Tebboune : Le bilan d’un échec total depuis 2023. Débat explosif Semmar vs Bensedira

L’Algérie traverse aujourd’hui l’une des zones de turbulences les plus critiques de son histoire contemporaine. Alors que l’année 2023 devait marquer le tournant de la “Nouvelle Algérie” promise par Abdelmadjid Tebboune, le bilan qui se dessine est celui d’une désillusion profonde, d’une paralysie institutionnelle et d’un décalage croissant entre les discours officiels et la réalité brutale vécue par les citoyens. À travers un débat sans concession, les observateurs pointent du doigt un système qui, loin de se réformer, semble s’être enfermé dans une gestion de l’urgence et de l’opacité.
Le mirage économique et la faillite de la compétence
Le premier constat de cet échec réside dans l’économie. Malgré des budgets colossaux — on parle de 200 à 300 milliards de dollars dépensés annuellement — l’impact sur le quotidien des Algériens est quasi invisible. Les infrastructures s’effritent, les routes sont dans un état lamentable, et la vie chère étouffe les ménages. La question est simple : où va l’argent ?
Le problème fondamental n’est pas seulement financier, il est structurel. Le régime actuel souffre d’une “crise de compétence” aiguë. En marginalisant les experts et les universitaires au profit de fidèles du système dépourvus de vision technique, le pouvoir a castré toute possibilité de relance réelle. On assiste à une promotion systématique de la médiocrité où les diplômes et l’expertise comptent moins que l’allégeance. Pendant ce temps, des nations étrangères, à l’image des 1 400 entreprises turques installées sur le territoire, captent une part substantielle de la richesse nationale, laissant l’économie locale exsangue et dépendante.
La fragmentation sécuritaire : Un pays sans boussole
L’une des révélations les plus alarmantes de cette période concerne l’appareil sécuritaire. Historiquement, la force de l’Algérie reposait sur une coordination étroite entre ses différents services : police, gendarmerie et services de renseignement. Aujourd’hui, cette synergie semble avoir volé en éclats.
Le Président de la République, qui occupe également les fonctions de Ministre de la Défense et de Chef suprême des forces armées, se retrouve submergé par une multiplication de rapports contradictoires. Recevoir une dizaine de rapports de sécurité différents chaque matin, sans filtre ni coordination préalable, rend toute prise de décision cohérente impossible. Cette “guerre des services” au sommet de l’État crée des failles béantes dans lesquelles s’engouffrent l’insécurité et les réseaux criminels. L’échec sécuritaire n’est pas qu’une vue de l’esprit ; il se manifeste par la résurgence d’opérations isolées et un sentiment de vulnérabilité au cœur même des grandes villes.
Justice et corruption : Le serpent qui se mord la queue

La lutte contre la corruption, brandie comme un étendard par Tebboune, s’apparente de plus en plus à une opération de règlement de comptes politiques. Si de nombreuses figures de l’ère Bouteflika croupissent en prison, les pratiques, elles, n’ont pas changé. La corruption est devenue systémique, touchant toutes les strates de la société.
Le cas de certains officiers supérieurs, condamnés pour des fortunes accumulées sur des décennies, pose une question éthique et juridique majeure : comment punir aujourd’hui ceux que le système a encouragés hier ? En l’absence d’une justice réellement indépendante, le pays s’enfonce dans une spirale de vengeance et de ressentiment. La prison n’est plus un lieu de rédemption ou de justice, mais un cimetière pour les perdants d’un clan, tandis que les gagnants du moment continuent de jouir des mêmes privilèges illicites.
Le retour des vieux démons
Vingt ans après la Concorde Civile initiée par Bouteflika, l’Algérie voit réapparaître des spectres que l’on croyait disparus. L’échec de la politique de réintégration et le manque de perspectives pour la jeunesse créent un terreau fertile pour l’instabilité. On parle désormais des “enfants des casemates”, cette nouvelle génération qui n’a connu que la crise et qui se retrouve séduite par des discours radicaux.
L’échec de Tebboune depuis 2023 est avant tout celui d’une méthode. En voulant restaurer l’autorité de l’État par la coercition plutôt que par le consensus et le développement, le régime a rompu le contrat social. L’Algérie ne peut plus être gouvernée avec les recettes des années 70. Le monde a changé, la jeunesse algérienne a changé, mais le pouvoir, lui, semble figé dans une posture d’autosatisfaction suicidaire.
Quelle issue pour l’Algérie ?
La solution ne réside pas dans un simple changement d’hommes, mais dans une refonte totale de la gouvernance. L’institution militaire, pilier de l’État, doit repenser son rôle face à une société civile qui exige de la transparence et des résultats. L’heure n’est plus aux promesses de milliards ou aux inaugurations de façade.
Le bilan depuis 2023 est un avertissement sévère : sans une coordination réelle des services de sécurité sous une direction politique compétente, sans une véritable ouverture économique libérée de la corruption, et sans une justice qui ne soit plus un outil de répression, l’Algérie risque de s’enfoncer durablement dans une crise dont personne ne sortira vainqueur. Le temps presse, et la patience du peuple, si souvent louée, arrive à son terme.