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Ma dot a été annulée… mais ce n’était que le début : La malédiction qui a failli détruire notre famille

Ma dot a été annulée… mais ce n’était que le début : La malédiction qui a failli détruire notre famille

Où vas-tu Apoline ? Apolline, reviens ! Ma sœur, arrête-toi ! Apolline, calme-toi ! Arrête-toi ! Écartez-vous ! Laissez-moi partir ! Il me cherche. Lâchez-moi ! Ils arrivent ! Ils arrivent ! Parfois le plus grand danger n’arrive pas de l’extérieur.

 Il commence au cœur même de la famille. Bienvenue sur les histoires de Flo div. Dans la cour familiale, Apoline épluchet des oranges tout en souriant seul. Depuis plusieurs semaines, tout le monde ne parlait que d’une seule chose, la cérémonie  de dote d’Apoline. Chaque fois qu’elle pensait à Gaspar, son cœur battait un peu plus vite.

 Dans quelques jours seulement, les deux familles se réunirent officiellement. Après 3 années de relation, leur union allait enfin franchir une étape importante.  Elle eut le sentiment que les choses avançaient enfin dans la bonne direction. Sa mère, Clotilde, sortit de la maison avec un panier rempli de tissus.

 Regarde-moi ça”, dit-elle en riant. “Depuis ce matin, tu souris comme quelqu’un qui a gagné à la loterie.” Apoline  éclata de rire. “Maman, laisse-moi tranquille.” “Non, je refuse. Tu crois que je n’ai pas vu comment tu regardes ton téléphone toutes les deux minutes ?”  “C’est faux !” “Ah oui ?” Clotilde tendit la main.

 “Donne-moi le téléphone alors.” Certainement pas. Les deux femmes rient ensemble. À quelques mètres de là,  Alienor, sa sœur, observait la scène tout en triant des légumes. Vous êtes impossible toutes les deux. Elle est jalouse,  lança Clotild. Parce qu’elle n’est pas la future mariée, Alienor leva les yeux au ciel. Continuez  seulement.

J’ai grandi dans cette maison moi aussi. Je connais assez d’histoires sur vous pour vous faire rougir pendant une semaine. Un nouvel éclat de rire secoua la cour. Pendant quelques instants, tout semblait.  Puis quelqu’un frappa au portail. Une légère incompréhension passa dans les yeux de Clothild.

 “Tu attends quelqu’un ?” “Non”,  dit Apolline. “Moi non plus”, répondit Alienor. À peine Clotilde ouvrit le portail qu’une silhouette apparut. Le sourire d’Aliénor disparaît immédiatement. “Tant Berénis !” La femme entra dans la cour avec un large sourire. Comme toujours, elle  semblait parfaitement à l’aise.

 Ses yeux parcoururent rapidement la cour avant de s’arrêter sur Apolline. “Rez-moi cette beauté !”  Clotilde s’avança aussitôt. Bérénis, les deux sœurs sans lacèrent. “Pourquoi tu ne nous as pas prévenu ?” demanda Clothild.  “Et gâcher la surprise ?” répondit Bérénis. Elle éclata de rire. Puis son regard revint vers Apoline.

 “Approche  un peu.” Apoline s’exécuta. “Comment vas-tu ma fille ?” “Très bien tante, je  vois ça.” Elle sourit, leva doucement la main et tapota légèrement le dos d’Apoline. “Tu brilles trop !” Le silence tomba brusquement. Le sourire de Bérénis disparut pendant une fraction de  secondes.

 Ses yeux s’écarquillèrent comme si elle-même ne comprenait pas pourquoi cette phrase venait de sortir.  “Pardon ?” demanda Apoline en fronçant les sourcils. Bénis éclata un rire un peu trop forcé. “Ah non !” Elle secoua la tête. “Ce n’est pas ce que je voulais dire.” Elle posa une main sur son front. “Regarde-moi ça.

  Je voulais dire que tu es vraiment resplendissante aujourd’hui. Tu rayonnes.” Clotil de riz. Tu commences déjà avec tes plaisanteries. C’est  vrai pourtant. Berénis continua de sourire mais quelque chose dérangeaor. Ce n’était pas la phrase,  c’était la manière dont il était sorti. Comme une pensée qui s’était échappée avant d’être retenue.

