“Si ça vous dérange, quittez l’Algérie !” : Le règne sans partage d’Ibtissem Hamlaoui et les coulisses sombres d’un scandale d’État

L’Algérie traverse aujourd’hui une zone de turbulences éthiques et politiques sans précédent, cristallisée autour d’une figure devenue le symbole d’une dérive institutionnelle profonde : Ibtissem Hamlaoui. Sa récente reconduction à la tête du Croissant-Rouge Algérien (CRA) n’est pas qu’une simple formalité administrative ; c’est le point d’orgue d’un système où l’influence, l’impunité et les faveurs semblent avoir définitivement supplanté la compétence et l’intégrité. À travers des révélations fracassantes, le voile se lève sur ce que beaucoup appellent désormais le « scandale Hamlaoui », un mélange explosif de pouvoir occulte et d’arrogance affichée.
Une reconduction sous haute tension et illégalité
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc. Alors que son premier mandat était déjà entaché de controverses, Ibtissem Hamlaoui a réussi le tour de force de se maintenir à la présidence du CRA pour un second mandat, s’offrant même le luxe de modifier les statuts de l’organisation. Désormais, le mandat passe de quatre à cinq ans, l’ancrant au pouvoir jusqu’au-delà de 2030.
Cette démarche s’inscrit en violation flagrante de la loi organique 12-06 sur les associations et des règlements de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Selon les investigations menées, l’assemblée générale ordinaire a été purement et simplement instrumentalisée. Les présidents des comités de wilayas, convoqués à la hâte, n’ont eu d’autre choix que de valider cette reconduction, sans aucun concurrent en face, sous la pression de directives venues d’en haut.
L’ascension fulgurante d’une “courtisane du régime”
Pour comprendre le phénomène Hamlaoui, il faut remonter à ses origines. Avant 2019, elle n’était qu’une simple polémiste sur les plateaux de télévision, connue pour ses attaques virulentes contre l’opposition. En un temps record, elle s’est hissée au sommet de l’État, devenant une lobbyiste incontournable et une intime du cercle présidentiel d’Abdelmadjid Tebboune.
Le véritable scandale réside dans les mécanismes de cette ascension. Il ne s’agit pas de juger la vie privée d’une femme, mais de dénoncer un système de « promotion canapé » et de faveurs sexuelles qui régirait les nominations aux postes les plus sensibles de la nation. Ibtissem Hamlaoui incarnerait ainsi cette dérive où la proximité physique et affective avec les décideurs l’emporte sur tout parcours professionnel solide. Elle est devenue une “première dame” de l’ombre, capable de dicter sa conduite à des officiers de la gendarmerie ou à des juges.
Torture et intimidation : la face cachée du pouvoir
L’exercice du pouvoir par Ibtissem Hamlaoui ne se limite pas aux sourires officiels. Un dossier particulièrement sombre entache sa gestion : l’affaire Yassine Bhatta et Haj Zitouni. Ces deux anciens collaborateurs, ayant eu l’audace de dénoncer l’incompétence et les insuffisances de leur présidente, ont payé le prix fort.
Incarcérés arbitrairement, ils auraient subi des actes de torture et des violences physiques dégradantes dans les locaux de la gendarmerie avant d’être condamnés lors de procès expéditifs. Ces méthodes, dignes d’une autre époque, visent à briser toute velléité de contestation. En envoyant ses “hommes de main” jusque dans les cellules pour brutaliser ses opposants, Hamlaoui envoie un message clair : personne n’est à l’abri de son courroux.
Le jeu des clans au sommet de l’État

La survie politique de Hamlaoui est le résultat d’un jeu d’échecs complexe au sein du palais d’El Mouradia. Un seul homme constituait un rempart contre sa reconduction : Boualem Boualem, le puissant directeur de cabinet du président. Ce dernier, conscient du préjudice d’image pour Tebboune, souhaitait l’écarter.
Cependant, la maladie et l’éviction de Boualem Boualem ont laissé le champ libre aux alliés de Hamlaoui. Kamel Sidi Saïd, le patron de la communication à la présidence, a profité de ce vide pour solliciter l’intervention du général Hassan, chef de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI). C’est cette intervention de la police politique qui a scellé le sort du congrès du CRA, forçant la main aux délégués pour maintenir Hamlaoui à son poste.
Une provocation envers le peuple algérien
Face aux critiques qui montent, la réponse de l’intéressée est d’une violence symbolique inouïe : « Je suis bien ici. Ceux que ça dérange, qu’ils changent de pays ! ». Cette déclaration, empreinte de mépris, résonne comme un affront pour les millions d’Algériens qui luttent pour une Algérie de droit et de mérite.
Le régime Tebboune semble pourtant conscient de l’impopularité de sa protégée. C’est pourquoi sa réélection a été tenue loin des caméras, sans aucune médiatisation officielle. On cache ce que l’on ne peut assumer devant le peuple. Le Croissant-Rouge, institution censée incarner l’humanitaire et l’éthique, est devenu le théâtre d’une gestion opaque, marquée par des soupçons de corruption, de dilapidation de l’argent public et d’enrichissement illicite.
Défendre l’intérêt général
Ce qui se joue avec l’affaire Hamlaoui dépasse la personne de la présidente du CRA. C’est la question de la méritocratie en Algérie. Dans un pays civilisé, les responsabilités au sommet de l’État doivent être justifiées par des compétences, des résultats et une formation solide. Le système de faveur qui protège Hamlaoui insulte l’intelligence des cadres algériens honnêtes.
L’Algérie n’appartient pas à une caste de privilégiés qui s’octroient des droits divins sur les institutions. Ce n’est pas aux citoyens de quitter leur pays, mais à ceux qui le déshonorent par leurs pratiques de rendre des comptes. Le combat pour la vérité et la défense de l’intérêt général continue, car l’amour de la patrie exige la dénonciation de ceux qui la pillent et l’humilient.