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Le Sang de la Main : Quand la Fortune réclame son dû, le prix du silence est une éternité de terreur

Le Sang de la Main : Quand la Fortune réclame son dû, le prix du silence est une éternité de terreur

Ils ont hérité d’une main maudite.  Ils ont appris que leur richesse dépendait d’un seul choix. Refuser signifiait tout perdre. Alors quelqu’un a fait en sorte qu’un autre  accepte à sa place. Ce qui s’est passé ensuite n’était pas prévu. Bienvenue sur les histoires de Flo. Dive. La chambre d’enguer était plongée dans la pénombre.

 Godfroid se  tenait près de la fenêtre. Isold, assise au bord du lit observait la poitrine de leur père qui se soulevait difficilement. Amori restait en retrait, adossé au mur, les bras croisés, mal à l’aise dans ce silence. En guérant, ouvrit les yeux. Son regard semblait chercher quelque chose au plafond avant de redescendre vers ses enfants.

 “Fermer la porte”, murmura-t-il. Godefroid obéit sans poser de  questions. Le clic de la serrure raisonna dans la pièce comme un bruit déplacé. Engérant attendit quelques secondes comme s’il vérifiait que personne d’autre ne pouvait entendre.  Vous devez savoir avant que je parte. Isold se pencha légèrement.

 Papa, tu dois te reposer. Non, si je meurs sans vous le dire, vous ne comprendrez pas et ce sera pire. Amori prit un air fermé. Comprendre quoi ? Chaque respiration d’enguérant semblant lui coûter. Ce que vous avez, cette maison, l’argent,  tout ça, ça ne vient pas du travail. Godfroid esquissa un sourire nerveux.  “Tu plaisantes ?” “Absolument pas.” La réponse tomba sèchement.

 Eng guérerant fixa Amori. “Dans cette maison, il y a quelque  chose. Quelque chose qui a été gardé bien avant moi, bien avant mon père.” Isso sentit un frisson lui parcourir. Quelque chose comme quoi en guerérant avala difficilement sa salive. Une main. Amori lâchale. Une main. Une main humaine conservée, protégée, transmise.

 “Tu veux dire  une relique ? Un truc symbolique ?” demanda froid en guérant secou la tête.  “Non, une vraie main ?” Personne ne répondit. Même l’air semblait suspendue. “Elle est ici dans la maison, continua-t-il. Elle a toujours été ici. Et quelqu’un doit la garder. Quelqu’un doit continuer.

” Isold se redressa légèrement. “Continuez  quoi ?” “Le rituel.” Amori lâchare nerveux. Papa,  tu délires. Le regard d’enguérant se durcit. Je ne délire pas. Si le rituel s’arrête, la richesse disparaît. Et autre chose commence. Et tu veux qu’on fasse quoi exactement ? Demanda Gottefroid.

 Eng guérant tourna la tête vers Amori.  C’est toi ? Moi quoi ? Demanda Amori, le plus jeune est toujours choisi répondit le père. Non, non, attends. Pourquoi moi ?  Eng guérant répondit calmement. Parce que c’est comme ça depuis le début. Mais si le plus jeune refuse, l’héritage passe au suivant. Je ne ferai rien de tout ça.

 Les yeux d’enguerant semblaient s’assombrir. Vous devez comprendre d’où ça vient,  sinon vous allez commettre une erreur. Il ferma les yeux quelques secondes, puis reprit la voix plus basse. Tout a commencé avec mon grand-père.  En guérant parlait comme s’il revivait chaque scène. Mon grand-père était pauvre, pauvre au point de ne pas manger tous les jours.

 La maison tombait en ruine. Les dettes s’accumulaient. La pièce sembla se refroidir imperceptiblement. La  pluie tombait sans interruption depuis deux jours. Maturin le grand-père restait assis devant la table en bois, observant ses mains.  On frappa à la porte. Il ouvrit. Un homme se tenait là.

