« Le tueur de l’Essonne : la honte de voir des innocents contraints d’avouer, tandis que le meurtrier de sang-froid court toujours et commet trois autres meurtres ! »

17h10 Marcelo traverse le parking souterrain de son immeuble quand soudain il découvre coucher le long de sa voiture le corps couvert de sang d’une de ses voisines. Les secours arrivent quelques minutes plus tard. Nathalie Davids est encore vivante mais elle a été criblée de balle. Elle meurt à 18h50 à l’âge de 35 ans.
Ce crime est le premier d’une série qui a terrorisé le département de l’ess. Quatre assassinats commis en 5 mois entre novembre 2011 et mars 2012. On a un tueur dans la nature. On sait pas pourquoi elle fait ça mais il faut l’arrêter. Quatre crimes commis au hasard en plein jour sans mobile par un seul homme Johnny Palmier.
Le tueur de son était bourré de toc. Il ne supportait pas les sécrétions. C’est quelqu’un qui au lieu d’avaler sa salive va recracher sa salive dans un mouchoir et faire une consommation assez hallucinante de mouchoirs sur les interrogatoires. Quatre crimes et Yonny Palmier n’était pas prêt de s’arrêter. Il a cette haine des autres et cette envie de les tuer et d’avoir un droit de vie et de mort sur eux.
On retrouve les sep douilles autour du corps aux alentours de Ouais, ça va jusqu’à 3 4 m pour les plus lointaines. Sinon, elles sont très proches du corps. [grognement] La scène de crime, elle décrit une grande violence et donc en fait de la colère. Nous quand on a plusieurs douilles comme ça, on sait qu’on a affaire à un auteur déterminé à exécuter quelqu’un puisque bah sep coups de feu sur sur une personne, c’est pour pas le louper.
Alors que la police scientifique passe le parking au crible, les hommes de la brigade criminelle interrogent les habitants de l’immeuble. Personne n’a entendu les détonations. Mes quatre voisins racontent la même histoire. Cet après-midi là, ils ont vu un motard qu’il ne connaissait pas traîner dans le garage.
Le premier voisin explique qu’il est descendu, bricoler sa voiture au deuxième sous-sol. Un motard était là, casque intégral sur la tête. Il l’a salué. Le type n’a pas répondu. Il a démarrer sa moto. Une machine sportive et s’est dirigé vers la sortie. 20 minutes plus tard, en quittant le parking, le voisin a retrouvé le motard au premier sous-sol.
Cette fois, le moteur arrêté et toujours le casque sur la tête. Le deuxième témoin est une femme. Elle aussi a vu le motard tout de noir vêtu, mais elle n’a pas vu le visage caché par le casque. Je me suis demandé ce qu’il faisait là. Je dois vous dire qu’il me faisait un peu peur. Le troisième témoin, c’est Marcelo, le voisin qui a trouvé le corps de Nathalie une demi-heure plus tard.
Il décrit un homme d’un m78, pas épais, pas baraqué, plutôt mince. Quant au dernier témoin, il est motard. Il est arrivé juste après Marcello ce qu’il a étonné, c’est que l’homme portait des vêtements de ville avec une moto de sport. Il évoque aussi un menton à la Daltonne. Pour le reste, aucune idée.
Le motard avait son casque sur la tête. Quant à la moto, il en est certain, c’est une Suzuki. Le motard, on est met sûr à 100 %. Il dit je suis sûr à 100 % c’est un 1000 GSXR modifié. En tout cas, il y a une chose est certaine, c’est qu’on a affaire à quelqu’un qui est extérieur à la résidence que les gens n’ont pas identifié, n’ont pas reconnu.
Dominique, est-ce que l’analyse de la scène de crime permet de reconstituer les faits ? Oui, [grognement] assez précisément, hein. Nathalie Davidz a garé sa voiture ici sur son emplacement qui est l’emplacement 125. Elle est sortie de voiture et on retrouve son corps à côté de l’emplacement 96 à une dizaine de mètres.
À côté de son corps, on retrouve des étuis, des douilles de balles. Ce qui est intéressant, c’est que on peut reconstituer son trajet parce que près de sa voiture, il y a également un projectile qui a éclaté sur le sol et des traces de sang. L’hypothèse, c’est celle-ci. Elle est sortie de sa voiture, le tueur l’attendait, il a tiré sur elle, il l’a blessé.
Malgré [grognement] ça, elle a pu se déplacer. Il l’a poursuivi, il a tiré sur elle plusieurs fois et il l’a achevé d’une balle dans la tête. Ça dit sa détermination en tout cas. Oui, ça dit sa détermination. Ça dit aussi son sang froid parce que dans ce parking, il aurait pu croiser quelqu’un. C’est un parking qui est très fréquenté.
C’est vraiment une exécution. Et que dit l’expertise balistique ? Alors, l’expertise balistique dit que c’est la même arme qui a tiré les six cartouches qui sont de marque Geo. L’expertise dit aussi que cette arme c’est un pistolet automatique calibre 765 de marque Browning et que tout ce qu’on a retrouvé, le matériel qu’on a retrouvé sur place, les douilles et les projectiles ont une signature tellement caractéristique au niveau des percuteurs des extracteurs que si un jour on a la chance de retrouver cette arme, on saura
précisément que c’est l’arme du crime. Dernière chose, le tireur a tiré quasiment à bout touchant puisqu’on trouve sur la peau de Nathalie Davidz des traces noirâtres qui sont des traces de poudre qui ont brûlé son visage. Nathalie Davids avait emménagé dans l’immeuble 2 ans plus tôt. Ses voisins la décrivent comme une femme avenante, cordiale.
C’est une femme qui était le rayon de soleil de sa mère. Elle venait d’une famille où il y avait déjà eu un drame, deux drames d’ailleurs. Drame d’une perte d’une sœur, un père qui se suicide et celle qui qui vraiment apporte le la chaleur humaine, le pilier de cette famille meurtrie, c’est Nathalie David. Elle vit sa vie tranquillement.
Elle est biologiste, à la salle pétrière. Elle voudrait faire un enfant avec quelqu’un avec qui elle pourrait vivre. C’était une jeune femme parfaite, indépendante, qui ne demandait rien d’autre à la vie que d’être heureuse et d’être heureuse avec sa famille. Les policiers perquisitionnent son appartement et au pied de son lit, on va retrouver son journal intime.
On va le détailler et dès le départ en fait, elle parle d’un homme avec lequel elle a une relation. une [grognement] relation complexe avec des des ruptures, des rabibachages et elle décrit cet homme comme un mafieux sicilien euh qui se décrit lui-même comme dangereux, qui visiblement l’inquiète et lui fait peur. Il y avait des écrits disant que euh il allait la poursuivre pour savoir ce qu’elle faisait, qui lui mettrait de la drogue dans son C’est elle qui l’écrit hein, qui lui mettrait de la drogue euh dans son casier à la salle pétrière, que
elle était harcelée au téléphone. Je pense que Nathalie David, quelqu’un qui est très très généreux, avait complètement envie de remettre sur les rails ce garçon qui avait eu une enfance pas très heureuse. La PJ interroge la famille, les amis, les collègues. Nathalie leur a souvent parlé de cet homme.
Il s’appelle Michel Courtois. Il a 10 ans de plus qu’elle. Il se fréquentait depuis au moins 2 ans. On trouve et chez elle et par l’intermédiaire de ses amis, on voit que il y a Michel Courtois qui lui met la pression comme on dit. Elle en pouvait plus et vraiment ça devenait insupportable pour elle.
Donc voilà comment les policiers disent bah peut-être est sur une piste comme on est sur une exécution sommaire avec préméditation et plusieurs coups de feu, on peut partir sur du passionnel, c’est compatible. D’autant qu’une amie de Nathalie explique qu’elle avait pris la décision de rompre avec Michel Courtois. Au petit matin, les gars de la BRI sont donc devant chez lui.
Il compte sur l’effet de surprise pour arrêter l’homme qui ferait partie de la mafia. et ils sont venus en nombre. On va casser sa porte, on va aller l’interpeller directement dans sa chambre. Il va même pas avoir le temps de de se réveiller. Ils ont défoncé la porte avec un bélier. Ils m’ont sauté dessus.
Euh il y avait deux personnes GGN qui m’ont mis deux deux genoux dans le dos fusil à pompe coincé dans le dans la nuque. Ils m’ont dit “Bouge pas connard.” C’est de là qu’il m’ont dit “Tu sais pourquoi qu’on est là ?” Je leur ai répondu “Non, je sais pas pourquoi.” C’est là. Après, ils m’ont dit “On t’arrête pour me le meurtre de Nathalie Davis.” Et là, je suis tombé dén.
[grognement] Tout s’écroulé autour de moi. Ça, faut bien me comprendre. Et vous saviez pas qu’elle était morte ? Non, absolument pas. Mais ce n’est pas le sentiment que Michel Courtois donne aux policiers. On a l’impression qu’il sait pourquoi on est là. Il est pas plus inquiet que ça. Il est pas paniqué.
