« Aujourd’hui, mes nuits sont abominables » Pierre Perret, sa vie sans Rebecca : le chanteur se confie

Décédée brutalement début janvier, son épouse, Rebecca, était le pilier de sa vie. À 91 ans, Pierre Perret nous a reçus chez lui.
C’était juste avant Noël, en décembre dernier. Pierre Perret et son épouse, Rebecca, se trouvaient dans un hôtel parisien, à l’heure du déjeuner, peu avant un rendez-vous avec des amis. « On venait de terminer notre repas, raconte Pierre. Rebecca m’a dit : “Je reviens tout de suite, je passe aux toilettes.” L’escalier qui y montait étant en marbre et en colimaçon, je lui ai conseillé d’aller plutôt dans notre chambre… Mais elle ne m’a pas écouté, elle m’a juste dit : “J’en ai pour cinq minutes.” »
Cinq ou dix ans de plus avec elle, j’aurais évidemment pris »
Les yeux pleins de larmes, Pierre reprend son souffle. « Elle a lâché la rampe à l’avant-dernière marche, je l’ai retrouvée en bas dans une mare de sang. Elle s’est éteinte trois semaines plus tard. » De ces vingt et un jours en enfer, Pierre ne dit rien. Il n’avait pas prévu, à 91 ans, de terminer sa vie seul. « Cinq ou dix ans de plus avec elle, j’aurais évidemment pris », confie-t-il en ce mardi de février, dans son immense demeure de Nangis, en Seine-et-Marne.

C’est dans le silence de la campagne seine-et-marnaise que Pierre Perret traverse l’un des moments les plus bouleversants de sa vie. Dans la nuit du 3 au 4 janvier, l’artiste a perdu son épouse, Simone, dite Rebecca, son grand amour, sa muse et sa plus fidèle alliée. Le couple venait de célébrer plus de six décennies de vie commune. Une disparition brutale, survenue après une mauvaise chute, comme l’a révélé Le Parisien, qui endeuille profondément celui qui ne l’a jamais quittée, ni dans la vie, ni dans l’ombre de sa carrière.
Depuis plus d’un demi-siècle, c’est pourtant dans le même lieu que Pierre Perret continue d’avancer : une ancienne ferme située à Nangis, à une trentaine de kilomètres de Paris, devenue au fil du temps un véritable refuge, chargé de souvenirs, de nature et de créations.
Pierre Perret et Simone : une histoire d’amour et de fidélité, jusqu’au bout
Mariés en 1962, Pierre et Simone ont bâti bien plus qu’une famille. Ensemble, ils ont accueilli leurs jumeaux Anne et Alain, puis leur fille Julie, disparue tragiquement en 1995 à l’âge de 32 ans. Même ce drame n’a jamais fissuré leur lien. Dans l’ombre des succès du chanteur, Rebecca tenait tous les rôles : manageuse, comptable, éditrice, confidente, pilier indéfectible.
« Elle était tout pour lui », confie Gilles Lecouty, dit Gilou, accordéoniste historique de Pierre Perret, dans Le Parisien. « L’un n’allait jamais sans l’autre. Ça va être dur pour Pierre. Il est fort, l’écriture peut le sauver. » C’est précisément dans sa maison de Nangis que l’artiste a toujours trouvé cet ancrage vital.
Pierre Perret : à Nangis, une ancienne ferme devenue villa de caractère
Bien avant que les maisons de campagne ne deviennent un luxe convoité, Pierre Perret avait déjà trouvé la sienne. Dans les années 1960, le couple tombe amoureux d’une ferme en pierre, entourée de champs et de verdure. « Nous avons acheté une vieille ferme et puis, peu à peu, nous avons restauré et agrandi », racontait-il à Paris Match.
Au fil des décennies, la bâtisse s’est transformée sans jamais perdre son âme. Aujourd’hui, la propriété ressemble à une villa de maître, avec piscine chauffée, court de tennis, vastes jardins et dépendances. Un confort discret, pensé pour durer, à l’image de son propriétaire. Pour Pierre Perret, investir dans la pierre n’a jamais été un simple calcul : c’est une affaire de constance et de cœur.
Maison de Pierre Perret : un paradis naturel, entre potager, poules et verger
À Nangis, la nature n’est pas un décor mais un mode de vie. Dans le jardin, Pierre Perret cultive un potager généreux, entretient un verger, élève quelques poules. « Je me suis installé ici parce que je voulais manger les œufs directement sortis du cul de mes poules », lançait-il avec son franc-parler légendaire dans La République de Seine-et-Marne.
Le chanteur aime l’isolement précieux de sa propriété : « Je n’ai pas de voisins. Aux alentours, j’ai une forêt, un étang », confiait-il à France Bleu. Champignons, châtaignes, fraises sauvages, légumes du potager : « À 80 %, tout ce qu’on consomme ici est produit ici », se réjouissait-il encore. Côté décoration, le chanteur se décrit comme un “frénétique collectionneur”, avec un mélange de “centaines de photos, d’affiches rétro, de machines à sous, de livres rares” pouvait-on lire dans Paris Match.