 Vous avez demandé de l’aide,  dit-il calmement. Entrez, dit Maturain avec hésitation. L’homme s’assit. Vous voulez de l’argent et je peux vous le donner. En échange de quoi ? Demanda Maturin. L’homme le fixa longuement.  D’un sacrifice. Pas un animal. Quelqu’un de votre sang. Maturin inséra les mâchoires. Je n’ai que ma mère.

 L’homme approuva de la tête.  Alors c’est elle. Maturin ne dit rien. L’homme posa un petit tissu rouge sur la table. Quand ce sera fait, gardez la main droite, elle  portera la richesse. Il se leva. Après ça, je reviendrai et plus rien ne sera comme avant. Il sortit sans attendre de réponse.

 Une semaine plus tard, la vieille femme arriva. “Tu voulais me voir ?” demanda-t-elle.  “Oui, pour une bénédiction. J’ai trouvé quelqu’un qui peut nous aider. Elle sourit. Enfin, une bonne nouvelle. La nuit tomba rapidement. On ne vit plus la vieille femme sortir. Elle a été sacrifiée par son fils. Le lendemain  matin, Maturin était assis devant la table.

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 Devant lui, enveloppé dans un tissu humide, reposait une main humaine. Quelques jours plus tard, l’argent arriva. Puis les affaires, les terres, l’influence. La richesse s’installa brutalement. La main, elle, ne quitta jamais la maison. Depuis, elle est restée dans  la famille, conclut en guerérant. Non, non, c’est impossible, dit à Amori.

  Un bruit sourd retit sous le lit. Godefroid se pencha. Il y a une boîte. Il l’attira lentement et l’ouvrit.  Une main noire desséchée reposait à l’intérieur. Enguérant, murmura à peine. Maintenant,  vous comprenez. Sa respiration s’arrêta. Personne ne parla pendant plusieurs secondes après la mort d’Enguérant.

Gotfroid referma la boîte.  Le bois grinça sous la pression de ses doigts. Isold restait là, les yeux rivés sur la boîte.  Amori, lui ne regardait plus. Il fixait le sol. “On ne va pas garder ça ici”, dit-il finalement.  Gottefroid posa la boîte sur la table de chevet. “On va réfléchir calmement.

” “Non, dit Amori, on ne réfléchit pas, on jette ça.” Isold leva les yeux vers lui. C’est peut-être juste une histoire. Papa  délirait. Amori la regarda. “Tu crois vraiment ça ?” Elle ne répondit pas. “On vient de perdre notre père. On ne va pas prendre une décision maintenant, dit Gfroid. Faites ce que vous voulez, ajouta Amori, moi je ne touche pas à ça.

Et ne comptez pas sur moi. Je serai déjà parti. Il quitta la chambre sans attendre. Le couloir lui sembla plus long que d’habitude. Il descendit les escaliers rapidement, entra dans le salon et s’assit,  les mains tremblantes. Il avait l’impression d’avoir ramené avec lui quelque chose d’invisible.

  Quelques minutes plus tard, Iold descendit. Tu pars vraiment ? Oui, c’est décidé. Tu vas abandonner tout ça ? Il regarda autour de lui. Les meubles, la maison, les tableaux.  Oui, pour une histoire, lança Isold. Amori répondit calmement pour ne pas finir comme eux. Isold ne trouva rien à répondre.

 Après l’enterrement d’Angueran, Amori monta dans sa chambre pour préparer  ses affaires. Chaque geste était rapide. Il voulait partir avant de changer d’avis. En refermant la valise, il remarqua quelque chose sur le sol,  une trace sombre comme une tache humide. Il passa la main dessus. C’était de la terre.

 Il regarda autour de lui. La fenêtre était fermée, la porte aussi. Il posa la valise sur le lit et continua à ranger ce qu’il pouvait. Quelques minutes plus tard, un bruit raisonna derrière lui. Il se retourna.  La valise venait de tomber. Pourtant, il l’avait posé au centre du lit. Il s’approcha lentement et la releva.

