La police sous le choc : la carte professionnelle de l’OMS du tueur, surnommé le « Docteur » Romand, n’était qu’une supercherie orchestrée pendant près de vingt ans pour tromper sa famille et financer son train de vie fastueux.

Jean-Claude Roman, le docteur roman, 39 ans, marié, père de deux beaux enfants. C’était un brillant médecin, chercheur à l’Organisation mondiale de la santé, notable aussi dans son village de Prèfsin près de la frontière suisse et modeste avec ça. Pas le genre flambeur, pas le type a étalé sa science.
un ami, un voisin, un fils, un mari, un papa idéal jusqu’à ce que le 9 janvier 93, il montre son vrai visage. Ce jour-là, il tue sa femme, son fils, sa fille, son père et sa mère. Un carnage prémédité est réalisé de sang froid. Tous ceux qui l’ont connu ne comprennent pas. Ils ne sont pas au bout de leur surprise. Prêve sain dans le département de l’IN.
On est à deux pas de la frontière suisse. Ici vivent surtout des fonctionnaires internationaux qui travaillent à Genève. C’est ici qu’habitent les romans. Jean-Claude, 39 ans, brillant chercheur, spécialiste en cardiologie, sa femme Florence 37 ans et leurs deux enfants Antoine 5 ans et Caroline 7 ans. Une famille en apparence heureuse.
Lundi 11 janvier 93 4h du matin, la sirène incendie retentit au milieu de la nuit. La maison de la famille Roman est en flamme. En 10 minutes, les pompiers sont sur place. Le feu dévore déjà la toiture. Ils font tout de suite le tour de la maison pour trouver un moyen d’entrer. Là, on constate tout est fermé.
On va pénétrer de toute façon, mais il va falloir qu’on qu’on force les volets et les portes. Les pompiers commencent à défoncer les porte et puis ils aperçoivent un volet entrouvert au premier étage. Il déploi la grande échelle et l’un d’eux monte avec une lance à eau. Il arrose et là, il y avait beaucoup de fumée quand même.
Il voit une forme qui réagit à la à l’eau qui lui tombe dessus. Et en fait, il s’agissait de monsieur Roman. Le docteur Roman est inconscient mais il respire. Il est immédiatement évacué vers l’hôpital le plus proche. Pour Florence, sa femme, c’est trop tard. Elle a le crâne fracassé. La première chose qui nous vient à l’esprit, c’est qu’elle a dû recevoir des gravasses sur la tête comme ça se passe dans ce quelque fois dans ce type d’incendie et notamment là puisque le une partie du du plafond s’était écroulé, une partie de la toiture
s’était écroulée et qu’on avait retrouvé des débris dans dans la chambre. Et puis il y a les enfants Antoine et Caroline pour eux aussi. C’est trop tard. Jean-Claude Roman est transporté vers l’hôpital de Genève. Il est en vie mais son état est critique. La famille de Florence Roman est immédiatement prévenue.
Tout le monde est mort dans l’incendie, sauf Jean-Claude. Il est clair que se dire qu’il n’a plus ni femme ni enfant, se dire il est tout seul, comment va-t-il réagir ? Comment va-t-il se réveiller après avoir été dans le coma ou je ne sais pas, j’ai pas beaucoup d’éléments mais c’est le seul qui reste en vie.
C’est clair qu’à ce moment-là, ma première pensée a été dire le pauvre, comment va-t-il faire ? Il faut aussi avertir les parents de Jean-Claude Roman avec prudence car ils sont âgés. Ils habitent Clairvu les Lacs, un village du Jura à 85 km du lieu de l’incendie. Pas facile de leur annoncer la nouvelle. La maman de Jean-Claude, Anne-Marie est cardiaque.
C’est la famille de Jean-Claude Roman, prévenue par des gens du pays de J du drame qui s’était qui s’était joué, qui se présentent à la maison, qui frappent, qui s’étonnent qu’on ne répond pas. C’est la famille donc qui se sentent autorisé à fracturer la porte. Et là, l’horreur, il découvre sous découverture les corps d’Anne-Marie et d’aimé Roman étendu sur le sol, baignant dans des marses de sang.
Tous les deux ont été criblés de balle. Leur chien n’a pas échappé au carnage. Sur place, les enquêteurs ne peuvent pas manquer de relev que monsieur et madame Roman ont été tués par mal dans le dos. C’est-à-dire qu’ tournit le dos à leur agresseur, qu’il y a aucun désordre apparent, euh qu’à priori il y a pas eu de cambriolage, il y a pas eu de vol, il y a pas eu de scène de violence.
C’est bizarre, la porte d’entrée est fermée à clé de l’intérieur. Près des corps, les gendarmes retrouvent des douilles de van de long rifle et justement dans la maison, il y a une carabine de ce calibre. Elle est propre, rangée dans son ratelier. Les gendarmes la saisissent pour expertise. Pendant ce temps à Prêin, les gendarmes fouillent les décombres de la maison des romans.
Le feu semble avoir pris à la fois dans le grenier, dans la chambre des enfants et dans la cage d’escalier. Et dans la maison, il y a des bidons d’essence. On a plusieurs foyers de départ de feu. On a présence d’hydrocarbure dans toute la maison, y compris sur les la litterie, les vêtements, enfin les pyjamas des enfants de monsieur Roman.
On a des jicanes d’essence. C’est autant d’éléments qui permettent de dire que ça peut pas être autre que criminel. Vers 9h du matin, les gendarmes se rendent à la morgue pour examiner les corps. Sur les enfants, Antoine et Caroline, ils remarquent des traces de balles de petits calibres. Les balles qui ont tué les deux enfants sont a priori, sans attendre l’expertise de même nature, les mêmes douilles quoi, percuté par la même arme que celle qui a servi à tuer les parents roman à Clairveau. Donc
elles sont immédiatement envoyées au labou pour expertise mais dès le début, on a le sentiment qu’on est en présence de la même arme, donc du même pueur. Dans la chambre des parents, là où a été retrouvé le docteur Roman, un détail intrigue les gendarmes. On a mis des vêtements sous la porte comme si on avait voulu calefeutrer la pièce de l’intérieur.
Quant aux portes de la maison toutes sont fermé à clés de l’intérieur elles aussi. Les portes fermées dans un incendie criminel, c’est étonnant parce qu’en fait elles empêchent la propagation du feu. Elles retardent la propagation du feu. Alors qu’habituellement dans un incendie criminel, le criminel, il a plutôt envie que ça s’en plam le plus vite possible et le plus totalement possible.
Or, la personne qui aurait pu fermer les portes à clés et calefeutrer la chambre, c’est le seul survivant, le docteur Roman. On le croyait rescapé par miracle, le voilà suspect. Pendant ce temps-là, à Clervolé Lac, là où sont morts les parents, les gendarmes font le tour des voisins. L’équipe d’enquêteur de du Jura apprend que sa voiture a été vue, qu’il a déjeuné avec ses parents, donc qu’il était présent et que a priori pour l’instant on ne trouve pas de témoin qui ait vu les parents après son départ.
Le docteur Roman serait donc la dernière personne à avoir vu ses parents vivant. Jean-Ive Coquilla, à l’époque, vous êtes le substitut du procureur en charge du dossier. Évidemment, vous allez sur place, c’est abominable. C’est vrai que le souvenir que je garde de l’affaire quand même, on arrive dans une maison qui est une jolie maison euh dans un quartier qui est agréable et on est confronté à cette à cette horreur, à ces corps de ses enfants qui eux sont sont brûlés en partie, à la femme, elle qui
n’est pas brûlée mais qui est décédée et effectivement, ce sont des choses qui qui marquent. Et puis il y a lui, Jean-Claude Roma. J’imagine que votre première envie, c’est de lui poser des questions. On peut pas. On peut pas parce que son état médical ne le permet pas. il a été euh placé dans un commun artificiel pour être soigné.
Ça va durer quelques jours, ce qui d’ailleurs nous permettra de faire avancer l’enquête. Mais euh ça a été assez frustrant. A priori comme ça à ce moment-là, au moment de la découverte des corps, lorsque vous faites le tour de cette maison, quel ciné vous faites quel scénario dans votre tête ? Le scénario, c’est une famille qui a l’air heureuse, euh belle maison, c’est un médecin réputé.
Donc belle situation, on est dans le pays de J. Euh une jolie femme, de beaux enfants, on peut dire un peu la maison du bonheur. Et c’est vrai que je je me souviens une chose qui m’a profondément marqué dans la cuisine. Euh il y a un dessin et et la légende en gros c’est “Papa, je t’aime”.
Et donc c’était la maison du bonheur, c’est la maison du drame, c’est quelque chose que que qu’on n’oublie pas. toute sa famille a été massacrée sauf lui. Est-ce que tout de suite vous le suspect ? Quand on rentre dans une maison où un crime a été commis et qu’un membre de la famille a échappé, on souvent on s’intéresse à lui.
En attendant de pouvoir interroger le docteur Roman, les gendarmes commencent à se renseigner sur le personnage et on leur raconte toujours la même histoire. Jean-Claude est un grand médecin, un chercheur international. Il travaille à l’INCERME et à l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé à Genève.
C’est un spécialiste des cultures cellulaires et des maladies cardio-vasculaires. Il était dans cette mouvance de chercheur de multiple de chercheurs qui a sur Genève où il y a beaucoup de gens de tous les horizons, de tous les pays et donc il était là au milieu dans ce qui fera j’allais dire la la médecine de demain.
C’estd c’était vraiment la je pas dire le haut du panier de la médecine mais c’était l’image que j’en avais. L’OMS c’était quand même un organisme important et donc lui était forcément important puisqu’il était dans l’OMS. Régulièrement, il tient des conférences en France et à l’étranger. Il donne aussi des cours à l’université de Dijon et à celle de Besançon.
Ça fait 10 ans qu’il a été nommé à l’OMS en 83. C’est à cette époque qu’il s’est installé ici avec sa famille à Prfsin dans le pays de Jacks. Jean-Claude Roman, c’est très bien intégré à la à l’espèce de tribu dorée que constitue la petite communauté du pays Jack. On trouve là des des des fonctionnaires internationaux qui travaillent de l’autre côté de la frontière, des commerçants aisés, des cadres supérieurs et et ces gens-là se reconnaissent entre des valeurs de communes qui sont la réussite, une réussite qu’on a le bon goût de pas trop
étaler et on se on se reçoit entre soi les uns les autres un peu un peu à l’américaine. Un voisin arrive qui correspond à peu près au critères. On l’invite immédiatement. Tout le monde le dit, les romans formaient un couple uni, harmonieux et sympathique. Ils se connaissent depuis tout petit.
Jean-Claude et Florence étaient des cousins éloignés. Il est tombé amoureux d’elle, très jeune et d’ailleurs, ils ont fait leurs études en même temps. Elle en pharmacie, lui en médecine. Elle a passé sa thèse pour pouvoir exercer. Lui n’ira pas jusque-là. Dans la recherche, il n’en a pas besoin.
Il s’était marié en 1980 et les parents de Florence était enchanté. Je pense qu’il pouvait pas espérer mieux. Quelqu’un qui connaissait, quelqu’un qui était déjà plus ou moins dans la famille sans lettre. C’était c’était quelqu’un de la famille par Alliance, mon beau- frère. Les parents, c’était des gens très simples mais et donc pour mon père, c’était Ouais.
le gendre idéal. Mais les gendarmes veulent en savoir plus sur le couple roman. Elle était amoureuse, elle était très fière de son mari puisqu’il lui apportait tout ce dont elle avait rêvé quand elle était jeune. Elle le disait d’ailleurs, mais simplement, elle disait “Je suis heureux d’être marié avec un médecin, avoir de l’argent.
” et elle avait qu’une chose à faire et qui était la plus belle, c’était c’est de d’avoir des enfants et de les élever. À part quelques remplacement à la pharmacie du village, Florence Roman ne travaillait plus. Elle consacrait tout son temps à Caroline et Antoine. Ce qui ne veut pas dire que Jean-Claude ne s’en occupait pas.
Il était assez prévenant avec ses enfants d’une bonne patience. Il avait un comportement vraiment toujours calme. Enfin bien maîtrisait tout. Moi à cette époque de il me servait presque un petit peu d’exemple quoi. Je me référais presque à son attitude à lui pour essayer de corriger éventuellement mes défauts.
Jean-Claude Roman s’occupait de tout. Il gérait les comptes, organisait les vacances. La famille ne manquait de rien et en plus il était du genre modeste. C’était pas le côté femeur. C’est quelqu’un qui ne qui ne se ventait pas, qui ne se mettait jamais en avant. Euh si on ne lui posait pas de questions, il n’allait pas d’embler vous dire ce qu’il envisageait de faire ou ce qu’il était.
C’est quelqu’un qui va rester un peu en dehors, un peu grenons, [grognement] toujours très gentil, très aimable mais répondant par plutôt par monosyllabe à un certain nombre de de conversations qu’on pourrait lancer avec lui. Une nature discrète, secrète presque. N’empêche qu’il est quand même décrit comme un homme parfait.
trop parfait. Peut-être quand on commence à vouloir rentrer plus profondément dans la pas dans la personnalité mais dans dans la vie de Jean-Claude Remand, on se rend compte que les gens n’ont pas grand-chose d’autre à dire que bah il est médecin à l’OMS, il s’occupe bien de sa famille, il est gentil et il est discret.
Pratiquement toutes les auditions qu’on conduit tournent autour de ça, mais dès qu’on pose des questions plus précises, on n’ pas de réponse. Le docteur Roman est toujours dans le coma et en attendant de pouvoir l’interroger, les gendarmes cherchent à en savoir plus sur le personnage. En langage policier, ça s’appelle faire l’entourage.
Qui sont ses amis ? Comment est-ce qu’il vit ? Quelles sont ses activités ? Et dans ce cadre, ils appellent une de ces connaissances qui habite Paris. Ce coup de fil va être déterminant pour la suite de l’enquête. En effet, quand au téléphone, l’un des gendarmes de Gna Jean-Claude Roman, elle font en larme. Je dis “Mais qu’est-ce qui se passe madame ?” Il me dit “Ben écoutez, voilà, il m’a agressé en forêt de Fontainebleau dans la nuit de samedi à dimanche.
” Puis elle raconte ce qui s’est passé. C’était le samedi 9 janvier, une nuit avant l’incendie. Ce soir-là, Jean-Claude l’avait invité à dîner chez un ami célèbre, Bernard Kouchner, le ministre de la santé. Le dîner devait avoir lieu dans sa résidence secondaire en forêt de Fontainebleau, mais il s’était perdu et avait tourné pendant plus d’une heure.
À un moment, Jean-Claude s’était arrêté. Il voulait vérifier l’adresse exacte qui se trouvait dans le coffre. Et dans le coffre, il avait aussi un bijou pour elle, une surprise. Il a prétexté qu’il devait lui offrir un collier pour pouvoir se rendre chez monsieur Kouchner. Au départ, elle a refusé. Ensuite, il lui a dit “Non, non, ça fera mieux.
” Elle finit par accepter. Donc, elle descend de voiture et il lui demande de fermer les yeux le temps qu’il attache le le collier. Et là, Jean-Claude Roman se rue sur elle et l’asperge de gaz lacrymogène. Puis il lui assène des violents coups de matraque électrique et il tente de l’étrangler avec une cordelette.
Elle se débat, elle essaie de s’enfuir et elle hurle. pense à mes enfants. Pense à mes enfants. Et là, tout à coup, il s’arrête. Aussi soudainement qu’il avait commencé, aussi inexplicablement, semble-t-il, il s’arrête et il dit “Mais je suis fou, mais qu’est-ce qui m’arrive ?” Roman semble reprendre ses esprits. Il explique que c’est à cause des médicaments qu’il prend. Elle le sait.