 Elle chassa rapidement cette impression. Après  tout, Berénis avait toujours eu une façon étrange de parler. La soirée continua. Les femmes préparèrent le repas. Les discussions reprirrent. Peu à peu, l’incident fut oublié. Alors qu’ils mangeaient tous ensemble, Berérénis posa soudain sa cuillère. Un sourire apparut sur son visage.

 J’ai une bonne nouvelle. Tout le monde leva les yeux. Laquelle ?  Demanda Clothilde. Ma fille va se marier. La table explosa de joie. Quoi ? C’est vrai ?  Félicitations. Bérénis acquiessa fièrement. Oui, les préparatifs ont déjà commencé.  Apoline sourit sincèrement. C’est merveilleux.

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 N’est-ce pas ?” répondit Bérénis. Elle ajouta calmement : “Son mariage devrait avoir lieu très bientôt.” “Quand exactement  ?” demanda Alienor. “Le mois prochain.” “Je suis heureuse pour toi, ma sœur”, déclara Clotilde avec un sourire. Les conversations reprirent autour de la table.  Peu à peu, les assiettes se vidèrent, les rires s’espèèrent et chacun regagna sa chambre.

 La maison dormait encore lorsqu’Apuline ouvrit les yeux.  Elle ne savait pas pourquoi elle s’était réveillée. Pendant quelques secondes, elle entendit  frouche, frouche comme quelque chose qui glissait sur le sol. Une légère inquiétude traversa son  visage. Le bruit venait de la cour.

 Elle se tourna vers son téléphone posé sur la table  de nuit. 3h30. “Qui peut-être dehors à cette heure-ci ?” murmura-t-elle. Le bruit continua. “Frouche, frouche, frouche !” Curieuse, elle s’approcha doucement de la fenêtre et écarta légèrement le rideau. Sous la faible lumière des lampadaires du quartier, une silhouette avançait lentement dans la cour.

 C’était Berérénis.  Sa tente balayait le sol. À cette heure-là, Apolline ouvrit discrètement sa porte, traversa le couloir et sortit dans la cour. Tente Bérénis sursauta et se retourna brusquement, telle une personne surprise en pleine faute. Apolline,  qu’est-ce que tu fais dehors ? demanda à Pauline.

 Un sourire apparut sur le visage de Berérénis. Je n’arrivais plus à dormir. Elle désigna la cour. Je suis sortie prendre un peu l’air et j’ai vu quelques feuilles partout. Alors, j’ai décidé de nettoyer un peu. Apolline regarda autour d’elle.  La cour était presque propre.

 Rien qui justifiait un réveil avant l’aube. Tu aurais pu attendre le matin. Oh, ce n’est rien. Berénis reprit son balai.  Retourne dormir, ma fille. D’accord. Apoline retourna dans sa chambre. Deux jours après, Apolline reçut un appel de Gaspar.  En voyant son nom apparaître sur l’écran, elle sourit immédiatement. Bonjour mon futur mari.

 Habituellement, Gaspar riait lorsqu’elle disait  cela. Cette fois, aucun rire ne vint. Apolline sentit une boule se former dans son estomac.  Gaspar ? Oui. Sa voix semblait lourde. Tout va bien  ? Un soupire ? Non. Le sourire d’Apoline disparut. Qu’est-ce qui  se passe ? J’ai un problème.

 “Qel problème ?” demanda-telle. L’argent de la dotte. Son cœur manqua un battement. Quoi ? Le paiement que j’attendais n’est pas arrivé. Comment  ça ? Je ne comprends pas moi-même. Tout était réglé. J’avais les garanties et ce matin, tout s’est bloqué. Une inquiétude grandissante commença à envahir à Pauline.

 Mais ce n’est sûrement qu’un retard, j’espère. Tu as parlé aux personnes concernées ? Depuis ce matin, personne ne me donne d’explications  claire. Je pense qu’on va devoir reporter la dote. La phrase frappa à Pauline comme une pierre. Reporter la dotte  après tous ces mois de préparation, après toutes ses dépenses, après toute cette attente.

Tu es sûr ? Je n’ai pas le choix. Les yeux d’Apoline se remplirent de larmes. D’accord. Je suis désolé. Je sais. Je vais trouver une solution, ajouta Gaspar. Je sais, mais au fond d’elle, quelque chose venait de se fissurer. Lorsque  la pelle prit fin, elle resta assise pendant plusieurs minutes, fixant simplement le sol.

