« Révélation choquante au tribunal : l’homme qui a enfoncé un tournevis dans la tête de la victime s’est avéré être l’amant de la fille de cette dernière ! »

Sébastien Malinge, le tueur au tournevis. Accusé d’avoir tué une femme en lui plant un tournevis dans la tempe. L’homme a provoqué l’un des rebondissements les plus inattendus lors d’un procès en cours d’assise. On peut pas imaginer comment ça a pu échapper à tout le monde. Papa Poule, serviable, attentif aux autres.
Pour ses proches, Malinge n’a jamais eu le profil d’un tueur. C’était tellement improbable, on se dit c’est pas possible. Et pourtant, son ADN l’a désigné jusqu’à ce coup de théâtre aux assises. Cette révélation grâce à laquelle Malinge a fait vaciller l’accusation. Ça met le doute très sincèrement même si on a effectivement la soi-disant reine d’épreuve.
Tout commence 16 mois plus tôt, le 28 novembre 2010. Quand j’arrive sur place, donc parking des Italiens, j’ai déjà mes collègues qui ont qui ont délimité la scène de crime. Et en fait, la scène de crime est constituée de deux parties. La première qui m’est désignée, c’est celle qui est, on va dire, en bas du talu où il y a une énorme pierre maculée de sang, un bloc de trottoir maculé de sang et diff diverses gouttes de sang.
Et ensuite le corps qui lui se trouve jusqu’à 3 m plus loin ou 4 m plus loin en contrebas d’un d’un petit muret. Quand vous venez du centre d’Avignon, que vous passez, vous voyez les pierres ensanglantées effectivement, mais vous voyez pas le corps. C’est quand vous contournez le transformateur que à ce moment-là, vous distinguez un corps qui est allongé. dans l’herbe.
C’est une promeneuse qui a donné l’alerte vers midi. Les journalistes sont arrivés sur les pas des policiers. Il faut s’imaginer qu’on est sur un parking et qu’on est un dimanche d’hiver du mois de novembre. Un ciel bas, du temps gris, du froid. C’est quand même un lieu qui est connu pour être un petit peu glo à savoir que bah il y a des vols à la roulotte et puis il y a quelques bâtiments désaffectés qui sont un petit peu squattés.
Enfin, c’est c’est particulièrement lugubre. Tandis que la presse est maintenue à bonne distance, les policiers et le médecin légiste s’affèrent sur la scène de crime. Le corps euh est allongé. sur le dos, entièrement vêtu avec juste la partie abdominale qui est qui est dénudée. Euh quand on commence à déshabiller le corps, on commence par le bas, donc les chaussures, les chaussettes, le pantalon et ensuite on remonte.
Et c’est en remontant et quand on enlève le pan du manteau qui est sur le visage qu’on s’aperçoit que le visage en fait, il est entièrement défoncé. Toute la partie gauche est totalement écrabouillée. Dans notre langage, on emploie un mot. On dit souvent ça échappe à toute description anatomique. C’était vraiment le cas.
On ne pouvait plus décrire l’œil gauche. On ne pouvait plus différencier l’œil gauche de l’œil droit. Tout était mélangé. Tout était euh en délabrement. Je n’ai jamais vu personne avec de telles blessures, si ce n’est éventuellement avec des tirs d’armes à feu ou à ce moment-là. Ouais. Un suicide par arme à feu. Mais sinon, un visage dans cet état-là, non.
et on s’aperçoit qu’il y a une tige métallique qui est figée dans le dans le temporal gauche de la victime. Et en fait, il s’agissait d’une tige d’un tournevis au niveau de la tempe gauche. La particularité, c’est que ce tournevis était parfaitement enfoncé. Donc, je procède à son enlèvement avec précision et avec précaution pour pouvoir le mettre sur scellé et le remettre aux enquêteurs immédiatement.
Pour ce qui est de la datation de la mort, il y a trois paramètres qui sont importants. Les rigidités cadavériques qui étaient totales, les lividités qui étaient présentes et enfin la température, la température à la fois ambiante et la température du corps. Ce dimanche 28 novembre, la température ambiante était à 5°gr pour une température corporelle de 25° à 15h de l’après-midi.
Et donc, tenant compte tous ces paramètres, j’avais indiqué que la tranche horaire qui pouvait être retenue était entre 5h et 9h du matin. Là, on détermine aussi que la victime, c’est une femme type européen qui a 50 60 ans, difficile à dire vu l’état du visage. Et euh on constate aucune autre blessure sur le corps que celles qui sont au niveau de du crâne et du visage.
Une fois qu’on en a terminé avec le corps, on prend on élargit le cercle des recherches et on regarde notamment toute la partie où se trouvait les pierres. Et là effectivement, on trouve notamment une casquette qui est maculé de sang aussi et on retrouve un bout de un manche de tournevis. C’est vrai que c’est pas une arme commune pour tuer quelqu’un.
Le mec, il a pris une pierre, il a il a il a fracassé sur le crâne de la victime et ensuite ou peut-être avant il lui a mis un coup de tournevis au niveau de la tempe. C’est un accès de de démence quoi. Moi je me dis qu’on a faire un bargeot. Tout de suite, on pense quand même à une attaque soudaine comme ça qui se passerait à cet endroit-là.
La personne au mauvais endroit, au mauvais moment, hein. C’est un peu ce qu’on se dit. Et lorsque le vice-procureur s’adresse à nous, il y a quelque chose qui revient immédiatement. Il emploie ce terme qui est qui est l’acharnement. Il y a pas eu d’acte sexuel, il y a pas eu de viol, il y a pas eu puisque le corps est toujours vêtu, les sous-vêtements sont en place à vérifier l’autopsie.
Mais pour nous, c’était pas la première hypothèse. C’était même pas du tout l’hypothèse. De la même manière que l’hypothèse de d’un crime pour voler. Très rapidement, on l’oublie parce que la victime a son porte-monnaie dans sa poche avec un peu d’argent dedans. Elle a ses bijoux sur elle. Donc c’est pas non plus l’objet du crime. Donc on n’est pas la victime, on cherche des papiers.
Malheureusement, il y en a pas. On retrouve un porte-monnaie, on retrouve un trouceau de clé et sur le trousseau de clé, une clé de véhicule. Donc avec un bip. On cherche d’abord sur le parking des italiens et puis comme on trouve pas, on se rend dans les résidences qui se trouvent un petit peu plus loin et en fait la clé matche avec une voiture qui se trouve garée dans la résidence qui est à 200 ou 300 m de l’endroit où le corps a été trouvé.
Partant de ça, on fait identifier le véhicule qui correspond à cette clé. On s’aperçoit que ce véhicule et il ressort à une madame Martinez Michel qui est une dame qui habite à Saint-Ram Provence que ce n’est pas un véhicule volé donc c’est qui est quand même important pour nous et pas plus. C’est en recherchant aux alentours de l’endroit où est garé le véhicule qu’on trouve une boîte aux lettres avec le nom de Martinez dessus.
Donc on fait le rapprochement entre la victime, le véhicule et ce domicile. Cette porte nous est ouverte par une jeune fille à laquelle on se présente. Donc on essaie de d’arriver doucement à savoir si madame Martinez habite là, si elle est là, si c’est bien son véhicule qui est garé devant et de fil en aiguille, on détermine sans aucun doute que madame Martinez est bien la personne qu’on a découverte derrière le transformateur et qui a été qui a été tué là.
La petite fille quand on l’interroge sur sa grand-mère, bah elle nous dit que elle habite effectivement là depuis quelques temps, que auparavant elle habitait à Saint-Rémi, que en fait l’adresse là, c’est l’adresse de sa fille, madame D Nicolas, laquelle arrive un petit peu après puisque sa petite fille, la petite fille de la victime va la chercher et en fait on est on est devant une dame qui est manifestement sous sous tranquillisant, qui avec qui on peut pas avoir une discussion normale.
Donc, on est même obligé d’appeler, je crois que c’est son ex-mari qui va venir pour la prendre en charge et pour pour s’occuper d’elle. Est-ce que madame Martinez a été tuée derrière le transformateur ou est-ce que son corps a été déplacé ? Regardez la configuration des lieux. Elle part de chez sa fille Marianne ici pour aller acheter des cigarettes.
Là, elle passe par le rond-point du parking. On retrouve son corps derrière ce transformateur. Qu’est-ce qu’observe la police ? Les points A et B, ce sont des moilons, des parpins qui ont servi à la frappée à la tête, ils sont pleins de sang. C’est c’est le manche du tournevis dont on va retrouver la pointe dans la tête de madame Martinez.
D ce sont des endroits où on retrouve des taches de sang le long d’un muret. Le corps de madame Martinez a été déplacé par quelqu’un qui ne voulait pas qu’il reste au bord de la route et qui est allé le cacher ici à l’arrière de ce muret. Est-ce que quelqu’un a pu voir quelque chose ? C’est peu probable parce qu’il n’y a pas de vis au rond-point, pas d’habitation en face.
Alors peut-être un automobiliste ou un passant. Mais on est en hiver au mois de novembre, c’est un dimanche et ça se passe entre 5 et 9h du matin. Il y a pas beaucoup de monde dehors. Les policiers font quand même du porte à porte par acquis de conscience autour du parking des Italiens et dans la résidence des tours malines où habitait la victime.
