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Dirigeants Algériens : Toucher à leur famille ? Crime d’État. Détruire la vôtre ? Leur méthode

Dirigeants Algériens : Toucher à leur famille ? Crime d’État. Détruire la vôtre ? Leur méthode

L’avènement d’une répression intime sous l’ère Tebboune

Dans le paysage politique contemporain, la frontière entre la joute idéologique et l’attaque personnelle a toujours été ténue. Cependant, une dérive particulièrement sombre et alarmante s’est installée au cœur du pouvoir algérien sous l’égide du régime actuel. Une question fondamentale et cruelle s’impose désormais à tout observateur lucide de la scène politique algérienne : qu’est-ce qui choque le plus les dirigeants d’Alger ? Est-ce qu’on s’en prenne à leur propre vie privée, à leurs épouses et à leurs enfants, ou est-ce le fait qu’ils s’attaquent eux-mêmes, de manière délibérée et systémique, aux familles, aux parents et aux enfants en bas âge de ceux qui osent exprimer une voix dissidente ?

La réponse à cette interrogation met en lumière un double standard profondément ancré et d’une hypocrisie systémique révoltante. Lorsque la sphère privée des hauts dignitaires est visée, même de façon maladroite ou par le biais de rumeurs infondées, la machine d’État s’emballe instantanément. Les communiqués outrés se multiplient, les poursuites judiciaires pour atteinte à la vie privée sont lancées à grande échelle, et l’appareil propagandiste des médias affiliés ou contrôlés par le régime est immédiatement instrumentalisé pour fustiger les auteurs de ces affronts. En revanche, lorsque ce même pouvoir orchestre, tolère ou planifie le harcèlement psychologique et matériel des familles des opposants politiques, des journalistes indépendants ou des activistes de l’opposition — y compris ceux installés à l’étranger —, le silence devient assourdissant. Plus personne, au sein des cercles décisionnels d’Alger, ne daigne évoquer les notions de vie privée, de dignité humaine ou d’éthique. Cette traque des proches est devenue une méthode de répression banalisée, une manifestation de lâcheté à l’état pur.

Cette approche immorale et monstrueuse marque une rupture nette avec les pratiques du passé. Bien que l’Algérie ait traversé de nombreuses décennies de tensions politiques et de régimes autoritaires, notamment sous l’ère de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, la sacralisation de la cellule familiale constituait une ligne rouge implicite. Les journalistes indépendants et les militants de l’époque, bien que régulièrement confrontés à l’emprisonnement, aux arrestations arbitraires et aux pressions directes, voyaient leurs enfants et leurs parents préservés de la fureur étatique. Le virage observé ces dernières années démontre que le pouvoir utilise désormais les institutions publiques non plus pour rendre la justice, mais pour assouvir des vengeances personnelles et politiques en prenant des familles entières en otage.

Le rempart déontologique face aux dérives de la calomnie

Face à cette dégradation des mœurs politiques, le rôle d’une presse indépendante et intègre est de maintenir une rigueur morale inflexible, même envers ses propres détracteurs. C’est dans cette optique que des positions fermes ont été prises pour condamner les attaques abjectes visant l’honneur des proches des dirigeants. Le 14 mai 2026, lorsqu’une campagne de calomnie particulièrement virulente a visé la dignité de Fatma Zohra Bella, l’épouse du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, les voix du journalisme équitable se sont élevées pour dire « stop à l’infamie ». L’honneur d’une femme et la sérénité d’une famille ne doivent en aucun cas devenir le terrain de jeu de manipulateurs d’information ou de cyberactivistes en quête de sensationnalisme, car ces personnes ne sont concernées ni de près ni de loin par la gestion politique ou le bilan économique du pays.

Cette même ligne déontologique a guidé le traitement de l’affaire liée au fils du ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, au début du mois de juin 2026. Alors que certains médias français et internautes propageaient l’information selon laquelle ce dernier résidait de manière clandestine et illégale en France, des vérifications approfondies ont permis de rétablir la vérité : le jeune homme disposait d’un statut de résident totalement régulier, sans qu’aucune preuve de passe-droit ou de privilège indu n’ait été formellement établie. Le principe défendu est simple et universel : les enfants des dirigeants algériens, qu’ils soient les descendants de civils ou de hauts gradés militaires comme le général d’armée Saïd Chengriha, sont des citoyens comme les autres. S’ils résident à l’étranger, travaillent à la sueur de leur front et que leur train de vie n’est pas financé par l’argent public détourné, le trafic d’influence ou la corruption de leurs parents, ils ont le droit absolu au respect de leur vie privée.