 La nouvelle se répandit rapidement dans la maison. L’ambiance changea aussitôt. Les sourires disparurent. Clotilde tenta de rassurer sa fille. Ce n’est qu’un report. La cérémonie aura lieu. Oui maman. Mais la douleur  était là et personne ne pouvait l’effacer. En fin d’après-midi, alors qu’Apoline était assise seule, une voix s’éleva derrière elle. Ma fille, c’était Berénis.

 J’ai appris pour la dotte. Je suis désolée.  Berénis s’installa à côté d’elle et posa une main sur son épaule. Ne t’inquiète  pas, certaines choses arrivent pour une raison. Quelque chose dans cette phrase dérangeaine. Sa tante ne semblait pas surprise. On aurait dit que cette nouvelle ne faisait que confirmer ce qu’elle savait déjà.

 “Oui”, répondit-elle simplement. Bérénis se leva. “Dieu sait pourquoi certaines portes se ferment.” Et elle s’éloigna. Les jours suivants, le report de la dote demeura un sujet que personne n’osait aborder. Clotilde continuer les tâches quotidiennes.  Alienor essayait de faire rire sa sœur.

Même Gaspar appelait régulièrement pour la rassurer. Et pourtant, Apolline avait de plus en plus de mal à retrouver sa bonne humeur. Trois semaines plus tard, l’une des nièces de Clotilde allait se marier et toute la famille  avait été invitée. “Tu dois venir”, dit Alienor en entrant dans la chambre de sa sœur.  “Je n’ai pas envie.

 Tu restes enfermé ici depuis des jours. Tu dois sortir un peu,  te changer les idées. Apoline finit par céder. D’accord. Voilà. Enfin, une bonne décision conclut sa sœur. Le jour du mariage, la fête battait son plein. La cour où se déroulait la cérémonie débordait de monde. Pour la première fois depuis longtemps, le cœur d’Apoline s’allégea.

 Elle dansa, prit des photos avec ses  cousines. Pendant quelques heures, elle oublia totalement ses soucis. Mais au bout d’un moment, ses pieds commencèrent à lui faire mal. Ses chaussures à talon étaient magnifiques mais terriblement inconfortables.  J’en peux plus, mes pieds sont en train de mourir. Alienor éclata de rire.

 Je te l’avais dit, mets tes sandales.  Bonne idée. Apoline attrapa son sac à main et l’ouvrit. Ellie fouilla une première fois, puis une seconde. Son sourire s’effaça.  “Qu’est-ce qu’il y a ?” demanda Alienor. “Mes sandales ?” “Quoi tes sandales ? Elles ne sont plus là.” Alienor regarda à son tour.

 Tu les avais pourtant mises dans ton sac matin  ? Bien sûr, pendant près d’une heure, elle chercha partout sous les chaises, près de la piste de  danse, autour des tables. Rien. Les sandales avaient disparu. “Laisse tomber !” finit par dire Aliénor. “Comment ça laisse tomber ? Ce ne sont que des sandales.

 Je les aimais bien, je sais, mais elles ne vont pas réapparaître par magie.”  Apolline poussa un soupire. Elle n’avait pas tort. À contre-cœur, elle abandonna les recherches. Le soir venu, la famille rentra à la maison. La fatigue eut vite raison de tout le monde. Deux jours  après, Apoline était déjà couchée lorsqu’on frappa doucement à sa porte. “Entre !” La porte s’ouvrit.

Pérénis  apparut. Elle tenait un sac noir dans la main. “Tu dors déjà ?” “Pas encore. Alors, j’ai quelque chose pour toi.”  Apoline se redressa. Quoi donc ? Un sourire apparut sur le visage de sa tante. Regarde. Elle plongea la main dans le sac.  Puis en sortit les sandales disparues.

Apolline resta pétrifié. Une des filles du mariage avait pris tes sandales  pour aller rapidement de l’autre côté de la cour. Sans me demander “Tu sais comment ça se passe pendant les mariages ?” Dans l’agitation, les gens prennent ce qui leur tombe sous la main. Elle me les a rapporté après.