 Elle semblait plus lourde. Il l’ouvrit. À l’intérieur, entre ses vêtements, se trouvait une poignée de terre humide. Et au centre du matelas, une empreinte fine apparaissait lentement comme si cinq doigts invisibles s’étaient posés là.  Il sortit précipitamment de la chambre et dormit au salon.

 À l’aube, Amori descendit avec sa valise. Godfroid était déjà réveillé. “Tu es sûr ?” demanda-t-il. Amori fit oui de la tête. “Tu ne reviendras pas ?” “Non.” Isold apparut derrière lui. “Tu nous laisses seul avec ça ?” Amori répondit sans se retourner. “Je vous laisse avec votre choix. Je ne prends rien, gardez tout.

Je préfère perdre la richesse que garder ce qu’il a acheté. Il quitta la  maison. Après la mort de son père, Godfroid avait espéré que tout irait mieux. Au  contraire, les choses commencèrent à se ralentir. D’abord, un client important demanda à repousser une signature déjà prévue. Puis une commande fut annulée sans explication.

  Isold tenta de rester calme, mais elle le remarqua rapidement. Les jours suivants confirmèrent l’impression. Le premier signe arriva pour Godfroid  en fin d’après-midi. Il montait l’escalier lorsque son regarda sur le couloir de l’étage. La porte de la chambre d’enguer était entrouverte. Il était pourtant certain de l’avoir fermé. Il s’approcha.

 Arrivé devant la porte, il s’arrêta. Quelqu’un se tenait à l’intérieur, une silhouette assise au bord du lit. “Papa, appela-t-il.  La silhouette ne bougea pas. Il poussa la porte d’un coup. La chambre était vide. La nuit suivante, Isold dormit mal. Elle rêva de leur père debout dans le couloir,  la regardant.

 Il leva lentement la main puis pointa la porte de sa chambre. Isold se réveilla brusquement. Le matin, elle trouva froid dans la cuisine. Il avait l’air fatigué. “Tu as mal dormi ?” demanda-t-elle.  “J’ai cru voir papa dans sa chambre. “Moi aussi, réponditold.” Godfroid leva les yeux.

 “Comment ça ? Je l’ai vu en rêve.” Il ne disait rien. Il montrait  sa chambre. Les deux se regardèrent sans mots. Isold évitait désormais la chambre de leur père. Les affaires continuèrent de ralentir.  Isold posa finalement la question : “Tu crois que c’est lié ?” “Je ne sais pas, mais papa disait que si personne ne continuait, commençaid,  il ne termina pas sa phrase, isso de compris.

 Tu penses à la main ?” “Amori devait accepter. Il a refusé”, dit Gfroid.  “Donc, ajouta Isold doucement. Quelqu’un d’autre doit le faire.” Godfroid la regarda. Tu pourrais le faire puisque tu es la cadette. Si le Benjamin refuse, ça te revient. Isole de secouoi immédiatement la tête.  Non. Comment ça non ? Demanda son frère.

Parce que ce n’est pas pour moi. Papa a choisi Amori, pas moi. Et avant lui, c’était toujours des hommes. “Papa n’a jamais dit ça”, répondit Gofroid.  Il n’avait pas besoin. Regarde son père, son grand-père, toujours transmis de père en fils, jamais à une femme.  Donc après Amori, c’est toi ! Conclut-elle.

 Tu en es sûr ? Demanda son frère. Oui,  si ça devait être moi, papa l’aurait dit. Godfroid baissa les yeux. Et si tu te trompais ? Isold répondit doucement. Alors, on le saura vite. La nuit tomba. Godfroid resta longtemps assis dans le salon. Les paroles de sa sœur tournaient dans  sa tête. L’image de leur père dans la chambre revenait sans cesse.