Pourtant il y a une équipe une équipe d’fraction cagoulé qui vient de l’interpeller. Il est en face de quatre enquêteurs de la brigade criminelle. Euh devant lui euh il y a un chien qui vient rechercher des armes euh et il est presque pas inquiet, il est très tranquille. Les policiers fouillent l’appartement. L’arme du crime reste introuvable mais tout à coup le chien s’excite.
Il marque l’arrêt devant deux blousons noirs et un sac à dos. des objets qui partent aussitôt à l’analyse. On va également fouiller son portefeuille pour voir ce qu’il y a dedans et on va sortir une petite une petite médaillette et il va nous dire ça c’est la madonne des motards. Il dit parce que moi je suis passionné de moto et j’adore la moto.
Un motard. La Pégie n’a ni la moto ni l’arme, mais elle embarque Courtois, direction Versailles pour une garde à vue. Il va commencer par nier les faits en disant qu’il n’a aucune raison de de tuer cette dame qui était quand même son amour. Donc il va avoir une position de dénégation assez systématique pendant on va dire les 40 premières heures.
Nous on a l’habitude de créer des relations de confiance avec les garder à vue puisqu’on n’est pas là pour les juger. On est là pour enquêter et comprendre ce qui s’est passé. Donc on va le mettre dans cet état d’esprit et ça va plutôt bien se passer. Les échanges sont courtoirs, on est plutôt bien avec lui.
On découvre que visiblement il a beaucoup menti passif de mafieux sicilien et qu’en fait il est pas du tout sicilien, il est picard. Il travaille dans le bâtiment et visiblement il s’est construit un personnage auprès de Nathalie David qui correspond pas du tout à la réalité. Mais d’un autre côté euh on va continuer à le travailler et Cour-toi collabore.
Il raconte qu’il a passé la nuit précédente avec Nathalie. Le lendemain, elle l’a raccompagné vers Nidi à la gare de Juvisi sur Orge. De là, il a pris les transports en commun pour rentrer chez lui. À la gare de Bécon Bruè, il a rejoint des copains dans un bar. Il devait être 1h- 20. Ensuite, il est rentré chez lui vers 2h30 et il a fait une sieste jusqu’à 5h30 6h du petit lait pour les policiers.
L’homme n’a donc pas d’alibi à l’heure du crime entre 5h et 5h15. Et ce n’est pas tout. Les policiers ont encore une autre carte dans leur manches, les blousons et le sac. Les experts viennent d’y déceler des composants de poudre compatibles avec des résidus de tir. Ça nous surprend et il n’a pas d’explication cohérente là-dedans.
Il nous dit c’est parce que c’est dans le cadre de mon travail. J’utilise des produits chimiques qui pourraient correspondre à ça. On a beaucoup de mal à croire ça. Effectivement, c’est assez ennuyeux pour lui et ça le met aussi en cause. Et c’est là qu’ effectivement il va commencer à perdre pied et on va lui dire écoute maintenant c’est fini, il va falloir y venir quoi.
Il va falloir nous expliquer. Et c’est à ce moment-là en fait qui nous dit c’est moi qui l’ai tué. Et puis là, il va nous donner des détails. Il nous dit qu’il est rentré derrière un véhicule, qu’ensuite il a bloqué la porte, qu’il a exécuté Nathalie Davids avec une arme qu’il a été récupérée et achetée dans une cité qui est située non loin de son domicile dans le 92.
et qu’après il est reparti en moto. Et quand on va lui poser la question sur la moto, il va nous dire “Mais moi 1000 GSXR, je te le prends quand tu veux et je te fais l’aller-retour en moins de 20 minutes.” Michel Courtois a avoué la juge d’instruction le met en examen dans la foulée pour homicide volontaire avec préméditation, c’est-à-dire assassinat.
Direction Fleurimerogis. L’affaire Nathalie Davidz est bouclée. Mais le 13 décembre lors de son interrogatoire de première comparion, Michel Courtois se rétracte. Ses aveux, on les lui a extorqué. Vous savez quand vous dormez pas, vous mangez pas, il gard plus de 72h, vous êtes perdu, vous êtes complètement à l’ouest parce que c’est du matraquage parce que c’est vraiment les il vous pousse aux limites de vous.
Il me laisser une demi-heure, tris qu4 d’heure en cellule, après il venir rechercher et ainsi de suite comme ça. Ainsi de suite. Et tout le temps vous avez cinq policiers sur vous. Imaginez cinq policiers sur vous s pression. Vous savez, on vous bouscule, on vous bouscule avec la main, on vous tape un peu la tête et tout ça et donc on doute de soi.
Exactement. Oui. Parce que il vous retourne le cerveau à l’envers. Il vous c’est c’est un travail au corps qu’ils appellent ça. Un moment donné, vous avez même pensé que vous aviez peut-être tué Nathalie Davis. Honnêtement ? Oui. Oui, c’est vrai. C’est vrai. Je l’avoue parce que j’aime pas mentir. C’est vrai que ils m’ont mis dans le doute.
Et à un moment donné, pour avoir la paix, on est prêt à dire n’importe quoi. Exactement. Il y a tellement de pression qu’à un moment donné, si vous dites que c’est moi, mais allez-y, c’est moi, c’est bon quoi. Vas-y, lâche mes baskets. C’est bon, c’est bon, on arrête. Ça fini, ça a fini comme ça. Ce qui est pour le moins déstabilisant, c’est que monsieur Courtois ne fait pas de demande de mise en liberté.
Il est en détention provisoire. On a on approche des fêtes de fin d’année, des fêtes de Noël. Donc je lui demande “Mais si vous êtes innocent, pourquoi vous me demandez pas à être mis en liberté ?” Et il me fait pas de demande de mise en liberté, monsieur Courtois. C’est que je savais pas le système carcéral. On me l’a reproché.
La juge d’instruction me l’a reproché comme quoi je faisais pas de demande remise en liberté. Mais quand vous connaissez pas le système carcéral, pour pas tout savoir. C’est pas possible. Une attitude qui enfonce encore un peu plus à un Michel Courtois en mauvaise posture. On est sur un contexte amoureux d’une séparation qui se passait plus ou moins bien, d’une victime qui s’était confiée à ses proches qu’elle avait peur de cette personne, d’une personne qui n’a pas d’alibi au moment des faits, d’un élément
scientifique qui sont des risques du tir et d’une personne qui en fin de garde à vue va avouer. Donc c’est vrai qu’à ce moment-là, pour moi le dossier va être assez simple et je ne pose pas la question fondamentalement à ce moment-là de savoir s’il a commis les faits ou pas, mais plutôt d’être dans une démarche d’essayer d’expliquer le pourquoi de ses faites.
La juge commence par l’interroger sur sa relation avec Nathalie. Puis elle en vient aux fameuses traces de poudre. Il va être fluctuant. C’est-à-dire au début, il va dire “Ces vestes, je les ai jamais vu.” Après, c’est des vestes qu’il a pu vaguement porter à telle ou telle occasion.
Euh sur les sacs à dos, il indique que c’est des sacs à dos qu’il n’a jamais vu. Puis après, il va dire que c’est des sacs à dos dont il servait tous les jours. Donc là aussi, c’est très difficile. Et Michel Courtois, il a jamais la même explication selon le moment auquel on lui pose cette question. Comment vous expliquez que vous avez changé souvent de version ? Pourquoi ? parce que la jeune instruction m’a emmené sur pas mal de de pistes.
Une fois elle disait faux, une deux fois elle disait vrai. Moi je disais la vérité mais seulement elle me croyait pas. La police me dit aussi des choses que je disais la vérité mais il croyais pas non plus. Donc automatiquement moi je m’embrouillais. Automatiquement je m’embrouillais parce que je savais plus ce que je disais.
En vérité, en attendant que Michel Courtois trouve une explication qui tienne la route, la juge le laisse en prison. Pour la justice comme pour la police, le meurtrier de Nathalie Davids est sous les verrou quand 3 mois plus tard. Ah. même immeuble même par King, mais cette fois c’est un homme qui est abattu à
quelques mètres de l’endroit où Nathalie Davidz a été tué. Il s’appelle Jean Yve Bonue comme elle. Il habitait la résidence comme elle. Il a pris une balle derrière la tête. Les pompiers le transportent inconscient à l’hôpital Henry Mondor de Créteille. Jean-veer meurt après 6 jours de com. Il avait 52 ans.
De mort dans le même parking à 3 mois d’intervalle alors que le coupable du premier crime est en prison. Voilà de quoi compliquer la vie des enquêteurs. Nous avons affaire à des gens qui n’ont pas de passé de délinquant ou de criminel, qui n’ont pas de différents graves avec des gens, qui n’ont pas de gens suffisamment haineux vis-à-vis d’eux qui veulent les tuer, qui veulent tenter leur vie.
On trouve vraiment rien. Ils ont un passé parfaitement lisse. Jean-Ive Bonue est décrit comme un homme gentil, tranquille, heureux de vivre. Cadre technique, il habitait la résidence avec sa femme depuis de nombreuses années. On a peu de mot pour qualifier puisque on a vraiment dans un on est dans un quotidien de famille où tout se déroule avec des projets et une fracture, une cassure brutale dans le quotidien.
