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“Elles sont aussi laides que moi !” : Bernadette Chirac évoque les nombreuses maîtresses de son mari

“Elles sont aussi laides que moi !” : Bernadette Chirac évoque les nombreuses maîtresses de son mari

Pendant des décennies, Bernadette Chirac a incarné, aux yeux des Français, l’image d’une femme digne, discrète et profondément loyale. Toujours présente aux côtés de son mari, l’ancien président Jacques Chirac, elle a traversé avec lui les campagnes électorales, les victoires politiques, les scandales, mais aussi les humiliations les plus silencieuses. Aujourd’hui encore, alors que le film Bernadette avec Catherine Deneuve remet son histoire sous les projecteurs, de nombreuses révélations ressurgissent autour des infidélités répétées de l’ancien chef de l’État. Et derrière les apparitions publiques parfaitement maîtrisées, c’est le portrait bouleversant d’une femme blessée qui réapparaît peu à peu.

Mariée à Jacques Chirac dès 1956, alors qu’elle n’avait que 18 ans, Bernadette Chodron de Courcel entre très jeune dans un univers politique extrêmement masculin, où les épouses doivent souvent accepter de rester dans l’ombre. Pendant plus de soixante ans de mariage, elle accompagnera son mari dans toutes les étapes de son ascension, depuis ses débuts en Corrèze jusqu’à son arrivée à l’Palais de l’Élysée en 1995. Mais derrière cette image de couple solide se cachait une réalité beaucoup plus douloureuse.

Très tôt, Jacques Chirac acquiert une réputation d’homme séducteur. Dans les cercles politiques et médiatiques, ses nombreuses aventures deviennent presque un secret de Polichinelle. Plusieurs journalistes évoqueront au fil des années ses liaisons répétées avec différentes femmes croisées lors de ses déplacements ou de ses campagnes électorales. Parmi les histoires les plus connues figure notamment sa relation avec Jacqueline Chabridon, journaliste au Le Figaro, envoyée pour suivre la campagne présidentielle de 1974.

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Cette liaison, qui aurait duré plus de deux ans, aurait profondément marqué Bernadette Chirac. Selon plusieurs proches du couple, l’épouse du futur président aurait vécu cette relation comme une humiliation particulièrement difficile à supporter. Pourtant, malgré la douleur, elle choisit de rester auprès de son mari et de préserver l’image publique de leur couple.

Au fil des années, Bernadette Chirac a rarement évoqué publiquement les infidélités de son époux. Mais certaines confidences, rapportées par des journalistes, ont laissé entrevoir la souffrance qu’elle portait en silence. Sur Europe 1, la journaliste Catherine Nay avait raconté une conversation particulièrement marquante avec l’ancienne Première dame. Avec un mélange d’amertume, d’humour noir et de résignation, Bernadette lui aurait confié : « Jacques m’a beaucoup trompée, je les connais toutes, mais il n’y en a que trois à qui j’en veux. Et vous savez ce qui me fait plaisir aujourd’hui ? C’est que je les vois, elles sont aussi laides que moi ! »

Cette phrase, devenue célèbre, révèle à quel point Bernadette Chirac avait appris à transformer sa douleur en ironie pour continuer à avancer. Derrière cette apparente légèreté se cache pourtant une immense blessure personnelle. Car pendant des années, elle a dû composer avec les absences, les rumeurs et les humiliations publiques sans jamais véritablement exploser devant les médias.

Dans le documentaire Jacques Chirac, l’homme qui ne voulait pas être président, Bernadette Chirac avait également livré des paroles particulièrement touchantes sur cette situation qu’elle semblait avoir fini par accepter avec le temps. « Au début, j’ai eu du chagrin et puis après, je m’y suis faite. Je me suis dit que c’était la règle et qu’il fallait la subir », déclarait-elle avec une sincérité désarmante.

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Ces mots résument toute une époque où certaines femmes de responsables politiques considéraient presque les infidélités comme une fatalité liée au pouvoir. Pour beaucoup d’observateurs, Bernadette Chirac représente aujourd’hui une génération de femmes qui ont sacrifié une partie de leur bonheur personnel au nom de la stabilité familiale, de la loyauté conjugale et de l’image publique.

Pourtant, réduire Bernadette Chirac à une épouse trompée serait profondément injuste. Car au fil des années, elle a su construire sa propre place dans la vie politique française. Longtemps perçue comme austère ou distante, elle a progressivement gagné l’affection du public grâce à sa spontanéité, son franc-parler et son engagement caritatif, notamment avec l’opération des Pièces Jaunes menée aux côtés de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Avec le temps, Bernadette Chirac est même devenue l’une des figures politiques les plus populaires du pays, parfois davantage appréciée que son propre mari. Beaucoup de Français voyaient en elle une femme solide, capable de résister aux tempêtes personnelles sans jamais abandonner ses responsabilités publiques.

Le film Bernadette, porté par Catherine Deneuve, a justement contribué à remettre en lumière cette complexité. Le long-métrage montre une femme longtemps sous-estimée, blessée par les trahisons de son mari, mais qui finit par reprendre le contrôle de son image et de son destin politique. Cette représentation a profondément touché une partie du public français, qui redécouvre aujourd’hui la solitude et la force intérieure de l’ancienne Première dame.

Après la mort de Jacques Chirac en 2019, beaucoup ont également regardé Bernadette avec un regard différent. Derrière le couple mythique de la Ve République se dessinait en réalité une histoire profondément humaine, faite d’amour, de fidélité, mais aussi de renoncements et de blessures silencieuses.

Aujourd’hui encore, les confidences de Bernadette Chirac résonnent fortement dans une société où la parole des femmes sur les humiliations conjugales est devenue beaucoup plus libre. Ses phrases simples, parfois pleines d’autodérision, racontent finalement la solitude d’une femme qui a longtemps choisi le silence pour protéger sa famille, son couple et une certaine idée de la dignité.

Et si Bernadette Chirac continue autant de fasciner les Français aujourd’hui, c’est peut-être justement parce qu’elle incarne cette contradiction bouleversante entre la fragilité intime et la force publique. Derrière les sourires officiels et les apparitions impeccables, il y avait une femme profondément blessée, qui a appris à survivre dans un monde où l’on demandait souvent aux épouses de tout accepter sans jamais se plaindre.