C’est un quartier qui est assez paisible. il se passe jamais rien quoi. On n’est pas dans les quartiers chauds, les quartiers sud de la ville de la cité des papes où ça régulièrement avec des voitures brûlées, des incident, des agressions, enfin on est on est loin de on est loin de tout ça quoi. On est plutôt dans le petit quartier pavillonnaire pépère.
C’est vraiment très calme. Comble de malchance, la caméra de surveillance du parking des Italiens est en panne. L’enquête de voisinage ne donne rien. Les policiers n’ont pas la moindre piste. Le lendemain, le meurtre fait la une des journaux régionaux. Qui est le tueur au tournevis ? On va à la recherche voilà d’éléments qui vont éclairer la personnalité de la victime et voir un petit peu dans quelle condition ces personnes vivaient parce qu’on est quand même dans un hclos assez féminin, une espèce de de gyessé où on a la grand-mère, la mère, la petite fille,
enfin voilà, c’est quand même un petit peu particulier ce h clos donc on a envie d’en savoir un petit peu plus. C’est je croise des des amis de d’Estelle euh donc qui sont des adolescentes et cetera et qui dressent un portrait très élogieux de Madame Martinez qui disent que c’est une grand-mère modèle qui s’occupait très bien de sa petite fille qui était très présente et qui était venue là s’installer justement pour être au quotidien au côté au côté de sa famille et donc moi je je n’ai que des éléments positifs sur Madame Martinez
Michel Martinez une grand-mère dans la soixantaine, une battante qui a su affronter les épreuves de la vie. En 84, elle dirige un cabinet d’assurance avec Dino, son mari, le père de ses deux filles. C’est alors qu’elle est frappée par le deuil. Madame Martinez s’est retrouvée veuve à l’âge de 40 ans.
Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Elle a élevé ses enfants euh correctement. avec des valeurs, des principes. Ensuite, elle a noué une relation avec une personne qu’elle considérait particulièrement, qui a élevé ses ses deux filles. Ce nouveau compagnon s’est André, un homme avec qui Michel coule des jours heureux.
Mais en 2003, nouveau drame, André meurt des suites d’un cancer. Michel Martinez fait avec optimisme et énergie pour ses filles, pour sa petite fille. C’était une femme moderne, dynamique. C’était la colonne vertébrale de la famille. Elle aimait la vie, elle sortait, avait des amis euh avec lesquels elle avait renoué ces derniers temps et aimé la vie tout simplement.
Quelques mois avant sa mort, Michel avait vendu sa maison de Saint-Rémi de Provence. C’est pourquoi en attendant de trouver un nouveau logement, elle vivait chez sa fille Marianne. Marianne qui perd complètement pied au décès de sa mère. J’ai essayé de me rendre chez la fille de Michel Martinez et je quand je sonne à la porte, je vois une dame qui nous fait signe.
Donc je explique qu’on est journaliste, qu’on enquête sur le la mort de Michel Martinez et qu’on m’a dit que sa fille habitait ici, elle donc elle se présente, elle m’a dit que c’était elle et quand on rentre, c’est une ambiance un peu particulière parce qu’il y a il y a il y a un nuage de fumée de cigarettes, il y a des il y a des des piles de linge un peu partout posé sur la sur la table et puis cette dame qui était ça se voyait de suite, elle était en état de choc, elle fumait cigarette sur cigarette, elle tournait en rond dans la dans la pièce. Il y
avait, je me rappelle, il y avait un petit chien aussi qui était totalement encore plus excité que enfin qui tournait aussi qui qui arrêtait pas d’aboyer. Puis bon, avec la photographe, au bout de peut-être ouais 20 minutes, on n’est pas resté très très longtemps avec elle parce que bon, elle nous a pas non plus beaucoup parlé au final.
On sentait qu’elle était pas qu’elle était pas bien psychologiquement. On a préféré s’en aller. Marianne n’en dit pas beaucoup plus aux policiers. La veille du meurtre, elle a passé la soirée avec sa mère. Il était déjà tard quand Michel Martinez s’est trouvé à cours de cigarette. Marianne lui a alors dit qu’elle pourrait en trouver de bonne heure le lendemain au tabac Saint-Lazar à 500 m de chez elle.
La fille de la victime, elle était déjà mal en point avant les faits et je pense que là tout s’est effondré et elle s’est peut-être sentie un petit peu responsable d’avoir indiqué à sa mère qu’elle pouvait aller acheter des cigarettes à pied et ce qui a effectivement engendré cette détresse psychologique.
Elle pouvait pas nous faire avancer. Voilà, donc c’était il a fallu un peu nous débrouiller sans elle. Marianne en état de choc. Les policiers cherchent seul une piste dans les affaires de sa mère. En cherchant ces dernières relations, on a travaillé sur son téléphone portable. On a également travaillé sur son ordinateur portable.
On s’est aperçu qu’effectivement elle avait plusieurs sites de rencontrre sur lesquels elle se elle se branchait régulièrement. ce profil une personnalité un peu plus contrastée entre la mamie un peu gâteau, on va dire, bien qu’elle soit décrite comme quelqu’un de moderne et et quelqu’un qui fréquente des des sites de rencontre.
Sous le pseudo de Dou, Michel Martinez avait des conversations plutôt cru avec ses correspondants et elle faisait preuve d’un caractère bien trempé, n’hésitant pas à remettre vertement un homme à sa place quand il le fallait. Les policiers remarquent aussi qu’elle n’était pas très prudente, en tout cas pas froussarde.
Elle donnait facilement ses coordonnées et fixait des rendez-vous galants à des hommes qu’elle ne connaissait guère. On s’est dit qu’elle aurait pu effectivement faire une mauvaise rencontre. peut-être euh s’est penché euh sur internet en donnant une adresse euh partielle ou au moins un lieu, ben la personne aurait pu lui tomber dessus au moment où elle s’y attendait pas qu’ allait tout simplement chercher des cigarettes.
Le meurtre au tournevis, un crime passionnel possible. Dans la vie amoureuse mouvementée de Michel Martinez, les policiers trouvent rapidement un suspect. La sexagénère venait de rompre avec un certain Albert après 4 mois de vie commune. dernier compagnon, elle l’avait également rencontré sur un site et il semble que il s’était aperçu qu’elle continuait à aller sur ce site et ça l’a fortement énervé puisqueelle vivait chez lui et la rupture a été, on va dire assez houleuse.
Albert est quelqu’un de très jaloux, très possessif. Euh il s’énervait facilement. Euh madame Martinez étant une femme de caractère qui ne se laisse pas piétiner a décidé de partir pour se réfugier chez sa fille. Albert ne supporte pas la rupture. Madame Martinez souhaite récupérer ses effets personnels au domicile d’Albert.
Ce dernier refuse et les enquêteurs se sont posés la question de savoir si il y a pu avoir un contact direct entre madame Martinez et ce dénommé Albert au moment de récupérer ses objets effets personnels et que finalement la confrontation se serait mal passée. Mais l’homme est cardiaque, trop faible pour commettre ce crime.
Et il a un alibi. Albert est écarté. Les policiers continuent à chercher parmi les contacts de Michel Martinez, mais à vrai dire, ils ont toujours en tête la piste d’un déséquilibré. Papa va bien et quand ils appellent l’hôpital psychiatrique du coin à Montfavet, ils ont une raison de plus d’y croire car un des pensionnaires a déserté.
Nous avons eu une information concernant monsieur Mall qui avait eu une permission de sortie pour la journée du samedi, donc la veille des faits et le samedi soir, il n’a pas réintégré le centre hospitalier. il devait rentrer le dimanche justement et c’est vrai que cette concomitance, on va dire de de des dates euh est extrêmement troublante du point de vue des enquêteurs et là j’ai le sentiment qu’ils se disent que on a enfin une piste extrêmement intéressante du point de vue également de la personnalité du malade qui est atteint
de de psychoses paranoïques et qui potentiellement bah pourrait être dangereux pour autrui. Monsieur Mol avait déjà été arrêté pour des violences et également pour une tentative de meurtre. Mais comme il avait été reconnu responsable, il n’avait pas été condamné par la justice mais il avait eu obligation de soin et donc il avait été hospitalisé dans une partie de l’hôpital qui est pour les malades particulièrement dangereux.
Ce monsieur Mol, il souffrait d’une d’une forme de psychose qui lui faisait penser que le monde autour de lui était hostile, que tout ce qui arrivait autour de lui n’était pas forcément par hasard et avait forcément un lien avec lui. Voilà, il disait que les les pouvoirs publics lui devaient jusqu’à 400 millions d’euros parce qu’il disait que le para c’est à mol.
Donc on me doit comme ça 400 millions d’euros. et il venait régulièrement réclamer son du que ce soit à l’hôpital de Montphavé ou en faisant des courriers dans différentes institution pour dire qu’il fallait le dédommager. Un malade psychiatrique dans la nature peut-être le bargeot auquel les policiers pensent. Il y a eu une psychose qui s’est un peu installée sur la ville.
Tout le monde se dit à l’époque il y a un tueur en liberté mais un tueur qui peut tuer au hasard. Les gens effectivement ont commencé à prendre peur et éviter de traîner sur le parking italien la nuit où on n’y allait pas seul. Enfin, les les gens se se méfient un peu du quartier. Le fugitif est âgé d’une soixantaine d’années.