Il a un cancer, un lymphome. Il vit avec depuis l’âge de 22 ans. Avec des traitements, il arrive à maîtriser la maladie mais parfois le lymphome récidive. Jean-Claude Roman et son ami renoncent au dîner chez Bernard Kouchner et rentrent à Paris. lui ne cesse à la fois de s’excuser de ce qu’il a fait, d’abonder dans l’idée qu’effectivement cela n’a pu être provoqué que par le traitement médical qu’il suit.
Et ne cesse aussi de lui demander de ne pas le dénoncer en invoquant le fait que si elle parlait de ce qu’il vient de faire, il ne manquerait pas de voir sa carrière professionnelle totalement évidemment. terminé, mise à mal et par conséquent de perdre, enfin, on peut l’imaginer, le statut social qui était le sien et cetera.
Le docteur Roman raccompagne son ami en bas de chez elle. Un quart d’heure après, il la rappelle au téléphone. Il veut la voir mais elle refuse de lui ouvrir. Alors, il reprend la route de Prfsin à plus de 600 km de là. Dominique Risé, alors que Jean-Claude Roman est toujours dans le coma tombent les résultats des autopsies qui ont été pratiquées sur les corps de ses enfants, de sa femme et de ses parents.
Que disent ces autopsies ? Ces autopsies, Christophe, elles révèlent que tous ont été tués par balle, sauf sa femme, par balle et dans le dos. Alors ça c’est assez révélateur dans ce genre d’affaire. En général, les enquêteurs le savent, quand des victimes sont tuées comme ça dans le dos, c’est souvent parce que leur meurtrier n’a pas eu le courage de croiser leur regard au moment où il les tuaient.
Pourquoi ? Parce que c’est souvent un proche. Alors, d’abord Florence, la femme de Jean-Claude Roman, elle, on observe des traces, des plais dans son cuer chevelu. Elle a reçu quatre coups à l’arrière à l’arrière de la tête et deux coups sur le côté droit. L’autopsie conclut à un décès résultant d’une fracture du crâne.
Caroline, la fille de Jean-Claude Roman, l’examen du corps révèle la présence de trois impacts sous l’omoplate gauche dans un espace de 2 cm carré. Ça veut dire un tir groupé. Les trois balles ont traversé les poumons. L’une des balles a transpersé l’artère pulmonaire gauche. La mort a été immédiate.
Antoine, le fils de Jean-Claude Roman, là encore, il a reçu deux balles, toujours des tirs groupés, des balles qui ont traversé un poumon, le cœur mort instantané. Les parents de Jean-Claude Roman et Roman, il a reçu une balle dans le dos mortel qui a traversé un poumon et qui a entraîner une hémorragie globale.
Il est mort en quelques minutes. Anne-Marie, la mère de Jean-Claude Roman, elle a reçu trois balles dont deux qui lui ont traversé les poumons en provoquant des dégâts irréversibles. En fait, ce que notent les experts, c’est que chaque balle a été tirée pour tuer. Toutes ces personnes ont été exécutées. Les résultats des autopsies confirment les soupçons des gendarmes à l’encontre du docteur Roman.
Ils n’ont plus qu’à attendre qu’il sorte du coma pour aller l’interroger à l’hôpital. Quand le docteur Roman sort du coma, qu’est-ce qu’il dit à ce moment-là sur le scénario du crime ? Il dit deux choses. Premièrement, il dit que ce qui s’est passé chez lui dans sa maison, c’est qu’un homme en noir est arrivé à massacrer toute sa famille sous ses yeux.
Voilà. Et puis qu’il est parti. Et puis la deuxième, quand on lui parle de ses parents, Roman, euh fait semblant de découvrir la mort de ses parents. Il dit, en tout cas, l’ignorer jusqu’à puis il a cette formule. Euh, il dit “Tu es tu ne tueras point.” et le deuxème commandement en tant que chrétien, je n’ai pas pu faire ça.
Vous allez le revoir une deuxième fois et là il reste accroché à son scénario de l’homme en noir. Non, pas très longtemps. Là, le juge pose les questions. Roman voit à chaque fois ce qu’on a dans le dossier et il avoue il avoue au fur et à mesure. Ça se présente comment ces aveux ? Ce sont des aveux difficiles.
Il faut bien comprendre que le contexte est particulier. Euh nous sommes dans un hôpital. Euh c’est un un interrogatoire qui va être long plusieurs heures mais qui est entrecoupé par des soins où nous devons sortir de la de la chambre avec son avec son avocat. Lui est dans son domaine, il est là depuis quelques jours, il s’attend à notre visite, il a réfléchi à ça et il ne répond jamais très spontanément.
Il prend toujours un temps de réflexion avant de répondre. Donc on avance petit à petit. Tout ça est très long mais très froid même quand on évoque ce ce dessin papa je t’aime et qui aurait dû le faire fondre en larme. Je suis pas à sa place mais pour nous c’était déjà quelque chose de très émouvant.
Donc en toute logique pour le père ça aurait dû être un un détail extrêmement poignant mais manifestement ça a pas été le cas. Globalement quand s’arrête ce premier interrogatoire. Quelle impression est-ce que Roman vous laisse d’un être froid, mythomane et complètement insensible à tout ce qu’il a fait. Jean-Claude Roman a craqué.
Oui, c’est lui qui a tué sa femme, ses deux enfants et ses parents. Il est l’auteur de ce carnage et il raconte au juge d’instruction Christophe Barré ce qui s’est passé ce samedi 9 janvier 93. Il se souvient que tout a commencé par une discussion avec sa femme. Il a l’image avant d’une discussion dont le thème n’est pas bien défini.
On ne sait pas réellement ce qu’ils se sont dit. Une discussion qui n’est pas une dispute. Ensuite, il la rejoint dans la chambre. Euh là, il ne se souvient plus précisément de ce qui s’est passé et il voit il la voit il la voit morte dans la chambre. Il est environ 8h du matin. Florence dort à l’étage.
C’est à ce moment-là que Jean-Claude Roman la frappe six fois violemment avec un rouleau à pâtisserie. Il la laisse en dans un état épouvantable. Ensuite, il va laver conscientieusement le rouleau à pâtisserie et Roman expliquera qu’il y a une symbolique du lavage et qu’il s’agissait pour lui de nier l’horreur. Antoine et Caroline sont réveillés.
Ils sont devant la télé en bas dans le salon. Ils n’ont rien entendu et regardent tranquillement des dessins animés. Jean-Claude Roman les rejoint et reste avec eux pendant environ une heure, dit-il. Puis il monte avec Caroline dans sa chambre. Il la trouve fièvreuse. Il veut prendre sa température.
Caroline s’allonge. Son père lui demande de mettre la tête sous l’oreiller. C’est un jeu lui explique-t-il. Et là, il la bat de plusieurs balles dans le dos. Antoine lui, est toujours devant la télé, inconscient du drame qui se joue. Jean-Claude Roman le rejoint dans le salon comme avec Caroline, il le fait monter dans sa chambre, lui demande de mettre la tête sous l’oreiller et là-bas à son tour.
Voilà, c’est fini. Et Jean-Claude Roman reprend ses activités comme si de rien n’était. Roman range un peu la maison et puis un coup de fil, la dame qui fait le catéchisme m’appelle et il répond calmement. Il était comme d’habitude dira-t-elle que que Florence n’est pas là et qu’elle rappellera et que et Roman sort dans son village et va acheter le le journal.
Les gens qui l’ont croisé ce matin-là se souviennent d’un docteur roman égal à lui-même, pas très bavard mais pas spécialement préoccupé non plus. Il rentre chez lui à l’étage les cadavres de sa femme et de ses enfants. Il téléphone à ses parents. Il va venir déjeuner. Après 1hure et3 de route, il arrive à Clerva Lac dans la maison où il a grandi. La table est déjà mise.
Il déjeûne avec ses parents et après le déjeuner, il attire son père à l’étage pour examiner une gaine où il y avait une mauvaise odeur, quelque chose et pendant que son père lui tourne le dos, il lui tire dessus. Donc avec la même carabine. Il demande ensuite à sa mère de le rejoindre.
Apparemment, un radiateur a un problème de thermostat. Anne Marie Romance se penche pour regarder. Roman sort à nouveau sa carabine et la tue. Puis comme il l’a fait avec son père et avec ses enfants, il la recouvre d’un aidrodon. Les dernières balles seront pour le chien, le labrador de la famille.
Roman explique qu’il l’a tué en pensant à sa fille. pour que Caroline le retrouve au paradis. On en est à cinq cadavres. Roman a tué son épouse, ses deux enfants, son père, sa mère. Il se retrouve là en haut dans le Jura avec le cadavre de ses parents devant lui et il passe un coup de fil. Il téléphone encore à à son ami à Paris. Ce coup de fil est passé de chez ses parents quelques minutes après les meurtres.
Il confirme le dîner du soir à Fontainebleau. Puis il nettoie l’arme, la range et se change. Vers 14h, il prend la route pour Paris. À 20h, il rejoint son ami pour le fameux dîner chez Bernard Kouchner. On connaît la suite. Il tente d’assiner son ami en pleine forêt, son 6e meurtre, mais il ne va pas au bout. Puis il rentre à Prsin, il y arrive vers 9h du matin.
Il a roulé toute la nuit. Il s’enferme dans sa maison. Jean-Claude Roman passa une partie de sa journée de dimanche à regarder la télévision. Une cassette a d’ailleurs été retrouvée dans le magnétoscope où on s’est aperçu que monsieur Roman Jean-Claude semblait zapper d’une émission à l’autre et tout. Euh donc on pense qu’il a effectivement passé sa journée en zappant à tour de bras quoi.
Il a passé la journée devant la télé alors qu’à l’étage il y avait les cadavres de sa femme et de ses enfants. À 22h, Jean-Claude Roman répand de l’essence dans la maison. À 4h du matin, il avale des barbituriques et déclenche incendie. Les psychiatres qui voient Jean-Claude Roman le lendemain de ses aveux sont impressionnés par son absence d’émotion.
On était très surpris de voir quelqu’un qui ayant tué comme ça récemment sa femme, son fils, sa fille, sa mère, son père, quelqu’un de très détendu, d’affable, de communicatif et donc qui nous a fait une impression très très particulière dans le sens où il a déroulé avec une tranquillité déconcertante tout ce récit de sa vie comme si il n’y avait pas eu ses meurtres.
Le récit fait par le docteur Roman est effroyable, mais il ne colle pas avec le portrait du bon père de famille que l’uront tracé au lendemain de l’incendie les voisins et les amis. Mais la vérité, c’est qu’au moment où Jean-Claude Roman fait ses terribles aveux, les gendarmes savent déjà que le bon docteur a trompé tout son monde.
Il n’est pas seulement l’assassin de cinq personnes qui sont ses enfants, sa femme et ses parents. Il est aussi et surtout un menteur pathologique. Les gendarmes ont tout compris dès le jour de l’incendie quand ils ont téléphoné à la police suisse pour lui demander de procéder à des vérifications de routine sur un médecin travaillant à l’OMS, un certain docteur roman.
Très rapidement, les collègues suisses nous indiqueront que à l’OMS, a priori, on connaît pas de docteur roman. On va évidemment leur demander d’aller un petit peu plus loin et puis ils pourront rien faire d’autre que de nous répondre. Ben non, il y a pas de docteur roman à l’OMS, ça n’existe pas. Mais que fait le docteur Roman s’il ne travaille pas à l’OMS ? Les gendarmes vérifient auprès de l’INCERM.
La même réponse, personne ne le connaît. Mais alors, où peut-il bien exercer ? Il contacte l’ordre national des médecins. Roman n’y est pas inscrit. Les gendarmes vont alors à la fac de Lyon car les amis de Jean-Claude Roman leur ont dit que c’est là qu’il a obtenu ses diplômes. Ils le savent, ils étaient étudiants avec lui.
Mais quand les enquêteurs ouvrent le dossier de roman, on découvrira qu’il n’a jamais passé des examens, qu’il a pas été au-delà de la deuxème année de médecine et qu’il a été inscrit plusieurs années mais sans aller au-delà de la deuxème année de médecine et qu’il n’a donc jamais eu son diplôme de médecine, quoi qu’il est affirmé par ailleurs aux gens qu’ qu’il connaissait dans son entourage.
L’OMS, l’INERME, le diplôme de médecine, tout est faux. Roman est resté inscrit en 2e année de facends. Et pendant 12 ans, personne ne s’est étonné de cet étrange étudiant qui pour justifier ses absences présentait des certificats médicaux. Ce que les gendarmes réalisent alors, c’est que Roman a totalement berné son entourage depuis plus de 20 ans.
Ses proches n’arrivent pas à y croire. À ce moment-là, je me dis non, c’est pas possible, il était médecin puisque il y a tous les éléments que nous avons euh [gémissement] que nous avons connu pendant les 20 ans qui vous remontent à la surface en disant “Mais si il a fait ses études, il a été médecin, il a fait sa thèse [grognement] et cetera et cetera.
” En allant à la gendarmerie, j’ai encore reposé la question au gendarme, je me vois très bien en lui demandant “Mais s’il est bien médecin ?” et il me dit “Non, on a vérifié, il est pas du tout médecin.” Là, j’ai mis quelques jours à vraiment admettre que c’était vrai. Au début, c’était les journaux qui raconaient les il c’était pas possible, c’était sidérant.
On se demandait comment un homme avait pu tuer de sang froid ses enfants, sa femme et ses parents. On se demande désormais comment ce gendre idéal, ce père attentionné a pu mentir à ce point à des gens qu’il aimaient. Et eux, comment ont-ils pu passer tant d’années à côté d’un inconnu ? Évidemment qu’on a les qu’on a les bras qui nous en tombent hein.
On est mais il y a il y a tell il y a tellement de choses qui nous enfin tombent dessus. Bon comme comme on entend souvent. Est-ce qu’on se dit est-ce qu’on va est-ce que c’est un cauchemar ? Est-ce qu’on va en sortir ? Comment ça fuser les questions autour de nous ? Mais comment ça se fait qu’on n’avait jamais rien vu ? Et cetera ? Voilà, c’est les ça c’est la question c’est les questions fleuve qui arrivent.
Mais nous on est évidemment déçu. Le mot est le mot n’est pas très fort, n’est pas suffisamment fort, mais on est on est complètement bassourdi, quoi. Quand vous apprenez que Roman a menti sur toute sa vie, presque toute sa vie, il n’est pas médecin, il est pas chercheur. Vous vous souvenez du moment où vous l’avez appris ? Al, ça a été ça a été progressif mais c’est vrai que ça a été la surprise du dossier.
Que Roman ait tué euh toute sa famille pour nous ça pas été une surprise puisque dès le départ il y avait des éléments qui qui l’accablaient. Par contre que tout soit faux, qu’il ait menti toute sa vie à tout son entourage, ses parents, sa famille, ses proches, sa femme, ses enfants, sa belle famille, ses amis, ça effectivement c’est une surprise extraordinaire.
Mais il ment pas seulement pour des raisons, j’allais dire parce qu’ parce qu’il est dans un système, il ment surtout et par plaisir. Euh il raconte par exemple que un jour il [grognement] a eu un accident de voiture avec une voiture de service de l’OMS. C’est faux. Il raconte qu’il s’est fait agresser en Suisse. C’est faux. Il raconte une histoire.
Un jour, il s’est fait mordre par un serpent. Il s’est soigné lui-même parce qu’il a fait des recherches sur le venin des serpents. C’est faux. Et alors quand vous lui dites ça, Roman, vous êtes un menteur, on vous a débusqué, on sait tout, comment il réagit ? À chaque fois, il faut lui prouver qu’il ment et qu’on sait qu’il ment.
Et quand on lui prouve pas, parce qu’il y a un tas de choses sur lesquelles on pense qu’il a menti mais qu’on prouve pas. Il faisait partie d’un tas d’organisations et cetera. Bon, je je j’insiste même pas, mais c’est euh tout ce qu’il dit est sujet à caution. ce qu’il a fait pendant toutes ces années, ce qu’il a fait réellement, on en a qu’une petite idée.
