ALERTE ALGÉRIE : 4 ans pour Latifa Dib ! Personne n’est à l’abri

Le verdict est tombé comme un couperet le 15 juin 2026, ébranlant les certitudes de ceux qui se croyaient intouchables sous l’aile protectrice du pouvoir algérien. Le tribunal de Sidi M’hamed a officiellement condamné l’ancienne avocate et influente militante numérique Latifa Dib à une lourde peine de 4 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 200 000 dinars. Son crime ? Quelques publications sur son compte Facebook, où elle osait exprimer son amertume et son indignation à la suite d’une mésaventure survenue à la fin du mois d’avril 2026 dans les camps de réfugiés de Tindouf.
Cette décision judiciaire d’une sévérité inouïe a été confirmée en direct par son avocat, Maître Mohamed Tahar Bouraba, qui a rendu public le jugement. Une semaine plus tôt, le 8 juin, le procureur de la République avait requis une peine encore plus thésaurisée de 5 ans de prison ferme et 500 000 dinars d’amende pour « publication de contenus portant atteinte aux intérêts nationaux ». Bien que le tribunal ait légèrement revu la peine à la baisse, le signal envoyé par le pouvoir reste d’une brutalité absolue : en Algérie, la liberté d’expression n’existe plus, même pour les courtisans les plus zélés.
Une fervente supportrice sacrifiée sur l’autel du Polisario
L’élément le plus stupéfiant et profondément ironique de cette affaire réside dans le positionnement politique de l’accusée. Latifa Dib n’est ni une opposante historique, ni une militante du Hirak, encore moins une avocate frondeuse dénonçant les dérives liberticides du système. Bien au contraire, elle s’était imposée sur les réseaux sociaux comme l’une des propagandistes les plus acharnées du président Abdelmadjid Tebboune et du chef de l’état-major, le général Saïd Chengriha.
Quelques jours à peine avant son arrestation brutale au début du mois de juin, Latifa Dib défendait encore bec et ongles les méthodes coercitives de l’appareil sécuritaire algérien. Elle justifiait publiquement l’emprisonnement de simples internautes dont le seul tort était de « liker » ou de partager des publications d’opposants exilés, arbitrairement qualifiés de « terroristes » ou d’éléments subversifs par Alger. Sa trajectoire militante suivait le guide standard de la promotion sociale sous l’ère Tebboune : user de la marocophobie systématique, insulter l’opposition matin et soir, et sacraliser la cause du Front Polisario au détriment de toute autre considération, y compris les compétences professionnelles. C’était l’itinéraire tracé pour espérer obtenir un poste de responsabilité, une promotion ou une influence politique majeure dans les hautes sphères de l’État.
Le piège de Tindouf : Entre ambition politique et jalousie d’appareil
L’origine de la descente aux enfers de Latifa Dib prend racine dans une opération de lobbying malencontreuse et d’influence mal maîtrisée au sein des camps de Tindouf. Cherchant à consolider sa position et à courtiser les faveurs de Brahim Ghali, le chef du Polisario, l’avocate s’est heurtée à une opposition interne féroce, notamment celle d’Ibtissem Hamlaoui. Cette dernière, figure influente de l’appareil de propagande, a perçu la présence et les ambitions de la jeune avocate comme une menace directe pour ses propres prérogatives et son influence politique.
Un piège machiavélique a alors été tendu à Latifa Dib. Par l’entremise d’une haute responsable politique du Polisario, exerçant les fonctions de gouverneure de la daira d’Auserd au sein de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), l’avocate a été subtilement mais fermement évincée. On lui a fait miroiter une mission de haute importance : parrainer et superviser un forum dédié aux droits des femmes sahraouies, une tâche prétendument confiée par Brahim Ghali en personne. Un prétexte fallacieux destiné à l’éloigner des centres de décision.
Une fois arrivée dans un hôtel de la ville de Tindouf, le scénario s’est transformé en un véritable abandon. Manipulée, trompée et abandonnée à son propre sort, Latifa Dib s’est retrouvée contrainte de régler elle-même ses frais d’hébergement et de solliciter de l’aide en urgence pour regagner Alger. Blessée dans son amour-propre et profondément choquée par ce procédé qu’elle a qualifié de « mauvais traitement » et d’« accueil malveillant », elle a commis l’erreur fatale de publier ses états d’âme sur Facebook. Sans nommer directement ses détracteurs, elle a laissé éclater son coup de gueule contre Ibtissem Hamlaoui et les responsables du Polisario, dénonçant l’escroquerie morale dont elle avait été la victime.