Il circulerait dans Avignon au volant d’une voiture accidentée de couleur jaune. L’alerte est lancée et le jeudi 2 décembre vers 21h, une patrouille repère l’homme dans le centre-ville. Il savait que on le recherchait pour l’effet de madame Martinez et il est assez violent. Donc il a fallu le maîtriser. Ensuite, bon, il a insulté déjà les policiers municipaux et bon, on va dire, l’interpellation était un petit peu mouvementée puisque bon, monsieur Mall, il était déjà très agité.
Dans le véhicule de monsieur M, nous avons retrouvé un pistolet qui tire des balles en caoutchu et également deux couteaux. Nous avons également trouvé une veste avec des tâches suspectes que nous avons envoyé à l’ADN. éléments encore plus troublants. Il y a des couplures de presse qui sont relatives au meurtre de madame Martinez.
Donc là, ça commence à quand même faire beaucoup sur les épaules de ce monsieur. Lorsque vous avez un suspect que vous allez ou en perquisition dans son domicile ou dans son véhicule, vous trouvez des articles de journaux sur l’effet sur lesquels vous travaillez, on pense que là ça sent vraiment bon et que on est sur la bonne piste.
Les taux se resserrent sur le déséquilibré. Mais la garde à vue promet d’être épique. On essaie de lui poser plusieurs questions et à chaque fois il répond complètement à côté, il chante. Enfin, il est complètement il est très agité et donc il veut pas qu’on le réintègre à Mon Favet puisqu’il dit que il veut pas qu’on l’embastie.
Il parle de Johnny Alidé, il nous chante la chanson souvenir souvenir et il veut pas nous donner des explications sur sa journée de dimanche. Il veut pas du tout nous donner son emploi du temps. Au bout de quelques heures de garage, on pense que il est pas il est agité effectivement mais on le voit passer à l’acte sur une affaire comme ça.
Et puis bon, il a pas le gabarit. Enfin, il est on pense que on n’est pas sur le bon un sentiment d’enquêteur, on n’est pas sur le le bon auteur. Pour moi, il était il avait pas cette ce type de dangerosité là. Il n’avait pas une dangerosité directe contre les personnes. En tout cas, c’était pas son mode opératoire.
C’était pas la façon dont qu’il avait de fonctionner au quotidien. L’analyse ADN des tâches suspectes relevées sur la veste confirme l’impression des policiers. Molle n’y est pour rien. Il réintègre le centre hospitalier. Une fois qu’on ferme la porte du malade psychiatrique, les enquêteurs se disent “À ce moment-là, ça va être compliqué.
” Puisqu’on a écarté tout ce qui était finalement dans l’entourage plus ou moins proche. Ils ont rien finalement à se mettre sous la dent et il va falloir ratisser très très large et dès lors ça va être très très long. Dans ces cas-là, on espère avoir de la chance avec les prélèvements qui sont faits sur le tournevis, sur la victime, sur les les ongles puisque on a récupéré tout ce qu’on pouvait au niveau matériel pour pouvoir faire des analyses soit ADN, soit des empreintes.
Dominique, cette chance les policiers vont finir par l’avir. Oui, Frédéric. Le 22 décembre, 3 semaines après la mort de Michel Martinez, le Fnaeg, c’est le fichier national automatisé des empreintes génétiques, appelle les policiers et leur donne un premier espoir. Le labo a réussi à extraire une empreinte génétique qui pourrait bien correspondre à celle d’un homme qui est déjà affiché.
Ça y est, enfin on a on a une pistefit une piste très très sérieuse. Ah bah je me suis dit c’est génial. J’ai mais toujours je modère parce que je sais que des fois c’est infirmé donc il y a on demande confirmation quand même aux experts. Donc je dis ah c’est c’est quand même super bien [grognement] mais on va attendre d’avoir la confirmation.
La tâche n’a pas été simple. Sur le manche du tournevis et la veste de la victime, les experts ont extrait plusieurs empreintes génétiques, malheureusement incomplète et mélangé. Il a donc fallu pousser plus loin les examens en analysant d’autres prélèvement. À ce moment-là, nous réceptionnons des prélèvements d’autopsie et notamment des écouvionnages réalisés au niveau des ongles de la victime.
Et c’est à partir de là où on a pu déduire un profil masculin complet qui comportait suffisamment de caractéristiques génétiques pour effectuer une comparaison que nous avons soumis au fichier national des empreintes génétiques. Et cette fois le FNAEG est formel. Le Fig nous indique qu’il s’agit de Sébastien Malinge qui a 31 ans et qui est originaire du VOCLUS.
Les caractéristiques du profil génétique de monsieur Malinge étaient bien compatible avec ce que l’on observé sur les différents éléments analysés jusque-l. Mange du tournevis, euh veste de la victime et ongle de la victime. Des archives du commissaire d’Avignon, on apprend que monsieur Maling est connu pour des faits d’exhibition sexuelle sur Avignon, une en 2004 et une en 2005.
Celle de 2004, il l’a contesté. celle de 2005 et il a effectivement reconnu les faits. Elle s’appelle Marie, elle avait 20 ans. C’est grâce à sa plainte et à celle de deux autres femmes que Malinge a été fiché et qu’il va tomber pour meurtre. Marie sortait de chez elle en vélo quand il l’a rejointe le 30 juin 2004.
Arrivé à un gros rond-point, euh il me demande si nous pouvons faire l’amour. je commence un petit peu à avoir peur et j’ai un coup de [ __ ] qui commence à être un peu plus vif et je vois qu’il accélère, qu’il se rapproche de plus en plus et à un moment donné, il me dit “Est-ce elle te plaît celle-là en montrant son sexe en érection qu’il est en train de tenir.
Il a un regard noir, il est vide et en même temps noir. On sent que il y a que lui et que je suis rien. Peu importe finalement ma réponse, il a une obsession en fait, c’est de m’atteindre et je sens je sens qu’il est dangereux à ce moment-là. Il arrive à se rapprocher et à me toucher les fesses avec sa main par-dessus les vêtements.
Je donne un grand coup avec ma jambe pour l’écarter, tout en ayant très peur du coup que ce coup me fasse basculer et j’arrive à me dégager de lui et à m’enfuir. Je me présente au commissariat de police. Je suis accueillie par des policiers hommes qui me regardent de haut en bas et qui me disent que oui, des filles comme moi, il y en a des dizaines par mois et que de toute façon, on retrouvera pas l’auteur.
Donc, il me déconseille de déposer plainte. Je comprends du coup que ma démarche est veine et je repars chez moi. Le soir même, je pars travailler et je croise un groupe de personnes à qui je raconte cette mésaventure. Il se trouve que dans ce groupe, il y a quelqu’un qui a un poste assez important au commissariat et qui s’offuse que de la façon dont mon souhait de déposer plainte a été traité et qui fera le nécessaire.
[souffle coupé] Et donc le lendemain, je suis invitée à déposer plainte et ma plainte est prise dans ces circonstances là. Une plainte qui s’avère bien utile. Ma grande surprise en mai 2005, printemps 2005, donc quasiment un an après, je suis rappelée par le commissariat de police qui me dit tenir dans leurs locaux un individu correspondant à ma description parce qu’il vient de commettre des faits similaires et être appréhendés dans ce cadre.
Je le reconnais formellement derrière la vitre sans teint et du coup s’enclenche la procédure de jugement pour les divers faits d’exhibition et d’agression qu’il a promis et qui à ce moment-là lui sont reprochés. À l’époque, Sébastien Malinge avait 26 ans. Il a été condamné à 6 mois de prison avec surcis et obligation de soin. Ensuite, 5 ans tranquilles, plus de plainte jusqu’au meurtre de Michel Martinez.
On a pensé que madame Martinez n’a pas été effrayée par le contact avec monsieur Malinge et même si il lui a effectivement proposé une félation, madame Martinez a peut-être pris ça à la légère et lorsqu’il a sorti son sexe a peut-être pu se moquer de son sexe. peut-être il s’est senti vexé et aurait pu du coup s’énerver contre madame Martinez.
En 2005, au moment des faits d’exhibition, Sébastien Malinge travaillait dans une pizzéria et il habitait avec sa compagne au Pontais, tout près d’Avignan. Mais 5 ans plus tard, les policiers ont bien du mal à le localiser. On s’aperçoit qu’il a changé plusieurs fois de domicile et visiblement, il a changé également plusieurs fois de compagne puisqu’il a même quitté sa femme avec laquelle il y a eu deux enfants et donc il est quand même plutôt, on va dire instable et il a pas vraiment de domicile fixe. Donc pour
nous l’enquête est beaucoup plus difficile. on savait pas réellement où le trouver. Donc avec sa facturation détaillée, on s’aperçut qu’il était en contact avec son ex-compagne et comme elle habitait dans le Vaclus, on a décidé de faire une surveillance immédiate sur le domicile de son ex-compagne. La voiture banalisée arrive vers 19h dans le village où habite l’excompagne et les deux enfants de Sébastien Mallinge.
Noël approche. L’homme va peut-être passer les voir. C’est en tout cas ce qu’espèrent les policiers. Et une demi-heure plus tard, une voiture se gare pile poil devant la maison qu’il surveille. Un homme en sort, sonne à la porte. À la lueur des réverbaires, les policiers le reconnaissent. Et quand un quart d’heure plus tard, l’homme remonte dans sa voiture, ils en sont certains.
