ALERTE – Coup de tonnerre à Alger : Le général Hassan démis de ses fonctions à la tête de la DGSI

C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de secouer les plus hautes sphères du pouvoir à Alger. À la fin de la journée du 18 mai 2026, une décision brutale, surprenante et totalement inattendue a été prise à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI). Le célèbre général Hassan, de son véritable nom Abdelkader Aït Ourabi, a été démis de ses fonctions en urgence. Rien ne laissait présager un tel dénouement au début de la journée. Dès les premières heures de la matinée, le chef des services secrets intérieurs occupait son bureau le plus normalement du monde, gérant les affaires courantes de ce qui est considéré comme le cœur battant et le poumon névralgique du renseignement algérien. C’est seulement en fin d’après-midi que sa fin de mission lui a été officiellement signifiée, assortie de l’ordre d’organiser au plus vite, avant la fin de la semaine en cours, la cérémonie de passation de consignes pour céder sa place à son adjoint, le général-major Mounir Zahi.
Ce limogeage soudain met en lumière l’instabilité chronique et profondément alarmante dans laquelle patinent les services de sécurité algériens depuis la crise politique majeure de 2019. Le général Hassan n’aura tenu qu’une seule petite année à son poste, après y avoir été nommé à la fin du mois de mai 2025. Cette valse incessante des dirigeants du renseignement pose de sérieuses questions sur la gouvernance de l’État. En recoupant les informations exclusives obtenues de sources internes, les raisons profondes de cette éviction précipitée révèlent des tensions extrêmes entre l’état-major de l’Armée Nationale Populaire (ANP) et la présidence de la République.
Selon les investigations menées, le général Hassan n’était plus du tout en odeur de sainteté auprès du chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Saïd Chengriha. Ce dernier nourrissait de profonds griefs contre le patron de la DGSI, articulés autour de deux reproches principaux. Le premier concerne le rendement global du général Hassan, jugé très en deçà des immenses espoirs placés en lui lors de sa nomination. Âgé de 74 à 75 ans, affaibli par la maladie et fatigué par des décennies de service, il n’a pas été à la hauteur de sa propre légende. Lorsqu’il avait été appelé pour remplacer le général Nassar (Abdelkader Haddad), un officier plus jeune, de nombreux observateurs et cadres du renseignement croyaient fermement que le général Hassan parviendrait à moderniser le service, à le remettre sur les rails et à réhabiliter sa toute-puissance et sa crédibilité internationale. Ce fut finalement une déception générale. Le travail qu’il effectuait ne suscitait plus l’unanimité ni la satisfaction de la hiérarchie militaire.
Le second reproche, bien plus grave et d’ordre politique, réside dans la proximité jugée troublante et anormale du général Hassan avec le clan du président Abdelmadjid Tebboune, notamment avec ses conseillers directs et les membres influents de son cabinet. Ses relations personnelles étroites avec des figures de la présidence, telles que Kamel Sidi Saïd ou Amir Hamad, ont fini par exaspérer l’état-major de l’ANP. L’armée a vu dans ces rapprochements une tentative de domestication et d’instrumentalisation de l’appareil sécuritaire le plus sensible du pays à des fins purement politiciennes, pour servir les agendas individuels et les besoins personnels du clan présidentiel. Bien que certaines sources officielles tentent de faire croire que le général Hassan a choisi de partir de lui-même, la réalité est tout autre. S’il était effectivement soumis à une pression quotidienne étouffante de la part de l’armée qui exigeait des résultats immédiats, il a bel et bien été poussé vers la sortie de manière autoritaire.

L’affaire qui a mis le feu aux poudres et constitué la goutte d’eau ayant fait déborder le vase est le dossier lié à Ibtissam Hamlaoui. Cette dernière a été réélue le 9 mai 2026 à la tête du Croissant-Rouge algérien au cours d’un congrès organisé dans le secret et la discrétion la plus totale, marqué par des violations flagrantes des lois algériennes régissant les associations civiles et des règlements intérieurs du pays. L’enquête démontre que la direction de la DGSI, sous l’influence directe du conseiller présidentiel Kamel Sidi Saïd, a activement participé au balisage du terrain pour garantir la réélection de cette personnalité particulièrement controversée. Pire encore, les investigations révèlent qu’Ibtissam Hamlaoui fréquentait régulièrement les locaux de la DGSI et qu’elle aurait été associée ou utilisée dans certaines opérations d’influence et de lobbying relevant pourtant des prérogatives exclusives des services secrets.