C’est d’une brutalité, d’une violence sans explication aucune. De victimes inconnu des services de police abattus dans le même parking. Mais cette fois, les policiers n’ont trouvé qu’une seule douille. La douille retrouvée correspond en fait à des munitions de 765 de marqueo. Dans l’absolu, c’est pas surprenant d’en avoir.
En revanche, d’avoir une douille au même endroit sur deux meurtres différents, on va se demander si on a pas affaire à la même arme. Et ce n’est pas le seul point commun. Là aussi, on va trouver des gens qui vont nous parler d’une moto, d’un motard et de nouveau ça nous roule. La première à l’évoquer, c’est l’épouse de la victime.
Ce 22 février, madame Bonue et son mari l’ont croisé dans le parking aux alentours de 15h. Monsieur Bonue a aimé la moto et dira bonjour sera juste étonné parce que ce motard ne lui répondra pas. Ils quittent leur parking, ils vont faire quelques courses, ils reviennent, ils remontent chez eux, son épouse va faire un thé et il dit “Je redescends, je prends le pain et puis je range le sac le sac de course dans ma voiture.
” D’autres voisins ont également aperçu le motard plus d’une heure et3 avant les faits, notamment une femme à 16h. Quand j’ai commencé à rouler, j’ai vu que l’individu se rapprochait de moi et puis il a rebroussé chemin. Une voisine qui a de bonnes raisons de s’en souvenir. Elle l’avait déjà croisé le jour du meurtre de Nathalie et elle a eu très peur en le voyant réapparaître.
Il n’en faut pas plus aux habitants de l’immeuble pour déserter le sous-sol. Le parking de la petite résidence est fermé à double tour. Quelques jours plus tard, le rapport balistique parvient au juge. Qu’est-ce qu’il dit ce rapport ? Les analyses sont formelles. C’est la même arme qui a servi à tuer Monsieur Bonue et Nathalie Davids parce que cette arme, elle a une signature particulière au niveau des traces qu’elle laisse sur les douilles.
Alors évidemment cette conclusion, elle va faire sursauter tout le monde parce que la justice a déjà un suspect qu’il est en prison et plus fort encore, il est même passé aux aveux. On était à peu près sûr qu’on tenait le coupable. On va se demander s’il y a pas deux tueurs et sur le coup en fait on va on va penser qu’en fait il y a peut-être effectivement un lien entre monsieur Courtois et ce meurtre qu’il aurait pu piloter depuis la prison parce que quelque chose nous aurait échappé dans sa personnalité mais effectivement on
est totalement perdu. On retourne tout dans sa tête. Moi je reprends tout le dossier puisque l’élément constant qu’on a c’est qu’on a pas l’arme du crime. Donc toutes les hypothèses sont plausibles à ce moment-là. C’est-à-dire soit euh quelqu’un a récupéré l’arme et continue à tuer et ce qui n’exclut pas forcément de fait Michel Courtois.
Soit soit quelqu’un tue pour innocenter Michel Courtois. Et il y a quelque chose qui qui est assez étonnant, c’est que c’est la veille ou l’avant-veille de ce de ce meurtre que Michel Courtois me fait sa toute première demande de mise en liberté. Et à ce moment-là, je trouve la coïncidence assez troublante. Ce qui soutient la thèse des deux tueurs, c’est le mode opératoire.
Le mode opératoire est différent. Nathalie David, on sait qu’elle est tuée de plusieurs balles, qu’elle est atteinte de face. Monsieur Bonus, c’est une balle de dos et dans la tête. Donc c’est vrai que sur le modus opérandi, sur la façon de procéder, la personne n’est pas tuée de la même façon, ce qui pourrait laisser supposer qu’on a deux personnes différentes, même si ça peut être la même arme.
L’affaire prend de l’ampleur. Une deuxième juge d’instruction est nommée qui va travailler en cosésine avec la première. Et pour retrouver au plus vite ce deuxième tueur, les policiers décident de rendre visite aux amis de Michel Courtois. Leur QG, le bistro des brouillères. Aux policiers, bah je leur ai dit que Michel était un bon gars, gentil, c’est serviable.
Maintenant, c’est vrai qu’il a un côté mythoman et fanfaron. Moi, il m’avait raconté qu’il faisait partie de la des légions commando parachutistes. Bon, après, je me suis rendu compte que c’était pas vrai, mais bon, ça fait partie du du personnage. Mais c’est un bon gars, c’est il était incapable de faire ça quoi. Au polici, on leur aurit bien expliqué que du scooter, il sait pas en faire.
Donc, comment il peut prendre monter sur une 11 ? est bon mais ils ont voulu faire une enquête à charge et ils voulaient faire rentrer des rondes en des carrés quoi. Et si courtois racon n’importe quoi. Son téléphone a activé une borne devant chez lui à Bois Colombe à 14h39 et à 17h40. Courtois avait-il le temps d’aller tuer Nathalie vers 17h 17h10 à Juvis sur Orge et être de retour 30 minutes plus tard à 17h40.
Internet estime qu’il faut 40 minutes pour parcourir les 33 km. Avec une puissante moto, c’est peut-être faisable. Un motard de police se chronomètre donc deux fois dans les mêmes conditions de circulation. En fait, le motard, il va mettre 26 minutes en ne respectant pas le code de la route et même en respectant le code de la route, il va mettre 30 minutes.
C’est jouable mais la défense de Courtois s’insurge. On ne s’improvise pas. Pilote chevroné d’une moto de grosse cylindrée du jour au lendemain. Donc tout son entourage est formel. Personne n’a jamais vu monsieur Courtoi sur une moto. C’est le premier élément. Le deuxième élément, c’est que personne n’a jamais fait état d’un comportement violent de monsieur Courtois ou de la possibilité de se la possibilité pour lui de se procurer une arme.
Donc nous avions que des éléments qui s’éloignaient totalement du rôle qu’on voulait donner à monsieur Courtois. Il y a beaucoup de choses qui nous troublent en particulier sur son emploi du temps, le fait de la conduite de moto parce que monsieur Courtois n’est pas un grand motard devant l’Éternel. manifestement, il ne sait pas amener une grosse moto.
Donc l’histoire qui nous servira, la moto qu’il utilise, la manière dont il s’en sert, son parcours, son trajet pour aller sur les lieux, il y a plusieurs petits détails qui nous ne vont pas mais néanmoins, nous continuons les enquêtes et pour l’instant, il reste en détention. Quelle est votre réaction quand vous apprenez qu’il y a une deuxième victime dans le même parking ? J’étais avec un codétenu en prison.
Il m’a dit “Mais c’est pas possible mais c’est pas toi, c’est dans le même parking, c’est le même meurtre. C’est à peu près le même opératoire et tout.” On s’est dit comme ça. Bon, c’est bon Michel, tu vas sortir, il y a pas de problème, il y a aucun souci. On sait que c’est pas toi tu et tu vas sortir. Et non, malheureusement, je reste à l’intérieur dans la prison.
Et c’est de là que madame Aurelie Poirier, jus instruction, elle a dit comme ça que je faisais partie de la mafia pour me desculper du premier meurtre. Je commoditais les meurtres de l’intérieur de la prison. C’est quand même assez fort quand même. Et qu’est-ce que vous faites pour qu’on finisse par entendre vos cris d’innocence ? Euh j’ai fait une dès la fin euh pendant euh je sais plus combien de jours, je crois une trentaine de jours ou 35 jours, une bêtise comme ça, j’ai perdu 11 kg pour réclamer mon innocence, pour démontrer comme quoi je
j’avais rien fait et personne me croyait. La thèse de la culpabilité de Michel Courtois a du plan dans l’aile. Oui, mais Michel Courtois reste en prison et en plus 3 semaines plus tard ça recommence. Un troisème assassinat a lieu toujours dans le département de l’essonne mais cette fois-ci passe à 6 km de Juvisie ici à Risorangis.
C’est dans le hall de cette cité HLM de Riss Orangis que Marcel Brunetto est retrouvé inconscient en plein milieu de l’après-midi. L’homme a 81 ans, un âge qui laisse penser à sa femme et au secours qui arrive, qu’il a fait un malaise. Et là, presque posé comme signature, la découverte de douille de 765 de Marjcko, juste à côté.
La balle, Marcel Brunetto l’a prise en pleine tête à l’arrière du crâne. Le SAMU transporte aussitôt le vieil homme à l’hôpital du Créelin Picêtre. Mais les médecins ne peuvent plus rien pour lui. Il meurt peu avant 20h. C’était une silhouette connue dans le quartier, personne âgée avec sa casquette et sa canne.
Le jour des faits, il allait faire vers 16h 16h15 sa petite promenade quotidienne et il allait voir, il aimait bien notamment aller voir jou les joueurs de boule. En ce qui concerne la famille Brunetto, c’est surtout une incrédulité et une incompréhension totale de ce qui a bien pu se passer.
comprennent pas du tout pourquoi on s’en est pris à cet homme et pourquoi on lui a tiré une balle dans la tête parce qu’il s’agit purement et simplement d’une véritable exécution comme monsieur bonne rue. Un voisin a bien entendu une détonation mais avec le bruit de la cité il n’y a pas prêté attention. Alors les policiers poursuivent leur porte à porte.