C’est Sébastien Malinge. Les policiers reprennent donc la filature jusqu’à l’entrée du village de Pern les Fontaines où la voiture de Mallinge freine et se gare. C’est le moment les policiers n’ont pas perdu leur temps. L’identification et l’arrestation pour Noël, c’était vraiment un très beau cadeau.
Un cadeau pour les policiers, mais en Noël en garde à vue pour Sébastien Malinge et son avocat. Pourquoi Sébastien Malinge, fait-il appel à vous ? Vous le connaissiez ? Je connais Sébastien Malinge parce qu’il était garçon de café dans un établissement qui est au-dessous de mon cabinet.
Nous avions sympathisé et c’est pour cela que le 23 décembre quand il est interpellé, il pense à mon nom. Et cette arrestation, elle vous étonne ? Elle me surprend surtout quand il me fait part que c’est pour un meurtre. Sébastien Malin, je ça me sidère. On est le 23 décembre. Je vais le voir et il me dit ça ne me concerne pas. Moi, ma Martina, je la connais pas.
Je ne sais pas qui elle est. Euh on me parle d’une affaire qui ne me concerne pas. On me parle de fait que je n’ai pas commis. J’ai rien à en dire. Voilà ce qu’il me dit. et il a le sentiment que tout va se révéler, que euh son innocence va surgir et que donc euh son ce cauchemar va se terminer rapidement.
Et je vais le revoir le 24, le soir de Noël. Je tiens absolument à le voir en garde à vue, donc en garde à vue qui se prolonge. Et là encore, la même constance, la même sérénité. Il est étranger à cette affaire. Il est étranger. En garde à vue, les policiers comprennent que la situation de Mallinge s’est nettement détérioré en 5 ans.
Monsieur Malling a une allocation d’adultes handicapés euh de 300 et quelques euros et il a une blessure qui l’ handicap et il ne peut plus travailler [grognement] et il vit une partie de la semaine chez une amie qui lui prête son appartement au Pé et l’autre partie chez son sa compagne actuelle qui habite à Pern Fontaine.
Ses renseignements pris les policiers attaquent et d’abord son emploi du temps le jour du crime. On lui dit voilà euh tu es en garde à vue pour le meurtre de madame Martinez et on lui donne le jour des faits, le lieu et cetera, on lui donne les éléments. On est déjà presque 1 mois du de la date des faits et il est assez précis sur son emploi du temps puisqu’il nous indique que samedi soir, il est allé dans une discothèque qui est très proche du parking des italiens avec son ami Christophe qu’il a été ramené vers 3 4h
du matin sur le ponté. Sébastien Malinge est alors rentré chez lui. Il habite à 50 m de son ami Christophe. Là, il s’est endormi. Ensuite, son ami Christophe l’a rappelé vers 7h30 pour lui indiquer qu’il était en panne de voiture. Et comme la panne était quand même plus grave que prévue, il avait appelé un loueur sur Avignon pour aller loin véhicule et monsieur Malinge l’a amené jusqu’à ce loueur et ils se sont quittés après dans la matinée.
Après avoir récupéré la voiture de location, Christophe l’a déposé devant une boulangerie au pontais. Il était 9h30. Binge dit qu’il a bu un café et qu’il est retourné chercher quelques affaires dans l’appartement que lui prête son ami Natacha. À 10h30, il a rendu visite à Émilie, une autre de ses copines. Et vers midi, il a pris le chemin du parc Chicomandes où il avait rendez-vous avec sa compagne Blanca et la fille de celle-ci.
Un emploi du temps serré et bourré d’alibi. Alors les policiers sortent leur carte maîtresse. On lui indique quand même qu’on a retrouvé l’ADN sous les ongles de la victime, qu’on a trouvé l’ADN sur la veste de la victime et qu’on a retrouvé l’ADN également sur le manche d’un tournevis qui était à proximité du corps de la victime. Et il ne l’explique pas.
C’est pas lui ni en bloc et il indique que c’est pas possible qu’il ait son ADN qui soit découvert sur la victime et sur un objet à proximité du corps de la victime. Le 24 décembre 2010, je suis à nouveau de permanence pour pour la période de Noël et j’apprends dès le matin que il y a un suspect en garde à vue dans l’affaire Michel Martinez.
Et là, on va nécessairement chercher à savoir bah quel est le mobile, quel est le lien entre eux, est-ce qu’ils se connaissent ? Et il s’avère que il y a aucun élément qui ressort. Donc on est dans un néant total. À part l’ADN, nous n’avons pas d’autres preuves, mais dans la tête des enquêteurs, on a aucune aucun doute sur la culpabilité de monsieur Mallinge.
On pourrait mettre notre main à coupé sans problème. Le jour de Noël, à l’issue de sa garde à vue, Sébastien Malinge comparaît devant le juge d’instruction. Une arrivée que les journalistes ne ratent pas. On est le 25 décembre, donc il faut s’imaginer qu’on est quand même dans une ville déserte, un palais de justice encore plus désert.
Et on voit effectivement arriver Sébastien Malinge entouré de deux enquêteurs. Alors certes, il a la tête recouverte d’un blouson, mais on voit cette stature massive et puis ces immenses mains qui sont quand même extrêmement atypiques. Enfin, c’est c’est c’est des mains qu’on ne voit pas communément. il a quand même le potentiel pour s’attaquer à une personne âgée et deah d’avoir le dessus sur elle même tout seul.
Sébastien Malinge est mise en examen pour meurtre et écroué. Début janvier 2011, la juge d’instruction convoque Marianne, la fille de la victime pour l’informer officiellement de l’arrestation d’un suspect, mais sans le nommer ni lui montrer de photos. Elle lui demande comment sa mère aurait réagi si elle avait été agressée par un exhibitionniste.
Est-ce qu’elle aurait pu lui tenir tête et le mettre ainsi en colère ? Marianne confirme alors l’hypothèse des policiers. Sa mère aurait fait face. À part ça, la fille de Michel Martinez ne semble pas soulagée de savoir un suspect sous les verrou. Marianne se réfugie dans la solitude, s’isole de plus en plus et a peur. Elle sombre peu à peu dans une dépression très importante et a du mal à s’exprimer, retient tout pour elle et son état de santé s’aggrave.
À l’hôtel de police, l’enquête continue. Les policiers doivent vérifier l’emploi du temps de Sébastien Malinge. Il convoque donc son copain Christophe. Christophe sur Sébastien Maling nous indique qu’au départ il était assez convivial qu’il faisait des barbecue enfin qu’il était socialement intégré et qu’au fur et à mesure il s’est un peu marginalisé qu’ils avaient continué un peu à se côtoyer parce qu’il faisait un peu de mécanique auto mais qui s’était quand même déssocialisé et qu’il était un peu SDF en quelque sorte
et Christophe raconte Le samedi la veille des faits, les deux hommes ont passé toute l’après-midi ensemble à essayer de réparer la voiture de Christophe sans succès. Alors Christophe a loué une voiture pour le lendemain matin et ils sont sortis en boîte. Ils se sont quittés vers 2h du matin au pontais. Le lendemain matin, comme convenu, Sébastien Malinge est revenu vers 7h30 et ils sont partis tous les deux chez le loueur à la gare TGV.
Christophe a récupéré la voiture qu’ils avaient réservé et ils ont repris la route. Direction le pontais. Christophe au volant de la voiture de location malinge dans celle qui était prête à lâcher. Ils se sont suivis et tout à coup Sébastien s’est garé en catastrophe. Il y avait un problème de refroidissement et monsieur Mallinge a ouvert le capot et a ouvert le vase d’expansion et là à ce moment-là il se brûle.
Ce comportement a surpris euh Christophe qui indiquait que pour un une personne qui est calée en mécanique automobile, c’est pas logique d’ouvouir le vase d’expansion, sachant que le liquide est en ébullition et qu’il y a des chances de brûlure. Moi, je pense plutôt qu’il était perturbé parce qu’ s’était passé quelques minutes auparavant avec madame Martinez.
Ensuite, ils sont repartis laissant sur place la voiture en panne. Christophe a déposé Sébastien un peu plus loin. Il était 9h10 9h4, soit 1 heure plus tôt que la version de malinge. Le policiers vérifient auprès du loueur. Christophe a pris la voiture à 8h44. Une caméra de surveillance a filmé les deux hommes le nez sous le capot.
D’après la vidéo, ils sont repartis à 8h55. Des horaires cohérents. Les policiers tablent aussitôt sur l’emploi du temps que vient de leur donner Christophe. compte tenu de l’emploi du temps que vient de donner Christophe, dans quel créneau horaire Sébastien Malinge aurait-il pu tuer madame Martinez ? Alors, on sait qu’entre 7h30 et 9h15, il est avec son copain Christophe, c’est confirmé.
Donc, il peut l’avoir tué avant 7h30 ou après 9h15. Avant 7h30, ça paraît compliqué. Pourquoi se serait-elle levé aussitôt un dimanche matin pour aller acheter des cigarettes ? Et puis Christophe aurait sans doute remarqué quelque chose au moment où il a retrouvé Sébastien. Donc l’autre hypothèse c’est après 9h15. Mais ça ça correspond pas aux constatations du légistre qui a daté la mort entre 5h et 9h.