Cette situation a provoqué une colère noire au sein de l’état-major de l’ANP, qui n’avait été ni informé, ni consulté en amont au sujet de ces manœuvres. Pour la haute hiérarchie militaire, associer à des missions de sécurité nationale une personnalité jugée impopulaire et traînant de lourdes casseroles liées à des affaires de mœurs, de corruption et de trafic d’influence est une ligne rouge intolérable. Cette affaire a révélé un dysfonctionnement éthique majeur. Le Croissant-Rouge algérien n’en tire aucun bénéfice, tandis que l’image de marque de l’Algérie subit un préjudice moral énorme à l’international, compromettant les intérêts suprêmes et sécuritaires de l’État pour de simples faveurs de clan. Au départ, Ibtissam Hamlaoui ambitionnait d’ailleurs d’organiser son congrès au sein de l’Hôtel militaire de Béni Messous, mais le ministère de la Défense nationale s’y est opposé catégoriquement, l’obligeant à se rabattre sur l’Hôtel El Aurassi. Le général Hassan aurait dû percevoir ce signal clair de l’armée, qui refuse que les moyens de l’État soient détournés pour des intérêts privés.
Au-delà du cas du général Hassan, cet événement soulève un débat crucial et urgent sur les dérives observées depuis l’attribution de super-pouvoirs aux membres du cabinet présidentiel par Abdelmadjid Tebboune. Depuis 2023, de graves abus de fonction sont régulièrement pointés du doigt. Les conseillers d’El Mouradia s’octroient le droit d’influencer et de manipuler les services de sécurité — que ce soit la DGSI, la DGSN sous l’ère de Farid Bencheikh, ou la Gendarmerie nationale à l’époque du général Yahia Ali Oulhadj — pour régler des comptes personnels, étouffer des enquêtes gênantes ou, au contraire, faire fabriquer de faux dossiers pour salir, discréditer et faire tomber des rivaux économiques ou politiques. Cette privatisation rampante du pouvoir, où les caprices individuels supplantent l’intérêt général du pays, est devenue insupportable pour l’institution militaire.
Bien que l’état-major dirigé par Saïd Chengriha ne soit pas exempt de reproches et maintienne une gouvernance brutale et dictatoriale, l’armée conserve une forme de mesure et de rigueur institutionnelle. Elle refuse d’impliquer ses structures dans des scandales de mœurs ou des compromissions personnelles de bas étage. C’est dans ce contexte de méfiance que le général-major Mounir Zahi avait été imposé comme adjoint au général Hassan en décembre 2025, agissant en quelque sorte comme les yeux et les oreilles de l’état-major au sein de la DGSI.
Le général-major Mounir Zahi, qui prend désormais les rênes du service, incarne un profil radicalement différent et nettement plus moderne. Plus jeune que son prédécesseur, il possède une solide expérience internationale. Jusqu’à sa nomination en tant qu’adjoint, il dirigeait le département de la coopération et des relations internationales au niveau du ministère de la Défense nationale et de l’état-major de l’ANP. Polyglotte et doté d’un excellent réseau à l’étranger, il a été l’artisan majeur et le négociateur en chef des célèbres accords de coopération militaire conclus entre l’Algérie et les États-Unis d’Amérique en décembre 2023. Son arrivée suscite l’espoir d’un changement de méthode et d’une modernisation attendue de l’institution.
Cependant, la question dépasse désormais les simples individualités. Le pouvoir algérien a tout essayé : des figures historiques aux parcours prestigieux comme les généraux Nassar et Hassan ont défilé sans parvenir à stabiliser l’institution. Le cœur du problème réside dans le statut profondément opaque des services secrets, structurellement composés de militaires mais placés sous l’autorité directe de la présidence de la République, créant un conflit d’intérêts permanent entre El Mouradia et les Tagarins. À l’époque du président Abdelaziz Bouteflika, personne, en dehors du chef de l’État lui-même, n’osait s’immiscer dans le travail du patron des services de renseignement. Aujourd’hui, l’ingérence est devenue tellement banale que les décisions stratégiques semblent dictées par l’entourage le plus direct et informel de la présidence, une dérive qualifiée de hautement dangereuse pour la sécurité nationale.
Dans un contexte géopolitique mondial chaotique, marqué par des menaces multidimensionnelles, des guerres majeures en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que par des foyers de tension brûlants aux frontières de l’Algérie — notamment au Mali, en Libye et les frictions constantes avec le Maroc — le bon sens exigerait une DGSI stable, pérenne, dirigée par un commandement installé pour plusieurs années avec une feuille de route claire et indépendante des agendas politiques. Les services de renseignement doivent impérativement retrouver leur vocation régalienne première : la lutte contre le terrorisme, le contre-espionnage et la protection de l’intégrité territoriale, plutôt que de perdre leur temps et leur énergie à surveiller des blogueurs, des hommes d’affaires ou à organiser des scrutins internes pour des associations civiles.
Il est désormais temps de libérer les institutions stratégiques algériennes de cette prise d’otage par des intérêts privés occultes. Face à ces vérités dérangeantes qui bousculent l’ordre établi, la réaction de discipline imposée par l’institution militaire apparaît comme un sursaut nécessaire pour replacer l’intérêt général au centre de l’échiquier décisionnel algérien. Les dirigeants et les clans ne font que passer, mais l’Algérie et la sécurité de son peuple doivent demeurer éternelles.