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Fiasco diplomatique et effet boomerang : Pourquoi Amir DZ peut dire un grand « MERCI » à Abdelmadjid Tebboune

Fiasco diplomatique et effet boomerang : Pourquoi Amir DZ peut dire un grand « MERCI » à Abdelmadjid Tebboune

L’heure des comptes pour la diplomatie algérienne

Un fiasco, un désastre, un revers cuisant, une humiliation historique. Les qualificatifs manquent cruellement pour décrire le bilan de la gouvernance d’Abdelmadjid Tebboune en ce qui concerne la gestion des relations hautement stratégiques entre l’Algérie et la France. Le 2 juin 2026 restera gravé comme le jour où le château de cartes de la diplomatie du chantage s’est définitivement effondré. Le ministère français de l’Intérieur a publié un communiqué d’une rigueur impressionnante et d’une éloquence implacable, confirmant ce que de nombreux observateurs redoutaient : le régime algérien a capitulé sur toute la ligne, s’asseyant à la table des négociations pour acter un dégel total, sans rien obtenir en retour.

Pendant deux longues années, le gouvernement Tebboune a délibérément gelé les relations bilatérales, bloqué l’attribution des visas, mis des bâtons dans les roues de l’un de ses principaux partenaires économiques et mis en péril les intérêts de la plus grande communauté algérienne à l’étranger. Tout cela pour quoi ? Pour s’engager dans une guerre asymétrique et obsessionnelle contre les opposants politiques et les activistes installés sur le sol français. Au cœur de cette tempête artificielle se trouve un dossier qui n’aurait jamais dû devenir une affaire d’État : l’affaire Amir DZ. En analysant objectivement la situation, une ironie mordante saute aux yeux : l’activiste et blogueur algérien peut aujourd’hui adresser un immense et chaleureux « merci » à Abdelmadjid Tebboune.

Une capitulation diplomatique sans contrepartie

La question fondamentale que chaque citoyen algérien doit se poser aujourd’hui est d’une simplicité désarmante : qu’a obtenu l’Algérie en échange de ce dégel généralisé ? Qu’a rapporté cette politique de la terre brûlée menée depuis juillet 2024 ? La réponse est un néant absolu. Le régime d’Alger tente de vendre le départ du gouvernement français d’une figure politique comme une victoire nationale, alors que ce dernier a simplement été emporté par les vagues prévisibles de la politique intérieure française.

Pendant ce temps, les concessions faites par Alger aux autorités françaises sont massives et touchent à la souveraineté même et aux droits des ressortissants :

  • Réactivation des expulsions : Reprise immédiate des procédures d’expulsion des migrants algériens en situation irrégulière.

  • Délivrance des laissez-passer consulaires : Fin du blocage systématique qui servait de moyen de pression sur Paris.

  • Retour du renseignement français : Réinstallation officielle des officiers du renseignement intérieur français (DGSI) au sein de l’ambassade de France à Alger.

  • Nomination d’un gendarme français : Acceptation d’un nouvel adjoint à la sécurité intérieure à l’ambassade pour coordonner la lutte contre l’immigration clandestine.

  • Remise en question des acquis de 1968 : Acceptation du principe de renégociation de l’accord historique de décembre 1968, qui régit les droits de circulation, de séjour et de travail des Algériens en France.

Affaire Amir Dz: la justice française émet un mandat d'arrêt international  contre un haut «diplomate» algérien | le360.ma

En contrepartie de cette reddition globale, le dossier judiciaire qui tenait tant à cœur au régime d’Alger n’a pas bougé d’un iota. La réconciliation factice imposée par la réalité économique et politique n’a pas conduit à la libération de Smaïl Rejab, cet agent des services secrets algériens affecté au consulat de Créteil, toujours maintenu en détention en France depuis avril 2025 pour son implication présumée dans l’affaire Amir DZ. Le Parquet national antiterroriste français (PNAT) maintient ses chefs d’inculpation graves : séquestration et tentative d’enlèvement en relation avec une entreprise terroriste.

De même, les mandats d’arrêt internationaux lancés par la justice française contre de hauts diplomates et officiers algériens — comme Salahaddin Selloum ou Husamdin Boziz — restent pleinement actifs. Les noms de hauts gradés du renseignement, à l’instar du Général Major M’henna Djebbar, du colonel Nouadh ou de l’actuel patron de la DDSE, le général Fahed M’said, figurent toujours noir sur blanc dans les dossiers d’instruction parisiens. Les dirigeants algériens ont tout cédé, sans même pouvoir laver l’affront judiciaire qui cible leur propre appareil sécuritaire.

De sans-papiers anonyme à réfugié politique : Le miracle Tebboune

Pour comprendre l’ampleur du fiasco, il faut observer la trajectoire d’Amir DZ, de son vrai nom Amir Boukhors. Avant l’avènement de la politique brutale et impulsive d’Abdelmadjid Tebboune, qui était cet homme en France ? Un migrant clandestin. Un homme en situation irrégulière, sans papiers, sans statut légal, qui avait fui l’Allemagne et qui était condamné à l’anonymat des réseaux sociaux, gérant une page Facebook parmi tant d’autres. Les ministres français, les juges et le président Emmanuel Macron ignoraient jusqu’à son existence.