 Apolline regardait les sandales, puis sa tente, puis les sandales à nouveau. Quelque chose ne collait pas.  Elle força un sourire. Merci. Ne me remercie pas. Sur ces mots, Bérénis quitta la chambre.  Quelques minutes plus tard, Alienor entra dans la chambre. Tu dors ? Non, je voulais juste.  Elle s’interrompit.

 Son regard venait de tomber sur les sandales. C’est quoi ça ? Berénis vient de me les apporter. Le visage d’Aliénor changea immédiatement.  Ceux qui avaient disparu au mariage. Elle te les a apporté maintenant ? Oui. Aliénor s’assit sur le lit.  Elle regarda sa sœur droit dans les yeux. Ne les porte plus. Apoline cligna des yeux.

Pourquoi ? Je ne sais pas, mais quelque chose me dérange. Alienor, je suis sérieuse. Apoline  sourit. Tu exagères peut-être ? Mais mon cœur n’aime pas cette histoire. Ses sandales disparaissent d’un sac fermé et comme par hasard,  c’est tant de bérénis qui les retrouvent.

 Et personne d’autre ? C’est sûrement une coïncidence. Peut-être.  Alienor se leva. Promets-moi au moins d’y réfléchir. D’accord. Alienor quitta la chambre. Après le départ d’Aliénor, Apolline rangea les sandales dans un coin de sa chambre. Elle décida de ne plus les porter.  Quelques jours plus tard, alors qu’elle se hâtait de se préparer, Apolline chaussa les sandales presque par réflexe.

 Ce ne fut qu’une fois dehors qu’elle s’en  rendit compte. Elle marqua une brève hésitation avant d’adopter un air détaché. “Ce n’est qu’une paire de sandales”, se dit-elle. La journée se passa normalement. Rien d’inhabituel ne se produisit. Le lendemain, elle les remis volontairement. Après tout, elle les avait déjà porté la veille sans qu’il n’arrive quoi que ce soit.

 Les jours suivant, elle continua à les utiliser de temps en temps, convaincu que les craintes d’Aliénor étaient exagérées.  Une nuit, elle entend Apoline. Ses yeux s’ouvrirent brusquement. Le même appel raisonna encore dans l’obscurité.  À Pauline, la voix semblait proche. Qui est là ? Aucune réponse.

 Elle s’assit plusieurs secondes et finit par se convaincre qu’elle avait rêvé. Le lendemain  matin, elle décida de ne rien dire. Elle ne voulait pas inquiéter sa famille pour quelque chose qu’elle ne comprenait pas elle-même. Les jours  passèrent, les appels continuèrent, pas toutes les nuits, mais suffisamment souvent pour l’empêcher de retrouver la paix.

 Peu  à peu, son sommeil se dégrada. Un matin, Alienor la trouva assise dans la cour. Apolline ! Aucune réponse.  Apoline, elle tourna finalement la tête. Oui, ça va. Oui. Tu mens. Un léger sourire apparu sur les lèvres d’Apoline. Depuis quand tu es devenue détective ? Depuis que ma sœur agit bizarrement, le sourire disparut.

 Alienor s’assit à  côté d’elle. Qu’est-ce qui ne va pas ? Apoline décida de parler. J’entends quelque chose la nuit, une voix. Depuis quelques jours, le visage d’Aliénor devint sérieux. Pourquoi tu ne nous as rien dit ? Parce que ça paraît ridicule. Qu’est-ce qu’elle dit ? Apolline hesita. Elle appelle simplement mon prénom.

 Alienor ne la quitté plus des yeux. L’inquiétude gagnait peu à peu son regard. Incapable de la contenir davantage, elle finit par dire “Il faut en parler à maman”.  Peu de temps après, Clotilde préparait le repas lorsque sa fille entra brusquement dans la cuisine. Son visage était fermé, ses yeux remplis de colère.

 “Pourquoi tu fais ça ? De quoi tu  parles ?” Apoline serra les points. “Arrête de faire semblant.” Clotilde la regardait sans comprendre. Ma fille Alienor entra précipitamment dans la pièce. Que se passe-t-il ? Demande-lui répondit Apoline en pointant sa mère du doigt. Elle veut détruire ma vie.  Personne ne comprenait.

