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Algérie – France : Le Grand Déblocage Sécuritaire et Migratoire Après Deux Ans d’une Crise Diplomatique Inédite

Algérie – France : Le Grand Déblocage Sécuritaire et Migratoire Après Deux Ans d’une Crise Diplomatique Inédite

Un dégel spectaculaire au cœur de Paris

Les relations bilatérales entre Paris et Alger, plongées dans une paralysie quasi totale depuis juillet 2024, viennent de connaître un tournant historique. Le 1er juin 2026, les images d’une délégation algérienne de très haut niveau foulant le sol parisien ont fait le tour des chancelleries internationales. Cet événement marque la fin d’une crise diplomatique d’une violence inédite dans l’histoire contemporaine des deux nations. Pour la première fois depuis près de deux ans, un dirigeant algérien de premier plan a accepté l’invitation officielle des autorités françaises pour entamer des pourparlers sur les dossiers les plus sensibles et les plus inflammables de l’axe Paris-Alger : l’immigration, la sécurité intérieure et les accords de 1968.

Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayyoud, a personnellement dirigé cette délégation stratégique, répondant ainsi à l’invitation de son homologue français, Laurent Nuñez, qui s’était rendu à Alger en février 2026. Loin d’être une simple visite de courtoisie, ce déplacement a réuni la haute hiérarchie sécuritaire de l’Algérie. Parmi les officiels présents figuraient le patron de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) Ali Badaoui, le nouveau chef du renseignement intérieur (DGSI) le général-major Mounir Zahi, ainsi que le patron de la gendarmerie algérienne, le général-major Oumana. Cette concentration de pouvoir sécuritaire démontre l’importance capitale que revêt ce sommet pour l’avenir des deux pays.

Les coulisses d’une diplomatie personnalisée et asymétrique

Un détail saillant a frappé les observateurs lors du débarquement de la délégation algérienne à Paris. Alors que l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatét, s’est personnellement déplacé pour accueillir les ministres et les généraux, le siège d’ambassadeur d’Algérie en France est resté désespérément vacant. Depuis la rupture de juillet 2024, aucun diplomate de ce rang n’a été nommé à Paris, une situation totalement inédite. C’est un jeune chargé d’affaires, Houssameddine Hamimed — issu d’une grande famille de dirigeants et d’anciens ministres —, qui assure l’intérim à la tête de la représentation algérienne. Toutefois, selon des informations exclusives, le président Abdelmadjid Tebboune s’apprête à trancher et à nommer officiellement un nouvel ambassadeur au cours de ce mois de juin 2026.

Cette rencontre a mis en lumière la gestion singulière et parfois controversée des relations bilatérales par le régime d’Alger. Les autorités algériennes semblent privilégier une approche hautement personnalisée de la politique étrangère. Laurent Nuñez bénéficie d’une immense estime auprès du pouvoir algérien, au point d’avoir reçu le tapis rouge lors de sa visite à Alger les 16 et 17 février derniers. Cette complaisance et cette cordialité affichées envers certains dirigeants français contrastent vivement avec la fermeté absolue réservée à d’autres figures politiques françaises qui ne suscitent pas l’unanimité à Alger. Cette diplomatie à géométrie variable interroge de nombreux experts sur sa conformité avec les intérêts supérieurs à long terme de l’Algérie, tant les deux nations sont interdépendantes.

Coopération sécuritaire : Le retour des services secrets français à Alger

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune effectuera une visite d'Etat en  France cet automne – franceinfo

Le communiqué de presse exhaustif publié par le ministère français de l’Intérieur le 2 juin 2026 ne laisse planer aucun doute : le déblocage est avant tout d’ordre sécuritaire. Les réunions de travail à Beauvau ont associé non seulement les cadres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, mais aussi des représentants du ministère de la Défense algérien, sous l’égide du général-major Mounir Zahi. Il convient de rappeler qu’en Algérie, contrairement à la France, les services de renseignement intérieur et extérieur possèdent un statut strictement militaire et dépendent directement de la présidence et de l’état-major des armées.