Alors, il était pas médecin, il était pas chercheur, mais il avait quand même un sacré niveau de vie, hein. Il dépensait environ de 45 à 65 ou 67000 francs par mois à l’époque, ce qui n’était pas mal. Donc, ça devait à peu près correspondre au niveau de vie d’un médecin tel qu’il tel qu’il décrivait. D’où lui venait cet argent ? La femme agressée à Fontainebleau offre aux gendarmes une explication.
vers la fin de l’année 1991, elle a prêté une forte somme d’argent qui s’élevait à 900000 francs, donc de l’époque à monsieur Jean-Claude Roman. Euh Jean-Claude Roman lui ayant expliqué qu’il avait la possibilité de placer cet argent à des taux d’intérêt euh défiant en toute concurrence sur le territoire suisse. Des taux d’intérêt très attractifs à 16 ou 18 % par an.
[grognement] Alors, elle lui a donné à trois reprises 300000 francs en liquide. Et dans la famille de Florence aussi, on a confié beaucoup d’argent au bon docteur Roman. Les frères de Florence, par exemple, lui ont donné 15000 francs chacun. Son beau-père, Pierre Crollet toute sa prime de retraite, près de 400000 francs. C’est un membre de la famille, il est aimé, il est gentil, il est pas connu pour être peinre, il est honnête, il est considéré comme honnête.
Il y a aucune raison les membres de sa famille ne lui fassent pas confiance et ne lui confie pas cet argent. Et quand il faut vendre une maison, c’est aussi Jean-Claude Roman qui s’en occupe. Un jour d’octobre 88, Pierre Crollet, le père de Florence bricole avec Jean-Claude dans sa résidence secondaire.
Pierre Crelet fait une mauvaise chute et il meurt quelques jours plus tard. La famille de Florence décide de vendre la villa. Nous nous étions dit et persuadés que ça allait être une source d’embêtement. Même si on la louait, il allait y avoir des problèmes d’humidité. Compag compagnie. Et puis donc nous nous n’étions pas sur place.
Euh et ma mère s’est tournée tout logiquement vers Roman pour traiter la vente de la maison et qui il l’a pris en charge de A à Z. C’est lui qui démarche auprès des notaires hein euh et j’entends ma sœur dire encore “Heureusement que Jean-Claude est là.” Les frères de Florence donnent donc procuration à Jean-Claude Roman pour gérer cette succession.
C’était rêvé. C’est que moi j’avais pas besoin de me déplacer. Lui s’occupait de tout. Il m’ il m’a envoyé les documents, je les ai signé, je les ai remplis et en plus il détaillait bien les choses. C’estàd qu’il faisait les choses clairement comme il se doit. Donc euh ça nous a pas choqué outre mesure. La maison est revendue et l’argent de la vente est entièrement confié au docteur Roman pour qu’il le place en Suisse.
La vérité c’est que Roman n’a jamais eu de compte en Suisse, sauf un à la United Overse Bank à Genève sur lequel entre 82 et 85 n’ont transité que 500 francs. de tout cet argent que ses proches lui confient en toute tranquillité que Jean-Claude Roman a vécu pendant tant d’années. Il a aucune ressource Jean-Claude Roman, il ne travaille pas, il n’a aucune activité et en fait il a aucun métier.
Il y a pas de profession qu’il puisse exercer d’entrée. Donc s’il veut assurer la la vie de sa famille, il a pas d’autre solution que d’escroquer de l’argent aux autres membres de sa famille, à ceux qui en ont. Les h dernières années, Jean-Claude Romain aurait détourné plus de 3 millions de francs 450000 € appartenant à sa famille et à ses amis, usant et abusant de son statut de médecin à la pointe du progrès.
L’oncle de sa femme souffre d’un cancer à un stade avancé. Euh ça ça va très mal. Et le le le bon docteur roman prend un petit peu des informations et proche toujours des malades et suggère quand même que lui à l’OMS, bon, il y a un médicament miracle qui vient d’être inventé. Ce médicament fabriqué à partir de cellules humaines, explique-t-il, est en cours d’expérimentation.
Il agit un peu comme un vaccin mais voilà, il est cher. Un flacon de quelques géules coûte 15000 francs. Et comme ça, il récupère 60000 francs en espèce et fournit des placéub à son oncle qui meurt peu de temps après. Mais la source de revenu la plus régulière de roman, ce sont ses parents.
Il a procuration sur tout leur compte. Il les a totalement dépouillé, toujours avec ses promesses de placement mirifique. Il se débrouillait pour proposer mais au travers de de suggestion disant moi j’ai placé de l’argent en Suisse, ça me rapporte 20 % ou j’ai possibilité de et c’est tout. Mais il allait pas nous dire si ça vous dit je peux vous en faire bénéficier.
C’est à ce moment-là que euh les uns ou les autres on allait lui poser la question. C’est c’était très insidieux. C’était euh c’était fait en douceur quoi. Il y avait pas de de brutalité là-dessus. Il laissait faire les choses comme je dis. Il mettait l’hameçon avec le leur et puis il attendait que ça prenne.
Et jamais personne ne demandait le moindre compte, ni même ce que devenait cet argent. Il aurait été assez maladroit d’aller enfin demander des nouvelles de son argent, sachant que le sachant que le mari est quand même en mauvaise passe sur le plan santé. ça aurait fait un peu désordre quoi. Et je pense que ma sœur je pense ma sœur m’aurait pas loupé si voilà en en me disant écoute j’ai je crois qu’on a d’autres soucis que de savoir comment est placer l’argent car à cette époque là Jean-Claude Roman est toujours gravement malade son
linfomme et puis comme les frères et la mère de Florence n’ont pas vraiment besoin de cet argent à quoi bon le réclamer c’est de l’épargne. Une des seules personnes à avoir demandé des intérêts serait Pierre Crollé, le beau-père du faux médecin. Maintenant, donc ce qui est troublant, c’est que mon père est décédé en mi-octobre, mi-octobre 88 alors que Roman devait à ce moment-là rembourser certaines sommes à mon père.
Dominique, le beau-père de Jean-Claude Roman, donc le père de sa femme qui s’appelait Pierre Crolet, est mort quelques temps après avoir demandé à Jean-Claude Roman qu’il veuille bien lui verser des intérêts sur de l’argent qui lui avait demandé de placer en Suisse. On peut se demander s’il n’a pas tué sans beau-père.
Les gendarmes vont venir entendre la maman de Florence Roman. On a ici son procès verbal d’audition. Elle va leur dire deux choses très intéressantes. D’abord sur les circonstances de la mort de son mari, monsieur Crollet. Elle leur dit “Mon mari est mort le 23 octobre 1988 après 9 jours de coma.
Une semaine avant, il se trouvait dans notre maison de Sévrier seul avec Jean-Claude Roman, notre gendre.” Vers 17h30, Jean-Claude Roman m’a téléphoné. Il m’a dit “Papi, vient d’avoir un malaise, j’ai appelé les pompiers.” Quand Jean-Claude Roman est revenu de l’hôpital d’Ansy, il m’a expliqué que mon mari aurait eu une hémorragie cérébrale qui l’aurait fait chuter du grenier où il se trouvait.
La deuxième chose intéressante que va dire madame Cret au gendarme, c’est celle-ci. Dernièrement, ma fille Florence m’avait dit au cours d’une conversation, “Tu sais, papa n’est pas mort d’une hémorragie cérébrale.” Et la fin la fin de son procès verbal d’audition, c’est jusqu’à ce weekend, la thèse de l’accident de mon mari était crédible.
Maintenant, j’ai des doutes. Alors, qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Et bien, madame Crelet, elle va écrire au procureur de la République d’Ani, monsieur Berlios, pour lui faire part de ses doutes. Et là, une information va être ouverte. On est au mois de décembre 1994. On m’a demandé au gendarme de retourner vérifier les conditions dans lesquelles est mort monsieur Crollet.
Et bien, les gendarmes vont découvrir que les soupçons de la famille Crondés. Et la juge madame Philippe va clore le dossier et l’enquête sur la mort de Pierre Crelet va être classé sans suite. Jean-Claude Roman a reconnu les meurtres. De ce côté-là, tout est clair. Mais ces mensonges restent une immense interrogation pour les enquêteurs et pour tout son entourage.
Pourquoi mentir comme ça ? Et depuis quand mentait-il ? Au cours de l’instruction, Jean-Claude Roman va avouer une vie de mensonge. Le premier, celui qui l’a fait basculer, date de 75. À l’époque, il a 21 ans. Il est en 2e année de médecine. C’est la période des examens. Il a largement les possibilités intellectuelles et les notes pendant le cours de cette année qui lui permettent d’envisager d’être admis en 3e année de médecine.
Il ne lui reste qu’un petit examen à passer. auquel il ne va pas se présenter et ça va être son premier mensonge. Et à partir de là, il va dire qu’il a réussi sa seconde année de médecine, qu’il est admis en 3e année de médecine. Il lancera ainsi jusqu’à la fin de ses études de médecine qui n’auront jamais de réalité. Alors pourquoi ne passe-t-il pas cet examen ? Il ne se serait pas réveillé à temps et plutôt que d’arriver en retard à l’épreuve, il est resté chez lui au lit à regarder les heures défilées et le rattrapage de septembre.
[grognement] Là non plus, Roman n’y va pas. Pourquoi ? Il s’est cassé un os de la main. Et à partir de là, il ment. Il ment pour ne pas décevoir ses parents des gens simples qui adoraient leur fils unique. Son père était un forestier du Jura. Sa mère de santé fragile ne travaillait pas.
Ils avaient eu cet enfant sur le tard et c’est sur lui que reposait tous leurs espoirs. Il était tellement doué en classe, toujours premier. C’est un surdoué. C’est c’est un prodige qu’ils ont là. Et ils vont ils vont d’ailleurs toute leur vie va être concentré pour que pour que ce petit génie réussisse hein.
Tout l’argent qui mettent de côté ça sera pour lui. On lui achètera un appartement à Lyon quand il devra aller y faire ses études. Enfin et et c’est et c’est un peu c’est l’enfance d’un chef, son environnement proche qui est assez réduit. Il y a son père, sa mère, ses oncles et ses tantes. Cet entourage un peu étouffant le le le conditionne dès le départ à à la à la plus belle des réussites.
Et pendant des années, ça marche. Il a son bac avec 1 an d’avance et avec 16/ 20 en philo, s’il vous plaît. Comment leur dire qu’il ne s’est pas présenté à son examen de médecine ? Je pense que le mensonge, c’est venu là, c’est l’orgueil. et peut-être pas osé le dire à ses parents, mais enfin ses parents c’était pas du tout la des terreurs.
En fait, il aurait pu tout à fait leur dire, ils allaient peut-être être déçu, mais c’était pas une catastrophe de redoubler une année, mais je pense que c’est vraiment l’orgueil quand même. Là, il avait sûrement pas mal d’orgueil et pourtant ça n’est pas la première fois qu’il est en échec. En 71, après son bac, il quitte le Jura pour Lyon.
Il vient d’être admis dans le prestigieux lycée du parc en classe prépa Biomatsup. Et là de premier de la classe, il se retrouve dans la moyenne. Il n’est plus le meilleur et ça, il ne l’accepte pas. De mois après la rentrée, il abandonne Matsup et se réfugie chez ses parents où il suit des cours par correspondance. Roman n’est pas courageux.
C’est-à-dire que quand il voit un obstacle comme il l’a dit lui-même une fois, il le contourne ou il le supprime mais il il affronte jamais les les les choses et les gens en face. Il reste une année entière cloîré avec ses parents et à la maison, personne ne parle jamais de ce premier échec. Ce qui est sûr, c’est que la culture familiale est une culture où il faut être protégé de la vérité.
Il raconte par exemple que sa mère part exang emmené en ambulance et qu’on lui dit qu’elle part en vacances alors qu’elle est semiourante ou dans affaiblie par une hémorragie. On le protège de cette vérité-là. Après cette année de flottement, Jean-Claude Roman s’inscrit en médecine. Il espère retrouver sa cousine Florence Crollet dont il est amoureux depuis longtemps.
Il loupe son passage en 3e année mais continue de faire semblant. Ses amis le pensent brillant, sa future femme l’aide à réviser. L’illusion en ce qui concerne ses études de médecine a été totale puisque à chaque fois les amis qu’il avait étaient soit une année au-dessus de lui, soit une année en dessous.
Il n’avait aucun copain ou ami qui était dans la même année que lui en médecine. Parfois Jean-Claude Roman disparaît de la fac pendant quelques jours. Pourquoi ? Personne ne le sait vraiment. Il reste enfermé dans son appartement de lion à déprimé. Pour justifier ses absences, il dit qu’il est malade. Un jour, il a des ganglions.
Il dit, “En fait, j’avais des ganglions, mais c’était une infection bénigne.” Ben, une infection bénigne qui est l’intérêt alors j’avais des ganglions. Donc, j’ai laissé entendre que c’était un cancer parce que ça peut susciter l’émotion chez les autres, l’envie de une sorte de compassion. et donc d’intérêt pour moi.
À quel moment s’invente-t-il un cancer ? Juste quand Florence veut le quitter, à l’époque, il a 22 ans et toute sa ville va se servir de cette maladie à des moments clés. Je pense que c’est un masque pour éviter de répondre sur autre chose. D’abord, c’est-à-dire que le cancer devient tellement énorme qu’il va occuper la place de là où aurait pu se glisser le doute.
Quand quelqu’un vous dit que il est inquiet pour sa vie et que il se demande il vit au jour le jour parce qu’il fait pas de projet, on lui demande pas d’explication sur son emploi du temps. Pas plus qu’on ne lui demande de compte sur l’argent placé en Suisse par exemple. Ce cancer est une excuse idéale et plus le temps passe, plus Jean-Claude Roman alimente son mensonge.
Quand il va se faire soigner à Paris par exemple, c’est évidemment par le professeur Schwisenberg. Il l’appelle Léon, c’est un ami hein. Il s’inquiète quand il revient, il dit “Je suis un souci, non pas pour son lymphome, ça va, il va guérir, il est courageux. Je suis un souci, j’ai trouvé Léon à maigri.
” Voilà, c’est assez dans ses manières à roman ça. Il a fait face à ce cancer pour tout le monde avec un courage remarquable, l’assument tout seul. euh vraiment avec beaucoup de courage. On peut pas dire qu’il a euh vraiment raconté son histoire à tout le monde. Il était pas là à pleurer sur toutes les épaules. Non non. Le cancer de Jean-Claude Roman est un lymphome et cette maladie, le faux médecin l’a bien choisi.
C’est un type de cancer avec lequel on peut vivre pratiquement normalement, sans qu’il y ait de longues interruptions de travail, sans qu’il y ait de chimiothérapie lourde, enfin de choses d’intervention chirurgicale. Quand Jean-Claude Roman a une prétendue rechute, il refuse que Florence l’accompagne pour se faire soigner, histoire, dit-il, de lui épargner des souffrances inutiles.
Il a exigé en quelque sorte et en tout cas obtenu de son épouse, alors sans doute sous des prétextes divers qu’elle ne vienne pas parce que il voulait assumer ça tout seul, parce qu’il voulait pas que les enfants soient témoins. Enfin, je sais quoi il pouvait trouver 1000 raisons qu’elle ne viennent pas quand il était en chimiothérapie ou des choses de ce genre.
Et bon, au final, même si ça lui pesait, je suppose que Florence Roman, bah elle se pliait à ce que voulait son mari simplement parce qu’elle l’aimait et que si c’est ce qu’il voulait, elle cherchait à lui faire plaisir. Maître Buffard, vous avez été longtemps l’un des avocats de de Jean-Claude Romand.