Alors, il y a un témoignage d’une voisine qui de jours avant les faits a croisé un personnage casqué qui semble faire des repérages dans le hall de son propre immeuble qui lui a fait très peur. Et puis on a aussi un petit petit jeune homme qui lui voit la veille des faits un monsieur avec un casque noir dans le hall d’un l’immeuble à côté qui semble suivre et qui lui fait très peur.
Un motard encore et toujours. On est extrêmement inquiet, on comprend pas et on se demande quel est le mobilet. Une question qui tarote d’autant plus les policiers qu’à 700 km de là, leurs collègues traquent aussi un tueur à moto. Trois militaires viennent d’être abattus froidement dans le sud-ouest et rien ne dit que les deux affaires ne sont pas liées.
Cette affaire dans le Sud-Ouest, c’est une très grosse affaire. Oui, trois militaires qui sont abattus à Montaban et à Toulouse au mois de mars 2012 par un homme qui circule sur un de roues de grosses cylindrées. Dans les fait une moto, à Toulouse, c’est un maxi scooter. Mais il a le même mode opératoire.
Il porte son casque et il tire sur ses victimes avec une arme de point. Mais on va vite s’apercevoir que ces deux dossiers n’ont rien à voir. Quand l’homme de Toulouse s’en prend à une école juive où il va tuer quatre personnes dont trois enfants. Cet homme c’est un terroriste. Il s’appelle Mohamed Mera et il n’a jamais mis les pieds dans les sones.
C’est dans ce contexte alors que toute la France a les yeux rivés sur Toulouse où s’est planqué Mohamed Mera que la PJ de Versailles poursuit sa traque. On a un tu en série. Trois personnes, ça fait une série, il y a pas de doute là-dessus. Et effectivement ça nous inquiète parce que on dit mais s’il a tapé trois fois, qu’est-ce qui l’empêche de recommencer ? Et justement, moins de 3 semaines plus tard, le 5 avril 2012, le tueur à la moto frappe encore à Grini.
Cette fois madame, monsieur, bonsoir. Dans l’actualité, l’émotion et la peur à Grini dans les sones. Une marche vient d’avoir lieu alors que la police est à la recherche d’un tueur en série. Une centaine d’enquêteurs tentent de retrouver la trace de cet homme qui pourrait être à l’origine des quatre assassinats qui ont eu lieu depuis novembre et cela dans une zone géographique de seulement quelques kilomètres carr.
Comme les autres fois, le crime a eu lieu dans l’après-midi vers 16h. Mais cette fois, le tireur a agi dans la cité de la grande borne et c’est une femme qui l’a visé. Elle s’appelait Nadia Budjemia la scène. Elle avait 48 ans. Elle a été abattue de plusieurs balles dans le hall de son immeuble alors qu’elle rentrait de son travail.
On comprend pas. On comprend pas. C’est Je peux rien dire de de plus. Excusez-moi. Je je peux rien dire de plus. On peut se dire personne à l’abri, ça peut atteindre n’importe qui. Nos sœurs, nos mères, nos nos frères, n’importe qui. Je travaille le matin très tôt. Quand je pars, il fait nuit. Ben, j’ai peur.
C’est dans mon quartier, j’habite juste à côté donc j’ai peur. Oui, j’ai peur. La peur et le chagrin pour ce fils de 17 ans que cette mort laisse tout seul. Je me sens sans ma mère. Voilà, je me sens sans ma mère, il me manque tout. Il me manque tout. Je suis sans ma mère, c’est tout ce qui me manque.
Je me sens coupable parce que je me dis que si je serais là, peut-être que ça serait pas passé comme ça. Comme toujours, l’assassin a attaqué par derrière. Il a tiré trois fois. Nadia Bjemia a pris une balle dans la tête à bout portant. Le scénario le plus plausible de l’assassinat madame Bemia est d’un premier coup de feu qui aurait été raté, qui l’aurait touché au niveau de la main, qui aurait donc provoqué en tout cas une tentative de fuite de cette dernière mais malheureusement il n’aura pas eu le temps de fuir
puisque la seconde balle qui l’atteindra sera logée en en pleine tête. Une exécution sommaire et froide comme les deux dernières. Mais cette fois, les policiers ont un témoin, une voisine. Elle a entendu en fait les cris, c’est ce qui l’a alarmé et qui a dû en fait un homme habillé en fait en motard, casqué prendre la fuite.
Alors prendre la fuite de manière très calme justement et c’est ce qui est assez frappant sans se ruer en fait, sans courir. Et son compagnon raconte que lui aussi il avait remarqué la présence d’une moto bleue et blanche, la veille des faits. On va prendre contact avec les jeunes du quartier et il y en a un en fait qui va nous faire une description très précise de la moto moto de Marc Suzuki GSXR 2000.
Donc on a vraiment un lien qui se fait maintenant entre l’individu, la moto et la commission des faits. Cette fois plus de doute possible un tueur en série Radon. Il y a déjà fait quatre morts. Ça commence à chauffer sérieusement à la PJ. À partir du moment où on est sur quelqu’un qui tue au hasard juste pour se mettre un coup d’adrénaline, ça peut arriver n’importe où, n’importe quand, sur n’importe qui.
De toute évidence, on est face à quelqu’un qui tue et qui va continuer à tuer. Donc là, on est sur un emballement, un espèce de stress permanent qui n’est plus seulement de résoudre des assassinats, mais d’empêcher de nouveaux assassinats. Et là, effectivement, ça va être le branbat de combat. Tout le monde est rappelé.
Donc on cherche, on cherche, on cherche. Tout le monde cherche, plus personne ne dort. Donc la pression se la met d’abord à nous-même. Nous avions des gens des braves gens, vraiment les quatre victimes, c’est des braves gens qui n’auraient pas fait de mal à une mouche, qui sont tués froidement. Vraiment les trois derniers, c’est presque une balle dans la tête comme une exécution.
C’est c’est abominable sans raison. Donc on a une grosse pression nousmême, on se dit “Mais on a un tueur dans la nature, on sait pas pourquoi elle fait ça, mais il faut l’arrêter.” Toute la PJ de Versailles est maintenant mobilisée et la place Bovau suit le dossier de prêt. Ma hiérarchie à savoir le directeur central de la PL judiciaire se renseigne, m’appelle au quotidien plusieurs fois par jour et donc je lu fais des points plusieurs fois par jour très précis en disant voilà où nous en sommes et sa première question c’est Philippe de quoi as-tu besoin ? et il me
met à disposition tous les moyens dont j’ai besoin pour pouvoir vraiment aller au mieux au plus vite et réaliser l’affaire dans les meilleures conditions possibles. À tous les ronds-points, il y avait des contrôles de police. Donc il y a eu véritablement une dimension qui est devenue à ce moment-là une dimension collective.
On peut parler d’une grande inquiétude qui a surgi dans la population de ce département. Et l’affaire prend encore de l’ampleur. Quant au lendemain du dernier meurtre, le procureur d’Everris rend public les résultat des analyses balistiques. C’est le même pistolet, un 765 qui a servi aux quatre crimes.
L’arme. Le seul élément ne suffit pas en soi pour affirmer à ce stade qu’il s’agisse d’une seule et même affaire. Le parquet n’en démor pas. Quatre personnes tuées avec le même 765 dans un rayon de 15 km et à quelques semaines d’intervalle. Cela ne blanchit pas Michel Courtois. d’imaginer qu’un peintre en bâtiment qui n’a pas de cassé judiciaire aurait les réseaux suffisants, aurait le pouvoir de faire éliminer une personne totalement innocente d’une balle dans la tête sur la voie publique.
C’est la thèse la plus stupide que j’ai vu de ma carrière et je ne comprends pas comment les professionnels de la justice ont pu soutenir une thèse aussi aussi ridicule. Pourquoi vous avez maintenu Michel Courtois en prison ? On a compris que c’était la même arme fin mars, mais on l’a pas. On l’a pas.
On a un courtois qui est qui est vraiment bizarre, qui a toutes les raisons d’avoir tué Nathalie Davids, qui s’exprime très mal, qui euh euh complique tout tous ses discours, qui euh mélange ses explications. Ils étaient crédibles, les aveux de Courtois. Oui. Ah bah oui, complètement. C’est ça qui est affreux, c’est qu’ils étaient crédibles.
Euh on a fait quelque chose qu’on fait rarement. On a fait une audition visionnage. Oui, parce qu’il dit qu’ il ont été extorqués les aveux. [raclement de gorge] Extorqué. Ça se passe dans une ambiance très professionnel. Il donne des détails incroyables. Comme quoi. Alors, il dit bah il donne des détails sur le nombre de de coup tirer.
On a aucune raison de pas le croire. Il avait pas vraiment la carrure non plus d’un d’un gros mafieux Michel Courtois. Non, une carrure. Une carrure. Il était inquiétant. Il était inquiétant parce qu’il était tellement compliqué, trouble, on savait jamais qu’il était quoi. On avait on avait toujours l’impression qu’il y avait quelqu’un d’autre derrière lui.