Oui Frédéric mais la médecine légale ça n’est pas une science exacte et le médecin légiste, il a pu être un peu trop catégorique sur les horaires qu’il a donné. Nous avons interrogé Christophe sur l’état général de Sébastien Malinge. Il n’a rien remarqué de particulier. Pas de griffure, pas de pas de déchir de vêtements, rien de de particulier.
Vu la barbarie du crime, il aurait été obligé qu’il ait du sang sur lui. Il aurait été éclaboussé et là il n’avait rien du tout. Christophe et Formel. Sébastien n’avait pas une tâche de sang. Sébastien Malinge aurait-il eu le temps de se changer avant de retrouver Christophe pour lui rendre service ? Les policiers vérifient.
Quatre itinéraires sont possibles entre le parking des Italiens et l’appartement où il dort au pontais, tout près de chez Christophe. Les policiers les refont donc à pied. Résultat entre 25 et 29 minutes. S’il a eu le temps de se changer et d’être chez Christophe à 7h30, Malinge aurait donc dû tuer Michel Martinez bien avant 7h.
Quant à la seconde hypothèse, celle d’un crime commis non pas avant 9h écart comme l’a dit légiste mais un peu plus tard, les policiers l’examinent aussi. Maling nous indique à 10h, il est allé voir une autre amie qui s’appelle Émilie pour aller boire un café et Émilie ne peut confirmer la libie de monsieur Malinge en disant que pour elle c’était pas ce jour-là qui s’était vu pour boire un café.
Plus ennuyeux, sa compagne parle bien d’une sortie au parc Chico Mondes. Mais ils n’y ont pas déjeuné ensemble. Monsieur Maling nous a indiqué que il avait retrouvé sa petite amie vers 13h dans le parc Chico Mendez pour déjeuner avec elle et lorsque nous la convoquons, elle nous indique que c’est plutôt 15h30 parce que sa fille faisait une sieste.
Elle a même appelé pour lui fixer rendez-vous à 15h17 d’après son téléphone. À culé, Sébastien Malinge change alors de version. Il nous a indiqué qu’il était retourné à son domicile au Ponté, qui s’était changé, qui s’était endormi et que c’est sa compagne finalement à 15h17 qui l’avait réveillé pour lui donner rendez-vous au parc Chico Mendz.
En gros, il s’adapte, il dit “Bah, je m’en rappelais peut-être plus trop, ça pouvait être un autre jour.” Donc du coup, il nous redonne une nouvelle version qui pour nous est du coup plus difficile à démonter puisque là à ce coup-ci, il indique qu’il était tout seul au domicile et qu’il n’a vu plus personne jusqu’à 15h17.
Pourtant, là encore, les policiers ont la preuve qu’il ment. Quand Blanca l’a appelé, il n’était pas chez lui comme il le prétend. Son téléphone le trahit. Il était en vadrouille à 3 km du parc. a encore réussi à lui montrer une contradiction par rapport à ses déclarations grâce à la facturation détaillée de son téléphone.
Du coup, personne ne sait ce qu’il a fait entre 9h15 et 15h17. 6h qui lui laissent largement le temps de tuer, de se changer et de se débarrasser de ses vêtements. Mais cela reste une hypothèse. Les policiers n’ont toujours pas de preuve puisqu’ils n’ont pas trouvé la moindre goutte de sang sur les affaires de Sébastien Malinge.
Un élément pourtant, une trousse à outil laissée chez sa petite amie Blanca. Dedans un tournevis qui ressemble bien à celui qui a été retrouvé dans la tente de la victime. Et ce qu’il y a de sûr, c’est que l’homme apprécie l’outil. Les policiers comptent pas moins de 12 tournevis. Lorsque nous avons trouvé tout cet outillage au domicile de sa compagne, on a également pensé qu’il aurait pu effectivement faire des vols roulotes sur des véhicules en stationnement sur parkings italien et du coup se retrouver avec un
tournevis. 12 tournevis trouvé. Il collectionne les tournevis votre client. C’est bizarre ça. Non, il y a pas il y a rien de bizarre. On peut euh il a des outils parce qu’ il dépanne, il bricole. Ça pas surprenant. C’est pas une preuve de culpabilité. Il y a quand même des quaqus dans son emploi du temps. Quel qua ? C’est dire que le matin, il sait très bien minute par minute ce qu’il a fait et puis l’après-midi, il est beaucoup plus flou.
Alors, on va être clair, hein. L’heure du meurtre, c’est entre 5h et 9h du matin. Point final. C’est pas moi qui le dit, c’est médecin légiste. Ma linge quitte le beau calos entre 4h et 5h du matin. Il est raccompagné à 5h du matin. Il est retrouvé par son ami entre 7h et 7h30. Donc il a 2h. Donc il faut m’expliquer ce qu’aurait fait Sébastien Malinge entre 5h et 7h du matin.
Il dit qu’il est allé se coucher. Donc il faut supposer qu’il s’est réveillé et qu’il est allé marcher. Il faut 25 minutes pour rejoindre son domicile du parking des Italiens. D’ailleurs, il y a une question. Les pierres ont fait éclabousser du sang partout. Or Sébastien Malège si véritablement il a accompli ses faits nécessairement il y a eu des éclaboussures or une petite précision quand même c’est que où il dort il n’a pas d’eau.
Il n’y a pas d’eau et donc son ami Moulin le voit à 7h15 7h30 et à ce moment-là il ne remarque rien qu’on essaie de me reconstituer la chronologie des faits à partir de Sébastien Malinge. Il y a rien de cohérent dans ce dossier. Il n’empêche qu’il fait quand même des erreurs sur son emploi du temps. Aucune erreur.
Reprenez les déclarations. Aucune erreur. Il change beaucoup. Il ne change pas du tout. Il dit “Je suis rentré me coucher. Tout ce qui s’est passé à partir de 9h du matin ne m’intéresse plus moi.” Comment réagit-il Sébastien Malinge face à cette accusation ? Comme beaucoup d’innocents, il proteste pas. Il essaie pas de trouver des alibis.
Il est il a il essaie pas de trouver des explications même sur cet horaire. et dit “J’ai dormi.” Les policiers ont un autre problème. Sébastien Malinge a été condamné pour exhibition et agression sexuelle soit mais son profil ne colle pas vraiment avec le meurtre d’une sexagénère à coup de pierre et de tournevis. L’homme aurait-il changé, basculé dans la violence ? Les policiers interrogent tous ses amis.
J’apprends ces affaires de d’exhibitionnisme quand j’ai été interrogée par la police quand ils m’ont expliqué que ces empreintes avaient matché, qu’il avait déjà été condamné pour exhibitionnisme. Avant, je ne le savais pas. Je vais pas dire que c’est pas grave parce que ça peut être choquant mais je pense que ça ressemble pas à lui.
Sébastien, je ne l’ai jamais vu violent. Jamais. lui tuer quelqu’un, c’était totalement impossible. C’est quelqu’un qui est tellement gentil, tellement serviable, toujours prêt à à aider tout le monde. Pour moi, c’était juste pas possible. On habitait dans la même résidence. Lui connaissait tout le monde.
Il a commencé à organiser des barbecue en bas de notre immeuble. Il nous a fait tous nous rencontrer et on est devenu une très bonne bande de copains. Sébastien est un excellent papa, tout le temps avec ses enfants, toujours en train de leur faire des activités, toujours en train de s’occuper d’eux. Il a commencé à se marginaliser quand il s’est séparé de la mère de ses enfants.
Ça a été, je pense, un choc pour lui. Ne plus voir ses enfants tous les jours, s’occuper d’eux tous les jours. Ça était pas évident au départ. He. commencer à aller un petit peu à droite à gauche. C’est vrai que sa vie était quand même précaire. Est-ce qu’il le vivait mal ? Je ne sais pas. C’est quelqu’un qui montrait pas beaucoup ses sentiments.
Il mentait sur certaines choses. Il enjolivait un peu sa vie alors qu’on ne savait pas forcément ce qu’il faisait de sa vie. C’était ça son mystère. Pour pas qu’il se retrouve dehors, je lui ai proposé d’aller dans l’appartement que que j’allais rendre puisque moi je n’y habitais plus. N’y avait plus que des affaires dedans.
Je lui ai tendu la main parce que c’était pour moi ça l’ toujours un ami. Les copains de Malinge sont unanimes. C’est un type bien, un homme qui n’a pas eu de chance mais un homme serviable, aimable. Pasal genre a enfoncé un tournevis dans la tête d’une femme. La seule qui dresse un portrait moins sympathique de Malinge, c’est son ex-compagne, la mère de ses deux enfants.
Menteur, manipulateur, peu fiable, un homme qui ne reconnaît jamais ses torts, même lorsqu’il a passé les bornes. C’est ce qu’elle explique. Un jour, une dispute a éclaté alors qu’elle conduisait. De rage et sans état d’âme, il a serré le frein à main et provoquer un accident. Mais cette histoire, il l’a toujours nié.