Comment est-ce qu’il a pu mentir pendant si longtemps à ses proches ? 20 ans de mensonge sans que personne s’en aperçoive parce que je crois que c’est un personnage qui est à la fois un côté assez banal, assez rond, mais qui en même temps possède une très très grande maîtrise de lui-même. Et il a la personnalité pour ça, pour gérer les dossiers comme ça.
Tac tac tac, si je dis ça, il faut faire ça. Bien sûr. En en même temps, on peut on peut imaginer à la fois la difficulté et l’angoisse de de vivre cette vie-là parce que on ne peut pas ne pas imaginer que comment chaque jour il se dit ça va foirer, je je vais être découvert, il va y avoir un grain de sable.
Mais il y a jamais eu de grain de sable. Et et d’ailleurs il a dit les miracles ont toujours eu lieu au moment où il fallait. Mais ceux qui vivaient avec lui, comment se fait-il qu’il ne s’aperçoivent pas ? qu’on leur m. Ils ont des doutes, je suppose, permanents depuis longtemps. L’image de de ce personnage séducteur qui a des relations qui connaît Brigitte Bardau, Kouchenner euh qui fréquente le le l’INER mais et qui est également à l’OMS à à Genève qui est maître de conférence.
Bref, tout ça est tellement énorme que finalement personne n’ose mettre en doute la réalité de ce personnage là. C’est un homme seul quand même ou pas ? C’est un homme terriblement seul et je crois que c’est quand même le le drame terrifiant de cet homme, c’est que à partir du moment où il est entré dans son mensonge, il s’est retrouvé seul, désespérément seul et que se retrouvant désespérément seul, malheureusement euh le temps passant, il va dériver et se trouver à un moment ou un autre face à ce mur.
Il sait très bien qui qui va se présenter face à ce mur et que n’ayant personne il il aura personne à qui se raccrocher, personne à qui parler, il exposera. Les gendarmes commencent à y voir plus clair. Jean-Claude Roman a tué sa femme, ses enfants et ses parents parce qu’il était arrivé au bout de son mensonge. Reste une question.
Qu’est-ce que le bon docteur Roman qui n’était pas médecin faisait de ses journées car tous les matins il partait travailler ? À 8h30 le matin, il commençait en père attentionné par emmener ses enfants à l’école. Ensuite, officiellement, il allait travailler et d’ailleurs parfois il prenait la route de la Suisse comme tous les fonctionnaires internationaux.
Il passait la douane et se rendait à Genève. Mais que faisait-il au lieu d’aller dans ses bureaux de l’OMS ? Il traînait, il allait dans des bibliothèques, il assistait à des conférences. Quand officiellement il n’avait pas une journée trop chargée, il rentrait déjeuner avec femmes et enfants.
Puis il redéposait Antoine et Caroline à l’école. Sans trop perdre de temps, il retournait ensuite travailler. Jean-Claude Romain explique qu’il est un homme très occupé avec de multiples responsabilités. Il n’a pas vraiment d’horaire et cela ne surprend personne. Jean-Claude pouvait d’une certaine manière cacher euh le fait qu’il n’avait pas des horaires de bureau euh officiels puisque il avait toujours ce prétexte de dire “J’ai travaillé toute la nuit et donc je peux me promener pendant les jours de semaine à 10h du matin dans les
rues de Fernet sans que ça pose véritablement question.” Ces horaires étaient forcément élastiques car le docteur Roman jonglait entre différents lieux de travail : Lyon, Genève et Dijon. Tous les jeudis, comme il prétendait donner des cours en Bourgogne, il s’arrêtait en chemin pour déjeuner avec ses parents.
Et ensuite, comme il ne donnait pas de cours, l’après-midi, il errait dans les forêts alentours. Il roulait au hasard des routes de Lin et du Jurin. Il passait des heures sur des parkings de supermarchés sur des aertes d’autoroute seul. Souvent, il tuait le temps en lisant des revues médicales.
C’est comme ça qu’il a acquis de réelles connaissances en médecine. Il peut se dire “Je ne mens pas partout.” Et disons qu’avec un peu d’indulgence pour soi-même, quand on dit “Je mens pas partout”, on peut ne voir que l’endroit où on dit la vérité. La vérité, c’est que je sais par cœur toutes les règles de prise en charge de l’infarctus et que je sais par cœur toute la physiologie du foie.
La vérité, c’est que je pourrais être un très bon médecin. Donc il est solide, il a largement assez de matière pour jouer le personnage. Le docteur Roman est vraiment très impressionnant. Un soir, son ami médecin, le docteur Thierry Devau, organise un dîner. Parmi d’autres, il invite un cardiologue et Jean-Claude Roman est bien sûr de la partie.
On a parlé de tas de choses he enfin on a on a abordé des sujets médicaux effectivement de ce qu’il faisait de sa recherche et de son de son travail. Il est parti de la soirée le premier parce qu’il habitait le plus loin et l’ami cardiologue qui restait avec moi m’a dit “Et ben dis donc avec à côté de gens comme ça on se sent tout petit.
” Bon, le cardiologue c’est un vrai un vrai cardiologue pour tout le monde il voyage beaucoup. Il sillonne la France, l’Europe et le monde pour des colloques. Ses proches le croient au Mexique ou au Japon alors qu’il est là à seulement quelques kilomètres de chez lui. Il passe son temps dans des hôtels à l’aéroport de Genève.
Pendant de longues heures, il lit des revues médicales et des guides touristiques histoire de pouvoir parler du pays qu’il est censé avoir visité. En paire idéal, il ramène aussi des cadeaux de ses faux voyages, des cadeaux achetés dans les boutiques de l’aéroport. Évidemment, il ne laisse jamais de téléphone où on pourrait le joindre.
C’est très difficile de le joindre et souvent il disait à ma sœur de toute façon, c’est pas la peine de m’appeler, je t’appellerai à telle heure. C’estd que lui prenait les devants systématiquement. Ça lui évitait d’avoir à donner un numéro de téléphone au bureau et pour le joindre en cas d’urgence, il avait un alpha page, une sorte de biper où les gens laissaient un message et c’est toujours lui qui rappelait.
Et ça a duré comme ça plus de 10 ans. Pendant 10 ans, il a tout pensé organisé minutieusement ce poste à l’OMS par exemple. L’emploi idéal. Un médecin plus proche aurait été beaucoup plus transparent. S’il avait dit qu’il était installé en cabinet, il aurait fallu qu’il justifie de plein de choses.
Alors que là, il pouvait y avoir des missions, il pouvait y avoir des choses d’une année sur l’autre, il pouvait même y avoir des problèmes d’argent. Le la communauté internationale, ça paye en retard. Donc on peut emprunter à papa en disant “L’année prochaine, je vais toucher mes arriéré et cetera.” Ah l’OMS c’est une nébuleuse de 1700 personnes.
Les gens se connaissent mal et même si c’est à quelques minutes de chez lui, c’est quand même à l’étranger. Vous pouvez avoir une vie sociale en Suisse et une autre vie sociale en France avec une certaine imperméabilité entre entre les deux zones. Et ça c’est quelque chose qui je pense n’arrive pas dans certaines autres villes de France où la communauté reste une communauté relativement unie autour d’un centre-ville.
Ici finalement nous avons deux centre-villees avec une frontière au milieu. Autre avantage, les fonctionnaires internationaux ne payent pas d’impôts en France. Ils sont prélevés à la source. Jean-Claude Roman peut ainsi ne déclarer aucun revenu et au cas où pour les impôts, en France, il est étudiant et par chance marche.
Et par chance aussi, Florence ne met jamais le nez dans les comptes. Dans ce domaine là, c’est lui qui gère tout. Souvent mon mon [grognement] beau-frère euh amenait de l’argent à ma sœur. Il disait “Bah tiens, tu as besoin d’argent, je vais aller en retirer.” Ou il lui donnait. Elle allait rarement retirer elle-même au distributeur.
Tout au moins, il était toujours là en train de lui donner lui lui donner de l’argent ou aller faire le plein de voiture, c’est lui qui allait le faire. Par contre, elle avait tout ce qu’elle voulait. Donc, dans un contexte comme ça, vous posez pas de questions et vous allez pas en plus faire les comptes. Si Jean-Claude Roman a pu ainsi mentir, c’est qu’il bénéficie d’une confiance aveugle de ses proches.
Comment douter d’un cousin, un homme brillant, un homme sur qui on peut toujours compter et puis son physique, son côté pateau, c’est plutôt rassurant. Pour son entourage, cette discrétion c’est de la modestie. Et comme il n’aime pas parler de son travail à l’OMS, personne ne lui pose jamais de questions.
Du coup, c’est Florence qui sert d’intermédiaire. Tout ce que je savais sur roman, je les avais pris par ma sœur parce que lui disait peu de choses, peu dis sur son travail, sur ce qu’il faisait de ses journées où on l’apprenait de façon insidieuse, c’est-à-dire que pendant 2 jours, il allait pas être là et donc on allait passer à ce moment-là, on était à ce moment-là chez eux et puis Florence nous disait “Bah tiens, il était en déplacement à tel endroit et donc forcément ça nous faisait rêver en disant “Mais tiens, tu es allé à tel
endroit, tu as fait quoi Donc euh ça rajoutait au mystère et c’est seulement à ce moment-là qu’il allait expliquer ce qu’il avait fait ou ce qu’il faisait. Seule concession, il emmenait parfois sa famille ou ses amis au pied du bâtiment de l’OMS. Il leur montrait de loin la fenêtre de son bureau au 3è étage et c’est tout.
D’ailleurs, Florence se plaignait de ne pas en savoir plus sur son travail. Elle ne savait pas décrire avec des mots simples ce que faisait Jean-Claude Roman dans son travail de tous les jours. Elle savait qu’il était maître de recherche à tel endroit qui travaillait à l’hôpital Cantonal de Genève.
Il l’a fait bon à l’OMS. Bon il y en a eu tellement je suis perdu. Ce qui fait qu’elle ne pouvait pas décrire exactement son quotidien de travail. C’est là qu’il a dit parce que si ça se trouve un jour je vais apprendre que il est agent secret quoi. Et quand il parlait de son travail ou de sa vie privée à quelqu’un, il lui demandait toujours de ne rien répéter à personne.
En roman avait une technique de cloisonnement extrêmement fine, maline. À chaque fois qu’il avait pour interlocuteur quelqu’un particulièrement ma cliente à qui il affirma un mensonge, il faisait en sorte immédiatement d’ajouter qu’il ne fallait pas répéter cette situation, qu’elle était dite à titre confidentiel et que par conséquent il ne fallait pas l’ébruiter.
Jean-Claude savait qu’il était peut-être dans l’intelligence, c’est un mot un peu un peu présomptueux, mais du pays de Jack. Et je pense que le fait pour lui de savoir que il avait tous ces gens avec lui qui étaient des gens bien placés, qui avaient des responsabilités mais que lui savait qu’il nous mentait à tous et qu’il finalement nous manipulait.
En tant que manipulateur, ça devait être une certaine jouissance. Cette vie de mensonge semblait parfaitement rodée. Alors pourquoi Roman n’a-t-il pas continué ? Pourquoi a-t-il tué femme, enfants et parents ? Daniel Célène, vous êtes psychiatre et psychanalyste et en tant qu’expert, vous avez donc rencontré à plusieurs reprises Jean-Claude Roman.
Comment se comportait-il avec vous qui est un vrai médecin, si j’ose dire ? On pourrait dire comme si nous étions des confrères. Il nous recevait chaleureusement, content de nous voir, répondant volontiers aux questions, sauf quand elles étaient un peu trop embarrassantes. C’est-à-dire qu’il il apportait aussi sa part d’expertise. C’est ça.
Oui. Ah oui oui oui oui. Tout à fait. Et lui-même il donnait de lui-même des éléments qu’il avait analysé qu’il disait avoir analysé. Et puis il y avait il jouait il jouait encore son rôle un peu de de demidieux de personnage important quand il nous disait que quand il nous a demandé, c’était au moment où on partait, est-ce que vous êtes bien des experts de Paris ? A non désolé, on vient de Lyon, il y avait manifestement là sur son visage une instant de déception.
Est-ce qu’il croit en ces mensonges ? toujours ça c’est toute la le fonctionnement du mythoman. Je crois qu’il croit ses mensonges. Il y croit tellement que même il fallait le temps de lui rappeler que qu’il était en prison où il se comportait comme quelqu’un qui qui faisait des diagnostics qui puis qui parlait de lui comme s’il parlait de quelqu’un d’autre d’ailleurs.
Et ça traduit quoi ça ? Et bien ça traduit toute l’organisation de son psychisme. C’est-à-dire qu’il est construit euh sur une mystification qui est purement narcissique. Tous les autres, tout ce qui l’entoure ne sont que des faire valoir de de lui-même. Euh sa femme, ses enfants, euh tous t tous ces personnages de qu’ qui l’entourait ne sont que des faire valoir de lui-même.
C’est pas des êtres qu’il peut aimer en tant qu’être différent de lui. C’est des êtres qu’il aime en tant que complément de lui. C’est pas la même chose. Ce qui pourrait être une explication de de ce qu’il a fait de ses actes, c’est qu’ en tuant les tous ceux qui l’entouraient, il a c’était lui-même qui tuait en fait.
C’était les morceaux de lui-même qui faisaient disparaître. Donc il se serait en partie suicidé, on pourrait le dire. Et d’ailleurs, il nous l’a dit. J’ai j’ai tué tous ceux que j’aime mais je suis enfin moi. Toujours à la recherche du déclic, c’est-à-dire de l’événement qui a fait basculer Roman du mensonge au meurtre, les gendarmes s’intéressent à son amie parisienne.
Cette femme qu’il est allé voir le soir des meurtres laissant les cadavres dans la maison. Cette femme qu’il a tenté d’assassiner et qui l’a finalement épargné. Cette femme qui lui avait aussi confié beaucoup d’argent. En juin 1992, 6 mois avant les meurtres, elle finit par lui réclamer les 900000 francs qu’elle lui a confié.
Lui se trouve évidemment gêné. Il invoque d’abord le fait que cet cet argent est placé pour des périodes calendaires fixes. On ne peut pas le retirer à tout moment. Il est placé pour 3 mois minimum et par conséquent, il faut toujours attendre 3 mois avant de pouvoir le retirer. Cet argent, elle l’aura début septembre, c’est promis.
Mais les mois passent et rien. Roman invoque son cancer. Il ne va pas bien une grave rechute. Il n’a pas pu aller chercher l’argent et malheureusement la date de retrait vient de passer. Il faut maintenant attendre décembre. Roman cherche à gagner du temps car il est au bord de la faillite.
Il ne peut plus rien rembourser. Assez rapidement, on va s’apercevoir que sur le compte de son épouse, il y a un millier de francs et quelques, pas plus, que sur les comptes de ses parents, il y a pratiquement plus d’argent non plus, euh qu’il doit au moins 900000 francs à son amie parisienne et que les sommes qu’il a emprunté à sa belle famille, enfin qu’il a détourné auprès de sa belle famille n’apparaisse nulle part.
Il y a pas d’argent retrouver dans sa maison. Donc à ce moment-là, on se dit que Jean-Claude Roman est aux abois financièrement. D’ailleurs, à la fin de l’année 92, les parents de Jean-Claude Roman reçoivent une lettre de la banque. Elle indique que le compte de leur fils est à découvert de 40000 francs.
Immédiatement, Jean-Claude Roman a été interpellé par les parents sur ce courrier de la banque. À partir de là, et bien là aussi Jean-Claude Roman a vu que la supercherie malheureusement risquait fort d’avoir une faim et qu’il allait être obligé d’avouer à ses parents que les sommes importantes qu’il lui avait remis pour être placé, bien, elle ne pouvait plus être présentée.
Roman rassure ses parents, c’est une erreur de la banque mais il est acculé et son ami de Paris ne cesse de le harceler. Le 21 décembre 92, 3 semaines avant les meurtres, il l’invite à dîner au restaurant. Elle veut l’argent tout de suite mais il ne l’a pas en janvier. C’est promis, lui dit-il.
