ALERTE : Maladie ou limogeage ? La vérité sur la disparition de Boualem Boualem

Au cœur du pouvoir algérien, un silence assourdissant a remplacé le bourdonnement habituel des activités présidentielles. Depuis la fin du mois d’avril 2026, une question brûle toutes les lèvres dans les cercles politiques : où est passé Boualem Boualem ? Longtemps considéré comme la “boîte noire” du régime, le bras droit et directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune, l’homme qui tenait les rênes de l’administration présidentielle, a tout simplement disparu des radars. Une absence qui, loin d’être anodine, laisse présager un remaniement majeur, voire une véritable purge au sommet de l’État algérien.
Une absence remarquée et un mystère qui s’épaissit
La dernière apparition officielle de Boualem Boualem remonte au 22 avril 2026. Ce jour-là, dans le cadre de la visite du président du Tchad, Mahamat Idriss Déby, à Alger, le directeur de cabinet remplissait ses fonctions protocolaires avec une efficacité habituelle. Il supervisait alors des entretiens stratégiques avec les membres de la délégation tchadienne. Depuis, le néant.
Ce qui a alerté les observateurs les plus avertis, c’est son absence remarquée lors du dernier Conseil des ministres, tenu le 3 mai 2026, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune. Pour un homme qui n’avait jamais manqué une échéance stratégique, cette défection est un signal fort. Les sources concordantes, introduites au sein même du palais présidentiel de la Mouradia, confirment que Boualem Boualem n’a plus donné le moindre signe de vie, rendant son entourage professionnel incapable de le joindre depuis plusieurs jours.
Maladie ou éviction : le jeu des rumeurs
Face à ce vide, deux thèses se sont initialement affrontées. La première, relayée au début de la disparition, évoquait des raisons de santé. Âgé et sujet à des fragilités physiques, il a été avancé qu’il aurait été victime d’une fracture invalidante ou qu’il aurait dû quitter le pays en urgence pour des soins, notamment en Belgique, comme il l’avait fait par le passé.
Cependant, cette version a rapidement perdu de sa crédibilité face aux informations insistantes sur une mise à l’écart pure et simple. Des sources internes, notamment au sein de la cellule de communication de la présidence, laissent entendre que le président Tebboune, connu pour son tempérament instable et ses décisions parfois brutales, aurait décidé de se séparer de son collaborateur le plus proche. Le nom d’un remplaçant, l’ancien ministre de l’Intérieur Brahim Merad, circule déjà avec insistance pour assurer l’intérim dès le 15 mai.
L’homme qui murmurait à l’oreille du président
Pour comprendre l’ampleur de ce séisme, il faut revenir sur le parcours de Boualem Boualem. Nommé conseiller aux affaires juridiques et judiciaires en 2020, il a rapidement gravi les échelons pour devenir, en novembre 2023, le directeur de cabinet de la présidence. Ce poste ne fut pas qu’honorifique : il est devenu le pivot central du système Tebboune.
Boualem supervisait les notes politiques, suivait les grands procès, gérait les relations avec les partis et les opérateurs économiques, et surtout, il orchestrait les enquêtes d’habilitation menées par les services de sécurité sur les personnalités appelées à occuper des postes sensibles. Grâce au décret présidentiel n°23-331, ses attributions avaient été considérablement renforcées, faisant de lui le véritable numéro deux de l’État algérien. Son influence était telle qu’il était devenu, aux yeux de nombreux observateurs, le cerveau opérationnel et le confident absolu du chef de l’État.
Une rupture aux conséquences imprévisibles

Si son éviction venait à être confirmée officiellement, elle marquerait une rupture brutale dans la gouvernance actuelle. La disparition de celui qui tenait le “coffre-fort” du régime Tebboune pose des questions fondamentales sur la stabilité du pouvoir. Est-ce le début d’une nouvelle ère de réformes, ou assiste-t-on à un repli vers un mode de gouvernance encore plus opaque ?
La situation est d’autant plus délicate que nous nous situons à moins de trois ans d’une échéance présidentielle majeure. Dans ce contexte, chaque mouvement au sein de la Mouradia est scruté avec attention. Les guerres de clans, inhérentes au pouvoir algérien, semblent avoir atteint un point de non-retour. La mise à l’écart de Boualem Boualem est, à bien des égards, la preuve d’une tension extrême au sein de l’élite dirigeante, où les alliances se font et se défont au gré des rapports de force.
L’incertitude comme seule constante
Il est important de garder une dose de prudence. Le président Tebboune, par son historique de décisions impromptues, pourrait encore surprendre en réintégrant son bras droit après l’avoir écarté temporairement. Néanmoins, tous les indices recueillis jusqu’ici pointent vers une fin de parcours pour celui qui a été, pendant six ans, le rouage essentiel de l’appareil présidentiel.
Nous continuerons de suivre ce dossier avec la plus grande vigilance. La disparition de la “boîte noire” du régime ne passera pas inaperçue et les répercussions de ce vide au sommet de la hiérarchie ne tarderont pas à se manifester, que ce soit par des changements dans la ligne politique du gouvernement ou par de nouveaux mouvements tectoniques au sein du palais. L’histoire politique de l’Algérie moderne est en train de s’écrire sous nos yeux, et elle semble prendre un tournant pour le moins incertain.