đš ALERTE : Tentative dâassassinat dâHichem Aboud : La justice française emprisonne 4 individus !

Lâaffaire suscite un Ă©moi considĂ©rable et menace de provoquer dâimportantes turbulences diplomatiques entre Paris et Alger. Quatre jeunes hommes, ĂągĂ©s de 19 Ă 20 ans, ont Ă©tĂ© mis en examen et placĂ©s en dĂ©tention provisoire par la justice française. Cette dĂ©cision fait suite Ă leur implication directe dans une tentative dâassassinat et de meurtre en bande organisĂ©e visant le journaliste et opposant algĂ©rien de premier plan, Hichem Aboud. La nouvelle, confirmĂ©e officiellement par des sources judiciaires concordantes et relayĂ©e par lâAgence France-Presse (AFP), met en lumiĂšre les ramifications dâune opĂ©ration clandestine dâune extrĂȘme gravitĂ© sur le territoire français.
LâenquĂȘte, menĂ©e conjointement par les unitĂ©s spĂ©cialisĂ©es de la police judiciaire et la Direction GĂ©nĂ©rale de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure (DGSI), a rĂ©vĂ©lĂ© lâexistence dâun vĂ©ritable contrat financier destinĂ© Ă Ă©liminer physiquement le blogueur. Les faits remontent au mois de fĂ©vrier 2025, dans la commune de Roubaix, situĂ©e dans la banlieue de Lille au nord de la France, oĂč rĂ©side lâopposant. Selon les investigations menĂ©es par le Parquet National Antiterroriste (PNAT), les exĂ©cutants prĂ©sumĂ©s avaient reçu une adresse prĂ©cise et une consigne stricte : abattre Hichem Aboud. La somme promise pour lâexĂ©cution de cette sentence de mort sâĂ©levait Ă 10 000 euros.
Câest un pur hasard de procĂ©dure qui a mis les services de renseignement intĂ©rieurs français sur la piste de ce complot. Ă lâorigine, les enquĂȘteurs de la DGSI travaillaient sur une affaire de droit commun totalement distincte : le braquage dâun musĂ©e survenu en novembre prĂšs de la ville de Lyon. En interpellant les membres de ce gang criminel et en analysant le contenu de leurs smartphones, les forces de lâordre ont dĂ©couvert des Ă©changes suspects sur lâapplication de messagerie hautement cryptĂ©e Signal. Les discussions interceptĂ©es dĂ©taillaient prĂ©cisĂ©ment le recrutement dâune Ă©quipe de tueurs Ă gages et les nĂ©gociations financiĂšres entourant la tĂȘte du journaliste algĂ©rien.
Face Ă la dimension internationale et politique de cette dĂ©couverte, le Parquet National Antiterroriste sâest immĂ©diatement saisi du dossier. Trois des individus arrĂȘtĂ©s ont Ă©tĂ© inculpĂ©s pour tentative de meurtre en bande organisĂ©e en relation avec une entreprise terroriste. Un quatriĂšme suspect a Ă©tĂ© mis en examen pour complicitĂ© de tentative de meurtre et association de malfaiteurs terroriste criminelle. Lors des premiĂšres audiences qui se sont tenues au tribunal de Paris, lâambiance Ă©tait lourde. Les dĂ©bats se sont dĂ©roulĂ©s en grande partie Ă huis clos Ă la demande des magistrats, qui ont ordonnĂ© lâĂ©vacuation de la salle pour prĂ©server le secret de lâinstruction. Le procureur de la RĂ©publique a Ă©voquĂ© des investigations complexes, signalant de nombreux mensonges et des tentatives dâentraves rĂ©pĂ©tĂ©es de la part des suspects pour bloquer lâavancĂ©e de la vĂ©ritĂ©. Une cinquiĂšme personne, initialement placĂ©e en garde Ă vue dans les locaux de la DGSI, a finalement Ă©tĂ© remise en libertĂ© en lâabsence de preuves matĂ©rielles directes.