Vers minuit, il se leva,  se dirigea vers la chambre d’enguérant et ferma la porte derrière lui. Il s’assit sur le sol, posa la boîte devant lui et l’ouvrit. La main enveloppée dans le tissu rouge apparut. Godfroid  prit une inspiration. Je suis Godfroid, fils d’engueran, petit fils de Maturin. Sa voix tremblait légèrement.

Amori a refusé. Alors, j’accepte à sa place. Il fixa la main.  Je prends l’héritage, je garde la main, je ne l’abandonnerai pas. L’air devint soudain plus froid, une odeur de terre humide apparut dans la pièce. Il crut entendre un léger frottement derrière lui. Il ne se retourna pas et continua. J’accepte ce qui vient avec.

  Le tissu rouge sembla se tendre légèrement autour des doigts. God froid retint son souffle. Un craquement  discret retentit près du lit. Il tourna la tête. Le matelas venait de s’enfoncer  légèrement comme si quelqu’un venait de s’asseoir. God froid tremblant. referma la boîte, se releva et sortit sans regarder derrière lui.

 Le lendemain du rituel, rien ne changea, du moins  en apparence. Godfroid ne parla pas de ce qu’il avait fait. Izold ne posa aucune question. La journée se déroula normalement. Ce ne fut que plusieurs jours plus tard que les premiers signes apparurent. Une dette ancienne remboursée, une opportunité commerciale qu’il pensait perdue.

  Iold releva la tête surprise. C’est étrange, dit-elle. Peut-être que ça reprend, répondit Gfroid. Isold recommença à sortir, à répondre à des invitations, à planifier des projets. Elle retrouvait la légèreté qu’elle avait perdu depuis la mort de leur père. Godefroid aussi profitait de ce retour inattendu.

  Il rouvrit un projet qu’il avait abandonné. Investit dans plusieurs affaires, les réussites s’enchaînaient sans résistance.  Ils dînèrent ensemble, évoquant l’avenir, les investissements. Pendant quelques mois, la maison retrouva une atmosphère presque normal. Un jour, Isold monta dans la chambre d’enguer pour la première fois depuis des mois.

Elle voulait récupérer quelques documents. La pièce était restée telle qu’elle.  La boîte était toujours sur la table. Isold s’arrêta devant, hésita puis l’ouvrit. La main enveloppée de tissus rouge reposait à l’intérieur. Elle referma immédiatement.  “Je ne veux pas savoir”, murmura-t-elle.

 Elle se détourna et quitta la pièce rapidement. Puis les choses  commencèrent à changer. Subtilement, Godfroid dormait moins. Isold le remarqua. Tu travailles trop. Non,  répondit-il. J’ai juste du mal à me reposer. Il ne parla pas du reste. Une nuit, il se réveilla brusquement avec l’impression que quelqu’un venait de quitter  sa chambre.

 Il resta immobile, écoutant, rien. Mais la sensation persistait. Les jours suivants, il continua à profiter de la richesse,  mais son comportement changeait. Un soir, Isold le trouva assis dans le salon, les yeux fixés devant. Tu vas bien ?  Il répondit après quelques secondes. Tu n’as jamais l’impression que quelque chose attend ? Isold hésita.

 Attendre quoi ? Je ne sais pas, dit-il. Mais il devenait plus nerveux. Une nuit, Godfroid se tenait devant la chambre d’enguérant. Il repensa au mot d’Isold. Ce sont toujours des hommes, mais quelque chose dans la voix de son père lui revenait. Le plus jeune, puis celui qui vient avant. Il n’en était plus certain.

 Quelques jours plus tard, un bruit réveilla Isold.  Elle sortit immédiatement de sa chambre. La porte de la chambre de leur père était ouverte. Gofroid ? Aucune réponse. Elle entra. Gottefroid était allongée sur le sol près  du lit. Isol s’approcha en tremblant. Gotte froid. Elle posa sa main sur son épaule. Froide.