L’engrenage judiciaire et la paranoïa d’un système absolutiste
Ce témoignage public, perçu comme une fissure intolérable dans le récit officiel de l’alliance indéfectible entre Alger et le Polisario, a immédiatement déclenché la réaction des services de sécurité. Arrêtée et présentée devant le procureur aux alentours du 3 ou 4 juin 2026, l’avocate a vu sa propre rhétorique sécuritaire se retourner contre elle. Le régime l’a accusée d’avoir franchi la ligne rouge en exposant les dissensions internes et les pratiques de manipulation des dirigeants de Tindouf.
Pourtant, une analyse objective des publications de Latifa Dib démontre qu’elle n’a jamais remis en question le bien-founded de la politique étrangère algérienne. Elle n’a jamais qualifié le Polisario d’organisation mafieuse, ni revendiqué la marocanité du Sahara. Ses propos étaient l’expression brute d’une déception personnelle et émotionnelle face à un appareil politique local qui l’avait humiliée. Mais le régime d’Abdelmadjid Tebboune ne tolère aucune nuance, aucune plainte, et aucune vérité alternative, surtout lorsqu’elle émane de son propre camp.
Cette affaire rappelle étrangement les précédents scandales qui ont secoué l’appareil d’État, notamment les affaires impliquant Yacine Benchattah ou Hajar Zoubeidi. Ces deux victimes avaient mis en lumière la toute-puissance d’Ibtissem Hamlaoui en témoignant à visage découvert des tortures, des détentions arbitraires et des condamnations d’une injustice flagrante subies pour avoir simplement osé tenir tête à cette figure du pouvoir. L’histoire de Latifa Dib s’inscrit en ligne droite dans cette logique de terreur systémique.
Un avertissement solennel pour les courtisans du régime

La condamnation de Latifa Dib résonne comme un sérieux avertissement pour l’ensemble des agents de la propagande, des polémistes de plateau et des influenceurs pro-régime qui pullulent sur les réseaux sociaux algériens. Jusqu’à présent, ces derniers se réjouissaient publiquement de chaque arrestation d’opposant, de chaque exil forcé de journaliste, rivalisant d’insultes, de calomnies et d’invectives pour plaire aux maîtres d’Alger et s’assurer une impunité totale.
La chute de l’avocate démontre de manière implacable que dans une dictature absolutiste, personne n’est définitivement à l’abri. Le système Tebboune se caractérise par une intransigeance absolue et une absence totale de loyauté envers ses propres serviteurs. Dès qu’un comportement, un mot ou une simple nuance déplaît ou perturbe la mise en scène du pouvoir, la machine judiciaire est activée avec la même violence, qu’il s’agisse d’un opposant historique ou d’un laudateur du président.
Le régime actuel applique une politique de la terre brûlée, faisant le vide absolu autour de lui. En emprisonnant indistinctement les voix discordantes et ses propres soutiens, le pouvoir espère monopoliser l’espace public et éliminer toute force vive capable, à l’avenir, de contester sa légitimité ou de mener une transition. C’est une stratégie classique des systèmes autoritaires en déclin : gouverner par le vide et la terreur généralisée pour prolonger une survie politique artificielle.
Cependant, cette répression aveugle et sans limite porte en elle les germes de sa propre destruction. À force d’enfermer les cadres, les avocats, les journalistes, les hommes d’affaires et désormais ses propres partisans, le pouvoir sature les institutions pénitentiaires comme celles d’El Harrach ou de Koléa, tout en alimentant un sentiment profond d’injustice et de colère contenue. L’histoire contemporaine enseigne que la persécution généralisée finit invariablement par retourner les soutiens d’hier contre les tyrans d’aujourd’hui, préparant le terrain pour des explosions sociales et des révoltes imprévisibles. En attendant, l’Algérie s’enfonce chaque jour un peu plus dans une logique de prison cellulaire où la méfiance est devenue la seule règle de gouvernance.