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« Elle a rendu son dernier souffle dans mes bras » : les derniers instants tragiques de Sophie Garel sont racontés par son compagnon, Fabrice.

« Elle a rendu son dernier souffle dans mes bras » : les derniers instants tragiques de Sophie Garel sont racontés par son compagnon, Fabrice.

Le monde de la radio et de la télévision française est en deuil. Ce jeudi 14 mai, la tragique nouvelle est tombée, plongeant les fidèles de la station RTL et les passionnés de médias dans une profonde tristesse : Sophie Garel s’est éteinte à l’âge de 84 ans. Sa famille a officiellement annoncé sa disparition à la célèbre station de radio qui l’avait vue briller dès la fin des années 1960. Une perte immense qui laisse un vide abyssal, tant la pétillante animatrice avait marqué l’histoire des ondes par sa verve, son impertinence et sa joie de vivre communicative.

Dès l’annonce du drame, les hommages ont afflué, mais c’est sans conteste le témoignage de son double médiatique, le mythique animateur Fabrice, qui a suscité la plus vive émotion. Effondré, profondément ébranlé par la perte de celle qui fut bien plus qu’une simple collègue de travail, Fabrice Simon-Bessy a accepté de briser le silence dans les colonnes du Parisien et au micro de RTL. Le duo, qui avait fait les beaux jours de la station avec l’émission culte “Les jeux de Fabrice avec Sophie”, était resté fusionnel malgré les années qui passent.

Les révélations de Fabrice sur les derniers jours de Sophie Garel s’avèrent particulièrement bouleversantes. Derrière l’image d’une femme éternellement joyeuse et adepte de l’autodérision, l’animatrice menait en réalité un ultime et terrible combat. Fabrice a ainsi confié qu’elle se savait malheureusement condamnée par la maladie. Malgré la fatalité du diagnostic, Sophie Garel avait choisi d’affronter l’inéluctable avec cette pudeur et cet humour noir qui la caractérisaient tant. Quelques jours à peine avant de rendre son dernier souffle, elle avait envoyé un SMS à son complice de toujours, contenant ces mots simples mais terriblement poignants : « Still alive » (« Toujours en vie »). Un dernier éclat de rire face à la mort, ultime témoignage d’un lien indéfectible qui unissait les deux complices, qui continuaient régulièrement de se voir pour déjeuner ou s’échanger des messages remplis de tendresse.

Pour Fabrice, la douleur est immense. « Elle me faisait beaucoup rire, elle était très drôle, elle avait un sens de l’humour, de la répartie et de l’autodérision. Alors, ce qui va me manquer le plus, c’est son sens de la dérision », a-t-il déclaré avec une émotion palpable. L’animateur insiste également sur une facette rare de la personnalité de Sophie Garel dans l’univers impitoyable du show-business : son détachement total des projecteurs. Celle qui fut également la compagne du volcanique Jean Yanne « ne se prenait jamais au sérieux » et « se fichait éperdument de la gloriole de ce métier, du show-business à la télé ou à la radio. » Pour lui, aucun doute : « Elle était l’une des plus douées. Elle avait vraiment beaucoup, beaucoup de talent. »

Ce qui va me manquer le plus, c'est son sens de la dérision" : l'animateur  Fabrice rend hommage à son acolyte Sophie Garel sur RTL

La trajectoire de Sophie Garel est celle d’un destin hors du commun, marqué par l’exil et une volonté farouche de réussir. Née à Oran, en Algérie, sous le nom de Lucienne Gabrielle Garcia, la jeune femme a connu le déracinement à l’âge de 20 ans, fuyant la guerre dans le cadre de l’exode des Français d’Algérie pour débarquer à Marseille. Mais le virus des médias l’avait déjà piquée : deux ans plus tôt, elle faisait ses premiers pas devant les caméras de Télé Oran. Après un passage par Télé Monte Carlo, sa voix unique et son magnétisme lui permettent de devenir speakerine à Paris pour Radio Luxembourg, l’ancêtre de RTL.

C’est d’ailleurs au micro des “Grosses Têtes” de Laurent Ruquier, le 11 juin 2021, que la chroniqueuse était revenue avec humour sur l’un des secrets les mieux gardés de sa jeunesse : l’origine de son pseudonyme. Estimant très vite que son nom de naissance, Lucienne Gabrielle Garcia, « ça ne faisait pas Hollywood », elle avait décidé de s’en inventer un pour conquérir le public parisien. Elle avait alors choisi instinctivement le nom de Sophie Garel, même si elle confessait avec malice avoir un temps caressé l’espoir de porter un patronyme encore plus américain et glamour, parfait pour une star internationale : « J’aurais voulu Véronique Lookie, ça fait plus américain… »

Aujourd’hui, c’est toute une génération d’auditeurs et de professionnels qui pleure une pionnière des ondes, une femme libre qui aura préféré l’humour à la nostalgie, et dont le départ laisse son compagnon de micro et le public français inconsolables.