EXCLUSIF : Farid Bencheikh a tout balancé sur Boualem Boualem et le clan Tebboune !

L’histoire contemporaine de l’Algérie a connu des crises politiques, des dissensions internes et des restructurations de pouvoir majeures, mais aucun événement récent n’égale la gravité du séisme qui secoue actuellement les fondations de l’État. Au cœur de cette tempête se trouve l’affaire Farid Zineddine Bencheikh, l’ancien puissant directeur général de la Sûreté nationale (DGSN). Incarcéré à la prison militaire de Blida depuis le début du mois d’octobre 2024, cet ex-haut responsable fait face à des chefs d’accusation d’une lourdeur exceptionnelle : espionnage, intelligence avec une puissance étrangère, complot contre l’armée et atteinte flagrante à la sûreté de l’État.
Alors que son procès, initialement prévu pour le début du mois d’avril 2026, a été reporté à plusieurs reprises dans une opacité totale, les détails des auditions menées par les juges d’instruction du tribunal militaire de Blida commencent à filtrer. Selon des informations exclusives obtenues auprès de sources directement liées au dossier, Farid Bencheikh a choisi une stratégie de défense offensive. Loin de s’avouer vaincu ou d’assumer seul la responsabilité des dérives qui lui sont reprochées, l’ancien chef de la police a pointé du doigt les plus hautes sphères de la présidence de la République, ébranlant directement le clan entourant le président Abdelmadjid Tebboune.
Un “soldat suicidaire” au cœur de la guerre des clans
Pour comprendre l’ampleur du scandale Bencheikh, il faut remonter à sa nomination surprise en 2021 à la tête de la police algérienne. Parachuté à un poste historiquement réservé aux figures les plus influentes et expérimentées du régime, Bencheikh est rapidement devenu l’outil d’un agenda politique précis mené par le palais présidentiel d’El Mouradia. Les enquêteurs décrivent un homme perçu à l’époque comme un fonceur, une “tête brûlée” convaincue que le pouvoir du président Tebboune était absolu et capable de marginaliser définitivement l’institution militaire.
L’objectif à long terme du clan présidentiel s’inspirait directement de la stratégie employée par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika après 2004 : démilitariser progressivement le régime, affaiblir l’état-major ainsi que les services secrets, et imposer un clan unique au sommet de l’État. Pour réussir cette mission jugée quasi impossible, Farid Bencheikh s’est imposé comme le bras armé d’El Mouradia, acceptant de mener une véritable croisade interne contre les hauts gradés de l’Armée Nationale Populaire (ANP).
L’aveu central de la défense : Lors de ses interrogatoires face aux magistrats instructeurs militaires, Farid Bencheikh a affirmé avec insistance qu’il n’avait fait qu’exécuter des ordres stricts venus d’en haut. Selon ses déclarations, chaque filature, chaque enquête confidentielle et chaque rapport secret initié sous sa direction lui avaient été dictés par l’entourage immédiat du chef de l’État.
Le rôle pivot de Boualem Boualem et d’El Mouradia

Dans le box des accusés par procuration, un nom revient de manière systématique dans la bouche de Farid Bencheikh : Boualem Boualem, l’ancien puissant directeur de cabinet de la présidence. Bencheikh insiste sur le fait que Boualem Boualem représentait la clé de voûte de toute cette opération d’espionnage interne. C’est lui qui transmettait les instructions de la présidence, affirmant à chaque fois que le président Abdelmadjid Tebboune lui-même exigeait des enquêtes approfondies sur les chefs de l’armée et des services secrets.
Au-delà de Boualem Boualem, Bencheikh a également cité d’autres conseillers influents de la présidence, tels que Kamel Sidi Saïd ou Abdelatif, ainsi que plusieurs membres de la famille proche et des enfants du président Tebboune, avec lesquels il prétend avoir été en contact permanent. L’ancien patron de la DGSN se défend d’avoir agi de son propre chef, expliquant qu’un chef de la police, aussi puissant soit-il, n’aurait jamais osé lancer des investigations d’une telle dangerosité sans un parrainage explicite et une protection totale de la présidence de la République.
Le ciblage systématique de l’état-major
Les enquêtes parallèles menées par Bencheikh sous couvert de la DGSN visaient les figures les plus emblématiques de l’appareil militaire et sécuritaire algérien :
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La famille du général Saïd Chengriha : Les filles, le fils et les proches collaborateurs du chef d’état-major de l’ANP ont été placés sous surveillance étroite. Des dossiers complets ont été compilés sur leurs moindres faits et gestes.
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Le général Mahfoud Maghboum (alias Majbar) : Ancien patron de la Direction générale de la lutte contre la subversion (DGLS) puis de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), évincé en septembre 2024 sous prétexte de maladie.
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Le général Nassar : Ancien chef de la Caserne Antar, un centre névralgique des services de renseignement intérieurs.
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Le colonel Moad ainsi que plusieurs chefs de régions militaires et directeurs centraux perçus comme fidèles au général Chengriha.
Pour mener à bien ces missions de renseignement politique, Farid Bencheikh a détourné les prérogatives des Renseignements Généraux et du Service Central de Lutte contre le Crime Organisé (SCLCO). Au lieu de concentrer les moyens de l’État sur la sécurité publique et la criminalité, ces unités ont été transformées en outils d’espionnage domestique destinés à accumuler des dossiers compromettants. Ces dossiers devaient servir de monnaie d’échange et d’instrument de pression dans le rapport de force opposant le clan présidentiel à l’institution militaire.