  Elle chercha sa respiration. Rien. Son regard descendit lentement vers son ventre.  Sous sa tenue, une forme sombre apparaissait. Elle souleva le tissu, une empreinte de mains, cinq doigts enfoncés dans  la peau. Isold recula brusquement. La boîte était ouverte, la main reposait à l’intérieur mais le tissu était légèrement desserré.

 Elle sentit immédiatement qu’elle n’était plus seule. Une pensée la traversa brutalement. Amorit, puis  elle pas froid, une angoisse sourde lui tordit le ventre. “Non”, murmura-t-elle. C’était à moi. Après la mort de Gottefroid, la maison devint insupportablement silencieuse. Isold pensa à Amori. Elle composa son numéro.

Il répondit après plusieurs sonneries.  Allô Amori, c’est moi. Tout va bien ? Demanda son frère. Elle hésita. Non. Elle expliqua brièvement. La mort de Gfroid. Amori répondit calmement. Tu sais pourquoi ?  Isole de fer mal les yeux. Je ne veux pas faire ça. Alors ne le fais pas, dit son  frère.

 Et tout perdre ? lança-telle. “J’ai tout perdu”, dit Amori et je dors tranquille.  “Tu ne reviendras pas ?” “Non, jamais !” La ligne coupa. Isold ne montait plus à l’étage. Elle évitait le couloir. Elle ne passait devant la chambre d’enguer qu’en retenant sa respiration. Pendant quelques jours, elle tenta d’ignorer l’existence de la boîte.

 Puis un événement plus grave arriva.  L’un de leurs entrepôts prit feu au milieu de la nuit. Le gardien jura avoir vu quelqu’un entrer puis disparaître.  Quand Isold arriva sur place, tout était déjà détruit. Le téléphone vibra dans sa main.  Une autre mauvaise nouvelle. Tout s’effondrait.

 Cette nuit-là, Isold resta seul dans la maison. Vers minuit, un bruit la tira de sa torpeur.  Un frottement irrégulier. Elle releva la tête et tenta de se convaincre que c’était le bois, le vent, n’importe quoi. Le bruit recommença. Un glissement, puis un arrêt.  Elle se leva lentement. Il n’y a rien ! Murmura-t-elle.

 Le couloir était à moitié plongé dans l’obscurité. La porte de la chambre d’enguérant était fermée mais quelque  chose dépassait sous la porte. Une ombre ? Non, pas une ombre. Une forme  isolde s’approcha. Le bruit reprit. Un frottement contre le mur. Elle s’arrêta à  quelques pas.

 Puis la porte s’ouvrit d’un coup toute seule. Isold sentit son cœur accéléré. La pièce était sombre. La boîte était ouverte sur la table et sur le sol  quelque chose bougeait. Isol demis quelques secondes à comprendre. La main,  elle avançait, les doigts se pliaient puis tiraient, elle rampait.  Iold fit un pas en arrière immédiatement.

 La main s’immobilisa puis les doigts se retournèrent lentement vers la table  comme si elle montrait la boîte. Le silence retomba brutalement. Isold courut jusqu’à sa chambre, prit quelques affaires et partit sans même regarder derrière elle. Elle réserva une chambre dans un hôtel à l’autre bout de la ville. La première nuit, elle dormit profondément.

 Au matin,  elle respira enfin. Ce n’était que cette maison souffla-t-elle. Elle tenta de reprendre une routine normale, mais les mauvaises nouvelles continuaient.  Le quatrième jour, elle était allongée sur le lit, tentant de dormir. La lumière était éteinte.  Puis elle sentit quelque chose, une pression légère autour de son cou.

 La pression augmenta.  Elle porta immédiatement ses mains à sa gorge. Elle ne tenait rien. Pourtant, quelque chose serrait. Ses yeux s’écarquillèrent.  Elle tenta de respirer, impossible. Elle se redressa. La pression disparut Isold à. Elle se leva et alluma la lumière. Elle alla dans la salle de bain, se regarda dans le miroir.

