sourire en coin et une réplique bien sentie.

Isabelle Mergault n’est plus, mais son esprit, lui, continue de résonner. Et peut-être que, quelque part, elle continue de se battre contre ce « coloc de merde », avec la même insolence et la même énergie qui auront marqué toute sa vie.