 Depuis le début, elle veut m’empêcher d’avancer. Apoline ! S’écria Alienor. Les yeux de Clotild se remplirent de larmes. Pourquoi dis-tu ça ? Apoline ouvrit la bouche avant de s’interrompre. Le soir  même, elle s’enferma dans sa chambre. Une partie d’elle savait que quelque chose n’était pas normal. Elle aimait sa mère.

 Elle l’avait toujours aimé. Alors, pourquoi ses pensées revenaient-elle sans cesse ? Pourquoi cette méfiance ? Pourquoi cette colère ? Puis arriva le jour que personne n’oublia jamais. Alienor préparait le repas. Clothilde lavait du linge. Apolline  semblait calme dans sa chambre.

 Soudain, un cri raisonna dans toute la maison. Une seconde plus tard, la porte s’ouvrit brutalement. Apoline traversa la cour en courant à toute  vitesse comme si elle fuyait quelque chose. Apoline ! Urla Clotild. La jeune femme ne s’arrêta pas. Elle atteignait le portail, l’ouvrit et s’élança dans la rue.

 Sa mère et sa sœur partirent immédiatement à sa poursuite.  Les voisins sortirent de leur maison. Personne ne comprenait ce qui se passait. Apolline  courait sans regarder devant elle, complètement paniquée. “Ils arrivent !” criait-elle.  Ils veulent m’emmener. Son regard était rempli de terreur.

 Au bout de la rue, deux voisins réussirent finalement à la rattraper. Mais même à ce moment-là, elle continua à se débattre,  à hurler, à donner des coups, à supplier qu’on la laisse partir. Lâchez-moi, ils vont me tuer. Vous ne comprenez pas ? Il fallut plusieurs adultes pour la ramener jusqu’à la maison.

 Une scène que tout le quartier observa. Une fois revenue à la maison, Apolline fut enfermée dans sa chambre.  Pendant plusieurs heures, elle frappa contre la porte, cria, pleura. Lorsque Clotilde entra finalement dans la chambre,  sa fille était assise sur son lit. “Calme !” “Pourquoi tu pleures, maman ?” demanda-t-elle.

Clotilde resta sans voix. “Tu ne te souviens de rien ?” Apolline la regarda avec étonnement.  “De quoi ? À partir de ce jour-là, le portail resta constamment cadnassé et la chambre d’Apoline devint souvent le seul endroit où sa famille se sentait capable de la protéger. Parfois elle redevenait elle-même pendant une  heure, parfois une journée entière.

 Puis tout recommençait. Les voix, les raisonnement absurdes, les envies de fuite, les crises, les rumeurs commençrent à circuler.  Et bientôt, Gaspar entendit lui aussi les histoires. Pendant longtemps, il refusa d’y croire. Il continua de lui rendre visite,  de l’appeler, de la soutenir.

 Mais chaque rencontre devenait plus difficile. La femme qu’il connaissait semblait disparaître peu à peu. Un après-midi, il arriva à la maison. Apolline était assise dans la cour. Elle semblait calme. Pendant une seconde, il retrouva la jeune femme dont il était tombé amoureux. Puis son regard changea.

 “Pourquoi es-tu venu ?” “Pour te voir”, répondit Gaspar. “Tu mens, tu viens vérifier si je suis devenue folle.” Le choc  le laissa sans voix à Pauline, c’est ce que tout le monde pense. Ce n’est pas vrai. Menteur ! Le cri raisonna dans toute la cour. Clotild sortit précipitamment de la maison. Aliénor derrière elle, Gaspar avait le cœur brisé.

 Il ne reconnaissait plus celle qu’il aimait. Ce soir-là, il demanda à parler à Clothilde. Maman Clotilde, je ne sais plus quoi faire.  J’essaie de rester. J’essaie vraiment. Mais je ne reconnais plus à Pauline. Clotilde ne répondit pas. parce qu’au fond d’elle-même,  elle partageait cette douleur. Je l’aime, mais je ne sais plus comment l’aider.

 Je crois qu’il vaut mieux arrêter le projet de mariage. Le monde sembla s’arrêter.  Clotild eut l’impression de recevoir un coup en plein cœur. Lorsque Gasparit cette nuit-là,  personne ne le retint. Clotild passait de longues heures à prier seul dans sa chambre. Alienor  surveillait constamment sa sœur.

