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À 19 ans, il a survécu à l’incendie de Crans-Montana… mais ce qu’il a vécu là-bas est bien plus terrifiant.

La nuit du 31 décembre 2025 aurait dû être marquée par des toasts, des promesses de nouvelle année et la joie vibrante de la jeunesse. Pour Tyris Santos, un jeune footballeur prometteur de seulement 19 ans, c’était le moment de célébrer ses réussites et de rêver de son avenir sur les terrains. Pourtant, le destin a tracé un chemin sombre dans les montagnes suisses. Ce qui avait commencé comme une fête au bar Le Constellation, à Crans-Montana, s’est transformé en l’une des plus grandes tragédies récentes de la région, laissant derrière elle 41 morts et plus d’une centaine de blessés. Au milieu du chaos, de la chaleur insupportable et de la fumée suffocante, Tyris n’est pas seulement sorti vivant, il est devenu un symbole de résilience humaine.

Le début du cauchemar

Tyris et ses amis, Elliot et Hugo — compagnons de longue date depuis leur formation au FC Metz — ainsi que leurs petites amies, ont commencé la soirée dans le centre-ville. Au milieu de la foule et de la musique du DJ sur la place principale, ils ont compté le passage à 2026. Vers 1h30 du matin, ils ont décidé de se rendre à la discothèque Le Constellation. L’ambiance était euphorique jusqu’au moment où l’impensable s’est produit.

Tyris se souvient être allé aux toilettes avec Hugo lorsque la normalité s’est effondrée. « Nous avons vu le DJ entrer paniqué dans les toilettes, il courait partout, mais nous ne savions pas ce qui se passait », raconte-t-il. En sortant, la scène était terrifiante : aucune flamme visible, mais une épaisse fumée noire envahissait déjà l’air. L’instinct a pris le dessus. Sans hésiter, il est entré dans les toilettes des femmes pour sauver sa compagne, Coline. « J’ai crié son nom. Toutes les filles m’ont regardé sans comprendre, mais Coline a vu dans mes yeux que quelque chose n’allait pas. »

Le couloir de la mort et le “trou noir”

La fuite s’est transformée en cauchemar. Les escaliers étroits de la discothèque sont devenus un piège mortel. La foule a provoqué un blocage total. « Nous sommes restés coincés. Je me souviens être tombé dans les escaliers avec Coline, puis plus rien, le vide total », explique Tyris, évoquant un “trou noir” dû à l’inhalation de fumée et au choc.

Lorsqu’il a repris conscience, il était déjà à l’extérieur. Le spectacle qu’il décrit ressemble à une zone de guerre. Le froid glacial contrastait avec la chaleur qu’il ressentait encore dans son corps. « J’entendais des cris partout, l’odeur… des choses qu’on ne veut jamais voir. Des gens brûlés, des gens qui pleuraient. » Malgré ses blessures, sa seule obsession était de retrouver ses amis et Coline. « Je criais leurs noms sans arrêt. Je ne pensais pas à moi. »

Récupération : entre douleur et espoir

Tyris a ensuite entamé un long parcours médical entre la Suisse, l’Allemagne et finalement Metz en France. Ses parents ont été son premier soutien. Mais une vérité lui a été cachée : Coline était dans le coma.

Lorsqu’elle s’est réveillée et qu’ils ont pu se parler, même brièvement, cela a marqué un tournant. Plus tard, ils se sont retrouvés dans le même centre de rééducation. « Nous nous sommes soutenus mutuellement. Nous sommes liés à jamais par ce que nous avons vécu. »

La rééducation était éprouvante : soins quotidiens des brûlures, kinésithérapie intensive, peur de ne jamais rejouer au football. Les nuits étaient les pires. Mais Tyris répétait : « J’ai eu la chance de survivre. »

Le retour au football

Le moment décisif arrive lorsqu’il touche un ballon pour la première fois après l’accident. « Là, j’ai su que j’allais revenir. »

Contre toute attente, il reprend la compétition avec l’équipe réserve puis signe son premier contrat professionnel. « C’est un rêve devenu réalité après tout ce que j’ai vécu. »

Un héritage de survie

Aujourd’hui, Tyris Santos porte les traces de Crans-Montana comme des marques de survie. Il a même écrit un livre pour raconter son histoire, non pas pour susciter la pitié, mais pour inspirer.

La tragédie a coûté 41 vies, mais n’a pas réussi à briser celui qui a choisi de renaître de ses cendres.