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L’ALGÉRIE CONSTRUIT UNE ARMÉE QUE PERSONNE NE PEUT ARRÊTER — ET LE MONDE COMMENCE À TREMBLER

L’ALGÉRIE CONSTRUIT UNE ARMÉE QUE PERSONNE NE PEUT ARRÊTER — ET LE MONDE COMMENCE À TREMBLER

L’Algérie est en train de vivre une transformation militaire d’une ampleur rarement observée sur le continent africain. Derrière les chiffres vertigineux annoncés par les instituts internationaux se cache une stratégie beaucoup plus profonde qu’une simple augmentation budgétaire. Avec un budget de défense estimé à 25,4 milliards de dollars pour l’année 2025, Alger ne cherche plus seulement à renforcer son armée ; le pays construit méthodiquement une véritable puissance stratégique autonome capable de redéfinir les équilibres géopolitiques de toute la région méditerranéenne et sahélo-saharienne. Cette montée en puissance spectaculaire inquiète désormais les chancelleries occidentales, les états-majors de l’OTAN et plusieurs puissances régionales qui observent avec prudence l’émergence d’un acteur militaire de plus en plus indépendant.

Le chiffre annoncé par le SIPRI, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, a provoqué un véritable choc parmi les analystes internationaux. En moins de dix ans, l’Algérie a augmenté ses dépenses militaires de manière fulgurante, avec une progression de 67 % depuis 2016. Aujourd’hui, le budget militaire algérien dépasse à lui seul les dépenses combinées de plusieurs pays voisins comme le Maroc, la Tunisie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Sur le plan mondial, Alger s’impose désormais parmi les vingt premières puissances militaires en termes de dépenses, dépassant même certains États européens historiquement considérés comme des références stratégiques.

Mais réduire cette stratégie à une simple démonstration financière serait une erreur. Le véritable projet algérien dépasse largement l’achat massif d’armes étrangères. Depuis plusieurs années, les autorités militaires poursuivent un objectif beaucoup plus ambitieux : construire une industrie militaire nationale capable de garantir une autonomie stratégique totale. Derrière les usines discrètement installées dans plusieurs régions du pays se développe progressivement un complexe militaro-industriel destiné à réduire la dépendance envers les grandes puissances étrangères. Cette doctrine est devenue une priorité absolue pour l’état-major algérien.

Pour comprendre cette obsession de l’autonomie militaire, il faut revenir à l’un des traumatismes les plus profonds de l’histoire contemporaine de l’Algérie : la décennie noire des années 1990. Pendant cette période marquée par une guerre civile sanglante et une vague terroriste extrêmement violente, l’Armée nationale populaire s’est retrouvée confrontée à un manque dramatique d’équipements, de pièces détachées et de soutien international. Plusieurs pays occidentaux avaient alors refusé de fournir certains armements à Alger, imposant des restrictions qui furent vécues comme une véritable trahison par les autorités algériennes. Depuis cette époque, une conviction domine la pensée stratégique du pays : aucun État ne peut garantir sa souveraineté s’il dépend militairement de puissances étrangères.

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C’est précisément cette leçon historique qui explique aujourd’hui l’émergence du « Made in Algeria » militaire. Dans le domaine des drones, l’Algérie ne se contente plus d’importer des technologies étrangères. Les ingénieurs militaires algériens développent désormais leurs propres appareils de reconnaissance, de surveillance et de guerre électronique. Lors de plusieurs salons industriels récents, des drones tactiques conçus localement ont été présentés comme les symboles d’une nouvelle souveraineté technologique. Certains modèles sont capables d’effectuer des missions de géolocalisation avancée, de reconnaissance nocturne ou encore d’appui logistique dans des zones difficiles d’accès.

Parallèlement, l’industrie algérienne de l’armement léger a atteint un niveau de maturité impressionnant. Les usines nationales produisent aujourd’hui des fusils d’assaut, des armes automatiques et différents équipements destinés aux forces de sécurité intérieure. Dans le domaine des blindés, Alger a également développé des partenariats industriels avec plusieurs pays européens afin d’assembler localement des véhicules militaires adaptés aux besoins du territoire saharien. L’objectif n’est plus uniquement de consommer des équipements étrangers, mais de maîtriser progressivement l’ensemble des chaînes de production militaires.