 Et Apoline ? Apolline semblait s’éloigner un peu plus chaque jour. Une semaine après la rupture, Clotilde se réveilla en sursaut au milieu de la nuit et tendit l’oreille. Quelqu’un parlait. Elle arriva dans le salon.  Apolline était assise seule dans l’obscurité. Elle parlait. “Je vous ai dit que je ne veux pas partir.

 Laissez-moi tranquille.” Apoline lança Clotilde.  Sa fille sursauta et tourna la tête. Ses yeux semblaient perdus. “Avec qui tu parlais ?” “Persne. Fiche-moi  la paix avec tes questions, sorcière.” Le lendemain matin, Clotilde prit une décision. Nous allons voir un pasteur.  Je vais bien, répondit Apolline.

 Je n’ai jamais dit le contraire. Je suis ta mère et je refuse de te regarder disparaître. Apoline ne protesta pas. Deux jours plus tard, elle prirent à la route et arrivèrent devant une église.  Le pasteur Théophile les reçut. Depuis quand cela a-t-il commencé ? Clotilde raconta tout.  Lorsque le récit prit fin, le pasteur se tourna vers Apolline.

  Que ressens-tu ? Les larmes montèrent immédiatement dans les yeux d’Apoline. Certaines nuits, j’ai l’impression que je ne suis plus moi-même. Je sais que certaines pensées ne viennent  pas de moi. Je deviens folle, je le sais. Tu n’es pas folle, mais tu traverses quelque chose de sérieux. Alienor se pencha légèrement.

 Pasteur,  est-ce que quelqu’un lui a fait quelque chose ? L’homme réfléchit avant de dire : “Je ne donne jamais de conclusion avant d’avoir prié. Beaucoup de familles détruisent leur propre paix en accusant trop vite. “Je refuse de faire cette erreur.” Clothild approuva d’un signe de tête.

 La sagesse de cette réponse la rassura. Le pasteur se leva alors. Il fit quelques pas dans la pièce.  “Je vais vous demander trois choses.” Tout le monde l’écouta attentivement. Premièrement, aucune accusation contre qui que ce soit. Tant que nous n’aurons pas compris ce qui se passe réellement.  Alienor acqua même si elle pensait déjà à Berérénis.

 Deuxièmement, pendant 7 jours, nous allons prier ensemble chaque matin, chaque soir. 7 jours demanda Apolline. Oui, parce qu’il n’existe pas de raccourcis vers la guérison. Troisièmement, jette ses sandales.  Apoline sentit son cœur manquer un battement. Pardon, les sandales  ne les portent plus. Plus jamais.

 Clotilde et Aliénor échangeèrent un regard. Le pasteur ne pouvait pas savoir  qu’Alienor avait déjà fait exactement la même recommandation. Avant leur départ, le pasteur ajouta  : “Écoute-moi bien, ce combat ne sera pas réglé aujourd’hui. Il sera peut-être long, peut-être difficile, mais il y a de l’espoir.

 Les premiers jours de prière se déroulèrent sans incident. Chaque matin, Clotilde  appelait sa fille avant le lever du soleil. Chaque soir, elle se réunissait dans le salon avec Alienor pour suivre les recommandations du pasteur Théophile. Lecture de la Bible, prière. Au début, Apolline se sentit mieux. Les voix semblaient  plus discrètes, moins présentes.

 Elle recommença même à dormir quelques heures d’affilé. Le 4e jour, elles retournèrent à l’église. Le pasteur Théophile avait organisé une réunion de prière. Quelques fidèles étaient présents. Le pasteur ouvrit sa Bible. Les prières commencèrent.  Pendant plusieurs minutes, Apolline se sentait même relativement bien.

 Soudain, une lourdeur inhabituelle envahit sa poitrine. Elle tenta de se concentrer. Le pasteur poursuivait calmement. Seigneur,  apporte ta lumière là où règnent les ténèbres. Apolline porta une main à son front et une voix raisonna. Parle  regarda autour d’elle. Personne ne semblait avoir entendu.

 La prière continuait. Par. Cette fois, l’ordre semblait plus fort. Apoline tenta de s’éloigner. Toute la salle se tourna vers elle. Je dois sortir. Apoline appela sa sœur.  Ne me touche pas. La jeune femme venait presque de hurler. Son regard était fixé sur la porte de sortie. On dirait sa vie en dépendait.

