Eddy Mitchell sans filtre : Ses attaques cinglantes contre Laeticia Hallyday et le “business” autour de Johnny

À 83 ans, certains choisissent la douceur des souvenirs et la diplomatie du temps qui passe. Ce n’est pas le cas d’Eddy Mitchell. Celui que l’on surnomme affectueusement “Schmoll” a décidé de troquer son habit de crooneur pour celui de justicier de la mémoire. Dans une série de déclarations récentes qui ont fait l’effet d’une déflagration dans le paysage médiatique français, l’ami intime de Johnny Hallyday a exprimé son dégoût profond face à la gestion de l’héritage du “Taulier” par sa veuve, Laeticia Hallyday.

“Une statue à la con” : Le refus du spectacle
Tout commence véritablement le 14 septembre 2021, lors de l’inauguration de l’esplanade Johnny Hallyday devant l’Accor Arena à Paris. Alors que Laeticia, entourée de ses filles Jade et Joy, dévoile une œuvre monumentale — un manche de guitare surmonté d’une Harley Davidson —, un grand absent fait parler de lui : Eddy Mitchell. Interrogé peu après, sa réponse claque comme un coup de fouet : “Je suis contre la statue à la con, je trouve ça ridicule.”
Pour Mitchell, cet hommage n’est qu’une “catastrophe ambulante” qui ne ressemble en rien à l’homme qu’il a côtoyé pendant plus de cinquante ans. Ce n’est pas seulement l’esthétique qu’il critique, c’est la commercialisation d’un deuil qu’il juge intime. Quand on lui demande pourquoi il n’a pas participé au concert hommage diffusé sur France 2, il rétorque avec une honnêteté brutale qu’il n’a “rien à foutre” de ce genre d’événements où les spectateurs paient alors que les artistes ne sont pas rémunérés, doutant même de la finalité caritative de l’opération.
Le parrain face au testament de la discorde
Au-delà de la pierre et du bronze, c’est une blessure humaine profonde qui alimente la colère d’Eddy Mitchell. En tant que parrain de Laura Smet, il a vécu aux premières loges le séisme du testament de Johnny. Voir David et Laura, les enfants aînés, totalement déshérités a été pour lui une aberration morale insupportable. “Je ne comprends pas que l’on déshérite ses enfants”, affirmait-il déjà sur BFM TV.
S’il a d’abord dirigé ses critiques vers la décision de Johnny lui-même, son ressentiment s’est progressivement cristallisé sur Laeticia. Il lui reproche d’avoir mené une bataille juridique de deux ans plutôt que de chercher un apaisement immédiat, exposant la famille à la vindicte publique. Pour Eddy, Laeticia a cherché à verrouiller non seulement l’argent, mais surtout l’image et l’histoire de Johnny, excluant ceux qui l’aimaient depuis toujours.
Censure et “Guerre Froide” : L’affront de trop
La tension est montée d’un cran en octobre 2023, lors de la sortie de la compilation “L’album de sa vie” d’Eddy Mitchell. Les fans ont été stupéfaits de constater l’absence de duos avec Johnny. L’explication d’Eddy est tombée, cinglante : “Elle a même refusé qu’il y ait des duos avec Johnny sur mon album.” Le “Elle”, c’est Laeticia. Pour le chanteur, cette censure est une humiliation finale, une tentative de réécrire l’histoire en effaçant les complices de toujours.
Eddy Mitchell va jusqu’à refuser d’appeler Laeticia par son titre de veuve, préférant utiliser le terme “son ex”. Il refuse catégoriquement de visiter la grande exposition consacrée au rockeur à la Porte de Versailles. Pour lui, transformer la vie privée de son ami en “attraction touristique” s’apparente à une profanation. “Johnny est dans mon cœur, il n’est pas à Saint-Barth”, dit-il pour justifier son refus de se recueillir sur une tombe qu’il estime trop lointaine et trop médiatisée.
La vérité plutôt que la paix

Certains accusent Eddy Mitchell d’aigreur, d’autres de jalousie. Mais pour ceux qui connaissent le parcours des “Vieilles Canailles”, il s’agit d’une fidélité indéfectible à une certaine idée de l’amitié et de la dignité. Mitchell reproche aussi à Laeticia de ne pas avoir assez protégé Johnny de ses démons. Dans sa chanson “Un petit peu d’amour”, il s’adresse directement à son “demi-frère” disparu : “Tu as brûlé toute ta vie, mais c’est pas faute de ne pas t’avoir prévenu.” Selon lui, l’entourage final de Johnny a encouragé ses excès plutôt que de les freiner.
À 83 ans, Eddy Mitchell n’a plus rien à prouver. Sa carrière est immense, son public est fidèle. Cette liberté lui permet de dire ce que beaucoup pensent tout bas dans le milieu du spectacle mais n’osent exprimer par peur des retombées contractuelles ou médiatiques. Il a choisi son camp : celui des enfants meurtris et de la mémoire brute, loin des boutiques de souvenirs et des hologrammes.
Le temps n’effacera pas ces blessures. “Le temps estompe les choses mais chacun reste sur ses positions”, conclut-il avec une sagesse amère. Entre le dernier des rockers français et la gardienne du temple Hallyday, le dialogue est définitivement rompu. Eddy Mitchell restera debout, fidèle à ses convictions, préférant une vérité qui dérange à un silence complice. Car au fond, pour Schmoll, le vrai Johnny ne se trouve pas dans une statue à la con, mais dans les souvenirs de leurs nuits parisiennes et le son de leurs voix unies pour l’éternité.