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Qui fait fuiter nos informations au Maroc ? Scandales liés au trafic de milliards et à la lutte de pouvoir entre hauts gradés pour le contrôle du palais présidentiel après le départ de Tebboune.

Qui fait fuiter nos informations au Maroc ? Scandales liés au trafic de milliards et à la lutte de pouvoir entre hauts gradés pour le contrôle du palais présidentiel après le départ de Tebboune.

L’Algérie traverse une période de turbulences extrêmes, où la réalité dépasse souvent la fiction. Entre les murs feutrés des ministères et les casernes des hauts gradés, une bataille féroce fait rage, non pas pour le progrès national, mais pour le contrôle des richesses et la survie d’un système à bout de souffle. Les récentes révélations sur les fuites de données vers le Maroc et l’Europe, couplées à des scandales de corruption massifs dans les secteurs du fer, des dattes et des télécommunications, dessinent le portrait d’un État où le népotisme et la trahison sont devenus des modes de gouvernance. Alors que le mandat d’Abdelmadjid Tebboune s’essouffle, la lutte pour le palais d’El Mouradia exacerbe des tensions qui menacent la stabilité même des institutions de la République.

Le Syndicat des Postes : Entre “Langage de la Rue” et Népotisme Royal

L’un des points les plus sombres de cette enquête concerne le secteur de la Poste et des Télécommunications. Des témoignages accablants et des documents exclusifs pointent du doigt Mohamed Boruba, secrétaire général du syndicat national. Ce dernier est accusé d’avoir transformé l’institution en une affaire de famille. Selon des sources internes, Boruba aurait facilité le recrutement de ses propres enfants ainsi que de ceux d’autres hauts responsables, comme Omar Taghjunt, à des postes stratégiques de directeurs centraux, alors même que ces derniers ne fourniraient aucun travail effectif.

Plus grave encore, des enregistrements audio révèlent un niveau de langage d’une vulgarité inouïe, indigne d’un représentant de l’État. Au-delà de l’indécence verbale, c’est une véritable “mafia syndicale” qui est décrite, exerçant des pressions constantes sur le ministre Zerrougui pour obtenir des avantages indus. Ces réseaux seraient également à l’origine de fuites d’informations sensibles destinées à alimenter des campagnes de déstabilisation à l’étranger. Le contraste est frappant : pendant que des travailleurs honnêtes luttent pour leur dignité, des “barons” s’octroient des salaires dépassant les 65 millions de centimes par mois, tout en bénéficiant d’indemnités de logement et de transport frauduleuses.

L’Hémorragie des Milliards : Le Scandale Tosyali et l’Exportation des Dattes

L’économie algérienne ne souffre pas seulement de la chute des cours ou de la bureaucratie ; elle est victime d’une “saignée” organisée vers l’étranger. Le cas de l’entreprise sidérurgique Tosyali est emblématique. Des rapports indiquent que le fer algérien est exporté vers les États-Unis à des prix délibérément sous-évalués — environ 400 dollars la tonne contre 500 dollars sur le marché mondial. Cette manœuvre, connue sous le nom de “sous-facturation”, permet de laisser la différence financière sur des comptes bancaires à l’étranger, échappant ainsi totalement au contrôle du fisc algérien. C’est une double trahison : une perte sèche pour le Trésor public et une fraude aux règles du commerce international qui a déjà attiré l’attention des autorités fiscales américaines.

Pierre Vermeren : "Au Maroc, la perspective que Macron soit battu n'a rien  de triste" – L'Express

Le secteur des dattes, fleuron de l’agriculture nationale, n’est pas épargné. Des exportateurs influents, comme Sami Akli, sont dans le collimateur de la présidence après des plaintes concernant des pratiques monopolistiques et racistes, mais surtout pour des détournements de devises massifs. On estime que sur 100 millions de dollars de dattes exportées, une part équivalente, voire supérieure, est “évaporée” via des circuits clandestins en Europe. Ces acteurs économiques semblent préparer “l’après-Tebboune” en plaçant leurs avoirs en sécurité en Amérique ou en Europe, craignant un changement de régime qui leur demanderait des comptes.

La mascarade industrielle : Le cas “Bomar Industries”

L’enquête révèle également une supercherie technologique qui touche le secteur de l’électronique. Des entreprises comme Bomar Industries (et par extension d’autres acteurs comme Condor) sont accusées de vendre un “mirage” de l’industrie algérienne. Au lieu de produire localement, ces sociétés importeraient des téléviseurs et des composants de Chine à bas prix pour les réassembler sommairement en Algérie.

Le plus scandaleux réside dans le mécanisme d’exportation vers l’Espagne ou l’Italie. Des produits qui coûtent réellement 100 dollars à l’assemblage seraient déclarés à l’exportation pour une valeur de seulement 40 dollars. Pourquoi une telle aberration ? Pour justifier la sortie de devises et accumuler du capital noir à l’étranger. C’est un système de “lessiveuse” où l’étiquette “Made in Algeria” ne sert que de couverture à une fuite organisée de capitaux.

Justice et Administration : Le Déclin des Valeurs

Enfin, l’article souligne une crise morale profonde au sein des institutions de formation. Des simulateurs de procès dans des universités comme celle de Boumerdès mettraient en scène des individus au comportement efféminé ou inadéquat, dénaturant l’image solennelle de la justice algérienne. Pour de nombreux observateurs, cette “théâtralisation” est le symptôme d’un laisser-aller généralisé où les compétences sont sacrifiées sur l’autel du copinage.

Le peuple algérien, qui a sacrifié un million et demi de martyrs pour sa liberté, se retrouve aujourd’hui face à une élite qui semble avoir oublié le sens du mot “patrie”. Entre les généraux qui se disputent les faveurs de l’ombre et les hommes d’affaires qui pillent les ressources, l’urgence d’une enquête approfondie et d’un nettoyage radical des institutions n’a jamais été aussi pressante. La stabilité de l’Algérie ne pourra être préservée que si la vérité éclate et que les responsables de ces pillages sont traduits devant une justice réellement indépendante.