Une avancée majeure : Les discussions de haut niveau ont permis d’aboutir à un accord sur quatre axes prioritaires : la sécurité intérieure, la lutte contre la criminalité organisée, la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires.

L’annonce la plus spectaculaire réside dans la réactivation complète du Service de sécurité intérieure (SSI) à l’ambassade de France à Alger. En 2025, sous le mandat de l’ancien ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau, les autorités algériennes avaient brutalement expulsé les agents du renseignement français et gelé toute coopération. Un an plus tard, Alger accepte non seulement le retour de ces hauts responsables, mais valide également une innovation stratégique : la création d’un poste d’attaché de sécurité intérieure adjoint, qui sera confié à un officier militaire de la gendarmerie nationale française. Cet accord marque la levée définitive des sanctions opérationnelles imposées par Alger l’année précédente.

Sur le front de la lutte antiterroriste, le dialogue a été pleinement restauré entre le général-major Mounir Zahi et Céline Berton, la directrice de la DGSI française. Les deux services vont intensifier leurs échanges d’informations face aux risques partagés. De même, la sécurité civile fait l’objet d’un partenariat renouvelé, prévoyant la formation en France de pompiers algériens et le partage d’expertises face aux catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique.

Immigration et accord de 1968 : Les concessions majeures d’Alger

Le dossier de l’immigration, éternelle pomme de discorde entre les deux rives de la Méditerranée, a fait l’objet de discussions d’une franchise et d’un pragmatisme sans précédent. Le gouvernement algérien s’est engagé à coopérer activement aux opérations d’expulsion et de rapatriement de ses ressortissants en situation irrégulière sur le sol français. Pour ce faire, les 20 consulats algériens répartis sur le territoire français sont désormais pleinement mobilisés pour délivrer en urgence les précieux laissez-passer consulaires, indispensables aux autorités préfectorales françaises pour exécuter les mesures d’éloignement.

Cette accélération répond à un impératif de sécurité publique pour la France, qui souhaite éloigner en priorité les profils radicalisés, les narcotrafiquants et les délinquants violents. Les chiffres clés de ce contentieux migratoire mettent en lumière l’ampleur de la tâche

Plus crucial encore, le communiqué français révèle que la question hautement sensible de l’accord franco-algérien de 1968 — qui confère un statut spécifique et avantageux aux Algériens en matière de circulation, d’emploi et de séjour en France — a été mise sur la table. Le régime de Tebboune a accepté de travailler sur la base de propositions concrètes émises par la France afin de faire évoluer ce texte historique. Cette concession majeure démontre la volonté d’Alger de donner des gages d’efficacité à Paris en échange d’une normalisation politique.

L’énigme Christophe Guélaiz et les perspectives d’avenir

En conclusion de cet accord bilatéral, le ministère français de l’Intérieur a glissé une mention symbolique mais essentielle concernant le sort de Christophe Guélaiz, un ressortissant français dont Paris réclame activement le retour. Bien que Saïd Sayyoud ne détienne pas le portefeuille de la Justice, l’évocation de ce dossier au plus haut niveau suggère qu’une issue humanitaire ou politique pourrait être parrainée directement par le président Tebboune afin de consolider la confiance retrouvée entre les deux États.

Si la France a largement communiqué sur les avancées concrètes de ce sommet, les autorités algériennes, fidèles à leur culture du secret, ont choisi de garder le silence. Ni la présidence, ni le gouvernement, ni l’Algérie Presse Service (APS) n’ont publié de compte rendu officiel, se contentant de diffuser des séquences visuelles de la visite. Ce silence radio n’atténue en rien la portée de l’événement : les verrous sécuritaires et migratoires ont sauté. Reste désormais à savoir si ce grand déblocage opérationnel résistera aux soubresauts politiques et aux mémoires encore vives qui caractérisent la relation passionnelle entre la France et l’Algérie.