 Une marque apparaissait sur son cou. Cinq traces fines  comme des doigts. Isolte sortie rapidement de la salle de bain et c’est là qu’elle les vit.  Trois silhouettes debout dans la chambre, près de la porte d’entrée. La première ressemblait à Gottefroid, la seconde à Engéran. La troisième, ressemblant à une femme, était plus floue,  plus ancienne.

 Il ne bougeait pas, il la regardait. Isole de secou la tête. Vous n’êtes pas là. Puis lentement, Godfroid pointa le doigt en montrant son coup. Les autres firent la même chose.  Isold fit quelques pas en arrière jusqu’à heurter le mur. Arrêter, les silhouettes ne bougeaient plus.

 La pression revint brutalement autour de son cou. Plus forte que la première fois, Isold tomba à genou, tentant de respirer. Sa vision se troubla. “Pourquoi moi ?” réussit-elle à murmurer. “Pourquoi vous me poursuivez ?” La pression se relâcha légèrement. La silhouette qui ressemblait à une femme bougea la tête.  Sa bouche s’ouvrit. Un son sorti, déformé.

 “Tu as pris ! Isole de se quoi la tête !”  Amori est parti. Il a refusé. Pourquoi pas lui ? Les trois silhouettes levèrent lentement la tête vers elle.  Il a tout laissé et toi, tu as vécu avec. En sachant très bien d’où venait cette richesse. Tu en as profité et maintenant tu veux fuir.

 Les doigts invisibles se resserrèrent. Isole suffoca. Elle comprit.  Si elle ne retournait pas prendre la main, elle allait mourir. La pression disparut soudainement. Les silhouettes  aussi. La chambre redevint normale. Isold resta au sol à le tente. Elle prit la route de la maison le soir même.

 Ses doigts  tremblaient encore sur le volant. Sans cesse, elle portait la main à son cou comme si les marques étaient toujours là. La maison apparut enfin.  Elle monta directement à l’étage sans un regard autour d’elle, sans s’arrêter. Son esprit tournait encore. L’ordre avait été brisé. Amori, puis  elle, puis seulement Gottefroid.

 Est-ce que la main accepterait encore ? Ou était-il déjà trop tard ? La boîte reposait sur la table. À minuit, elle s’assit au sol et entama le rituel  comme l’avait fait son frère. Après avoir accepté la main, tout changea, la vie continua, les mois passèrent. Isold retrouva son rythme.  Au fil du temps, la peur s’effaça.

 La douleur commença un matin ordinaire. Une gêne légère dans le ventre, Isold n’y prêta pas attention.  Elle continua sa journée. Quelques jours plus tard, elle remarqua une petite marque sous le nombril.  Une tache rouge. Le lendemain, la tâche s’était élargie, une plaie superficielle.

 Elle  consulta. Rien d’inquiétant, dit le médecin. Isold rentra chez elle. Mais la nuit suivante, la douleur devint plus profonde, comme quelque chose  qui poussait. La peau autour de la plaie se souleva légèrement. Elle fixa son ventre. La plaie s’élargissait, s’en saignait, sans infection.  Les jours suivants devinrent insupportables.

 Les médecins ne comprenaient pas. Ide parcourait les hôpitaux. Mais la douleur augmentait. Elle ne  sortait presque plus. Les traitements échouaient les uns après les autres. Pendant ce temps, Amori poursuivait sa vie ailleurs. La vie était difficile mais calme. Il recevait parfois les appels d’Isold de plus en plus affaibli qui lui demandait de revenir pour l’aider.

 Mais malgré son hésitation,  il refusait calmement, lui rappelant qu’elle avait choisi de rester et d’assumer l’héritage. Isole de passer la plupart du temps allongé, fatigué, attendant simplement que son dernier  jour arrive. Refuser une richesse injuste peut coûter cher, mais l’accepter coûte parfois beaucoup plus.

Tout ce qui est transmis  n’est pas forcément un héritage. Cela peut aussi être une dette. Certaines décisions ne font pas de bruit,  mais leurs conséquences, elles durent toute une vie.