Le projet avorté d’une “superstructure sécuritaire”
L’ambition personnelle de Farid Bencheikh et les calculs du clan Tebboune ne s’arrêtaient pas à la simple collecte de renseignements. L’enquête révèle l’existence d’un plan de restructuration radical de l’architecture sécuritaire du pays. Le projet consistait à fusionner la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
Cette fusion aurait donné naissance à une gigantesque superstructure sécuritaire calquée sur certains modèles occidentaux. Le contrôle de cette entité devait être confié à une figure civile issue directement du premier cercle présidentiel, et Farid Bencheikh était pressenti pour en devenir le grand patron, le “Monsieur Sécurité Nationale” de l’Algérie. Selon ce plan, seul le renseignement extérieur (DGDSE) et la sécurité militaire (DCSA) seraient restés sous le contrôle de l’état-major, privant l’armée de son influence historique sur la sécurité intérieure du territoire.
Ce projet ambitieux a toutefois créé des frictions destructrices. Le SCLCO, agissant sous les ordres de Bencheikh, est entré en concurrence frontale et en conflit ouvert avec la Caserne Antar. Les opérations de sabotage mutuel, le manque de collaboration volontaire et les coups bas institutionnels ont profondément ébranlé l’appareil de sécurité nationale, créant un climat de méfiance généralisée qui a failli provoquer un effondrement interne des services.
La contre-attaque de Saïd Chengriha et le volet international
Le clan présidentiel a commis l’erreur de sous-estimer le général Saïd Chengriha. Souvent dépeint par ses adversaires politiques comme un militaire déconnecté des manœuvres politiques d’Alger, le chef d’état-major a en réalité anticipé le piège. Alerté à temps des filatures et des enquêtes secrètes ciblant sa propre famille et ses généraux, Chengriha a orchestré une contre-attaque méthodique.
Utilisant les leviers de la justice militaire, il a obtenu l’arrestation et l’incarcération de Farid Bencheikh en octobre 2024. Aujourd’hui, l’état-major refuse de céder aux pressions de la présidence qui tente de retarder le procès ou d’obtenir une libération conditionnelle pour Bencheikh. Pour le général Chengriha, ce dossier constitue une arme politique majeure visant à purger l’entourage de Tebboune et à figer les rapports de force au sein du régime en prévision des échéances politiques cruciales de 2029.
Les accusations d’intelligence avec l’étranger
Au-delà de la guerre des clans domestique, le dossier d’instruction de la justice militaire comprend des éléments transnationaux jugés extrêmement graves par l’armée :
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Relations non autorisées avec des services occidentaux : La justice militaire accuse Farid Bencheikh d’avoir entretenu des canaux de communication secrets avec des officiers des renseignements français et occidentaux. Il lui est reproché des contacts directs avec un ancien responsable de la sécurité de l’ambassade de France à Alger ainsi qu’avec des représentants de la diplomatie française, auxquels il aurait transmis des données sensibles touchant à la défense nationale.
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Fuites vers des cyberactivistes à l’étranger : Bencheikh est soupçonné d’avoir utilisé des intermédiaires informels pour transmettre le contenu de rapports confidentiels et sécuritaires à des cyberactivistes et youtubeurs basés à l’étranger, pourtant recherchés ou condamnés par la justice algérienne. Ces données exclusives auraient servi à alimenter des campagnes ciblées de dénigrement et de déstabilisation sur les réseaux sociaux visant à affaiblir la crédibilité des hauts responsables de l’armée.
La guerre de l’information et la stratégie du bouc émissaire
Face à l’imminence de révélations explosives qui menacent de détruire la crédibilité du sommet de l’État, une vaste campagne de manipulation de l’information s’est mise en place sur les réseaux sociaux et via des médias parallèles. L’objectif du clan présidentiel est de diluer la responsabilité de Boualem Boualem et d’El Mouradia en construisant des récits alternatifs.
Une tentative de désinformation récurrente consiste à attribuer la dérive de Farid Bencheikh à l’influence des frères Bassar : Boubaker Nassar (officier des services de renseignement extérieurs) et Nassar Bennassar (ancien officier de la police judiciaire à l’aéroport international d’Alger). Les cercles médiatiques proches de la présidence tentent de faire croire que ces deux frères auraient manipulé Bencheikh pour assouvir une vengeance personnelle contre l’entourage de Saïd Chengriha.
Pourtant, les investigations judiciaires approfondies contredisent formellement cette version. Aucun contact avéré, aucune preuve matérielle ni aucun échange d’informations confidentielles n’ont pu être démontrés entre les frères Bassar et Farid Bencheikh. L’utilisation de ces noms apparaît comme une tentative de trouver des boucs émissaires pratiques pour masquer le fait que l’ordre de déstabiliser l’armée émanait directement du cœur du pouvoir politique algérien.
L’affaire Farid Bencheikh a définitivement dépassé le stade du simple fait divers institutionnel pour s’imposer comme le plus grand scandale d’État de l’Algérie moderne. Alors que la présidence tente par tous les moyens de limiter les dégâts en multipliant les demandes de clarifications juridiques pour repousser le procès, l’état-major maintient sa pression. Le déballage public de Farid Bencheikh, s’il a lieu, promet de redéfinir intégralement les structures du pouvoir à Alger, illustrant la fragilité d’un système où la guerre des clans a failli compromettre la sécurité nationale elle-même.