C’est très étrange. Et puis il y avait ce faisceau d’indice absolument invraisemblable qui n’importe qui aurait cru qu’il était qu’il était coupable. Dès le 6 avril, le signalement de la moto est diffusé à tous les services de police. Voyez ici l’image de la moto. Le la presse, elle aussi est mise à contribution. Des moyens exceptionnels sont débloqués pour cette affaire exceptionnelle.
Et un appel à témoin a été lancé par les policiers de Versailles notamment pour retrouver la moto du tueur. Là, on va lancer mais des dizaines d’enquêteurs à chercher cette moto, mais vraiment des dizaines et dizaines et puis surtout on va aller faire des vérifications systématiques sur les diverses adresses de propriétaires de moto signaire qui existe.
Des dizaines d’enquêteurs qui font aussi le tour des associations de motard et réquisitionnent toutes les bandes vidéos des stations service dans un rayon de 70 km. Il faut retrouver la moto. C’est un modèle très connu. C’est une Suzuki GSXR pour les motards. C’est un modèle qui en général est blanc, bleu, un peu rouge qui est très caractéristique mais on a pas de numéro d’immatriculation, on a juste un modèle de moto.
Donc ça veut dire plusieurs milliers de motos et pas seulement sur les sones. Et là, c’est un travail du fourmis gigantesque où enfin la chance va un petit peu nous sourire. C’est l’examen du fichier des cartes grises qui fait sortir un motard du lot. L’homme est propriétaire d’une Suzuki GSXR1000 et l’adresse indiquée sur sa carte grise ne correspond pas à celle de son domicile mais à celle d’un certain Yoni Palmier.
Les policiers se rendent donc à cette adresse à Draveille. Le gardien, on lui pose la question. Donc il connaît Yonny Palmier, nous le décrit un petit peu comme l’original de la résidence. L’individu qui peut être amené des fois à faire du vélo avec un masque de plonger sur la tête, mais il ne parle pas l’avoir vu au guidon d’une moto.
Deux agents toquent donc à la porte de ce Yoni Palmier. Il va pas être tranquille, il va fermer son PC tout de suite, il va tourner, il va être stressé, il va se frotter les mains tout le temps. Y Palmier leur dit qu’il ne connaît aucun monsieur F et qui fait des déclarations un petit peu incohérentes. Il met en avant le fait qu’il a été victime d’une agression et dès ces instantsl, il va citer un certain Niorka qui l’aurait agressé.
et on comprend pas trop le le but de cette déclaration qui est complètement hors contexte par rapport aux questions qui lui sont posées. Pas vraiment net ce gars-là. Les policiers font immédiatement remonter l’info. On se rend compte que c’est un monsieur qui utilise l’identité d’autres personnes, qui a eu déjà des petits soucis avec la police et avec la justice.
C’est un monsieur qui a plusieurs adresses, qui semble peu actif, qui n’a pas de travail, qui semble avoir peu de relation. Ce qui est paradoxal, ce qu’il utilise des voitures sans permis. Vous savez ces voiturettes qui font un bruit épouvantable et qui roulent très doucement. Étrange pour un suspect supposé conduire un bolide, mais pour le moment, c’est la seule piste que tient la PJ.
Alors le 12 avril, une équipe de la BRI le prend en filature. Il bouge tout le temps, tout le temps, tout le temps. Il est sur un box, sur un appart, sur un autre box, sur une maison et puis on va se rendre compte en fait qu’il est locataire sous plusieurs identités de plusieurs box et que à chaque fois, il y a un des box qui est pas loin des lieux d’effets.
Tandis que la police surveille ses moindres faits et gestes, un garagiste contacte le commissariat parce qu’il a reçu la visite d’un homme qui voulait faire adapter sa voiturette pour pouvoir tracter sa moto. Une grosse bécane, une Suzuki GSXR. Et ce n’est pas tout. Le garagiste se souvient très bien de son nom.
Le gars lui a laissé un chèque en bois. Il s’appelait Yony Palmier. sur présentation de photographie, il va nous reconnaître Palmier comme étant cet individu. Et au cours de cette audition, il va ajouter que lors des différentes visites que Y Palmier avait pu lui faire, lui avait également demandé comment faire pour se procurer une arme. Une info qui corrobore celle que récoltent des collègues chez des armuriers de la région.
Car à eux aussi, on leur parle d’un certain Yoni Palmier. Là encore, on nous décrit une personnalité atypique. C’est un monsieur qui visiblement essaie d’éviter à chaque fois le champ des caméras de surveillance du magasin qui lui a fait l’achat de masque à gaz, des bombes de gaz lacrymogène. [grognement] Visiblement cherche à chaque fois à se procurer ou des armes soumises à autorisation.
Un type louche, des armes, une Suzuki. Pas question de lui laisser le temps de faire une 5è victime. 14 avril 15h. Y Palmier sort de chez lui. Les hommes de la BRI lui tombent dessus, mais l’homme semble armé. Il porte une sacoche. Les policiers sautent sur le sac pour y découvrir un jouet, une petite voiture.
Un de mes collègues commence à s’y intéresser plus sérieusement. Il voit tout de suite que Yonny Palmier se met un petit peu à paniquer en lui disant “eouche pas, tu vas me l’abîmer.” Et il dit “Mais non, regarde, je regarde bien, ça m’intéresse ta voiture là.” il va finir par trouver un petit système qui permet de de d’enlever la carrosserie et dans la carrosserie, on va découvrir un un pistolet de type boulledog et ce pistolet est approvisionné et il peut tout à fait servir à tirer sur quelqu’un.
Une arme mais pas le 765 des crimes. La PJ fonce fouiller l’appartement de palmier mais à part un désordre indescriptible, toujours rien. et les perquisitions s’enchaînent à Draveille d’abord où Yoni Palmier a un autre appartement puis à Vierry Châtillon dans un box repéré pendant la filature. Et là enfin première récompense.
On va retrouver une moto 1000 GSXR modifié exactement celle qu’on cherchait. la moto mais Palmien n’a pas vraiment l’intention de collaborer. Quand on lui pose la question sur éventuellement s’il a des armes, il dit non, il est bloqué. On n’est pas sur quelqu’un qui qui se qui s’est fait interpeller et qui est prêt à coopérer.
À la PJ de Versailles, les policiers se préparent à interroger Johnny Palmier. L’enjeu est de taille. Pour le faire avouer et pour retrouver l’arme du crime, il ne reste que quelques heures avant la fin de la garde à vue. Conseillé par des psychologues, les policiers tentent d’abord de cerner le personnage.
On va essayer rapidement, l’un comme l’autre avec mon collègue, d’obtenir sa confiance et ça passe bien avec moi. On va découvrir un jeune homme traumatisé par le sucide de sa sœur qui s’était défénestré, qui visiblement était obèse quand il était petit, qui est devenu anorexique derrière, qui a une relation extrêmement complexe avec sa mère, qu’il a toujours été en recherche de l’affection de son père et on va découvrir que d’un point de vue sexuel et affectif, on est proche du néant.
Mais quand ils évoquent les faits, Palmier Lou voit, balade tout le monde. On est sur quelqu’un de très complexe sur le plan psychologique et également de plus intelligent qui veut bien faire croire. On lui pose une question et il vous amène toujours vers autre chose. Euh [grognement] toujours un côté très fuyant dans la manière de parler ou de dire “Je répondrai à ça plus tard”.
Il cherche d’abord à gagner du temps. C’est-à-dire que à chaque fois que les enquêteurs vont lui poser une question précise, il va répondre par un long temps de silence. Il va solliciter de pouvoir fumer une cigarette, de pouvoir aller aux toilettes. Et leur tourne. Les policiers n’ont plus que 24 heures.
Palmier n’a toujours rien lâché. Il décide donc de lui faire prendre l’air. Cette fois, il l’emmène dans l’immeuble que sa mère occupait il y a une dizaine d’années. C’est là que Y Palmier gare ses voiturettes. On va vider la poubelle et une douille de 7,65 de marque Geko va tomber de la poubelle. Et là, immédiatement, on saisit le laboratoire pour analyse et ça nous revient très très vite.
En quelques heures, ils ont fait un travail formidable. Bingo, c’est la même série que ce qui a été tiré. Alors là, pour nous, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il est cuit. Et le soir, on va se fâcher avec lui et puis on va finir par le faire moins psychologique et plus matériel. Cette fois finit les psychcriminologues.
Retour aux bonnes vieilles méthodes. Les policiers bombardent de palmiers de questions et ça marche en partie. Yoni reconnaît enfin un meurtre mais pas celui sur lequel il est interrogé. La meuf, elle se pointe et je lui tire dedans. Combien de fois ? Je ne sais plus, mais plusieurs fois. La meuf, Nathalie Davids et les trois autres. Les autres, il y a pas d’autres.
C’est la fin de la nuit, il est complètement épuisé. Donc, on va mettre fin à l’audition. Mais on a réussi à obtenir un petit peu d’explication et un un soupçon d’aveu. Le lendemain, les auditions reprennent. Les policiers n’ont toujours pas [raclement de gorge] le 765. Alors, ils insistent. Les palmiers leur parlent d’un troisème box.