Il se débrouille toujours pour se présenter en victime. Quand elle l’a quitté parce qu’elle n’en pouvait plus de ses mensonges, la victime c’était encore lui. Entre le papa poule, le copain serviable et le conjoint manipulateur. Qui est le vrai malinge ? C’est un garçon qui est qui est public, qui prend beaucoup sur lui. Il veut avoir la tendresse, un regard de tendresse des autres, de reconnaissance ou de tendresse, une attention.
Et dès lors que vous lui accordez de l’intérêt, c’est ce qui s’est passé dans ma relation avec lui, il est dans dans la reconnaissance et dans la disponibilité. Il avait tout de même un passé d’exhibitionniste votre client. Il aurait pu être tenté de recommencer devant une femme seule sur un parking désert. Ça c’est une une fausse explication, c’est un faux motif.
On parle d’un meurtre d’une personne de 64 ans à qui on a transpersé le crâne avec un tournevis. Est-ce que vous croyez que des faits d’exhibitionnistes font de vous un meurtrier 200 fois ? Parce que dans ce dossier, il y a quatre questions à se poser. Où, quand, comment et surtout pourquoi. Il y a une raison.
On peut dans des meurtres, il y a des raisons d’argent, des raisons de cœur, des animosités. Pourquoi ? Pourquoi ? Il avait besoin d’argent aussi malinge. Rien n’a été volé. Il y a aucun acte d’agression sexuelle sur la victime. Ce n’est pas le mobile. Il n’y a pas de raison d’argent. Pour la juge d’instruction et les policiers, le mobile a peut-être un fondement inconscient.
C’est une amie de malinge qui leur met la puce à l’oreille. Elle raconte que Sébastien en avait gros sur le cœur au moment du crime. De jours avant le meurtre, le 26 novembre, il avait eu 31 ans et sa mère avait oublié de lui souhaiter son anniversaire. Un raté de plus dans une histoire marquée par un profond sentiment d’abandon.
Lorsqu’on a divorcé, sa mère avait décidé que mon fils resterait avec moi et qu’elle prenait sa fille. Ça il l’a pas bien digéré au départ mais bon il a fait avec quand même et après ma fille est venue vivre avec son père avec donc je me suis retrouvé avec les deux gamin mais c’est pas pour ça que sa mère l’aurait repris.
Bon c’est la vie on y peut rien. Sébastien Malinge avait 13 ans au départ de sa mère. Il rentrait de l’école quand il l’a surprise en train de faire ses valises. Elle quittait la maison comme ça et le gamin n’avait rien vu venir. Aucun signe avantcoureur, pas même une dispute. Et le pire, c’est qu’elle a emmené sa sœur, mais pas lui.
Elle n’avait plus de place, lui a-t-elle dit et lui entend qu’il n’a plus de place. [grognement] cet abandon, ce vécu d’abandon, ça va être un des éléments caractéristiques en en tout cas, ça va être un des éléments autour duquel sa personnalité va se structurer et on peut peut-être trouver une explication dans ce manque de confiance en lui, dans ce défaut d’affirmation de soi, dans cette fragilité.
Euh un adolescent pour se structurer, il a quand même besoin d’avoir un milieu familial étayant et sécure. Avant cet événement de l’abandon, monsieur Malinge décrit déjà un milieu familial qui n’était pas très étayant, qui ne lui donnait pas très confiance. Sa mère d’écrite comme matérialiste, comme ayant peu d’affect, comme étant plutôt attaché à son confort, le confort de son de sa maison.
Il d’ailleurs il disait “Ma mère euh la maison pour elle, ça devait être une maison témoin.” Il raconte même un événement un peu plus tard dans son histoire où euh lorsqu’il a été papa pour la première fois, il a voulu renouer avec sa mère et il est allé lui présenter son premier enfant. Et le seul mot qu’aurait eu sa mère à ce moment-là, c’est de dire “Ah, il a mis ses doigts sur les vitres.
” Le traumatisme de son adolescence a été un élément déterminant dans la vie sentimentale de monsieur Mallinge à l’âge adulte. Et l’ensemble des ruptures qu’il a connu à l’âge adulte viennent faire écho à cette première rupture là. Sa mère partie, Sébastien Malinge, a connu une adolescence mouvementée.
Les études le poursuivaient mais courait très vite. Alors en étude, on peut pas dire qu’il en a fait grand. Il a été ju jusqu’à la 3è je crois mais ça été là. Puis après, il m’a fait des petites vacher. Une fois je lui avais fait confiance, lui il dit tiens, tu vas aller déposer ça sur mon compte. Ouais.
Et puis là hein, regarde sur le compte rien. Alors j’ai cherché après lui où il était. Moi il savait que j’allais j’allais être en colère après lui hein. Et c’est là que je l’ai foutu dehors. Et ben tu veux jouer à ce jeu-là et ben tu vas apprendre à travailler vraiment puis à gagner ta cûte. Assez tôt, il va manifester des actes de transgression pour lesquels il va avoir des mécanismes de minimisation, de banalisation et puis ensuite allant jusqu’au déni, monsieur Mallinge n’est pas quelqu’un qui assume les faits pour
lesquels il a été mis en cause, même s’il a été condamné pour ses faits. Pour le psychiatre qu’il a rencontré à trois reprises en prison, Sébastien Malinge, s’est construit une double personnalité. Monsieur Mallinge est une personnalité qu’on peut définir comme clivé, c’est-à-dire qu’il y a deux compartiments et les deux compartiments sont étanches, c’est-à-dire qu’ils ne communiquent pas l’un avec l’autre.
Dans la vie de tous les jours, dans sa vie sociale, dans certaines relations avec ses proches, Monsieur Malinge est quelqu’un d’assez banal, effectivement d’assez réservé, timide, voire serviable. De l’autre côté, dans l’autre compartiment, il y a énormément de zones d’ombre dans le fonctionnement de monsieur Mallinge.
Les exhibitions sexuel, quelques actes de vol, des moments de tension dans les relations avec certaines personnes. Et c’est certainement dans ce compartiment-là qu’on peut trouver la clé ou en tout cas des éléments d’hypothèse criminologique dans le passage à l’acte de monsieur Mallinge. Une personnalité trouble. Cinq signatures génétiques sur la victime. La juge en est convaincu.
Sébastien Malinge a tué Michel Martinez pour se venger de sa mère. Il a fait un transfert. Elle close donc son instruction et renvoie l’accusé devant la cour d’assise du Vacluse. Le mobile qu’on pense trouver dans son enfance, notamment dans le départ de sa mère. Vous en pensez quoi ? C’est une explication délirante à mon avis.
On a essayé de trouver un mob. On n’a pas de mobile. Le fait est là. On n’a pas d’explication qu’on me dise pas qu’on qu’on va tuer qu’on va on va tuer une femme de 64 ans qu’on ne connaît pas parce qu’elle elle a un regard qui peut être euh peut rappeler celui de sa mère qui vous a quitté 30 ans après qu’on me parle de désir qu’on me parle de de haine qu’on me parle de d’apprêter au gain qu’on me donne des mobiles qui sont crédibles.
Enfin votre problème c’est l’ADN. Le 22 décembre, on a les résultats de la À partir de là, tout le monde a sacé de penser. C’est ça qui est inquiétant dans ce dossier. Comment expliquer l’ADN de votre client ? C’est vrai qu’à ce moment-là, je lui pose la question, il dit “Moi, je ne comprends pas comment mon ADN est là parce qu’il ne il ne connaît pas ma Martinez.
Il dit “Je ne l’ai jamais vu, je ne la connais pas, je ne connais pas cette personne. Je vois pas pourquoi mon ADN est là.” En fait, il vous faudrait un miracle pour expliquer pourquoi son ADN. faudrait un miracle mais il va arriver le miracle le miracle va arriver arrivé en plein procè l’audience s’ouvre le 19 mars 2012 à Avignon et tout de suite une absence saute aux yeux de la salle parties civiles ne sont pas là ni la fille ni la petite fille ni l’exgendre de Michel Martinez Seule une avocate les représent et bizarrement ça semble particulièrement chagriné la défense.
Au deuxième jour, la salle des pas perdus bruisent d’une rumeur. La défense préparerait une surprise. Je croise maître Genoun au tribunal d’Avignard dans la salle des pas perdus et il me dit “Mais tu vas voir, on a des révélations à faire. On est un élément que donc personne ne soupçonne et on va le révéler au procès.
Ça va tout changer. Vous allez pas en revenir, il va se passer un truc et puis puis on se dit mais qu’est-ce que ça peut être ? Les débats reprennent. L’expert biologiste se présente à la barre. C’est le moment qu’attendait la défense pour annoncer qu’elle sait comment l’ADN de Malinge a pu se retrouver sur la scène de crime et ce n’est pas du tout ce qu’on a cru.
Alors, ce qui est avancé par les avocats de la défense, c’est une présence de cet ADN de manière indirecte, ce que l’on appelle communément en fait un transfert d’ADN, c’est-à-dire que l’ADN retrouvé sous les ongles de de la victime ne proviendrait pas directement d’un contact entre la victime et l’agresseur, mais qu’il y aurait un intermédiaire, soit une personne, soit des objets et que en fait l’hypothèse qui était avancée, c’est que monsieur Mallinge n’avait aucun lien avec cette affaire.
