Renaud paranoïaque et interné : “Il fallait tuer ses démons”, le témoignage choc de son ex-femme

Le mardi 12 mai 2026, la chaîne France 2 s’apprête à marquer l’histoire de la télévision française avec la diffusion en prime-time du documentaire événement “Renaud à cœur perdu”. Alors que l’artiste célèbre ses cinquante ans de carrière, ce film ne se contente pas de retracer ses succès musicaux. Il expose, avec une honnêteté brutale, la part d’ombre d’un homme devenu le miroir des espoirs et des désillusions de plusieurs générations. À cette occasion, Dominique Kilichini, sa première épouse, a accordé un entretien bouleversant au journal Le Parisien, révélant un Renaud paranoïaque, interné et hanté par des démons intérieurs d’une violence insoupçonnée.
Le récit de Dominique Kilichini nous transporte d’abord sous le soleil de Cuba, un voyage qui devait être une parenthèse de bonheur et qui s’est irrémédiablement transformé en une descente aux enfers psychologique. Les mots employés par celle qui a partagé la vie du chanteur sont glaçants : “Nous vivions dans un cauchemar”. À cette époque, Renaud bascule dans une forme de paranoïa aiguë. L’homme qui chantait la liberté et la révolte se retrouve prisonnier de ses propres hallucinations mentales. Il devient persuadé qu’un complot international se prépare contre lui et sa famille. Chaque détail du quotidien, chaque bruit de couloir ou regard anonyme devient la preuve irréfutable d’une menace imminente.
Cette spirale infernale ne s’arrête pas aux frontières de l’île. Le guitariste Mourad Malky, compagnon de route de l’artiste, apporte lui aussi un témoignage saisissant sur cette période de dérive. Selon lui, Renaud vivait dans une terreur permanente, au point de croire que l’avion censé le ramener en France allait exploser en plein vol. De retour à Paris, le quotidien de l’artiste devient celui d’un reclus. Il se barricade dans sa chambre, instaurant des codes secrets pour que ses proches puissent frapper à sa porte. Cette atmosphère de thriller psychologique révèle à quel point le chanteur était alors au bord de la rupture totale.

Face à la gravité de la situation et à l’urgence de protéger l’homme derrière l’icône, Dominique Kilichini prend la décision difficile de l’accompagner à l’hôpital Sainte-Anne. Dans cet établissement psychiatrique parisien de renom, le diagnostic tombe comme un couperet : trouble paranoïaque délirant. Derrière le terme médical se cache une réalité humaine dévastatrice. Pendant que la France entière fredonnait ses refrains, Renaud menait, dans le secret des unités de soins, une bataille acharnée pour sa propre survie mentale.
Pourtant, le documentaire de France Télévisions ne cherche pas le sensationnalisme gratuit. Il s’attache à montrer la dualité fascinante de l’artiste. Comment un homme aussi fragile, aussi “cabossé” par la vie, a-t-il pu transformer une telle souffrance en une œuvre poétique universelle ? Ses proches, dont son frère jumeau et ses amis d’enfance, décrivent un être d’une hypersensibilité extrême, incapable de vivre ses émotions à moitié. Chez Renaud, tout est excessif : l’amour, la colère, mais aussi la tristesse et la peur de l’abandon. Cette vulnérabilité, loin de ternir sa légende, semble au contraire expliquer le lien viscéral qui l’unit aux Français depuis un demi-siècle.
Le film explore également les conséquences de ses addictions et de ses longues disparitions médiatiques. Mais au-delà du déclin physique souvent commenté dans la presse, c’est la résilience de l’homme qui est ici célébrée. Renaud n’est pas qu’un monument de la chanson française ; c’est un survivant qui a traversé les tempêtes mentales les plus violentes sans jamais perdre son humanité ni sa capacité à toucher le cœur des gens. Ses chansons, réécoutées à la lumière de ces révélations, prennent aujourd’hui une dimension prophétique, chaque vers semblant porter les indices d’une détresse qu’il n’arrivait à exprimer que par la musique.
“Renaud à cœur perdu” promet ainsi d’être bien plus qu’un hommage. C’est une plongée intime dans les failles d’un géant aux pieds d’argile, un récit qui replace la souffrance psychique au cœur du processus créatif. En acceptant de dévoiler ces archives personnelles inédites et ces témoignages sans filtre, la famille de l’artiste rend hommage à sa vérité. Une vérité brute, imparfaite et parfois douloureuse, mais toujours profondément sincère. Une soirée qui promet de bouleverser les téléspectateurs en leur montrant que derrière le mythe, subsiste l’âme d’un poète qui, malgré les ténèbres, n’a jamais cessé de vouloir chanter encore.