C’est le régime de Tebboune, par sa maladresse phénoménale et sa diabolisation excessive, qui a littéralement fabriqué le statut d’Amir DZ. En l’arrosant de sept mandats d’arrêt internationaux, en le classant officiellement sur la liste nationale des entités terroristes, et en utilisant un vocabulaire d’une violence inouïe dans les médias étatiques, Alger a envoyé un signal clair à la France : cet homme est l’ennemi public numéro un d’un régime autoritaire.

« Grâce à la diabolisation excessive, grâce au vocabulaire méchant, aux insultes et aux invectives adoptés officiellement par l’État algérien, la France a fini par lui donner ses papiers. Si Amir DZ n’avait pas été visé par une campagne d’une méchanceté macchiavélique, il serait encore en train de se débattre dans des procédures administratives interminables. »

Face à une telle fixation étatique, la justice et les autorités administratives françaises n’avaient d’autre choix, en vertu du droit international, que de lui accorder le statut de réfugié politique en 2023, et ce, avec une rapidité déconcertante. Le régime algérien a offert sur un plateau d’argent à son opposant la protection absolue de la République française. Mieux encore : en tant que réfugié politique, Amir DZ est désormais pleinement éligible à la nationalité française. En voulant le détruire administrativement, Tebboune l’a rendu intouchable.

L’amateurisme sécuritaire exposé sur France 2

L’obsession s’est transformée en tragédie criminelle lorsque le régime a basculé dans l’action clandestine sur le sol français. En s’associant, comme l’indiquent les enquêtes de la justice française, avec des éléments du grand banditisme et des délinquants de droit commun pour planifier l’enlèvement, la séquestration ou l’élimination physique d’Amir DZ, l’appareil sécuritaire algérien a fait preuve d’un amateurisme monumental. Non seulement l’opération a été un ratage complet, mais elle a propulsé le blogueur dans une autre dimension médiatique.

En janvier 2026, l’émission de service public Complément d’enquête sur France 2 consacrait un large espace à cette affaire. Un fait inouï s’est produit : la production a choisi de maximiser le temps de parole d’Amir DZ, reléguant au second plan des intellectuels et historiens de renom. C’est sur cette chaîne de grande écoute, regardée à travers toute l’Europe, que le blogueur a pu se payer le luxe de traiter le président de la République algérienne démocratique et populaire de « voyou ».

Qui a offert cette tribune internationale à Amir DZ ? Qui lui a ouvert les portes des plus grands médias occidentaux ? Ce n’est pas son talent journalistique, c’est la politique d’Abdelmadjid Tebboune. En 2019, sous l’ère d’Abdelaziz Bouteflika, aucun grand média français n’aurait eu l’idée d’interroger cet activiste sulfureux et controversé. Bouteflika, avec l’expérience du vieux renard de la politique, avait compris la règle d’or : ne jamais élever un opposant virtuel au rang d’affaire d’État. En ignorant superbement Amir DZ, en n’évoquant jamais son nom dans les discussions bilatérales, l’ancien pouvoir le laissait confiné dans sa niche numérique. Tebboune, lui, a choisi la méthode forte et maladroite, transformant un cyber-activiste de seconde zone en une personnalité influente et un acteur politique incontournable.

Un bilan désastreux et des conséquences lourdes pour les Algériens

Au final, le constat est sans appel et d’une tristesse infinie pour le peuple algérien. La politique étrangère impulsive de ces dernières années n’a produit que des effets pervers :

  1. Explosion de l’algérophobie : Les tensions permanentes et le chantage aux visas ont grandement alimenté les discours de l’extrême droite française et des courants conservateurs, rendant la vie des Algériens de France plus difficile.

  2. Précarisation de la communauté : Des milliers d’honnêtes citoyens algériens ont vu leurs projets de vie, leurs regroupements familiaux et leurs cartes de séjour bloqués ou retardés à cause de cette crise stérile.

  3. Crédibilité internationale entachée : Voir les services de renseignement d’un grand pays comme l’Algérie cités dans des dossiers criminels de droit commun avec des voyous de banlieue constitue une honte absolue pour l’institution militaire et diplomatique.

Pendant que le président algérien refuse de se remettre en question, Amir DZ peut légitimement célébrer sa victoire politique et symbolique. Il a tout gagné : la sécurité, la notoriété internationale, la reconnaissance médiatique et un statut légal en béton.

Avant de fermer les yeux la nuit, le chef de l’État algérien devrait prendre deux secondes pour contempler ce chef-d’œuvre de contre-performance. En voulant faire taire une voix qui le dérangeait sur Facebook, il a bâti une icône médiatique et a fini par céder aux exigences de Paris sans obtenir la moindre concession en retour. Un grand art du ratage qui fera date dans les annales de la diplomatie contemporaine.