Un transfert d’ADN jusque sous les ongles de la victime. Et donc à force de questions dont on ne comprenait pas où elles allaient en venir, euh la présidente interroge les avocats en disant “Mais pourquoi ? Pourquoi tout ceci ?” Et donc à ce moment-là euh dans mon souvenir, il me semble que les avocats se tournent vers Sébastien Malinge qui est dans le box et donc lui disent “Ben c’est euh c’est maintenant qu’il faut qu’il faut dire ce que vous avez à dire.
” Et donc là Sébastien Malinge nous dit nous confie qu’il a eu une relation alors je sais plus les termes qu’il avait employé mais une relation intime avec la fille de la victime Marianne Nicolas. Comment avez-vous appris que votre client et la fille de la victime avaient été amant ? La veille de l’audience, je lui dis les témoins pour qu’on prépare le dossier, les personnes citées.
Et là, je lui dis, “Ben, il y a madame X, il voit ce nom, il dit “Mais ça me dit quelque chose ?” Je dis “Qu’est-ce que ça vous dit Il me dit “Vous savez, j’avais rencontré une dame puis on s’est revu et puis on a noué une relation. On a noué une relation et je pense que c’est le même nom. Je je la connaissais sous ce nom. Et là, je lui demande à Sébastien Malin, j’ai dit “Écoutez, monsieur Malin, je peux pas risquer de de d’être ridicule, ni vous ni moi. Il faut qu’on attende.
On va attendre l’ouverture de la session et quand on appellera les témoins et qu’elle arrivera, vous me direz, je vous demande, vous me confirmerez si c’est bien la fille la victime qui a été votre maîtresse.” Qu’est-ce que ça change pour vous cette relation ? Alors, ça change tout pour moi. Pourquoi la fille de la victime a caché cet élément important au jus d’instruction ? Il y a les photos de Sébastien Malinge qui paraissent dans la presse.
Elle sait que celui-ci a été son amant. Elle a rien à cacher. Madame la fille de la victime. Pourquoi vient dit pas dit-elle pas au juge d’instruction madame le juge d’instruction j’ai une révélation à vous faire. Pourquoi elle dit pas je vais vous dire tout madame le juge d’instruction je suis victime ? Je vais vous dire, j’ai eu une liaison avec Sébastien Malinge.
J’ai eu des relations sexuelles avec Sébastien Malinge. Sébastien Mallinge est venu à plusieurs reprises au domicile. Là, on peut se poser des questions parce que il peut monsieur Malling peut avoir oublié un tournevis chez madame la fille de la victime et peut-être qu’en fait euh ce tournevis a été utilisé par quelqu’un d’autre.
Peut-être aussi que le CANAP pouvait être pollué par l’ADN de Sébastien Malinge. Et là, ça ouvre à toutes les hypothèses. Il y a des questions qu’on peut se poser. Il y a 100 questions. Or cette vérité, elle est recellée, dissimulée non pas par celui qui est accusé mais par celle qui s’affirme victime. La défense jubile persuadé que son annonce fracassante va porter ses fruits.
Mais la cour assez mal ce coup de théâtre. La présidente des assises lui dit, je pense très spontanément, vous vous moquez de nous. Ce qui a été très mal pris par la défense en disant “Vous voyez, voilà comment on nous traite.” Sauf que je pense effectivement que on ne s’y attendait tellement pas, c’était tellement improbable que on se dit c’est pas possible.
Nous sommes absolument montrés du doigt à cet instant, soupçonné de manière à peine dissimulée de vouloir créer un coup de théâtre, d’avoir en quelque sorte cédé à l’invention de de Sébastien Malinge pour tenter de se sortir des griffes de la justice. Et nous ne sommes absolument pas cru sur la réalité, l’existence de de cette relation.
Donc nous insistons avec force pour que euh la partie civile se présente à l’audience. Et c’est évidemment l’instruction que va donner la cour. Elle veut évidemment maintenant qu’elle connaît cette information exiger la présence de Marianne Di Nicolas pour qu’elle s’explique parce que si lui euh n’a rien dit jusqu’alors Marianne Di Nicolas n’a rien dit non plus.
Et à ce moment-là, on se dit “Mais c’est elle la clé de ce dossier. Elle va tout dire. Elle va elle va raconter, elle va elle va expliquer ce que ce que Sébastien Malinge vient de révéler et qui nous apparaît comme une comme quelque chose qui change tout, qui fait regarder cette affaire sous un angle totalement différent.
À culé, Marianne se présente à la cour le lendemain. Une audience qu’elle demande à Hit clos. L’audition va être difficile parce que c’est une femme complètement détruite qui comparaît devant la juridiction. Elle va s’exprimer avec difficulté et va nous confirmer avoir bien eu une relation avec Sébastien Marlinge.
Elle dit une relation sentimentale mais qu’elle fixe dans la durée de manière beaucoup plus réduite. Elle dit que ça a duré que quelques mois. on est sur une relation d’une d’une durée beaucoup plus longue selon lui, plus courte et qui s’est terminé bien plus tôt selon elle. Donc il y a encore des incohérences et il y a encore quelqu’un qui m dans l’histoire hein.
Elle va dire que elle a pas réalisé tout de suite que c’était lui en voyant ses photos parce que ça a été largement médiatisé en voyant ses photos dans le journal. elle a réalisé après coup [grognement] et qu’elle a pas souhaité en faire part au jug instruction pour des raisons qui lui sont propre. Personnellement, moi j’ai mis le cette omission sur le compte de la honte.
Honte ou pas, la relation amoureuse a bel et bien existé et pour la défense tout. On se demande vraiment comment ça a pu passer à travers les mailles de l’enquête aussi longtemps cette relation entre l’accusé, la fille de la victime et donc forcément le lien le fait que l’accusé devait connaître la victime alors qu’il le ni depuis le départ.
Les avocats de malinge qui comptent bien semer le doute poussent encore un peu le débat et les regards commencent à se tourner vers Marianne. Légimement, on se pose beaucoup de questions. On se dit est-ce que finalement il y avait pas un antagonisme entre l’auteur, la victime ? Est-ce que Marianne a quelque chose à dire ? Est-ce qu’elle cache quelque chose ? Ça met le doute très sincèrement même si on a effectivement la soi-disant reine d’épreuves et ce cette preuve scientifique de la présence de l’ADN de
Sébastien Malinge sur le corps. Et bien néanmoins, cet élément de connexion ça jette nécessairement le doute sur cette sur cette histoire. Mais la cour élude et ne change pas de cap. Bien au contraire, la révélation de cette liaison apporte de l’eau à son moulin. En fait, je me dis, ben voilà, on a le mobile, on a peut-être un début de mobile.
Cette relation aurait permis, surtout si elle est inscrite dans la durée comme il le dit, aurait peut-être permis qu’il croise cette dame au domicile de Marianne. Il dit qu’il a qu’il l’a fréquenté jusqu’à octobre ou novembre 2010. donc très proche dans le temps et à cette époque-là la maman de de Marianne avait déjà euh emménagé chez sa fille donc ils auraient pu se croiser à ce moment-là.
Donc pour moi, c’est pas un argument qui vient dédouiner Sébastien Malinge, mais ça vient plutôt l’accabler. Sébastien Malinge aurait-il tué la mère de Marianne parce que sa présence devenait un obstacle à leur liaison ? Nous avons le sentiment que l’accusation ne veut pas aller plus loin en partant du principe que le rapport d’expertise, il est euh à lui seul de nature à céder la culpabilité.
Les faits d’annonce fps pchit. L’avocate général demande 25 ans de réclusion criminelle. La cour se montre plus sévère encore. Elle condamne Sébastien Malinge à 30 ans de prise ferme, la peine maximale. Dans le prêtoir, ses soutiens sont atterrés. Bon, l’avocat général qui dit carrément 25 ans, déjà vous tombez sur le cul.
C’est ça. Et puis la juge derrière qui dit non 30 ans parce que c’est pas possible. condamner quelqu’un à 30 ans alors qu’il y a pas de preuve. Comment vous réalisez ça dans votre tête ? Vous êtes là dans la tête, on vous sort un truc pareil, vous comprenez pas. On le voit repartir, c’est tout. Ça s’arrête là.
Puis vous sortez de la salle, vous êtes comme ça. Juste le temps de lui dire au revoir comme ça. Puis c’est bon. Je dirais que ce qui a pas fonctionné, [soupir] c’est le problème de l’ADN. ce dès lors que la pitié avait parlé, tout le monde a cessé de penser et d’autre part lorsqu’on a fait cette révélation, à mon avis euh la sagesse eut commandé que le parquet requière un supplément d’information et que le magistrat instructeur reprenne ses investigations à la lumière de cet élément nouveau et quand même important qui lié
la fille, la victime au à l’accusé. À votre avis, pourquoi la fille de la victime a-t-elle caché cette liaison ? Imaginez que je viens de commettre moi Gigenoun réparable, j’appelle quelqu’un, la seule personne qui est serviable, qui est gentil, qui qui est disponible, j’appelle ce quelqu’un et je lui dis écoute, je suis bien de commettre l’irréparable, il faudrait que tu m’aides.