D’ailleurs, il doit organiser une soirée avec Bernard Kouchner, un ami. Il lui rendra l’argent à cette occasion. Pour abolir la réticence de cet ami, il va lui faire croire qu’au cours du dîner, ils rencontreront monsieur Kouchner, Bernard Kouchner qui est intéressé par le cas d’un des enfants de de cet ami qui est handicapé. Donc c’est en exploitant la fragilité de cet ami au regard du handicap de son enfant qu’il va la convaincre de venir à ce dîner où Bernard Kouchner en personne va s’intéresser au cas de ses de de de cet enfant.
Et Bernard Kouchner est justement disponible le 9 janvier. Mais la vérité c’est que Roman n’est pas un ami de Kouchner qui n’a jamais eu de maison en forêt de Fontainebleau. Ensuite c’est l’agression. Quelques heures avant, Roman a tué sa femme, ses enfants et ses parents. Quel a été l’événement qui a déclenché le carnage ? Ces problèmes d’argent ou peut-être les doutes qu’il sentaient naître chez Florence ? Un jour, Florence avait croisé près de l’école une voisine. Ses enfants étaient déguisés.
C’est pour l’arbre de Noël de l’OMS”, lui aurait dit la femme. D’ailleurs, c’est curieux, on n’y voit jamais ni Caroline ni Antoine. Et là, bien sûr, Florence va être étonnée. Pourquoi ? Parce que elle n’a jamais entendu parler de cet arbre de Noël. Donc, on peut peut-être s’imaginer que le soir venu, rentrant à son domicile, après soit-disant avoir passé sa journée à l’OMS, Jean-Claude Romand se soit vu interpeller par son épouse sur les raisons pour lesquelles les enfants n’ont pas été informés de l’arbre de
Noël. Le comportement de Florence avait alors changé. Elle était moins enjouée que d’habitude. Un jour, devant une photo d’enfance de son mari, elle soupire. Rien de mal ne peut sortir d’un visage si doux, n’est-ce pas ? On a compris enfin compris, on peut accepter le chemin qu’il a fait passer de l’échec au mensonge.
Mais comment passe-t-on du mensonge à à l’assassinat des gens qu’on aime ? Et il a dû l’imaginer 100 fois un million de fois ce moment terrible où sa femme par exemple lui dirait “Mais tu m’as menti, tu n’as jamais été médecin, tu n’as jamais été à l’OMS, tu n’as jamais été à ces congrès. Tu n’es pas l’homme que tu dis. Explique-toi.
” C’est terrible le moment où il allait être obligé de retourner vers ses parents, ses ses parents âgés pour leur dire “Je vous ai mentiu le médecin que que vous croyez. Je suis une pauvre chose, je ne suis rien. Et lui sait très bien à partir du moment où il va falloir rembourser de l’argent, à partir du moment où il sent sans doute que son épouse a des doutes euh que l’issue est proche et que il va falloir soit apparaître comme on est ou trouver une solution pour que et bien pour résoudre le problème. Malheureusement,
la seule façon de le résoudre, c’est par le suicide ou par le crime. Le procureur de la République nous a dit qu’au moment où il a avoué euh les meurtres, il n’a manifesté aucune émotion. Mais quand vous le voyez vous au parloir euh en prison, est-ce qu’avec vous il est il lâche, je sais pas, une larme ? Euh moi j’ai un souvenir terrible.
C’est c’est lors de la reconstitution sur les lieux à euh dans dans la maison familiale où il a commis le le le meurtre de son épouse et de ses enfants. Nous étions tous là extrêmement étre par l’émotion. Il est arrivé comme il était d’habitude, c’est-à-dire relativement froid, distant et puis il a pénétré à l’intérieur de cette maison.
Et là, en quelques instants, il s’est mis à à gémir, à trembler, à vomir. C’était un un spectacle terrible parce que je crois que il y avait dans ces moments-là, je dirais, toute l’humanité de cet homme qui qui remontait à la surface, je crois qu’il redevenait ce ce qu’il est. Je je l’espère. et et je le crois un pauvre homme qui s’était piégé lui-même et mis dans une situation absolument inextricable.
Le 25 juin 96, le procès de Jean-Claude Roman s’ouvre devant les assises de Bourcambress. La foule se presse vers la minuscule salle d’audience pour voir la tête de ce menteur exceptionnel. La famille de Florence ne l’a pas vu depuis 3 ans, depuis ce Noël 92 passer en famille.
À l’époque, il était encore le mari adoré, le médecin réputé. On a du mal à se défaire tout de suite là de de je vous dis de l’image qu’il avait quand même donné pendant tant de d’années hein. C’est encore c’est encore frais dans les esprits et franchement on a du mal à réaliser. Au bout de quelques minutes, Jean-Claude Roman entre dans le box et là apparaît un hommeigri, replié sur lui-même. Un homme tout à fait banal.
Dans la salle, il y a une espèce de sentiment d’incompréhension devant cet homme que l’on imaginait peut-être voir arriver sous le fasiège de je ne sais quel vampireux et qui donne l’image d’un citoyen tout à fait normal avec de grands guillemets mais normal néanmoins. Et ça ça fait partie de ce malaise qui existe dans la salle d’audience de de cette interpellation lourde entre des faits aussi extraordinaires et le caractère si ordinaire de l’accusé, du moins dans l’apparence qu’il donne.
Jean-Claude Roman ne conteste pas les assassinats. Il sait qu’il encourt la perpétuité. Mais est-ce qu’il pourra expliquer pourquoi il a menti et pourquoi il a commis ses gestes insensés ? A-t-il vraiment réalisé ce qu’il faisait au moment de tuer femme, enfant et parents ? Pour l’accusation, c’est incontestable.
Roman a tué avec un sang froid incroyable. Pensons qu’avant d’exécuter ses enfants, voilà ce père de famille qui déjeûne avec eux et qui regarde avec eux des cassettes à la télévision. Pensons qu’avant d’exécuter ses propres parents, il y a ce repas avec ces personnes âgées en tête à tête qui se passe d’une façon tout à fait tout à fait normale.
Ce n’est pas encore une fois quelqu’un qui commet dans un accès de bouffée délirante une succession de crime. C’est quelqu’un qui l’effectue qui effectue ces crimes avec cette froideur. Ce qui est troublant aussi, c’est que les crimes s’étalent sur une journée entière et qu’ils sont méthodiques pour la défense et qu’il n’avait pas le choix.
Il commence par tuer sa femme et puis c’est l’enggrenage. Il a pas fait face aux difficultés les plus simples de la vie quotidienne. Il a évité tout ce qui pouvait représenter un risque d’échec. Vous le voyez annoncer à ses enfants qu’il adorent. Vous le voyez annoncer à ses parents qui sont à 100 km de là qu’iladore également que Florence est décédée et qu’elle est décédée dans des conditions pareilles.
C’est impossible. il est pris dans une spirale criminelle et c’est ainsi qu’il va ensuite passer à l’acte sur ses enfants et plus tard sur ses parents. Mais alors, comment expliquer tous les achats de roman dans la semaine précédent les crimes ? L’avocat général Jean-Olivier Viw va a éginer inexorablement tous les préparatifs.
Le mardi 5 janvier, 4 jours avant les assassinats, il achète à la pharmacie de Prfsin des Barbie turiques. Ceux même que l’on retrouvera dans le sang de son fils. Le lendemain, le 6 janvier, il se rend dans une armurerie à Lyon. Là, il achète deux bombes lacrymogènes. Il s’en servira contre son ami de Paris.
Il se procure aussi des balles de van de long rifle, celles qui tueront ses parents et ses enfants. Le vendredi 8 janvier, la veille de l’assassinat, il va enfin dans un centre commercial. Il achète deux jericanes qu’il remplira d’essence à la station voisine. Tous ces achats qui précèdent les faits s’inscrivent dans cette volonté de mourir, c’est de mettre fin à ce personnage.
et parce qu’il a une relation fusionnelle mais la plus fusionnelle qui puisse être au point de devenir une pathologie. Cette relation fusionnelle fait que sa volonté de disparaître malheureusement englobe la disparition de tous les êtres qu’il aime. Pour la défense, Roman n’a pas su dissocier ce qu’il aimait de lui-même et il ne peut pas se tuer sans tuer les autres.
Mais alors pourquoi ne s’est-il pas suicidé ? Il aurait pu faire usage de son arme à feu puisqueil a montré qu’il savait parfaitement utiliser une arme à feu pour supprimer quelqu’un facilement. Bon deuxièmement, pourquoi a-t-il calfeutré les portes de sa chambre s’il voulait s’immoler par le feu ? Au contraire, il fallait tout ouvrir et puis répandre autour de soi l’essence et brûler le plus rapidement possible.
On peut s’interroger sur la réelle volonté suicidaire. Ce qui est troublant, c’est que Roman a attendu 4h du matin pour mettre le feu à la maison, l’heure exacte du passage des éboueurs. Ils savaient qu’ils allaient prévenir les pompiers. Pour l’accusation, c’est une preuve que Jean-Claude Roman ne voulait pas mourir. À la barre, les experts psychiatres sont moins catégoriques car il a tout de même avalé une grosse dose de barbitorique.
C’est pas parce que par l’acheté ou maladresse, il a raté son suicide qu’il ne voulait pas mourir. Je pense qu’il voulait mourir. Il est clair que étant médecin et sachant ce qu’il manipulait, il avait pu prendre le risque de mourir, faire plus prendre que prendre le risque de mourir. Il pouvait y avoir clairement, en tout cas rien ne permet de dire qu’il était dans un jeu où il aurait essayé de survivre.
Tout le monde attend que Roman s’explique pourquoi, comment a-t-il réellement voulu se suicider ? La salle d’audience est pendue à ses lèvres. Mais l’homme ne livre pas d’explication. il est capable de de manipuler, d’être de faire preuve d’hypocrisie, de de déplorer qui plus à peine de mort pour lui alors qu’il sait très bien qu’elle est abolie depuis 10 ans par exemple et que personne lui demande rien ce sujet de euh à à plusieurs reprises en dans le procès, il a été un peu un peu comme ça. On se demande si c’est
pas le le faux roman de temps en temps qui reprend le dessus qui joue pas qui joue pas qui joue pas un rôle. Et puis il a goe sur des détails sans importance. Par exemple, lorsque la marchande de journaux de Prin est appelée à la barre, car après avoir tué sa femme et ses enfants et avant d’abattre ses parents, Roman est venu dans son magasin.
La marchande de journaux qui est là, qui a témoigné dit “Oui, oui, monsieur Roman m’a acheté le Dauphiné libéré et l’équipe.” Et Roman à ce moment-là donne un détail fondamental pour l’affaire. Il dit “J’ai acheté le Dauphiné libéré mais pas l’équipe. Je ne lis jamais l’équipe.” Et il voilà un type qui prend le soin de d’apporter un détail insignifiant et que personne ne lui demande alors que ça fait 2 heures qu’on essaie d’obtenir de lui euh de savoir comment il a tué sa femme exactement et pourquoi est-ce qu’il y a eu une dispute ? Est-ce
qu’ Et là on là il se souvient de rien. Roman apparaît comme un homme froid, insensible. Pourtant, le troisème jour du procès, il craque là où on s’y attendait le moins. En fin de matinée, son avocat l’interroge sur son chien et Roman va s’effondrer d’un seul coup. il il va si il va il va tomber par terre, il tambourine sur le sol, les les les gendarmes vont devoir le l’évacuer.
Alors évidemment, tout le monde est un peu stupéfait de de s’apercevoir que la première fois que que Roman manifeste une émotion aussi forte à son process, c’est quand on parle de son chien. Alors est-ce que c’était la goutte d’eau qui avait fait débordé le vase ? Mais pourquoi était-ce le chien qui avait fait desbordé le vases ? Je ne vous cache pas que nous avons plusieurs des assistants, plusieurs des participants, des acteurs à ce procès ont eu à ce moment-là un très grand moment de malaise.
L’audience est suspendue. À la reprise, Roman semble anéanti, crispé par la douleur. Il tente d’expliquer ce chien, c’est symbolique. Son enfance solitaire, le souvenir d’Antoine et Caroline, tout un pan de douleur qui remonte. Il a du mal à parler. Le malaise monte dans la salle car personne ne comprend la logique de Roman et même les experts psychiatres n’arrivent pas à apporter de réelles réponses.
[grognement] Selon eux, il n’est pas tout à fait normal, pas tout à fait fou non plus. C’est un demi-fou. Docteur c’est Hélène, le juge vous pose des question et notamment une sans doute, cet homme est-il fou, malade mental ou pas ? Quelle est votre réponse ? Alors, au sens de la maladie mentale, non, mais au sens de fonctionnement psychique extrêmement particulier que nous qu’on a appelé d’ailleurs le narcissisme criminel, c’est euh Oui, il est souffrant.
Effectivement, il c’est un homme souffrant. Toute sa vie, il a il a vécu dans la dissimulation. Vous pouvez caractériser exactement ce dont il souffre. Ce dont il souffre, c’est de n’avoir jamais pu être Jean-Claude Roman, mais d’avoir toujours été dans la peau d’un autre. la peau d’un enfant qui doit protéger sa mère, la peau d’un enfant qui doit soutenir son père aussi dans la peau de plus tard d’un d’un enfant qui doit être dans l’idéal des maîtresses qui l’ont qui l’ont considéré comme le meilleur du canton.
Il devait toujours être dans la peau de quelqu’un qui protégeait quelqu’un et derrière c’était toujours la mère. Et on peut comprendre toute cette au-delà de l’amour qu’il pouvait avoir pour ses géniteurs la haine qu’il a pu éprouver pour ces gens qui ont pas su le protéger et lui donner confiance en lui. Et quand le juge vous demande est-ce que il était responsable de ces actes au moment où il les a commis, vous répondez.
On a répondu que oui, mais qu’on a répondu quand même compte tenu de l’histoire très très importante qu’il a fragilisé toute sa vie, que sa responsabilité pouvait être considérée comme atténuée malgré tout. Et quand Roman s’exprime juste avant le délibérer, l’incompréhension est à son comble. Roman s’est tourné vers la table décellé où se trouvait notamment les photographies des siens et il a eu des sortes de propos où il s’est adressé à eux.
Il s’est adressé à eux dans l’au-delà. Je n’ai pas pu analyser s’il s’agissait véritablement d’excuses ou d’un dialogue demandant leur compassion, leur compréhension. On l’a laissé parler. Il n’a pas regardé une fois la salle. Il n’a pas regardé une fois la cour. Il s’est adressé à eux et ensuite il s’est arrêté. Après 4 heures de délibéré, le verdict tombe.
Perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans, le maximum. Jean-Claude Roman accepte senciller. Mais les familles sortent des contenancées, frustrées de ce procès car elles n’ont toujours pas compris, n’ont pas eu les réponses à leurs questions. Ce qui manque là-dedans, c’est il a pas expliqué effectivement le geste qu’il a eu sur ma sœur.
C’est ça avant tout qui est le qui prouve bien que il aura pas le courage de le dire. Il y a pas eu le courage de d’aller jusque là et d’affronter cette vérité. Pour moi, c’est clair. Donc après, il ment, il ment, il ment, c’est clair. Il est pas sincère. Ça peut pas être quelqu’un de sincère, il sera jamais sincère.