Le sommet de cette infamie numérique a été atteint le 12 juin 2026, lorsqu’une vidéo truquée, issue d’un détournement d’un entretien avec un ancien agent de la DGSE diffusé sur un grand podcast français, a été massivement partagée sur les réseaux sociaux. Cette manipulation grossière visait à exposer la vie intime du fils de Saïd Chengriha à des fins de déstabilisation politique. Là encore, le travail de vérification, de recoupement et de dénonciation de la part des journalistes intègres a été immédiat. Le combat pour une Algérie libre et démocratique ne peut pas se structurer autour de la dépravation, de la diffamation ou de la violation de l’intimité des familles, sous peine de perdre toute crédibilité morale.

La réalité de la terreur étatique : Des milliers de destins brisés

Les élites algériennes vont-elles se révolter contre Tebboune et Chengriha  après leur interdiction d'entrée en France ?

Malheureusement, la grandeur morale et le respect de l’éthique dont font preuve les journalistes indépendants ne trouvent aucun écho au sein du pouvoir algérien. Tandis que le régime s’indigne à la moindre critique touchant sa cour, il applique une politique de la terreur d’une violence inouïe contre les familles de ses opposants. Le cas du journaliste indépendant Abdou Semmar est à ce titre emblématique : depuis sept ans, ses enfants mineurs et ses parents sont traités comme des otages politiques. Chaque personne portant son nom de famille subit des intimidations systématiques, des harcèlements administratifs et des interrogatoires à chaque passage des frontières algériennes.

Le régime n’utilise pas de simples comptes sur les réseaux sociaux pour nuire ; il déploie toute la puissance répressive de l’État. La police, les services secrets et l’appareil judiciaire sont mobilisés pour traquer des individus dont le seul tort est d’avoir un lien de parenté ou d’amitié avec une personne jugée indésirable par le clan au pouvoir. Cette persécution ne se limite pas aux opposants médiatiques, elle frappe également les familles des anciens hauts responsables militaires et civils tombés en disgrâce.

L’arbitraire le plus total s’abat sur des épouses, des enfants et des parents qui n’ont aucune implication pénale ou morale dans les dossiers de justice de leurs proches :

  • Saisies massives de biens : Des familles entières se retrouvent privées de leurs logements, de leurs comptes bancaires et de leurs moyens de subsistance du jour au lendemain.

  • Interdictions de quitter le territoire national (ISTN) : On estime que plus de 30 000 citoyennes et citoyens algériens sont actuellement interdits de voyager uniquement en raison de leur patronyme ou de leurs liens affectifs.

  • Privation de soins médicaux : Des épouses et des enfants de généraux ou de hauts fonctionnaires incarcérés, souffrant de pathologies graves, se voient interdire l’accès aux structures de soins de l’État, y compris les hôpitaux militaires, ou le droit de se soigner à l’étranger.

  • Destitution professionnelle : Des enfants majeurs de personnalités déchues sont licenciés de leurs postes dans les entreprises publiques et interdits d’exercer dans les institutions étatiques ou les infrastructures stratégiques comme les aéroports.

Des familles entières liées à d’anciennes figures de l’ère Bouteflika, telles que les proches d’Ahmed Ouyahia, d’Abdelmalek Sellal, d’Abdelghani Hamel ou des frères Kouninef, subissent ce martyr au quotidien et dans le silence le plus complet. Des femmes divorcées, des mineurs et des personnes âgées se retrouvent encerclés par des dispositifs de filature permanente, des écoutes téléphoniques intrusives et la présence constante de fourgons des services de sécurité au bas de leur domicile.

Une faillite morale qui appelle un sursaut de conscience

En agissant de la sorte, le régime d’Alger piétine les fondements mêmes du droit universel et de la justice, qui stipulent que la responsabilité pénale est strictement individuelle. Si un père est condamné, la loi interdit formellement de faire subir la moindre sanction à ses enfants, à condition que ces derniers n’aient pas profité de gains illicites. Pourtant, la réalité algérienne actuelle démontre que l’esprit de vengeance l’a emporté sur le droit. Le chef de l’État semble s’acharner personnellement à régler des comptes datant d’avant son accession au pouvoir en 2017, transformant l’appareil d’État en un outil de vendetta privée.

Cette démesure monstrueuse pose une question éthique fondamentale à ceux qui dirigent le pays : comment ces dirigeants peuvent-ils dormir paisiblement la nuit en sachant qu’ils brisent la vie d’êtres humains innocents ? Les enfants des opposants, des journalistes et des détracteurs possèdent la même dignité, le même sens de l’honneur et le même droit au respect que les enfants de la nomenclature d’Alger.

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Il est crucial de dénoncer cette hypocrisie systémique où la conscience, l’honnêteté et l’éthique s’effacent dès qu’il s’agit de neutraliser un adversaire politique. Pour que l’Algérie sorte du sous-développement chronique et de l’impasse politique dans laquelle elle est plongée par la mauvaise gouvernance, la corruption et le népotisme, ses dirigeants doivent impérativement se libérer de cette culture de la terreur et de la rancune. Le pouvoir doit cesser d’adopter des méthodes indignes d’un État de droit et comprendre que la dignité humaine ne se fragmente pas en fonction des allégeances politiques.