Et ce quelqu’un il vient et il m’aide, il m’aide à quoi faire ? et ben a débaré le corps. Cette personne a laissé ses traces à on l’interroge. [soupir][souffle coupé] Il a deux solution où il me dénonce et il se dit si je commence à raconter les faits personne me croira. Alors dans sa petite tête il se dit ben je peux pas expliquer et puis c’est pas son tempérament. Et ben il dit rien. Voilà.
toutes les hypothèses sont alors c’est une hypothèse c’est sûr qu’ on peut ne pas cette ce scénario que je dis d’une aide qui on aurait pu m’apporter est tout à fait fantasque mais c’est tout est possible et je pense que ben écoutez il fallait pas fermer un parapluie il fallait le fermer que quand on aurait eu des certitudes dans ce dossier dès qu’on a eu le 23 décembre [soupir][souffle coupé] un résultat d’ADN c’était chronique d’une condamnation à 30 ans annoncé vous faites appel et et vous demandz un supplément d’information, qu’est-ce que
vous espérez à ce moment-là ? Il m’a paraissait qu’il était nécessaire pour une bonne justice que l’on réouvre l’instruction qu’on reprenne l’instruction à la lumière de la révélation de la liaison entre la fille de maman Martinez et de Sébastien Maling et les incidences possibles sur la présence ADN au domicile de la victime.
La juge doit revoir sa copie. Elle convoque Sébastien Malinge et Marianne le même jour sans les confronter. Les deux anciens amants expliquent qu’ils se sont rencontrés sur le parking de la résidence où habitait Malinge. Marianne, qui était auxiliaire de vie, avait l’habitude de s’igarer quand elle venait s’occuper d’une de ses patientes.
C’était en 2008, 2 ans avant la mort de Michel Martinez. La juge d’instruction somme alors Marianne de s’expliquer sur son silence. Il est évident qu’elle est rongée par la honte, par ce sentiment de culpabilité, mais Marianne n’a jamais menti. On ne lui a jamais posé la question de manière franche.
Le magistrat instructeur aurait pu effectivement lui présenter la photo de monsieur Mallinge pour lui demander si elle connaissait cet homme-là. [grognement] Et j’en ai la certitude, Marianne aurait dit dès le départ les choses. Oui, effectivement, elle a eu une relation avec cet homme. Quant à la durée de cette liaison, Marianne reste sur ses positions.
La relation a duré 3 semaines, un mois tout au plus. Elle n’a jamais présenté Malinge, ni à ses amis, ni à sa mère. Pas du tout. Le discours de Malinge qui maintient que leur liaison a duré de 2008 à octobre 2010. soit près de 2 ans. Donc on est dans une contradiction de déclaration entre celle de Sébastien et celle de Marianne.
C’est la raison pour laquelle le juge va ordonner une enquête de proximité pour voir un petit peu quelles étaient les habitudes de vie de ce couple. Et ces témoins, les voisins de palier disent “Oui, on avait l’habitude de le voir souvent. C’est d’ailleurs lui qui sortait le chien. C’est d’ailleurs lui qui souvent conduisait la voiture de de Marianne alors qu’elle était à côté.
Donc ces gens qui sont des gens de de proximité, si je puis dire, euh sont venus corroborer en quelque sorte la déclaration de Sébastien qui considérait que la relation a était un peu plus appuyée que ce que ne voulait dire Marianne dans le cadre de sa déposition devant le juge. Donc on est vrai véritablement dans une situation où ce qu’il dit c’est pas totalement inexact.
D’autant que Sébastien Malinge apporte un élément nouveau, il a la preuve qu’il est allé chez Marianne il n’y a pas très longtemps. C’est quoi cette preuve, Dominique ? Malinge raconte aux enquêteurs qu’au printemps 2010, il a monté des meubles, il a assemblé des meubles de cuisine chez Marianne et pour ça, il a utilisé un tournevis sur lequel il a logiquement laissé ses empreintes.
Alors, les enquêteurs vont vérifier et ils vont effectivement retrouver trace de cette facture. Regardez, elle date de mai 2010. Mai 2010, ça veut dire que Malinge dit vrai. Il a fréquenté Marianne au moins jusqu’au mois de mai 2010, contrairement à ce qu’elle dit elle. Et pour la défense, et bien c’est du pain béni parce que ça veut dire que l’ADN de Malinge se trouve bien dans la maison de Marianne et ça conforte la thèse du transfert d’ADN.
La défense marque un point mais n’obtient pas ce qu’elle voulait. À l’occasion d’une visite chez le magistrat instructeur, on apprend que le supplément d’information a été clôturé. Il est clôturé sans que l’expertise complémentaire sur le plan génétique a été ordonné par le magistrat instructeur et j’allais dire que c’était l’élément essentiel de ce supplément d’information.
Aux assises du gare anime, le procès en appel s’ouvre dans une ambiance très tendue. La défense multiplie les incidents pour obtenir une contre-expertise génétique au domicile de Marianne. Mais la cour tient bon d’abord sur la question du mobile. Pour l’expert psychiatre, c’est encore et toujours dans le départ de la mer qu’il faut chercher l’explication du passage à l’acte.
J’avais du mal à expliquer comment euh quelqu’un de lambda dans la rue, un inconnu, aurait pu venir provoquer monsieur Malinge et euh le mettre dans les dispositions pour qu’il commette un crime. Le fait qu’il y ait un lien affectif entre la victime et monsieur Mallinge. Le fait qu’il y ait quasiment un lien familial, que ça soit sa belle-mère, hein, rentre en résonance avec l’image maternelle qu’ peut avoir.
Elle apporte un élément d’explication et elle apporte un chénom manquant à la dynamique qui a pu déclencher le passage à l’acte chez monsieur Mallinge. Mais pour la défense, le cœur du sujet reste l’ADN et elle arrive avec un nouvel argument. Non seulement Sébastien Malinge et Michel Martinez ont fréquenté les mêmes lieux, mais la veste que la victime portait le jour du meurtre appartenait à Marianne.
Une veste que Sébastien Malinge a pu toucher, trindre. Rien d’étonnant alors qu’on y relève son ADN et que Michel Martinez ait pu être contaminé. Le transfert génétique est possible. Mais à la barre, l’expert reste droit dans ses bottes. De l’ADN transféré d’une veste aux ongles de la victime, une plaisanterie.
Les avocats de la défense sont revenus en boucle en évoquant différentes hypothèses d’un ADN de transfert, soit par un objet, soit par un contact indirect. Mais dans le cadre de l’affaire de mallinge, les quantités d’ADN observé ne sont pas du tout cohérentes par rapport à un transfert de ce type.
Ça ça paraît pas du tout possible. Coup dur pour les avocats de Malinge, mais il reste Marianne cette fois la défense veut la pousser dans ses retranchements. Forcément, est-ce que Marianne D Nicolas a pu participer au meurtre à ce moment-là ? C’est une c’est une question que tout le monde se pose. C’est une question qui est sur l’élève de tout le monde.
On peut le penser. On a le droit d’y penser. Ça faisait quand même plus d’un an que mon fils était en prison. Elle a jamais dit qu’elle le connaissait. Pourquoi elle a pas dit “Je le connais Non, on a rien dit. C’est quand même étrange. C’est c’est curieux et étrange. Madame Martinez était sortie ce fameux matin pour aller acheter des cigarettes.
C’était un dimanche matin. Je suis fumeuse. Les tabac ouverts le dimanche, je les connais. Pourquoi a-t-elle envoyé sa maman vers un tabac fermé le dimanche ? C’est dire que la déposition de Marianne est très attendue, d’autant que cette fois-ci elle n’a pas obtenu le H clos. Quand Marianne arrive au procès, personnellement, j’ai été stupéfait de cette apparence physique.
D’abord, il a fallu l’aider pour venir à la barre de la cour d’assise, incapable véritablement de répondre aux questions qui lui ont été posées. euh anesthésié. Voilà, j’ai j’ai pas d’autres mots absente. Euh voilà, je [grognement] un fantôme. Son édition sera extrêmement dévante, il faut bien le dire.
Elle ne dira rien qui soit particulièrement compréhensible. On on dirait qu’elle est qu’elle n’est plus parmi nous déjà. Et la présidente met fin à l’audition assez rapidement. Je pense sincèrement que les avocats de la défense n’ont pas été respectueux de la détresse morale, psychologique souffert par Marianne. Il n’est pas évident de perdre sa mère dans pareilles circonstances, mais vouloir faire endosser la responsabilité d’une complicité de meurtre, cela est totalement inadmissible.
La cour qui refuse d’emprunter le chemin de traverse que veut lui faire prendre la défense met fin au calvaire de Marianne. Effort d’épreuve relevé contre Sébastien Malinge. L’avocat général réclame 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict tombe, il confirme les réquisitions et la peine du premier procès. 30 ans, la peine maximale.
C’est un procès inachevé. un procès inachevé qui va nous laisser avec ce un goût amè. C’est comme si on avait une histoire qui n’était pas fini en réalité. On a certes un auteur mais mais pas d’explication. Donc c’est c’est presque un dossier qui certes du point de vue de la justice est une affaire résolue et et la la justice est passée, mais il y a toujours pas d’explication et c’est vrai que ça restera quand même une une grande énigme dans dans l’histoire des des faits divers de ce département.
Condamné à 30 ans de prison, Sébastien Malinge peut espérer une libération conditionnelle à partir de 2025. Il aura alors 46 ans. D’ici là, sa principale préoccupation sera de maintenir en prison un lien avec ses enfants.