Né à Châtelineau en Belgique, mais profondément attaché à ses racines italiennes près de Pesaro, Claude Barzotti a incarné mieux que quiconque la nostalgie et le romantisme des années 80. Sa carrière explose avec le tube “Madame”, vendu à plus de 1,7 million d’exemplaires. Rapidement, il devient une figure incontournable de la variété francophone. Avec 20 albums à son actif et des tournées mémorables comme “Âge tendre et têtes de bois”, il a su maintenir un lien indéfectible avec son public.

L’homme n’était pas seulement un chanteur ; il était une âme généreuse, souvent cité comme l’artiste belge récoltant le plus de dons lors d’émissions de solidarité. Mais derrière le rideau de velours et les applaudissements nourris, l’homme, que ses proches appelaient affectueusement Claudio, portait un fardeau de plus en plus lourd.

Le “Rital” face à ses démons : les aveux poignants

La fin de sa carrière, annoncée en 2020, ne fut pas un choix de confort, mais une nécessité vitale. Épuisé par des problèmes de santé récurrents — pancréatite, opérations des reins et complications hépatiques — Barzotti s’était confié avec une honnêteté brutale sur sa relation avec l’alcool. “L’alcool a détruit ma carrière et m’a détruit tout court”, affirmait-il sans détour.

Dans ses moments les plus sombres, l’artiste avait avoué consommer jusqu’à sept à huit, voire dix bouteilles de whisky par jour. “C’est con, hein ? Tout le monde fume le joint dans le show-business, moi pas. Mais l’alcool, c’est pire car tu deviens con”, expliquait-il. Bien qu’il ait réussi à arrêter les alcools forts ces dernières années, les dommages physiques étaient déjà irréversibles. Le cancer du pancréas, diagnostiqué plus tard, n’a fait qu’accélérer un déclin que les médecins jugeaient de plus en plus préoccupant.

Une solitude malgré la foule

L’un des aspects les plus frappants de la vie de Claude Barzotti était son incapacité à trouver le bonheur dans la célébrité. Lors d’une interview en 2017, alors qu’on lui demandait ce qu’il lui manquait pour être heureux, sa réponse fut glaçante : “En fait, je suis malheureux. Je suis triste tout le temps, je passe ma vie à pleurer.” Cette mélancolie chronique, qu’il tentait de noyer dans l’alcool, imprégnait ses textes et sa manière de chanter, rendant ses interprétations si authentiques pour ceux qui l’écoutaient.

Ses dernières apparitions publiques montraient un homme considérablement affaibli. En décembre 2021, lors des obsèques de son grand ami le Grand Jojo, il apparaissait amaigri et marqué. Il confiait alors son épuisement : “Je ne tiens même plus debout. Je sais que je suis épuisé et que je ne pourrai plus jamais remonter sur scène.”

Les derniers instants d’un artiste vrai

Malgré la souffrance et les allers-retours incessants à l’hôpital Érasme, Claude Barzotti avait un souhait : mourir chez lui, entouré de ses fidèles chiens, dans la quiétude de son foyer. C’est là, dans l’intimité de sa demeure, que le chanteur a rendu son dernier souffle.

Il laisse derrière lui une carrière honorable et des mélodies qui continueront de résonner. “J’ai offert aux gens des chansons qui leur procurent encore du bonheur. C’est une grande satisfaction pour moi”, concluait-il avec humilité. Claude Barzotti ne chantera plus “Madame”, mais sa voix restera gravée dans le patrimoine de la chanson française comme celle d’un homme qui a aimé, chanté et souffert avec une sincérité rare. Une étoile s’est éteinte, mais le Rital, lui, reste éternel dans le cœur de ceux qui ont su voir l’homme derrière la star.