Il nous explique que dans son trousseau de clé qui avait été découvert sur lui, il y a une clé sur un box où serait caché l’arme et il veut bien nous amener à ce box mais à la unique et seule condition que son avocat nous accompagne. Sans pouvoir respirer, nous voilà rendu sur l’autoroute conduisant à travail à 200 km/h en voiture banalisée, mais sur place, Johnny Palmier tente une marche arrière.
Il va essayer de nous jouer les ignorants en disant “Bah non, mais je me suis trompé, finalement, c’est pas là. Il est vraiment livide. On sent qu’il est très apeuré.” Donc on va se refâcher en lui disant si tu nous emmènes ici précisément c’est qu’il y a forcément quelque chose et puis il va finir par nous désigner le bon box.
Et là ça va être vraiment l’alue quoi. On va découvrir que c’est un box aménagé avec une petite medzanine. On va y trouver des gilets par bal donc un gilet par balle lourd. Un nécessaire pour se soigner avec du matériel médical tactique, de quoi se faire une perfusion, des médicaments, des du désinfectant, un lit, un réchaud, des provisions, des pièges au niveau de la porte et surtout dans une petite mallette métallique fermée par un cadma qu’on fait sauter bien évidemment parce qu’on se demande ce qu’il y a, on va
trouver un pain d’explosif. On trouve un nombre incalculable d’armes. Ça va d’une arbalette en passant par 2 765. Yonny Palmier va montrer un des de 765 en disant c’est l’arme du crime. Et là j’entends le commandant dire ça y est. avec un geste de soulagement collectif des policiers qui se tiennent comme ceci par les épaules.
Et nous avec Yony Palmier, nous sommes à l’avant d’une des voitures banalisées assistant à la scène. Le box est ouvert et je me dis quelque part c’est un petit peu de l’âme de mon client qui dans la pénombre du box vient de s’ouvrir. Et là nous basculons dans une toute autre dimension. À ce moment-là, on a l’impression qu’on l’a vraiment démasqué parce qu’il va lui-même changer d’attitude.
Autant au départ, il était à peu préstressé et là en fait il est posé, il répond plus. Puis moi un moment je vais être à côté et je vais lui dire “Mais tu tu te prépares à quoi là ? C’est quoi ce truc ?” Et il va sourire en fait, chose qu’il faisait pas beaucoup avant. Il va sourire, il va regarder ses chaussures, il va pas me répondre.
Et là, on comprend qu’il comptait pas s’arrêter là. Vous interrogez Y Palmier à l’issue de sa carte à vue ? Quelle impression il vous fait cet homme ? Vous savez que les gens ont le droit de garder le silence hein à l’interrogatoire de première compar évidemment ce qu’il a fait et on découvre quelqu’un de très surprenant un grand échamou qui qui se tient comme ça comme ça mais incroyable il était comme ça comme si ça le concernait pas et il fait il échappe quelques onomatopé du d’une d’une voix mourante. Ouais, je
Ouais, je garder le silence. Un truc comme ça. Bon, très bien. Bah, gardez le silence, hein. Là, vous le mettez en examen. Pourquoi ? Ah bah, pour les quatre assassinats naturellement. Pendant ce temps-là, Michel Courtois est toujours en prison. C’est toujours surprenant qu’une personne innocente s’accuse de quelque chose qu’elle a pas commis.
Mais là, vu le contexte, je pense que monsieur Courtois s’est laissé entraîner par ses propres mensonges. Euh, il avait il avait la crème des policiers autour de lui, de de la brigade criminelle de Versailles qui était autour de lui, qui était là, aller Michel. Et il s’est il s’est laissé aller. Il s’est laissé aller comme on peut faire le héros auprès de ses copains dans un bar.
Sauf qu’il a pas mesuré que faire le héros auprès des policiers en reconnaissant un assassinat, ça avait des conséquences autrement plus dramatiques que de que dire qu’on a sauvé quelqu’un sur le coin d’un comptoir de barre, quoi. Et puis il reste des choses à vérifier. À ce moment-là, il faut s’assurer qu’il n’y ait absolument aucun lien entre les deux.
On a récupéré l’arme du crime. Certes, on sait que les quatre sont sont faits avec la la même arme, mais on avait pas encore à ce moment-là l’explication des éléments scientifiques de Michel Courtois qui en plus s’était totalement fermé après le 4e assassinat et qui voulait plus répondre à aucune de nos questions. Ces éléments scientifiques, c’est la poudre relevée sur les blousons et le sac de Michel Courtois.
Une poudre dont les experts ont fini par déterminer la véritable origine. En réalité, il n’y a jamais eu de poudre d’arme à feu sur les vêtements de monsieur Courtois. Il y avait ce qu’on appelle des particules compatibles avec des résidus de tir. Ce qui signifie que ces particules pouvaient s’expliquer par d’autres raisons et notamment par l’activité professionnelle de monsieur Courtois.
Le fait de travailler dans le bâtiment et d’avoir euh du plomb du barium sur ses vêtements, bah ça concerne beaucoup beaucoup de gens. Si on devait arrêter toutes les personnes qui ont ces particules là sur leurs vêtements, les prisons seraient encore plus remplies qu’elles le sont aujourd’hui. Donc là encore, cette appréciation erronée, cette incompétence a conduit à un fiasco judiciaire.
Johnny Palmier vient d’être arrêté. À ce moment-là, vous vous dites “Ça y est, enfin exactement.” On s’est dit bon ça y est, tu vas sortir dans la semaine et non. Et donc vous allez rester combien de temps en prison après l’arrestation de Yonny Palmier ? Je crois c’est 2 mois et demi, 3 mois. Ça a dû vous sembler long.
Vous savez même si vous passez une journée, c’est très long. Quand vous passez 8 mois et demi en prison, c’est très long en sachant que vous avez rien fait. Et comment s’est passé votre sortie ? Très mal. Il était 20h c’est ça. Il était 20h. On m’a mis dehors comme ça comme une comme une merde. Ça je le pèse ce mot.
Vous en êtes où aujourd’hui ? [grognement] J’en suis c’est que les gens vous regardent d’une façon différente parce que il y a toujours une suspicion sur vous. Même quand vous êtes blanchi à ce point. Oui. Ouais. À cause de cette histoire. Je trouve plus de travail. Tu touch par mois. Faut que je me débrouille avec ça.
La justice m’a broyé. Les policiers ont leur tueur mais pas le mobile. Pourquoi Yony Palmnier a-t-il tué quatre personnes qu’il ne connaissait pas ? Comme ça froidement ? à 33 ans dans le quartier. Yoni était un peu spécial. Les gens le regardait un peu de travers. J’ai le souvenir d’un d’un grand garçon ombrageux, un peu grognon, qui se moquait un peu de de tout ce qui était les règles de vie normales.
C’est vrai qu’on voit de suite au premier abord que c’est quelqu’un qui est un peu qui a pas toute sa tête quoi. Voilà, c’est tout. Mais sinon après rien rien rien ne nous montre que ça peut être quelqu’un de violent ou quoi. Moi j’ai déjà joué au foot avec lui. Enfin un peu loufo un peu bizarre dans son comportement même avec la petite voiture quand il sortait du parking comme s’il était un peu isolé dans sa vue à lui.
Il était toujours tout seul souvent avec sa capuche qui retombait presque sur sa figure. Il était vraiment enfermé sans doute dans ses pensées et puis il crachait par terre et il était un peu comme un ours qui était mal dans sa peau, qui était pas bien. Ce malaise, Yoni l’a connu dès son plus jeune âge.
Benjamin d’une fraterie de neuf enfants, il raconte à la psychologue une enfance malheureuse entre une mère surprotectrice et un père absent. Il ira de lui. Bah, il venait à la maison, il me donnait une pièce de monnaie, il tirait son coup et il repartait. Laissant Yoni seul avec une mère envahissante. Son fils, c’est sa gratification.
C’est un petit dernier. Elle le met en avant un petit peu comme un enfin d’après ce qu’il dit, comme un singe savant ou en tout cas comme un objet. Euh je veux dire qu’elle qu’ la valorise. Sa mère lui dit de pas frayer avec les autres petits copains. Elle lui dit toujours “Te mélange pas aux autres, c’est sinon tu vas avoir des ennuis.
” Elle lui fait porter des vêtements qui lui plaisent à elle mais qui sont très différents et qui stigmatisent le gamin par rapport à à ses copains de classe. Il a l’impression d’être différent, il a l’impression d’être un peu matu et puis il a l’impression que que ça déclenche les footes de la part de ses petits copains qui souvent le prennent comme une tête de turc.
Petit grassouillé, Yoni vit l’école comme un calvaire. Il s’isole. À 15 ans, il n’a aucun copain. Il passe son temps dans sa chambre à jouer à la console. Il boit, il fume et n’a qu’une passion, la musique. Grâce à un voisin, il est engagé pour animer une émission dans une radio locale. Mais ça se passe mal. Il y a eu une altercation avec mon directeur des programmes, altercation assez violente.