La stratégie algérienne s’étend également au domaine naval. Avec plus de 1 600 kilomètres de façade maritime sur la Méditerranée, Alger considère la maîtrise des mers comme un enjeu vital. Les chantiers navals de Mers el-Kébir et d’Annaba connaissent une activité sans précédent. En 2025, la présentation du Bassel 212, premier remorqueur de haute mer entièrement conçu par des ingénieurs algériens, a été célébrée comme une étape historique vers l’indépendance navale. Les autorités militaires souhaitent désormais développer des corvettes et des patrouilleurs fabriqués localement afin de réduire encore davantage la dépendance extérieure.

Cette montée en puissance repose sur plusieurs piliers doctrinaux extrêmement précis. Le premier consiste à diversifier radicalement les fournisseurs d’armements. Si la Russie demeure un partenaire historique pour les systèmes de défense aérienne et certains avions de combat, l’Algérie coopère également avec la Chine dans le domaine électronique et avec plusieurs pays européens pour les véhicules blindés et certaines technologies industrielles. Cette diversification vise à empêcher toute dépendance excessive envers une seule puissance étrangère.

Le deuxième pilier concerne le transfert obligatoire de technologie. Désormais, aucun contrat militaire majeur n’est signé sans clauses imposant la formation des ingénieurs algériens et la transmission progressive du savoir-faire industriel. Alger souhaite atteindre un niveau d’autosuffisance extrêmement élevé dans la production des pièces critiques de ses systèmes d’armes avant 2030. Le troisième pilier repose sur l’augmentation continue du taux d’intégration locale afin que les usines algériennes produisent une part toujours plus importante des équipements militaires sur le territoire national.

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L’Algérie accorde également une importance stratégique au refus des systèmes de neutralisation à distance, appelés « kill switches », souvent intégrés dans certains équipements militaires occidentaux. Les autorités craignent qu’en cas de crise diplomatique, certaines puissances puissent désactiver à distance des matériels achetés à l’étranger. Cette méfiance pousse Alger à privilégier des technologies russes, chinoises ou développées localement afin de conserver une souveraineté totale sur ses capacités militaires.

Cette transformation militaire possède aussi une dimension économique majeure. Les investissements colossaux réalisés dans le secteur de la défense stimulent plusieurs industries nationales : métallurgie, électronique, informatique, chimie industrielle ou encore cybersécurité. Le complexe militaro-industriel algérien devient progressivement un moteur de diversification économique destiné à réduire la dépendance historique du pays aux hydrocarbures. Chaque usine militaire créée génère des milliers d’emplois qualifiés et contribue à former une nouvelle génération d’ingénieurs et de techniciens spécialisés.

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Face à cette évolution, les puissances étrangères observent avec inquiétude l’émergence d’une Algérie de plus en plus autonome. La France voit s’éloigner des marchés militaires autrefois convoités. Les États-Unis et l’OTAN redoutent la montée d’un acteur régional difficile à influencer diplomatiquement. Israël suit également avec attention les progrès algériens dans le domaine des drones et des systèmes de missiles. Quant au Maroc, principal rival régional d’Alger, il tente de compenser cet écart grandissant grâce à des partenariats militaires avec Washington et Tel-Aviv, mais le déséquilibre budgétaire devient de plus en plus visible.

Si cette trajectoire se poursuit jusqu’en 2035, l’Algérie pourrait devenir bien plus qu’une simple puissance militaire régionale. Les projections évoquent déjà un pays capable d’exporter ses propres technologies de défense à travers l’Afrique, de maîtriser ses systèmes satellitaires et de garantir une autonomie stratégique quasi totale dans la région méditerranéenne et sahélienne. Derrière les milliards investis dans la défense se dessine donc une ambition beaucoup plus vaste : celle de construire une puissance souveraine capable de résister à toutes les pressions extérieures et d’imposer sa propre vision géopolitique dans un monde de plus en plus instable.