De toute façon, tout ce qu’il dira maintenant euh nous aurons à l’idée qu’il peut mentir parce qu’il l’a fait, il il le pratique bien. Donc il est clair que pour moi sincère ça veut rien dire pour lui. sincérité et roman, ça peut pas coller avec moi. Comment est-ce qu’il a pu prendre le fait que des tas de bouquins ont été écrits sur lui ? Alors, vous en avez écrit un, mais un et et est et est célèbre, c’est celui d’Emmanuel Carer, l’adversaire dont il a été tiré un film et son personnage a été joué par Daniel Huteuil. C’est probablement négatif, non
? pour l’évolution du personnage de voir qu’il est il est devenu une vedette de télé, ça le renforce certainement dans son fonctionnement. Il est il est devenu un dieu. Ça le met pas en position de sujet d’un royaume, ça le met toujours en position d’enfant roi. Il est obligé de croire à ce qu’il fait et ce qu’il est, y compris de croire qu’il était le docteur roman parce que sinon il est plus rien.
Qu’est-ce qu’il est ? Est-il possible, docteur Célè que en prison, il guérisse de cette souffrance dont vous nous avez parlé tout à l’heure ? Ça passerait par un tel effondrement de de de tout ce qui le construit et ça dépensera une telle énergie que je suis pas sûr que il se suiciderait pas vraiment cette fois. Avant devenir un menteur et un assassin, Jean-Claude Romain avait été un élève assez brillant.
Il avait eu 16/ 20 à l’épreuve de philosophie du baccalauréat et le sujet était ainsi libé. La vérité existe-t-elle ?
to Louis Poiron, profession tailleur de pierre. Cet homme est capable de soulever 50 kg d’une main sans manifester le moindre signe d’effort et d’une main, d’un geste, il est aussi capable de tuer. Il l’a fait au moins à quatre occasions. Il a tué toujours des femmes.
Il a violé aussi, mais pas toujours, des femmes jeunes, mais aussi des femmes âgées. Il a tué pour rien, pour un geste de leur part, une phrase anodine qui ne lui plaisait pas. Et quand on lui demandera pourquoi, il n’aura pas d’explication. En tout cas, pas d’explication resvable. On devra se contenter de sa seule tentative de justification livrée au cours d’une interview exceptionnelle donnée à une équipe de télévision.
Je voulais en quelque sorte tuer ma mère. Je m’étais juré le jour où mes parents mourraient d’aller boire le champagne sur leur tombe. Voilà, c’est cru, c’est brutal mais c’est la seule réponse qui trouvé le tueur en série. Louis Poiron. Et vous pensez que vous êtes dangereux ? Ça dépend à quel degré on peut penser ça pour la société.
Oui, on va dire je suis dangereux, c’est sûr. Moi non. C’est sûr que j’ai trois cas là qui sont tombés. Je dis, on peut penser ce que je veux, ça a jamais dû arriver. On pour penser ce qu’on veut, ça jamais dû arriver. C’est par bêtise humaine. C’est ma bêtise à moi qui a pris le dessus, c’est tout. 8h du matin, 19 mai 2000.
On l’appellera Adelle. Après une nuit passée à Paris, Adelle rentre chez elle à Vern, mais elle s’est trompée de train et se retrouve à la gare de MT- la jolie. Elle est pressée, elle a rendez-vous à l’école de son fils. Elle va devoir prendre le bus quand un automobiliste s’arrête à sa hauteur. J’ai vu une voiture qui a fait la marche arrière.
Je me suis retournée, je l’ai vu me dit “Ah bonjour madame, bonjour. Vous avez l’air pressé. Effectivement, dit-elle, je suis pressée, je dois aller à Vernon. Et de là, il me dit “Ah mais moi aussi, je vais par là. Si vous voulez, vous pouvez venir. Je vais juste déposer les cartons là où ce que je travaille.” Et au fond de moi, je disais “Ah tiens, aujourd’hui, j’ai de la chance.
” Adelle monte dans la voiture et tente d’engager la conversation. Mais rapidement, un malaise s’installe. Je parlais que de mon fils et lui il me disait rien du tout. Il était là, il était vraiment scotché. Il était il disait rien. Calme. La voiture roule en direction de Vernon. Mais il doit déposer ces fameux cartons.
Il quitte la Nationale 13 et se dirige vers une ferme qui semble désaffectée. C’est là qu’il travaille. Tout seul, il est tailleur de pierre. Toujours silencieux, il ouvre le coffre de sa voiture. Moi, j’étais toujours assise et moi je disais au fond. Moi, je dis, il faut qu’il fasse vite parce que bon parce que j’avais mon cœur était au rendez-vous de mon fils quoi.
Soudain, la portière d’Adel s’ouvre. Debout devant elle, l’homme la menace d’un couteau. Sortez but qui commence à trembler, qui là franchement vous vous êtes tombé carrément dans les nuillages. Sortez où je vous but. Sortez où je vous bute ou il était énervé, il tremblait, il tremblait.
Il était il n’était il était vraiment il a c’était une autre personne quoi. Adelle terrorisée tente de rassembler ses esprits. Elle pense à son fils, à son rendez-vous à l’école. Il y a quelque chose qui me disait au fond de moi. Doucement doucement doucement doucement ne ne précipite pas de ça.
J’ai dis mais qu’est-ce qu’il y a ? Calmez-vous, calmez-vous. Ça c’est moi. Je lui disais calmez-vous. Qu’est-ce qu’il y a ? Vous avez un problème qu’est-ce qu’il y a ? Sortez, je vous bute. Sortez ! Adelle sort de la voiture. L’homme se précipite sur elle, lui attache les mains dans le dos et la traîne à l’intérieur de l’un des bâtiments. Dans la lutte, Adelle perd sa montre.
Il m’a attaché, il a pris le scotch. Les gens il a commencé après il m’a tiré m’a dit “Allez montons montons vite vite vite vite vite vite vite.” J’ai dit mais qu’est-ce que vous voulez de moi ? Qu’est-ce que vous voulez me faire ? Vous voulez me violer ? Vous voulez me tuer ? Qu’est-ce qu’il y a ? Vous avez un problème ? Et lui me disait “Vous allez voir, vous allez voir ce que je vais vous faire.
” L’homme pousse Adelle dans une pièce vide dans laquelle se trouve un vieux matelas. m’a fait tomber machin. Après, il m’a commencé à me bayonner puis bon ben il m’a déjà il m’a bien voir si vraiment c’est bien fort, c’est bien parce que il tirait moi j’étais comme ça les pieds, les mains la poitrine, la bouche mais vraiment j’étais comme un cabri.
Maintenant tu vas rester seul, je vais travailler. Je reviendrai pendant ma pause de midi. Et l’homme prévient, tu verras alors ce que je te ferai. Pour moi, je disais que je suis morte et dans mon cœur, j’ai pensé à ma grand-mère qui me disait parce que c’est ma grand-mère qui m’a élevé, qui me disait que jamais tu n’auras jamais de mal, même si je meurs, tu n’auras jamais de mal.
Et je disais mais tu me disais que tu n’aurais pas du mal, mais maintenant regarde où ce que je suis. Comme si de rien n’était, l’homme se met au travail dans son atelier au rez-de-chaussée de la ferme. C’est alors que débarque sa patronne qui vient faire le tour du propriétaire. sa patronne qui par hasard par terre dans la cour tombe sur une montre de femme devant l’escalier qui monte au premier étage.
Intriguée, elle monte, elle ouvre la porte et elle tombe sur une femme ligotée qui manifestement ne la voit pas. Interloquée, elle court chercher son seul employé, son tailleur de pierre, Louis Poiron. Sa réaction la cloue sur place. Oui, il sait qu’une jeune femme est enfermée là-haut. Oui, c’est lui qui l’a kidnappé.
Mais c’est promis, il va la ramener chez elle. Il supplie sa patronne de ne rien dire. Ouais, je vais vous ramener. Je vais vous ramener. Je suis pas compli. Adelle sidéré obéi sans rien dire. Je n’étais plus moi. Il me disait viens là. Ben voilà, venez, je vous accompagner.
Ben il m’a accompagné, on a démarré et puis comment il parlait au téléphone et c’est à sa patronne qu’il parle au téléphone tout en ramenant Adelle chez elle. Elle a prévenu les gendarmes. Ils sont à ses trousses. Poisson la rassure. J’ai retrouvé mon calme. J’ai dit vous avez l’habitude de faire ça ? Il me dit non c’est pour la première fois que ça m’arrive.
Je ne comprends pas. Je ne sais pas pourquoi. Poisson dépose Adelle devant chez elle. Il s’excuse et s’en va. Si la dame ne m’aurait pas vu, il m’aurait tué ça, il y avait pas de doute, je mourrais. Voilà. Ouais, j’ai eu la chance. Oui, Dieu merci. J’ai eu la chance. Colonel Schneder, vous êtes à l’époque le commandant de la section de recherche de Versailles.
Poirçon donc après avoir déposé Adè chez elle, va se constituer prisonnier à la gendarmerie. Est-ce que vous avez compris pourquoi vous ? Oui, en fait, il a il a libéré Adelle d’abord parce qu’en fait le son employeur de l’époque l’avait découverte. Donc elle il a été dans l’obligation de la libérer. Il a pris la décision de la ramener chez elle et concomitamment l’employeur a téléphoné à la gendarmerie et également demandé à Poiron de se constituer prisonnier.
Ce qu’il a fait en allant à Bognière, à Brigade de Bognière. Alors qu’est-ce qu’il dit sur cet enlèvement d’Ad ? Il précise quand même que il en voulait finalement à l’un des enfants que gardait sa compagne de l’époque qui était aide maternelle et elle gardait notamment une petite fille, une petite fille de couleur noire qui était semble-t-il assez difficile en tout cas qui avait des rapports très difficiles avec poiron et il nous a expliqué que en fait en agressant une personne de race noire, il voulait un peu se venger de cette petite gamine qui
était gardée par sa compagne. C’est la seule explication qu’il nous a donné. Donc il est présenté au juge et puis il est mise en examen pour enlèvement et séquestration. Tout à fait. [cloche] Louis Poiron est maintenant en prison pour une tentative d’enlèvement qui se termine plutôt bien pour la victime.
Et les gendarmes découvrent à ce moment-là que l’homme est un multirécidiviste. 4 ans plus tôt, il avait enlevé trois jeunes autostopeuses qu’il avait tenté de séquestrer au même endroit à la ferme. Elles aussi avaient réussi à s’enfuir et pour ça, il avait été condamné à 3 ans de prison. Il était sorti il y a 2 ans à peine.
Et ça n’est pas tout. Dans les années 80, entre 83 et 85, il a commis 12 viols à Strasbourg. 12 viols qui lui avaient valu une condamnation à 15 ans de prison. Notre homme est donc un prédateur récidiviste et dangereux. Entre mars 83 et janvier 85, il y avait eu à Strasbourg une série de 12 viols. Les victimes des femmes de 18 à 40 ans.
Le lieu du crime, toujours le même. Un parking souterrain du centre-ville. Le scénario toujours le même aussi. L’agresseur entre dans le parking, guettete, tapis dans l’ombre, l’arrivée des voitures. Une fois sa proie repérée, il se précipite avant que la conductrice ne puisse sortir de sa voiture.
Il ouvre la portière, s’assoit côté passager et menace sa victime d’un pistolet qu’il pointe sur sa tempe. À chaque fois, les femmes sont violées puis dépouillées de leur argent. Et quand il est surpris par des témoins, il réussit toujours à s’enfuir. Longtemps, le violeur des parkings a semblé insais et puis sa chance a tourné.
Car un jour, il prend en stop une jeune fille, l’emmène sur un chemin de terre et la viole. Mais la victime a le temps de noter le numéro d’immatriculation et prévient les gendarmes. Vérification faite, la voiture appartient à une étudiante qui l’ prête régulièrement à son petit ami, un dénommé Louis Poiron, un alsacien de 23 ans.
Il est présenté aux victimes des parkings. Toutes le reconnaissent. La cour d’assise de Strasbourg le condamne à 15 ans de prison. 10 ans plus tard, Louis Poiron est libre. Dominique Crisé, à cette époque là, au moment des viol Strasbourg, Louis Poiron est examiné par des psychiatres. Qu’est-ce qu’ils disent sur sa dangerosité ? J’ai ici l’expertise et moi Christophe en lisant ça, j’ai l’impression que ce type là, c’est une bombe à retardement.
Rapidement, il est né à Madagascar, son père est malgache, sa mère française. Quand il a 4 ans, ses parents viennent s’installer en France dans l’Est. Il est l’aîné, il aura trois sœurs. Il il est très jaloux. Ça se passe mal avec ses sœurs. Voilà ce qu’il dit aux experts de l’une de ses frangines.
J’ai jamais pu blairer la grosse, elle a toujours été con comme maman chabalet. Il y a beaucoup de violence dans cette expertise. De la violence verbale, des mots qui sont durs. Mon père me filait des raclés et comme ça n’a pas marché, il a dressé les filles autrement. Il parle de ses sœurs dressées. On dirait qu’il parle d’animaux, hein.
Il en veut à tout le monde. Il dit que l’armée lui a baisé la gueule, que son employeur aussi lui a baisé la gueule. Il [grognement] voit le mal partout. La seule personne pour laquelle il a un peu de tendresse à un moment de sa vie, c’est sa mère. Et c’est seul gestes de tendresse à lui, Louis Poirçon, c’est les moments où il dessine, il tient ça de sa mère qui dessinait à elle aussi et les moments où il peint parce que c’est un peintre amateur.
Alors, est-ce qu’il est dangereux pour répondre à votre question ? Bien, les experts parlent d’une attitude désinvolte, à la limite de l’hostilité, replie sur soi, il refuse de collaborer. Et quand vous vous bagarrez, lui demande les experts, réponse de poirçon, si je suis énervé, je ne sais pas ce que je fais. Je tape dedans une vraie bête.
Donc tout était tout était écrit déjà à cette époque. Alors tout était écrit et alors ce qui est étonnant c’est après euh avoir pris connaissance de ça la conclusion des experts qui disent poirçon ne souffre d’aucune anomalie mentale, il n’est pas fou et aucun traitement thérapeutique n’est à envisager. On le laisse ressortir comme ça.
Et c’est cet homme-là, Christophe, qui enlève et qui séquestre Adè. Évidemment, colonel Schneeder, une fois que Poiron a reconnu avoir enlevé Adè et que vous découvrez quel est son passé judiciaire, euh vous n’avez pas intérêt à le lâcher là. Mais c’est-à-dire que nous travaillons déjà depuis un bon moment sur le une découverte de corps dans la région de Saint-Sir en Arti.
Il s’agissait du corps d’une dame âgée, madame Berson, qui avait été retrouvée dénudée dans les bois et nous n’arrivions pas, enfin c’était un meurtre, c’était évident, mais nous n’arrivions pas à identifier son agresseur. On avait pas d’élément et c’est vrai que dès lors que la brigade de Bonir nous a alerté sur ce phénomène de Louis Poiron, l’agression qu’il venait de commettre, il nous a intéressé.
En même temps, le poisson qui vient d’être arrêté pour l’enlèvement d’Ad, c’est pas un meurtrier. Non, c’est un violeur. C’est un violeur, mais c’est vrai qu’il allait un peu crchendo dans ses dans dans dans la dureté de ses viols quand il a été arrêté en 85. Et puis là, on était pas pratiquement convaincu que de toute façon, une fois qu’il aurait sans doute violé Adè, il n’allait pas la laisser en liberté.
Donc, on a franchement l’impression que il montait dans les gammes de la délinquence et donc il était tueur potentiel. Samedi 3 septembre 99, un peu moins d’un an avant l’enlèvement d’Adure heureur. C’est là que vit Charlotte Berson qui a bien l’intention de profiter des derniers beaux jours. Malgré ses 79 ans, Charlotte qui est veuve et qui vit seule est une grande marcheuse.
Ce jour-là, vers 13h, un voisin la voit côte du Hénil, une de ses balades préférées. Dans l’après-midi, son petit-fils l’appelle au téléphone mais elle ne répond pas. Elle n’est pas rentrée et en fait le téléphone il sonnait dans le vide. Alors on a pensé qu’elle faisait des courses car on devait aller la voir un peu plus un peu plus tard et on a continué à téléphoner téléphoner et ça sonnait toujours dans le vide dans le vide.