Lâimplication dâune puissance Ă©trangĂšre demeure la question centrale qui agite les cercles politiques et judiciaires. La qualification criminelle dâentreprise terroriste a Ă©tĂ© retenue prĂ©cisĂ©ment en raison du statut de la victime et des soupçons pesant sur lâintervention possible dâun Ătat tiers. Les regards se tournent inĂ©vitablement vers le rĂ©gime algĂ©rien, avec lequel Hichem Aboud entretient des rapports notoirement conflictuels. Ancien officier des services secrets algĂ©riens, installĂ© en France depuis les annĂ©es 1990 avant un bref retour au pays entre 2012 et 2014, le journaliste est lâauteur dâun ouvrage au vitriol publiĂ© en 2002, La mafia des gĂ©nĂ©raux. Ses prises de parole virulentes, bien que parfois controversĂ©es ou critiquĂ©es pour leurs excĂšs, rassemblent une importante communautĂ© de fidĂšles sur Internet.
La justice française se montre toutefois extrĂȘmement prudente Ă ce stade. Les sources judiciaires soulignent quâaucune preuve matĂ©rielle ni information dĂ©finitive ne permet dâaffirmer un ordre direct provenant des plus hautes autoritĂ©s de lâĂtat algĂ©rien. Pour autant, la thĂšse dâune action commanditĂ©e par des clans isolĂ©s, des officiers supĂ©rieurs ou des cercles dâinfluence influents au sein de lâappareil sĂ©curitaire dâAlger reste une piste sĂ©rieusement Ă©tudiĂ©e. InterrogĂ© par la presse, lâavocat dâHichem Aboud, MaĂźtre Delil Sakali, a indiquĂ© que son client avait appris lâexistence exacte de ce complot de fĂ©vrier 2025 par les rĂ©vĂ©lations des mĂ©dias, sans pour autant en ĂȘtre surpris. Lâopposant lui-mĂȘme a dĂ©clarĂ© que cette tentative de meurtre sâinscrivait dans une suite logique destinĂ©e Ă le faire taire dĂ©finitivement.

Il faut dire que la sĂ©curitĂ© dâHichem Aboud semble compromise depuis plusieurs mois. Cette affaire de Roubaix constitue la deuxiĂšme tentative dâĂ©limination physique flagrante en lâespace de peu de temps. En octobre 2024, le journaliste avait Ă©tĂ© victime dâun enlĂšvement spectaculaire Ă Barcelone, en Espagne. Il avait Ă©tĂ© sĂ©questrĂ© pendant plusieurs jours par un groupe de narcotrafiquants avant dâĂȘtre miraculeusement libĂ©rĂ© par la Guardia Civil espagnole lors dâun assaut menĂ© contre un navire dans le sud de la pĂ©ninsule. Pour la victime, lâĂ©chec de lâopĂ©ration de Barcelone a poussĂ© les commanditaires Ă changer de mĂ©thode en recrutant des tueurs Ă gages directement sur le sol français quelques mois plus tard.
Ce nouveau scandale fait Ă©cho Ă une autre affaire terroriste majeure qui sâest dĂ©roulĂ©e en France : le dossier de lâopposant Amel DZ, enlevĂ© le 29 avril 2024 en rĂ©gion parisienne avant dâĂȘtre relĂąchĂ© dĂ©but mai. Dans ce dossier prĂ©cis, les services de sĂ©curitĂ© français avaient rĂ©ussi Ă matĂ©rialiser lâimplication de trois agents des services secrets algĂ©riens et de responsables consulaires basĂ©s en France, Ă lâinstar de lâancien secrĂ©taire de lâambassade dâAlgĂ©rie Ă Paris et du vice-consul Ă CrĂ©teil. Ces prĂ©cĂ©dents judiciaires alourdissent le climat dâanxiĂ©tĂ© qui pĂšse sur la communautĂ© des activistes, blogueurs et cyber-rĂ©fugiĂ©s algĂ©riens en Europe. La rĂ©pĂ©tition de ces attaques physiques ciblĂ©es dĂ©montre le danger permanent auquel sont confrontĂ©es les voix dissidentes, et pose la question de lâimpunitĂ© des agents opĂ©rationnels Ă©trangers agissant sur le territoire souverain de la RĂ©publique française.