Ça a été un échange de mots taper sur du mobilier de bureau, des choses comme ça. Et Yoni avait décidé que qu’il ne quitterait pas l’émission et que c’était comme ça et que c’était lui qui décidait. Sauf qu’à la fin, c’est nous qui décid. C’est dans cette radio qu’il tombe amoureux d’une fille qu’il va fréquenter 2 ans tout en continuant à habiter chez sa mère Haris Orangis.
il va mettre fin à la seule relation amoureuse qu’il aura de sa vie avec une femme. Il en fera porter la responsabilité à sa mère d’ailleurs qui selon lui n’aimait pas cette fille et il va avoir une altercation extrêmement violente avec sa mère au point que il sera quand même jugé et condamné et incarcéré 3 mois.
En fait, Yoni a poignardé sa mère de quatre coups de couteau. Il prend 18 mois de prison dans 6 mois fermes. Elle avait pas pour autant porté plainte. Quelqu’un d’autre avait dû porter plainte à sa place pour violence familiale et je crois qu’elle elle lui en veut toujours pas. Elle elle lui pardonne mais c’était le petit dernier.
C’était un peu le le l’enfant chérie, je crois. À sa sortie de prison, Palmier s’installe dans un immeuble à Draveille. Il a 25 ans et s’isole de plus en plus. À partir de là, il va développer une amitié avec une sorte de groupe dont on peut penser que c’est quand même un peu sectaire puisque ce groupe partage des rituels de purification [grognement] avec de l’autre cologne, des scarifications et le tout sur une sorte de fond de mysticisme.
Entre 2004 et 2005, l’état psychologique de palmier s’aggrave. Sans emploi, il traîne dans le quartier. Vie d’allocation et de petits trafic sous de fausses identités. Les condamnations tombent comme à gravelotte pour violence aggravée, port prohibé d’armes, escroquerie, menace de mort réitérée. Son casier judiciaire s’épéit.
Mais sa mère est toujours là pour lui malgré ses excès, l’alcool, la drogue, les régimes draconiens ponctuaient de séances de musculation arrassante. a dit probablement que il y a une lutte interne entre le bien et le mal puisque quand même ces rituels de purification y compris je dirais cette cette façon déraisonnable de se muscler pour quelque part purger tous les excès.
Bon, on voit quand même que quelque part derrière il y a un clivage profond entre ce qui est bien et ce qui est mal. Yonny Palmier est aussi dévoré par des troubles obsessionnels compulsifs des tocs. Ses mains étaient complètement lisses comme si comme si je dirais il y a plus d’empreinte digitale hein tellement il avait ses mains.
Il a du mal à avaler sa salive parce que ça le dégoûte. C’est quelqu’un qui au lieu d’avaler sa salive va recracher sa salive dans un mouchoir et faire une consommation assez hallucinante de mouchoir sur sur les interrogatoires. Tout ce qui est humeur, tout ce qui est liquide, sécrétion le dégoûte. Donc l’idée d’avaler sa salive lui est insupportable.
à forcerie, c’est enfin avoir des rapports sexuels avec une femme, c’est le même problème. Il y a des sécrétions. Un personnage inquiétant et dangereux, mais personne dans son entourage ne l’a jamais imaginé dans le costume du tueur de l’essonne. On l’avait jamais vu en moto. On le voyait au volant de sa petite voiturette qui qui roulait à 40 à l’heure sur son vélo et d’une manière quelquefois un petit peu l’équilibre minimum.
B, ça avait rien à voir avec euh la l’assurance, la solidité d’un motard qui sait ce qu’il fait, qui maîtrise une machine d’une puissance énorme. Il donnait des noms féminins à ses motos comme s’il s’agissait de petites copines, de ou de femmes. Donc on peut penser effectivement que le geste criminel pourrait constituer une sorte d’équivalent orgasmique ou extatique comme ce que ce passage à l’acte finalement équivaudrait symboliquement à une sorte d’orgasme.
Vous le réinterrogez. Est-ce qu’il parle cette fois ? Ah oui. Alors là il est extraordinairement bavard. On passe quasiment une journée avec lui. Euh, il nous raconte pourquoi sa vie est organisée avec des box dans lesquels on trouve euh des motos, des casques, des armes, des blousons, euh des mallettes d’explosifs, des L’arbalette était terrifiante. Des arbalettes.
Euh il a quatre adresses, il y a des papiers d’identité au nom de je sais plus combien de personnes. Et comment il justifie ça ? Ah bah, il arrive à expliquer tout. C’est inimaginable. et tout ça très calmement, toujours affalé sur son fauteuil, [grognement] il demande d’aller aux toilettes toutes les 3 minutes, il est très très calme.
Puis il dit “Bah oui, bah c’est normal, oui, ça c’est machin, ça c’est truc.” que alors il a une vie extrêmement agitée hein, il est victime de toutes sortes de trucs. Alors il porte plain de sans arrêt, il est victime d’usurpation, d’identité, de vol, de violent, de tout ce qu’on veut passe sa vie dans les commissariats.
Donc il y a toujours des bonnes raisons pour qu’il ait des armes, pour qu’il ait Alors, il a plus de permis parce que évidemment c’est un complot de la préfecture, je ne sais quoi donc il a des petites voiturettes. Alors pourquoi il en a deux ? Il explique c’était tout tout est logique.
En même temps, c’était pas crédible hein. On voyait bien que c’était que c’était n’importe quoi. Mais il il l’assurait avec un un appel et un calme et une évidence qui était quand même stupéfiante. Et comment il a pu se payer tout ça ? Ses voiturettes, moto, box et cetera. Bon, à mon avis, il faisait un petit peu de commerce de papier de faux papiers.
Et comment il explique les meurtres ? Ah ben il les explique pas. Bisquini là. On lui a pris son arme. Euh c’est quelqu’un qui l’a menacé parce que alors je sais plus quoi, c’est une histoire de papier à l’origine qui lui a euh cassé l’épaule. Euh donc c’est pour ça qu’il pouvait ni conduire sa moto ni euh ni tenir une arme qu’il a menacé de le tuer, qui l’a obligé à garder son arme dans son box là Barbus et voilà.
Mais c’est pas lui. Bah évidemment que c’est pas lui. Le 31 juillet 2012, moins de 4 mois après son incarcération, Yonny Palmier convoque son avocat. Il a quelque chose à lui remettre. Il s’agit d’une enveloppe adressée de l’extérieur visiblement datée du 25 juillet 2012 qui comporte une lettre dans laquelle quelqu’un de façon manuscrite se déclare être le véritable auteur des 3e et 4e fait.
Cette lettre ajoute les deux premiers meurtrite des potes. Cette lettre je l’ai ici. Elle est signéorka. J’ai manipulé Yoni. Je l’ai obligé à me garder des armes ainsi que le 765 qui a servi aux assassinats. Nous étions trois à procéder au crime dont moi Juviz a été fait par un pote. Lorsqu’on la relie attentivement apparaissent des détails qui n’apparaissaient pas dans la presse jusqu’alors.
Et cela signifie clairement que seul une personne qui a assisté au fait ou qui a commis de plus ou moins près les faits connaît de tels détails. À ce moment-là, je ne sais pas si elle est authentique ou pas. Dès le lendemain de cette visite, l’avocat se ren chez la juge d’instruction qui diligente plusieurs experts.
On va également aller chez la mère de Yoni Palmier et on va se rendre compte que les enveloppes qui sont utilisées sont les mêmes que celles que Yoni Palmier utilise quand il écrit à ses proches. Et puis sa mère va aussi nous remettre des un stylo que son fils lui avait donné lors d’un parloir. Et et là, l’expert est formel, c’est-à-dire que le stylo que Yoni Palmier a remis à sa mère, c’est le stylo qui a servi à écrire cette lettre.
Donc tous les éléments vont nous permettre d’affirmer que en fait, c’est Y Palmier qui a écrit cette lettre, qui l’a remise ensuite à sa mère en lui demandant de lui la poster à lui, sachant que sa mère ne savait absolument pas ce que contenait ce courrier à ce moment-là. Vous mettez sous le nez de Yonny Palmier les analyses qui prouvent qu’il est bien lui l’auteur de la lettre. Oui.
Oh bah là il est pas idiot hein. Donc il se défond très mollement. Il a tout de suite compris. Puis je pense je pense si son avocat lui expliqué que c’était pas la peine de raconter des fadèes. Il dit ouais il dit ouais c’est moi qui l’ai écrite. Ouais bah oui mais c’est là qui change de thèse. Et c’est quoi ces nouvelles thèse ? Ben c’est le groupement.
C’est des gens qui savent qu’il a beaucoup souffert dans sa vie et qui donc vont le venger. Mais ces gens-là, lui, il voulait simplement aller casser des os. Aller quoi ? Oui, exactement. On a fait pareil. Blessé quoi, j’imagine. Il a jamais voulu dire quoi. Il répétait frénétiquement casser des os. Mais casser des os [grognement] mais pas tuer.
Et là, c’est le groupement qui a qui a été au-delà. Il les a d’ailleurs réprimandé. Qu’est-ce qu’il raconte sur sa vie de si atroce que ça ? Il dit que quand il était petit, il était très malheureux, que sa mère ne se coupit pas du tout de lui. Et puis ensuite dans sa vie d’adulte, quand il allait dans un club de sport, il se faisait casser la figure.
