Quand DeAndre finit par dire : « Après lundi, tout sera terminé. Elle signera sans même comprendre ce qui se passe », un silence étrange tomba dans la pièce.
Un silence trop parfait.
Même Simone sembla le remarquer.
— Tu es sûr qu’elle ne se doute de rien ? demanda-t-elle plus doucement.
DeAndre haussa les épaules.
— Naen ? Elle ne soupçonne rien. Elle m’attend avec ses petits dîners et ses sourires. Elle est… prévisible.
Dans le placard, Naen sentit quelque chose se fissurer en elle.
Pas son cœur.
Quelque chose de plus profond.
Comme si une version d’elle-même venait de mourir sans bruit.
Son doigt resta appuyé sur l’écran. L’enregistrement continuait.
Et pourtant… elle ne tremblait plus.
Elle observait.
Elle calculait.
En bas, Simone se rapprocha de DeAndre.
— Et si elle refuse de signer ?
DeAndre laissa échapper un rire bref.
— Elle signera. Elles signent toutes quand elles comprennent qu’elles ont perdu.
Ces mots.
Ces mots précis.
Ce furent ceux qui changèrent tout.
Naen ferma lentement les yeux.
Puis elle inspira.
Une seule fois.
Longuement.
Quand elle rouvrit les yeux, il n’y avait plus de surprise en elle.
Seulement une clarté glaciale.
En bas, les invités riaient encore, sans savoir que le véritable spectacle n’était pas celui qu’ils attendaient.
DeAndre se pencha vers Simone et ajouta, plus bas :
— Ce soir, je vais lui sourire comme si de rien n’était. Demain, j’irai voir l’avocat. Et lundi… je disparais de sa vie.
Simone murmura :
— Et si elle pleure ?
DeAndre répondit sans hésitation :
— Elle pleure déjà sans s’en rendre compte.
Dans le placard, Naen rangea doucement son téléphone dans sa main.
Puis, pour la première fois depuis vingt minutes, elle sourit.
Un sourire minuscule.
Sans chaleur.
Sans amour.
Sans retour.
Elle regarda la boîte cadeau posée à côté d’elle.
La montre en or.
“Chaque seconde avec toi.”
Elle referma lentement le couvercle.
En bas, DeAndre riait encore.
— Elle ne survivrait pas sans moi, tu sais.
Naen murmura pour elle-même :
— On va voir.
Et elle recula doucement.
Sans bruit.
Sans panique.
Mais cette fois, elle ne se cachait plus.
Elle sortait du placard… avec un plan déjà en marche.