Ses enfants se rendent chez elle mais il n’y a personne. On a regardé s’il y avait pas eu un cambriolage. On a regardé si tous les papiers étaient à leur place. On a on a regardé puis on a vu que la porte comme elle était la porte était fermée, la maison était climatisée comme elle faisait lorsqu’elle allait se promener et là on a compris qu’il s’était passé quelque chose quoi.
Toute la famille se met immédiatement à sa recherche. On s’est réparti en plusieurs groupes. Les petits enfants avec des amis. On a fait euh on va dire le terrain et en fait on a laissé ma tante et ma mère à la maison au cas où ma grand-mère réapparaisse. Mais au fur et à mesure, le temps passant, on commence à à se poser des questions parce que une fois qu’on a fait le tour plusieurs fois des mêmes promenades, on a beau élargir le périmètre de recherche, on trouve toujours rien. C’est le doute quoi.
C’est un immense doute. On sait pas. La famille prévient les gendarmes dès le lendemain. Mais pour les disparitions d’adultes, il faut attendre 72 heures avant de démarrer des recherches car un adulte a le droit de disparaître. En attendant, la famille Berson inonde pass sur David recherche.
Ça ne donne rien. Les semaines passent, Charlotte ne réapparaît pas. Un mois plus tard, Paul Noël, accompagné d’un ami, vient chasser près de Saintcartie. Soudain, leurs chiennes les attirent vers un fourê. Attention Bertand, sur le haut ta chaîne commence à s’intéresser à quelque chose.
Bien que la chaîne commence à frétiller et puis sentir, on dit quand il y a quelque chose là et puis moi je suis j’avance dans la direction là-bas. Ma première idée, c’était un jouet de gamin. Je voyais quelque chose de rose, enfin blanc, rosé. J’avais vu comme des fois on trouve des gamin, vous savez, dans le temps quand il faisait des petites des petits baigneurs en celluloïdes là mais en m’approchant plus, j’ai vu après le pied, il y avait la jambe, la jambe, le corps et puis tout le reste. Alors, j’ai à mon copain,
disons, on vient voir un peu ta chaîne ce qu’elle nous a trouvé. Maintenant, il y a plus qu’à prévenir les flics. Les gendarmes de la section de recherche de Versailles arrivent sur place. Ils trouvent un corps nu en état de décomposition avancée. Difficile de savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.
Seul indice, une montre au poignet. Le corps était comme ça. La tête sur la pierre, les jambes là-bas. Pour nous, en voyant ce corps à cet endroit, on se dit que la person là où les personnes qui l’ont transporté ici, car certainement il a été transporté connaissent le coin parce que c’est quand même particulièrement isolé. Un endroit idéal pour dissimuler un cadavre à la fois tout près du village de Saint-Cirti et très à l’abri des regards.
Une enquête des voisinages. On va aller voir la seule unique habitation qui est située non loin de la découverte du corps. Et malheureusement ça ça va rien donner malgré le nombreux contacts des Rins et du village de S en Arti notamment qui est sur la gauche mais qu’on ne voit pas et du village de Vienne en Arti qui est sur la droite et qui est dans la descente un peu plus bas.
En tout il d avoir une centaine de personnes de contacté en de tr jours. Mais ça n’a rien donné. L’autopsie révèle que la victime est une femme âgée. Son poignet gauche a été cassé et consolidé avec une broche. Une broche qui porte un numéro de série encore visible. Grâce à ce numéro de série, on retrouve un nom.
Charlotte Berson. Pas de doute, c’est bien elle. Sa famille reconnaît la montre. C’est un coup de massieux quoi. On comprend pas. C’est il y a pas de il y a pas de sens en fait à il y a pas de sens de retrouver un corps comme ça. On comprend pas du tout quoi. Et comme toujours, l’enquête commence par l’entourage de la victime, par la famille.
Nicole Gailler Berson, vous êtes l’une des filles de la victime. Donc un mois après la disparition de votre maman, un jour on vient vous voir pour vous dire quoi ? On vient me voir pour me dire que on a retrouvé le corps de ma mère qui qui a été retrouvé dans un terrain vague à 40 km de du domicile de ma mère et on me donne pas de détails.
Donc à un moment donné, les enquêteurs vous rassemblent, toute la famille. Oui. Pour vous dire voilà euh non seulement on a retrouvé le corps de votre maman, mais elle a été assassinée. Oui. De et et à ce moment-là, on vous soupçonne, on vous accuse, on vous interroge. Euh on on nous soupçonne tous euh les petits des du plus grand jusqu’au plus petit.
Plus grand. Ouais. Ça dure longtemps ça, ces soupçons ? Euh non, je crois pas que les enquêteurs aient gardé cette possibilité là longtemps, mais nous on est quand même troublé si vous voulez par ce soupçon qui reste en écho puisqueon sait pas par tuée notre mère. Qui a tué Charlotte Berson en septembre 99 et pourquoi ? Un an plus tard, en l’an 2000, l’enquête des gendarmes est au point mort.
Ils n’ont aucune piste et c’est à ce moment-là que Louis Poiron, le tailleur de pierre, est arrêté pour l’enlèvement d’Adin passer sur les gendarmes sont convaincus que cet homme a fait d’autres victimes. Charlotte Berceau est peut-être l’une d’entre elles, d’autant qu’il y a des similitudes entre les conditions de l’enlèvement d’Ad et l’assassinat de Charlotte.
La pièce où Louis Poiron a enfermé Adelle intéresse particulièrement les gendarmes. Dans cette ferme isolée où Louis Poiron travaillait toujours seul, il était facile de cacher un cadavre et pourquoi pas pendant quelques temps celui de Charlotte Berson. Qu’est-ce qui fait mon colonel qu’à un moment donné vous pensez que le cadavre de madame Berson n’a pas été jeté dans le bois juste après l’assassinat ? Et bien très rapidement, lorsqu’on a découvert le calave de Mersau, on a fait des prélèvements. Ces prélèvements ont
été envoyés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie. Là-bas, dans ce dans cet établissement, les entomologistes de l’Institut, nous ont affirmé que les insectes que nous avions trouvés, les premiers insectes à avoir pondu sur ce cadavre avaient pondu le 18 septembre. On a c’estàdire 15 jours après la disparition de Madame Berson.
parce que euh les experts sont en mesure en fait de dater euh la mort par la présence de différentes colonie d’insectes qui se succèdent sur le corps. C’est ça tout à fait. C’est un rythme absolument rigide. Ce sont des séries d’insectes qui viennent les uns après les autres, je dirais, en fonction de la dégradation du corps.
Et c’est une précision qui peut-être quasiment donnée au jour près dès lors que le corps n’est pas découvert dans des délais trop éloignés de de la mort. Au fond, on a un cadavre dont la mort remonte à il y a un mois. Oui, mais avec des insectes qui ont commencé à le coloniser depuis 15 jours seulement. Tout à fait. Et ça vous fait penser quoi ça comme ça a priori ? Et bien ça nous rapproche de l’affaire donc Poirçon et Adelle où on a découvert cette jaul où il s’équestrait Adelle, cette pièce dans son dans sa ferme pièce espèce de pièce dans la ferme. Et
on a pensé pendant un moment que le corps avait pu être entreposé dans cette pièce avant d’être amené dans les bois. Autre élément intéressant, Louis Poiron passe régulièrement à Passissureur où il a vécu quelques mois et il emprunte forcément la côte des ménilles qui le ramène à la ferme.
[raclement de gorge] On sait que madame Berson, la dernière fois qu’elle a été vue, c’était dans cette côte. Il y a deux témoins qui nous disent nous on était en voiture, on a vu cette dame. Donc on sait que c’est à partir de cet endroit que madame Personant a disparu. Poirçon a pu rencontrer notre victime et l’agresser, l’enlever avant de la tuer.
Pour nous c’est on a une intuition, c’est c’est une une piste très sérieuse par rapport à toutes les autres qu’on qu’on a étudié depuis quelques mois. C’est vraiment une piste très sérieuse. Louis Poiron est extrait de la maison d’arrêt de Bois d’Arcy. Il est conduit à la caserne d’Anjou, la section de recherche de Versailles.
Thierry Espinori et Daniel Roussette rencontrent pour la première fois leur suspect. Physiquement, il est impressionnant déjà. C’est quelqu’un de fort avec un visage très fermé, [soupir] un peu rustre, on va dire. donne une impression de de quelqu’un qui est très dur, quelqu’un qui est avec qui ça va pas se passer forcément facilement quoi.
Comme tous les prévenus dangereux, Louis Poiron durant ses interrogatoires est attaché à un plot en béton. lui demande de de signer une déclaration et je fais pas attention qu’il a la main droite d’attacher. Et il a un stylo à porter de la main, il se lève, il prend le stylo, je attends, je je vais te détacher et là non, c’est pas la peine.
Il prend le le stylo, il signe cette feuille alors qu’il a un pl en béton à la main qui fait entre 45 et et 50 kg. Mais là, on se dit malgré ses allures de colos, Louis Poiron est plutôt coopératif. Il est très courtois, il est calme, il a du respect pour les gens qui sont autour de lui et et qui l’entendent.
La limite, on a l’impression que il est content qu’on l’écoute, qu’on fasse attention à lui. Mais c’est pour nous, c’est des gardes à vue comme on aimerait en avoir tous les jours quoi. Mais le plus étonnant c’est que quand les gendarmes l’accusent d’avoir tué une vieille dame, ça n’a pas l’air de l’émouvoir.
À aucun moment, il ne réclame pour quel meurtre. Il ne demande pas le nom de la victime. Déjà, ça nous paraît un peu entre guillemets suspect. D’habitude euh on on leur donne le le motif de l’infraction et si la personne se sent pas se sent pas concerné monte au créneau tout de suite en disant “Attendez mortre de quoi vous me parlez ? J’ai rien à voir là-dedans.
” Lui non, rien du tout. Étrange aussi sa réaction quand les gendarmes lui montrent une photo de la victime. Lorsqu’on lui montre la photo de madame Berson, c’est dans un dépliant photographique. Il ouvre le dépliant, il ouvre, il referme aussitôt. J’ai pas le temps de regarder la photo. Il dit “Non, je connais pas.
” On lui fait la remarque. Possible dis pas que tu connais, tu as pas regardé la photo. Et on l’oblige à regarder la photo et là on sent qu’il est gêné. Il y a un problème. Les gendarmes perquisitionnent chez Poiron à Ment la jolie et tombent sur des bijoux de femmes. Des bijoux qui ne sont pas ceux de sa compagne.
Poisson dit qu’il les a trouvé. Étrange. Vérification fait. Il n’appartiennent pas non plus à Charlotte Berson. Dans cette affaire, les gendarmes pensaient avoir trouvé une preuve, ils n’en ont toujours pas. Mais ils savent que la compagne de Louis Poiron a fêté son anniversaire à Vienne en Arti, tout près de Saintcir en Arti où l’on a retrouvé le corps de Charlotte Berson.
C’est une anecdote mais elle va faire trébucher poiron. Et on lui demande donc où votre concubine a fêté ses 50 ans et il nous dit sincère en arti. Là on dit non c’est pas sincère en arti c’est vient d’en arti. Comment tu connais sincère en arti ? Et là, il commence à il commence à à être mal à l’aise. Ça sur un article, tu connais parce que c’est toi qui a déposé le corps de notre victime.
Et on lui dit, tu as transporté le corps. On lui décrit ce scénario et on lui dit que quelque part en ne parlant pas, il y a aussi sa concubine qui risque d’être inquiété car son véhicule a été saisi et transporté à l’IRCGN. Comme pour l’enlèvement d’Ad, Poisson a peut-être utilisé la voiture de sa concubine et il ne veut pas qu’elle soit inquiétée.
Les deux enquêteurs ont toucher son point faible. Il nous regarde dans les yeux et il dit “Bon, je vais vous raconter, je vais vous raconter comment ça s’est passé, mais vous allez pas me croire.” Louis Poirson raconte que le 3 septembre 99, il est allé se promener pendant sa pause-déjeuner. En revenant, il a dit-il trouver devant le portail de la ferme où il travaille la vieille dame inanimée, la tête ensanglantée et il explique “Vu mon passé, j’ai paniqué, j’ai cru qu’on allait m’accuser. Donc j’ai pris
cette femme et je l’ai emmené à l’endroit où vous l’avez découvert.” Donc forcément cette version comme il nous l’a dit, on y croit pas trop quoi. Mais les gendarmes laissent dire et lui accordent un temps de repos. La garde à vue reprend et Louis Poiron à vous. En fait, il allait à Passissureur entre midi et 2h pendant sa pause-déjeuner.
Il il s’est rendu au magasin stock de de Passissur et il décide de rentrer sur son lieu de travail par la côte des Méniles. Il est en voiture, il a la voiture de sa concubine et dans la coupe de Ménil, il rencontre cette dame, madame Berson. Une reconstitution a lieu quelques jours plus tard.
Une femme gendarme tient le rôle de la victime et lui la voit et il va se mettre à son niveau et avec la voiture, il va la bloquer contre le talu. Madame Berschon commence à à paniquer un peu et elle tape sur le capot de la voiture et lui descend, il lui dit “Non non mais je vais vous je vais vous redescendre en voiture.
” et elle refuse quoi parce que c’est une femme qui est solitaire et qui veut qui veut faire sa balade quotidienne et surtout qui veut pas être embêté par par ce genre d’individu. Et donc elle continue à donner des coups de point sur le capot de la voiture. Ça le met en colère et il commence à l’insulter et il explique que il pousse cette femme et en la poussant, elle tombe, elle tombe en arrière et d’après lui, elle se conque sur une pierre qui se trouve sur cette bute et à partir de ce moment-là, elle perd connaissance
d’après ses dire. et il voit un petit filet de sang couler du de la commissure des lèvres parce qu’il est persuadé dans un premier temps qu’elle est qu’elle est décédée. Louis Poiron dit qu’il tente alors de mettre la vieille dame dans le coffre. Il joue la scène avec une telle vérité qu’il faut le freiner.
On a vraiment l’impression qu’il va l’acheter dans le coffre quoi. Et là on lui stop c’est fini parce que on on sent que on sent qu’il y a quelque chose qui va se passer vraiment violent quoi. Et même le juge ça s’en aperçu il dit hop on arrête c’est bon. La reconstitution se poursuit. Louis Poisson ramène sa victime à la ferme et dit-il contrairement à ce qu’il pensait Charlotte Berson est toujours vivante et selon lui très en colère une violente dispute éclate.
Échange d’insulte, il va l’attraper par le coup, lui faire ce qu’il appelle une clé, c’est-à-dire le la mettre son coup à ce niveau et serrer très fort jusqu’à ce que jusqu’à ce qu’il sente que cette femme tombe. Et lorsqu’elle tombe, il dit qu’il la lâche et là pareil, en tombant, elle se serait cognée sur des grosses pierres.
Cette fois, Charlotte Berson est vraiment morte. Louis Poirçon doit se débarrasser du corps. Pour être sûr de ne pas laisser d’empreinte, il enlève les vêtements de la victime et met le cadavre dans le coffre de sa voiture et démarre. En route, il jette un à un les vêtements de Charlotte Berson par la fenêtre de la voiture.
Il dépose le corps à sincir en arti dans l’endroit isolé où on l’a retrouvé. Plus tard, il reviendra asperger le corps d’acide chlorhydrique toujours pour effacer les traces. Mon colonel Poiron a donc finalement utilisé de l’acide chlorhydrique. Ça a eu l’effet inverse de ce qu’il recherchait.
Vous pouvez nous expliquer ce qui s’est passé ? On était certain que madame Berson était décédé le jour même parce que lors de l’autopsie, le bol alimentaire qui était encore qui a été extrait correspondait à son repas du jour. Donc elle n’avait pas digéré. Et donc le le fait le fait de savoir qu’ensuite il est retourné le soir même asperger le corps d’ar chlorrique nous a permis ben d’évacuer complètement l’idée de la jaule.