Quand il sortait avec sa casaliniste la faisait voler, ses papiers étaient usurpés. Enfin, il était la victime permanente. [grognement] Alors, évidemment, on a vérifié tout ça, tout était faux. Donc, il s’est inventé. une vie de victime pour pouvoir s’en venger. Mais euh c’est pas lui qui se venge, c’est d’autres qui dépassent sa vengeance.
C’est eux qui vont au-delà. Il est jamais sorti de ça. Et les frasques de palmier ne sont pas terminés. 7 mois plus tard, le 3 mars 2013, il tente de s’évader de freine. Dans sa cellule, les surveillants retrouvent un Dranoué de 6,50, un crochet de suspension et un couteau artisanal. Palmier est transféré à la prison de Moth.
Les deux juges d’instruction auront tout tenté pour qu’il s’expliquent. Mais ces propos absurdes et son comportement déroutant auront parlé. à sa place. Moi, j’estime que il a reconnu sans reconnaître en fait. C’est-à-dire que la reconnaissance qui est de dire “Oui, j’ai fait ça pour telle et telle raison, ça c’est un raisonnement euh qu’on attend d’une personne logique et et raisonné.
” Mais sauf que pour commettre ce ces quatre assassinats de façon totalement gratuite, faut forcément avoir un fonctionnement qui est en dehors des schémas habituels. Moi, je trouve qu’à la fin d’interrogatoire, on sait pourquoi il l’a fait, on sait comment il l’a fait. On a tous ces éléments-là, sauf qu’on a pas cette phrase dite oui, c’est moi qui l’ai qui ai fait tout ça.
Johnny Palmier a continué à nier les faits jusqu’au terme de l’instruction. Pour les familles des victimes, le procès qui s’ouvre devant la cour d’assise d’Évri le 31 mars 2015 représente la toute dernière chance d’entendre ses explications. Il sait qu’il est attendu, il sait qu’on va attendre de lui beaucoup de réponses et la réponse à une seule question qui était le pourquoi.
Pourquoi ? Est-ce qu’il est passé à l’acte ? Et pourquoi est-ce qu’il a tué en fait chacune de ces quatre victimes ? gris, les mains dans les poches. Johnny Palmier continue de nier catégoriquement les quatre assassinats et il ne comprend pas pourquoi la justice s’acharne sur lui. Il est stressé, il sait que ses explications sont faibles.
Certaines personnes vont dire qu’il est désinvoltes. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il est bien plus facile de nier que de reconnaître des choses qui sont dramatiques. Se dire assassin, c’est quelque chose qui est très très compliqué. lui-même ne veut pas vivre avec cette étiquette audess. S’il se dit concerné par ces quatre assassinats, il n’en est pas l’auteur.
Interrogé par le président, il est prostré, souvent silencieux. C’est tout juste s’il admet être complice. Ce qui est frappant chez lui, c’est que il est un petit peu spectateur de son procès. C’est quelqu’un qui est dans son monde. D’ailleurs, un des experts nous a expliqué que il est dans une réalité qui n’est pas la nôtre.
Dans son box, on avait vraiment l’impression qu’il était complètement à part. Il est à la fois renfermé, il est mystérieux voire mystique, il a une attitude, il baisse la tête, il répond manière un peu particulière aux questions. Donc l’attitude qu’il a de manière générale est une attitude qui le desserre énormément. Propos décousu ou remarques agacées, Palmier ne fait pas avancer le procès.
Pour comprendre sa personnalité, sa famille est convoquée à la barre. ses frères et sœurs et sa mère Félicienne. À 81 ans, elle défend toujours son petit. On peut pas lui en tenir rigueur parce que c’est une maman. Je pense qu’elle est dans l’incapacité de pouvoir concevoir que son fils puisse être un assassin en série.
Elle dit que c’est quelqu’un qui ne qui peut pas faire de mal et elle le défend et elle minore un petit peu les faits dont elle a été victime. Les témoignages des familles éplorées, les questions de leurs avocats, tout glisse sur l’accusé qui campe sur sa version d’un groupement vengeur. Bonjour. On ne peut plus se contenter d’être dans le déni et dans l’esquive.
Il y a des charges, il y a des éléments matériels, il y a des éléments que l’enquête a amené, des auditions, des témoignages, des éléments scientifiques. Il faut qu’il s’explique par rapport à ça. L’avocat général tente de lui faire entendre raison. Il est temps de parler, monsieur Palmier. Vous devez vous expliquer. Il m’avait interpellé en disant que je le saoulais grave.
Enfin, je me souviens, c’était c’était son expression avec mes questions. Donc il a il a pu par moment effectivement faire montre de voilà d’une certaine agressivité ou d’une certaine exaspération. Et puis quand il est acculé, quand vraiment bon, on met vraiment tous les éléments qui prouvent que ça peut être que lui, mais dans ces cas-là, il se se réfugie dans sa bulle et on n plus accès on a plus accès à lui.
Les partis civiles ont beaucoup posé de questions pour essayer de comprendre est-ce que les victimes étaient choisies, est-ce que elles étaient suivies, est-ce que il y avait une explication, elles avaient pu le croiser, mal lui parler, enfin peu importe. Mais en tout cas, quelque chose qui permettait de comprendre et là-dessus là-dessus on n’ jamais eu de réponse.
Dans la deuxème semaine du procès, les experts psychiatres et psychologues se succèdent à la barre. Ce n’est pas un malade mental. Il n’est pas atteint de schizophrénie. Il n’entend pas des voix qui lui disent de procéder de cette manière. il est parfaitement responsable de ces actes. En revanche, il y a effectivement des troubles graves de la personnalité, un état limite, certains ont même parlé de psychose infantil, en tout cas une souffrance identitaire et un mépris qu’il lit dans le regard des autres qui
a entraîné chez lui cette haine des autres et cette envie de les tuer et d’avoir un un droit de vie et de mort sur eux. Alors que le procès touche à sa fin, le président de la cour d’assise présente une lettre que Palmier a écrite à l’expert psychiatre quelques jours avant l’audience. Palmier y confesse le premier assassinat.
Quand j’ai vu la victime à terre, j’ai ressenti un petit soulagement, y a-t-il écrit. Les avocats des partis civiles se précipitent alors dans la brèche pour lui faire avouer les autres. assassinat. On a cru pendant un instant que monsieur Palmier allait enfin céder et euh et bah tout simplement jouer carte sur table et avouer l’effet.
Mais il n’en a rien été et ça a été effectivement un grand moment de déception pour tout le monde. Le 16 avril 2015, au terme de 2 semaines de procès, l’avocate général réclame et obtient la réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de sûreté. assortie d’une mesure de rétention de sûreté, le maximum du maximum. Y Palmier est quelqu’un qui est difficilement réadaptable au curable, hein.
Donc effectivement, je pense que quelqu’un comme Yoni Palmier, voilà, devrait rester, voilà le plus longtemps possible en détention. Cette rétention de sûreté, c’est une mesure assez récente. Oui, elle est relativement récente. Elle a été instauré en 2008 sous le quinquenad Nicolas Sarkozy après le viol d’un enfant à Roubet par un pédophile récidiviste qui s’appelle Francis Evrard.
Alors cette rétention de sûreté, elle permet de garder enfermé des personnes qui ont été condamnées à plus de 15 ans de prison et dont on considère quand elles ont purgé leurs peines qu’elles sont encore extrêmement dangereuses. Elle est reconductible d’année en année cette rétention de sûreté. Donc en fait c’est une peine qui permet de garder des gens enfermés indéfiniment.
Et combien de personnes sont concernées par cette mesure ? Alors en 2015, l’administration pénitentiaire donnait ce chiffre 5q personnes. En fait c’est une espèce de perpétuité réelle pour Yoni Palmier. Il a rien à perdre et il fait appel. Oui, il fait appel et son procès s’ouvre devant la cour d’assise de Paris le 13 mars 2017.
Les familles vont arriver avec une colère parce que recommencer ça, reparler de tout ça, une colère énorme et en même temps une attente. Peut-être il y aura-t-il un commencement d’explication ? Et cette fois-ci, Yoni Palmier à vous. Les quatre crimes, c’est lui. Je reconnais tous les faits. Je répondrai à vos questions dans la mesure du possible.
J’ai agi de manière disproportionnée à des agressions. J’ai pris des victimes au hasard. Les premiers aveux complets. Mais les familles devront se faire une raison. Palmier n’ira pas plus loin. Très rapidement, on a compris que la question de pourquoi avez-vous fait ça n’allait pas avoir beaucoup plus de réponse que ce qu’on avait eu auparavant.
Et après, à mon avis, les explications nous sont données notamment par les experts qui ont parlé quand même de tueurs en série, de besoin de tuer et de caractère extrêmement répétitif et très dangereux de de monsieur Palmier. Au terme d’un procès long et ennuyeux, l’avocat général demande la peine maximale comme en première instance, mais le jury se montre un tout petit peu plus clément.
Perpétuité avec 22 ans de sûreté. Dionnie Palmier accueille sa condamnation les yeux dans le vague, la tête dans les épaules. Cette fois, il échappe à la rétention de sûreté. Peut-être parce qu’il a consenti à des aveux.