 Elle se mit à courir vers la porte. Deux femmes de l’équipe du pasteur réagirent immédiatement. Elles se placèrent devant elle. Écartez-vous, ils arrivent. Les larmes coulaient sur son visage. Elle essayait de contourner les femmes. Deux hommes de l’équipe s’approchèrent à leur tour pour l’empêcher de sortir en courant. Apoline se débattit.

 Les fidèles continuaient à prier. Clotilde  pleurait. Alienor tenait sa tête entre ses mains. Les sanglots remplaçèrent les cris d’Apoline. Ses jambes cédèrent. Elle tomba à genou et éclata en pleur de longues minutes durant. Pendant plus d’une heure, les prières continuèrent. Apolline alternait entre moments de calme et crise de larme.

 À la fin,  elle était épuisée. Le pasteur Théophile se tenait devant elle. Ce n’est pas fini. En réalité, nous ne sommes qu’au début. Un soir, le téléphone de Clotilde sonna. C’était le pasteur Théophile. Comment va Apoline ? Un peu mieux. Tant mieux. Je pense qu’il y a encore quelque chose que nous ignorons.

  Quoi ? Demanda Clothilde. Où Bérénis a-t-elle dormi lorsqu’elle est venue chez vous ? Dans la chambre indépendante derrière la maison,  Berérénis préfère toujours dormir là lorsqu’elle nous rend visite. “J’aimerais voir cet endroit”, répondit Théophile. Le lendemain après-midi, le pasteur arriva et ils se dirigèrent ensemble vers l’arrière de la maison principale.

 Le pasteur observait chaque détail.  Il s’arrêta exactement à l’endroit où le sol semblait légèrement différent. La Terre paraissait avoir été remuée récemment. Il se tourna vers Alienor. “Peux-tu me trouver une où ?” Quelques instants plus tard, elle revint avec l’outil demandé. Le pasteur  commença à creuser.

Là où heurta quelque chose. Chacun retint son souffle. Le pasteur s’arrêta.  Il commença à dégager la terre avec ses mains. Puis tira lentement un sac en plastique noir hors du sol. Un sac soigneusement noué. Le pasteur défit le nœud et ouvrit le sac.  Clotilde poussa un cri étouffé.

 Alienor porta une main à sa bouche. À l’intérieur se trouvait un morceau de tissu, une vieille  photographie d’Apoline et un papier plié sur lui-même. Le pasteur l’ouvrit. Le nom complet d’Apoline y était inscrit. Plusieurs fois. Clotilde éclata en sanglot. Alienor ne parvenait plus à parler.

 Quant à Apolline, elle  fixait simplement les objets comme paralysé. Le pasteur replia le papier.  Son visage était devenu grave. “Maintenant, dit-il calmement. Je comprends pourquoi les prières ont commencé à produire autant de réactions. Le lendemain, une nouvelle réunion de prière se teintte à l’église. Apoline ressentit de nouveau cette étrange oppression,  la même que lors de la première réunion, mais cette fois quelque chose changea.

 Peu à peu, la pression commença à se relâcher. Apolline sentit son souffle devenir plus libre.  Le calme commençait à revenir. Les semaines suivantes confirmèrent ce que tous espérait. Les voix ne revinrent plus.  Les nuits redevinrent paisibles. Trois semaines après la dernière réunion de prière, un samedi matin, Clotilde préparait le repas lorsqu’on frappa au portail. Alienor leva la tête.

 Clothilde s’essuya les mains. Va voir. Alienor se dirigea vers l’entrée.  Son visage se durcit immédiatement. “Maman, qui est là ?” demanda Clotild. Aliénor lança. Tante Bérénis. La tante entra dans la cour comme elle l’avait  toujours fait. Un sourire aux lèvres mais quelque chose avait changé. Son assurance semblait moins naturelle.

Son regard bougeait davantage  comme si elle cherchait à lire les visages autour d’elle. Clotilde ! Personne ne répondit immédiatement.  Berénis s’arrêta. Elle sembla mal à l’aise. Vous allez bien ? Clotilde la regardait calmement, sans sourire, sans colère. Nous allons bien. Ah ! Berenice posa son sac.

  Son regard se posa sur Apoline et son sourire vacilla. La jeune femme qu’elle avait laissé briser se tenait debout devant elle. paisible, lucide. Apoline soutint son regard. “Nous avons trouvé le papier”, dit Clotilde. Les traits de Berérénis se durcirent une seconde seulement, mais tout le monde la vit. Le sourire revint aussitôt.

