Posted in

Tebboune face au “trou noir” de 18 milliards : l’économie algérienne saigne en silence et le dinar révèle une bombe cachée

Tebboune face au “trou noir” de 18 milliards : l’économie algérienne saigne en silence et le dinar révèle une bombe cachée

L’économie algérienne traverse une période de fortes turbulences structurelles, mise en lumière par les conclusions alarmantes du tout dernier rapport rédigé par le think tank indépendant Care. Intitulé “Algérie : Le trou noir à 18 milliards de dollars (Que personne n’arrête)”, ce document de 36 pages dresse un état des lieux sans concession de la gestion monétaire et financière du pays.

Les analystes et économistes de ce cercle de réflexion tirent la sonnette d’alarme face à une fuite de capitaux massive et structurelle qui fragilise les fondements économiques de la nation, sans que des réformes concrètes ne soient entreprises pour endiguer le phénomène.

Au cœur de cette crise se trouve l’échec cuisant du système bancaire officiel à capter les flux financiers provenant de la diaspora algérienne établie à l’étranger. Alors que la Banque mondiale estime les transferts officiels à seulement 1,9 milliard de dollars pour l’année 2024, le rapport de Care démontre qu’entre 8 et 18 milliards de dollars s’évaporent chaque année directement dans les méandres du marché noir.

À titre de comparaison, des pays voisins de taille similaire comme le Maroc ou l’Égypte captent respectivement 12 milliards et près de 30 milliards de dollars par an grâce à des mécanismes financiers compétitifs et attractifs. En Algérie, pour chaque dollar envoyé légalement, quatre à neuf dollars transitent par des voies informelles, privant l’État d’une source de devises essentielle qui pourrait financer l’importation de produits de première nécessité, de médicaments ou d’équipements industriels.

Le moteur principal de cette hémorragie financière réside dans la schizophrénie monétaire imposée par le maintien d’un double taux de change. En avril 2026, l’écart entre le taux de change officiel des banques (155 dinars pour 1 euro) et le taux pratiqué sur le marché parallèle (277 dinars pour 1 euro) a atteint le niveau historique de 55 %.

Le rapport souligne que cette situation rend le circuit formel totalement obsolète, aucun citoyen rationnel ne pouvant accepter de perdre plus de la moitié de la valeur de ses transferts en passant par les institutions officielles. Les experts de Care recommandent d’urgence l’unification des taux de change, la création de comptes épargne attractifs à distance en devises pour la diaspora ainsi que le lancement d’obligations souveraines.

Toutefois, l’analyse souligne que le régime actuel refuse d’ajuster le dinar à sa valeur réelle car une telle transparence ferait chuter le Produit Intérieur Brut (PIB) officiel de 250 milliards de dollars à moins de 180 milliards de dollars, dévoilant ainsi les failles majeures de la gouvernance économique du pays.