Le Maroc a accueilli une réunion secrète des cinq puissances nucléaires
La diplomatie russe a choisi de rendre publique une rencontre dont personne n’avait soufflé mot. Les représentants des cinq puissances nucléaires reconnu, Russie, États-Unis, Chine, France et Royaume-Uni se sont retrouvés il y a quelques semaines à Casablanca, a affirmé Serge Riabkov, vice-ministre russe des affaires étrangères en marge du premier forum international sur la sécurité, organisé sous l’égalité de la Fédération de Russie.

La réunion a bien eu lieu. Elle s’est tenue sous coordination britannique dans la ville de Casablanca au royaume du Maroc il y a déjà quelques semaines a précisé le haut diplomate. D’après lui, les échanges se sont déroulés au niveau des experts et non à celui des ministres ou des chefs de la diplomatie.
Ce cadre informel que les Russes appellent le cinq nucléaire rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, c’est-à-dire les États que le traité sur la non prolifération des armes nucléaires reconnaît comme détenteur de l’arme atomique. d’un processus diplomatique amorcé voilà plus de 10 ans.
Ces consultations ont vocation à harmoniser les positions des cinq capital en matière de non prolifération et de réduction des risques. Riapkov s’est employé à tempérer la portée de l’événement. Le dialogue au sein du groupe n’est pas totalement gelé, a-t-il assuré, mais il se limite au niveau de travail et ne couvre qu’un nombre restreint de sujets.
Une telle approche, a-t-il averti, ne saurait produire des mesures concrètes de désescalades tant qu’aucun changement préalable n’intervient dans une situation militar-politique qui l’a décrite comme turbulente et empreinte d’hostilité réciproque entre les participants. Le vice-ministre a saisi l’occasion pour ressasser les grifes habituelles de Moscou envers les occidentaux.

Il a évoqué un fossé profond et extrêmement tendu entre les cinq puissances qui l’impent aux actions destructrices de l’Occident collectif et a prévenu que le risque d’un affrontement militaire direct entre détenteurs de l’arme nucléaire ne cessait de croître. À ce jour, ni Washington, ni Pékin, ni Paris, ni Londres n’ont confirmé la tenue de cette réunion dont la teneur exacte reste inconnue.
La révélation émane de la seule diplomatie russe dans un contexte où Moscou cherche à afficher son attachement au traités sur la non prolifération des armes nucléaires, la présidence tournante du format venant de passer de la Russie à la Chine. La rencontre s’inscrirait dans la préparation de la conférence d’examen du traité sur la non prolifération des armes nucléaires programmé de fin avril à fin mai 2026 au siège des Nations- Unies à New York.
Début mars, le ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov avait redit la pertinence de l’initiative du président Vladimir Poutine en faveur d’un sommet réunissant les dirigeants du cinq nucléaires. Aucune des cinq capitales n’a justifié le choix de la ville et Riabkov s’est contenté de la nommer. La discrétion a sans doute pesé dans la Balance.
Casablanca n’est pas la capitale politique du royaume mais sa métropole économique, une grande ville cosmopolite où des délégations peuvent transiter à l’abri des projecteurs. Pour une rencontre que nul ne souhaitait médiatiser, le décor était idéal. Cette rencontre secrète révèle à la fois la persistance d’un canal de dialogue entre les puissances nucléaires et l’extrême tension qui caractérise leur relation.
Que Casablanca soit devenu le lieu de cette diplomatie de l’ombre, dit beaucoup sur le rôle croissant du Maroc comme plateforme neutre capable d’accueillir tout le monde sans heurter personne. [musique]