  “Quel papier ?” demanda-t-elle. Alienor secoua la tête. “Arrête ! Nous savons qu’il était enterré devant la chambre où tu dormais. Vous êtes devenu folle.  Alors, explique-nous pourquoi tout a commencé après ton arrivée”, ajouta Alienor. Bérénis ne bougeait plus.  Son regard était devenu froid.

 Soudain, elle éclata de rire. Vous accusez votre propre famille maintenant ? Nous n’accusons personne, répondit Clotild. Alors, pourquoi me regardez-vous ainsi ? Parce que nous cherchons à comprendre.  Bénis serra les mâchoires. Elle ne semblait plus savoir quoi répondre.  Tu sais ce qui me fait le plus mal ? Demanda Clotild.

 Ce n’est pas ce qui est arrivé à ma fille,  c’est que cela vienne de quelqu’un que j’aimais. Apolline fit alors un pas en avant. Sa mère tenta de la retenir du regard. Mais elle  continua. J’ai perdu ma dote. J’ai perdu l’homme que j’aimais. J’ai perdu des mois de ma vie.

 Certaines nuits, je pensais que je ne retrouverai jamais la personne que j’étais. Pourtant,  continua Apoline, je te pardonne, mais je ne pourrais jamais oublier ce que tout cela a coûté. Finalement, Berénis  ramassa son sac. Je vais partir. Sa voix était devenue presque inaudible. Oui, répondit Clotild. Berénis se dirigea vers le portail et dit : “Je voulais seulement que pour une fois ce soit ma fille qu’on remarque.

” La tante franchit le portail  et disparu. Les moiles les serrent place aux années. Apoline préparait le repas un soir lorsqu’Aliénor entra dans la cuisine. “Tu as entendu la nouvelle ?” “Quelle nouvelle ?” La fille de tante Bérénis est revenue vivre chez sa mère.  Revenue, son mariage est terminé depuis plusieurs mois déjà.

Pendant longtemps, Apolline avait évité de demander des nouvelles de cette partie de la  famille. Elle a des enfants, un garçon. Apparemment, son mari est parti. Apolline ne ressentait ni joie ni satisfaction,  seulement une étrange tristesse. Est-ce qu’elle savait ? Demanda-t-elle finalement.

 Alienor compit immédiatement la question. Je ne sais pas. Tu crois qu’elle était au courant ? Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Alienor soupira. Mais je sais une chose, même si elle ne savait rien, elle vit aujourd’hui avec les conséquences d’une décision qu’elle n’a peut-être jamais prise elle-même. “J’espère qu’elle trouvera aussi la paix”, murmura Apoline.

 Apolline faisait défiler distraitement les publications sur son téléphone au cours d’une journée ordinaire lorsqu’une photo attira son attention. Le cliché provenait du compte d’un ancien ami commun. On y voyait Gaspard, souriant. Au côté d’une jeune femme,  la légende était simple. Félicitations au jeunes mariés. Que votre foyer soit béni.

 Autrefois, cette photo lui aurait brisé le cœur. Aujourd’hui, elle ne ressentait plus de colère, plus de regret, seulement la certitude que certaines histoires appartiennent au passé. Un après-midi, alors qu’Apoline aidait lors d’une activité de l’église, elle fit la connaissance d’un homme nommé Daniel. Contrairement à Gaspar, il avait connu toute son histoire avant même de lui parler. Et pourtant,  il resta.

L’amitié devint affection. L’affection devint amour et des années plus tard, une nouvelle cérémonie de dot fut organisée dans la plus grande discrétion. Clotild observait sa fille entourée de sa nouvelle belle famille. La musique raisonnait, la joie  était partout. Alienor s’approcha d’elle.

 À quoi penses-tu maman ? Clotilde sourit. Je pense à tout ce que nous avons traversé et je réalise que ce qui est retardé n’est pas forcément perdu.  La jalousie peut retarder le bonheur d’une personne, mais elle ne peut empêcher durablement ce qui lui est destiné. Les avertissements de ceux qui nous aiment méritent parfois d’être écoutés.

  Les épreuves passent, la vérité finit par éclater et ceux qui persévèrent finissent souvent par retrouver leur chemin.