C’est-à-dire que l’acide chlorhydrique a retardé l’arrivée des insectes. Tout à fait. L’acide chorrique a retardé de 15 jours l’arrivée des des premiers insectes nécrophages. Donc vous vous étiez trompés quand vous envisagez qu’il est le corps a pu être enfermé 15 jours à la ferme de poisson. On s’était trompé complètement.
Il raconte donc que la tête de madame Berson a touché une pierre un peu par hasard au cours d’une empoignade et qu’ensuite bah il a bien fallu faire disparaître le corps. Est-ce que vous croyez un peu ou pas du tout à cette version d’effet ? Non, nous n’y croyons pas. On est certain d’avoir arrêté un tueur mais les mobiles et le détail je crois qu’on est pas on peut pas on peut rien affirmer.
Vous apprenez Nicole Gailler Berson que c’est un prédateur de femme, c’est un violeur, un violeur en série qui a tué votre maman. Comment est-ce que vous assimilez ça ? Alors ça c’est ça amplifie le drame quoi. Ça amplifie l’horreur, ça amplifie la terreur, enfin ce qu’elle ce qu’elle a pu vivre.
Vous étiez présente lors de la reconstitution ? Oui, j’étais présente avec une de mes sœurs. C’est frappant de de voir que ce bonhomme, il est immense, qu’il a l’air d’avoir une force d’Hercule. Alors que bon bah notre mère, elle était toute petite, elle faisait 45 kg. Donc on s’est vite imaginé ce qu’il avait pu. lui faire subir quoi.
C’était pas compliqué de de neutraliser maman. Par quel moyen on n savait rien. Comment il se comporte ? On s’aperçoit que c’est quelqu’un qui qui éprouve une certaine exaltation à à voir la terreur chez chez les gens. Il en parle quoi. Il joue il joue de il joue de sa force. Mais ce qui nous a le plus choqué, je crois, dans cette reconstitution, c’est au moment où le le juge d’instruction remercie les personnes qui euh qui ont permis la reconstitution, euh ils disent “Bah bah comment vous m’applaudissez pas ? Je suis pourtant un
bon acteur. Les gendarmes Daniel Roussette et Thierry Aspinori ont clos leur enquête sur la mort de Charlotte Bçon, mais ils ne sont pas sûrs d’en avoir fini avec Louis Poiron. Lors d’un transfert, une conversation s’engage qui leur met la puce à l’oreille. Au retour après sa mise examen, je me souviens très bien lui avoir demandé “C’est bon, tu as libérer ta conscience ?” Et j’étais très surpris de sa réponse qui a été quelle conscience ? Là mon camarade Thier Spinourri, on s’est immédiatement regardé dans les yeux.
Je me souviens qu’on s’est regardé en se disant “The c’est bizarre sa réponse. Il est clair que pour nous, il en a commis d’autres. Et pourquoi pas le double meurtre de Janine ? et Monique vilain. C’était en 95 au mois de septembre. Une femme de 67 ans et sa fille de 44 ans avait été retrouvée morte dans un champ.
Leur corps avait été brûlé. Voilà qui fait penser à l’affaire Berson. La mère et la fille avaient été vu vivante pour la dernière fois quelques jours avant au cimetière des animaux de Douin où ils étaient venus se recueillir sur la tombe de leur chienne. Ensuite, plus personne ne les avait revu et leur voiture avait disparu.
Or, le cimetière pour chien se trouve tout à côté de la ferme où travaille Louis Poiron. Et il y a d’autres coïncidences. Et chose troublante, c’est que le véhicule de ces victimes est retrouvé à Mantel la jolie sous un pont de voie ferré sur laquelle nous avions établi que monsieur Louis Poisson avait travaillé.
Et on se dit poisson, il travaille à proximité immédiate de de de ce cimetière des animaux. Pourquoi pas quoi ? Donc on en parle à nos collègues d’Evron en leur disant ça serait peut-être intéressant pour vous de venir le voir. Poirçon a le profil. Il pourrait très bien être l’assassin de Janine et Monique vilain.
Mais le problème c’est que dans cette enquête les gendarmes ont déjà leur coupable. Michel Vilain, le fils de Janine est le frère de Monique. Il a été dénoncé par son propre fils et depuis il est en prison où il martelle son innocence. Ce qui jusqu’ici accusait Michel Vilain, c’est qu’il est réputé violent envers ses proches.
C’est un marginal vivant au jour le jour de petit boulot, un profil de coupable. C’est vrai que c’était quelqu’un qui était solitaire, qui vivait modestement dans un bangalot. en forêt et qui était quelque part un peu en marge de la société finalement puisque il n’était pas complètement intégré à toute la vie sociale habituel.
Depuis le début, Michel Villin ni d’ailleurs il n’a pas un mais deux alibi. Le jour du crime, il a été reçu par un avocat puis par un dentiste. Problème à chaque fois il était venu sans rendez-vous. Aucune trace de rendez-vous pour prouver que monsieur Vilain était bien passé ce jour-là et pas la veille ni le lendemain.
Donc le l’avocat comme le dentiste était capable de dire “Oui, monsieur Vilin est passé” mais incapable de dire c’était bien l’après-midi du meurtre que monsieur Vilin était passé. Au final donc ces deux alibis ne tiennent pas. Et puis Michel Villin est l’héritier de sa mère et de sa sœur. C’est à lui que profite le crime.
Et l’héritage, il l’a dilapidé un peu trop vite. Avec les 100000 francs laissés par sa mère, il a tout de suite acheté une petite maison. Quant à la somme versée par la commission d’indemnisation des victimes, il l’a tout de suite dépensé. Et cette indemnisation, il l’a utilisé pour faire un voyage de noce avec son épouse à Venise.
Alors ça va lui être reproché après. On va lui dire quel cynisme de toucher de l’argent d’un meurtre que vous avez commis pour partir à Venise avec votre épouse. Sa voiture aussi l’accusé. Une talbau noire. Or le soir du crime, le conducteur d’un train avait remarqué une voiture en train de brûler sous un pont.
Il avait cru reconnaître une golf noire, une talbau, une golf ça se ressemble. Le conducteur du train a pu se tromper. Pour accréditer cette confusion, on va faire faire une expertise par la gendarmerie en mettant côte à côte les photos des deux types de véhicules et qui va aboutir à la conclusion suivante.
Une golfe noire ressemble à si méprendre à une talbo noire. Ça dépasse l’entendement mais c’est l’élément à charge qu’on va avoir contre lui dans ce dossier. Michel Villin est en prison depuis 2 ans et demi quand les gendarmes commencent à se demander si ce n’est pas Poiron qui a commis le crime.
Poisson qui habitait tout près le 13 décembre 2000. Poisson est donc placé en garde à vue dans l’affaire vilain et il vous le double assassinat. Il raconte que ce 30 août 95, il vient vers midi prendre un verre dans un bar de chauff les bonières. Ce moment de détente dit-il est gâché par un chien qui n’arrête pas d’aboyer.
Ses aboiements l’énervent et il quitte le bar brusquement. Il se trouve qu’à quelques kilomètres, il y a un cimetière d’animaux. Une belle occasion de se venger de ce chien qui l’a énervé. Il est comme ça poirant. Il s’y rend à pied coupant à travers champ.
Sur place, il casse la vitre de la cabane à outil du gardien. C’est alors dit-il qu’il est surpris par l’arrivée de Janine et Monique Vilain. Une reconstitution a lieu. Deux femmes gendarmes jouent les victimes. Louis Poiron est entravé à la taille et aux jambes pour éviter qu’il ne s’évade. Il y a une espèce de boudriiller, une espèce de corde.
Il y a un gendarme qu’il tient sans arrêt. Donc c’est quand même assez impressionnant hein les conditions dans lesquelles il arrive. C’est une reconstitution qui dure toute la journée, qui est très longue. Louis Poirson raconte qu’en voyant la vitre cassée, Monique a menacé d’appeler les gendarme. C’est ça qui fait vraiment perdre tout contrôle.
C’est à la fois la peut-être la peur du gendarme mais la peur à nouveau de se retrouver en prison. Ça fait à peine un an qu’il est sorti de prison et c’est ça qui va être l’élément déclencheur et qui va déclencher effectivement ensuite tout ce qui se passe. Louis Poiron décide de se débarrasser des deux femmes.
Il assomme la mère Janine avant de neutraliser sa fille Monique en lui liant les mains et les pieds. Il met les deux femmes dans le coffre de leur propre voiture et démarre. Il roule plusieurs kilomètres. Ils disent s’être arrêté pour proposer aux deux captifs de les relâcher en échange de leur silence. Monique aurait refusé.
Alors, il les emmène dans un champ là où on les a retrouvé mortes. Il raconte qu’il étouffe Monique en lui mettant un sac en plastique sur la tête. Puis à l’aide d’un bout de bois, il brise la nuque de Janine, la mer. Il place les deux corps l’un contre l’autre.
Il retourne à la ferme cherchèr un bidon d’essence. Il revient et brûle les corps pour effacer ses empreintes. Il part ensuite avec la voiture sur Paris. Il roule dans Paris et ensuite il revient incendier la voiture le long de la voie ferrée et de de l’autoroute à 13. La voie ferrée est proche de Man la jolie.
Poirceau rentre chez lui à pied tranquillement. Il pense que rien ne permet de remonter. jusqu’à lui. C’est l’énervement qui est le facteur déclenchant mais ensuite il va véritablement tout faire et de façon assez méthodique pour effacer effacer les les traces de son crime. Les aveux de Louis Poiron innocent Michel Vilain.
Enfin après 33 mois passés derrière les barreaux, il est libre. Au début, tous les jours, je me disais, je vais sortir. J’ai demandé une liberté provisoire une fois par mois. Chaque fois qu’on m’embarquait, bien au mal, je disais “C’est bon, c’est bon, c’est bon, ils vont s’en apercevoir, je vais sortir au début.” C’est ça.
Et à la fin euh il y a plus l’espoir, il y a plus rien. Colonel Schneder, au moment où Louis Poiron se retrouve accusé du meurtre de Monique et de Janine Vilain, bon ça y est, c’est un tueur en série à ce momentl. C’est que Oui. Oui. Oui, on peut le considérer. Tout à fait. Oui. S’il a tué trois fois, il a peut-être tué plus.
Oui, on en avait à peu près la certitude. On en avait à peu près la certitude. Là, on était nous étions à 3 m. Il y avait encore quelque chose qui nous intéressé bougement. C’était des bijoux qu’on avait découvert. Vous avez trouvé des bijoux chez lui ? On a trouvé des bijoux dans chez lui dans la perquisition au moment des aveux des aveux de poiron vis-à-vis de madame Berson.
Bijou que son sa sa compagne ne connaissait pas. Lui disait les avoir trouvé. On les a donc laissé photographié quand même et cetera. Mais ces bijoux appart des bijoux de femmes bien évidemment, ils appartenaient forcément à quelqu’un. Et comme ça avait l’air de gêner poirçon qu’on les ait vu, on s’est dit c’est pas possible, il y a forcément encore quelque chose quelque chose d’autre derrière tout ça.
Il y a certainement encore d’autres victimes. Donc à partir de de ces bijoux retrouvés chez Poirceau, vous avez cherché à bah à trouver à qui ils appartiennent quoi potentiellement. Oui, tout à fait. Et on a eu donc des renseignements qui sont venus de des commissariats, des brigades de gendarmerie nous signalant des disparitions de personnes et notamment une dame âgée avait disparu disparu d’une maison de retraite toujours pareil.
Elle était parti se promener, elle était jamais réapparu. Donc on était bien dans un créneaudage qui semblait intéresser poiron, dans une zone géographique qui intéressait enfin qui correspondait à poiron. Donc il il fallait retourner effectivement extraire poiron pour qu’il nous explique comment il pouvait avoir chez lui des bijoux qui appartenaient à une dame disparue.
Ces bijoux appartiendraient à une certaine Lucy femme. Cette dame âgée d’origine asiatique habitait mantel la jolie au Valfour. Elle a disparu lors d’une promenade fin avril 99. Tout a été fait pour la retrouver en vain. Les gendarmes présentent les bijoux retrouvés chez Poiron aux proches de Lucifer dont l’assistante sociale qui s’occupait d’elle car la vieille dame était sous tutelle.
Un jour, les policiers sont arrivés dans mon bureau en me disant “Voilà madame, on a retrouvé des bijoux et est-ce que vous les reconnaissez ?” Et donc ils ont sorti des petites pochettes plastiques euh avec quelques bijoux dont un petit bracelet. J’ai dit “Oh, c’est le bracelet de madame femme elle le quittait jamais.
C’était un petit truc de pacot mais qu’elle quittait pas.” Une fois de plus, Poiron, le tailleur de pierre, est donc extrait de sa prison de Boars pour être entendu par les gendarmes cette fois-ci sur la disparition de Lucy Fam. Et chose exceptionnelle, il se trouve qu’une équipe de télévision est là qui réalise un reportage sur la section de recherche de la gendarmerie de Versailles.
La garde à vue de poisson va donc être filmée dans son intégralité. Assie-toi. Tu vas comprendre façon assez rapidement pourquoi tu es là. Les gendarmes expliquent à Poirçon qu’ils veulent l’interroger sur la disparition de Lucy femme. Mais dit-il, il n’a rien à dire. Les bijoux, il les a trouvé.
Il avoue que si on lui amène ce qu’on dit dans notre jargon les bill quoi, si on lui amène des éléments, il reconnaît. Si vous lui amenez aucun élément, ne pas reconnaître. Et lui répond, tu as des éléments, c’est bien. Si tu as pas d’éléments, tu m’en parles pas. On lui apporte donc des éléments. D’abord, tout indique que Lucifer a pu se trouver sur sa route.
La vieille dame habitait une résidence pour personnes âgées qu’elle quittait tous les jours pour aller se promener. Elle se baladait tout le temps. Alors ici, c’était très bien parce qu’elle est à deux pas de l’avenue. Ici c’est la nationale 13. Donc l’avenue qui l’amène en ville ou qui l’amène plus loin. Au bout de cette rue, la route que Louis Poironne tous les jours pour aller travailler.
Il a pu rencontrer Lucifer comme il a rencontré Charlotte Berson. Luciferam aurait-elle pu monter dans sa voiture ? Je me suis dit oui, elle a dû se laisser embarquer par ce type tout à fait naturellement. Elle était déconcertante de naïveté. Et là, les gendarmes vont utiliser la même méthode que dans l’affaire Berson.
Et si ce jour-là, tu avais utilisé la voiture de ta compagne ? Et si dans la voiture, on retrouvait des traces, elle pourrait avoir des ennuis ? que les questions qu’on va lui poser ou les ou les les actions qu’on va faire dans son que ce soit dans son véhicule ou chez elle peuvent la déranger. Une fois de plus pour protéger sa compagne, Louis Poiron à vous.
Luciferam est morte, il l’a enterré à la ferme. Un déplacement sur place est organisé le jour même. Louis Poiron indique précisément au gendarme l’endroit où se trouve le corps. Ouais. Euh Asp, est-ce qu’il y a besoin d’être temps là ? He tu peux nous montrer ? Remontre-nous là.
Lève lève lève le machin là. OK, c’est bon pour toi. C’est bon. Il nous dit “C’est là, la tête est là, les pieds sont là-bas.” Et on a on a réquisitionné une pelleteuse et au deuxième coup de godé, on découvre le crâne de cette de cette femme. Il sait exactement où elle est et c’est assez là où c’est impressionnant, c’est que quand même derrière ce corps de ferme, c’est un champ.
Il sait exactement où il l’a mis. Une fois encore, Louis Poiron plaide de l’accident. Lucifer serait montée dans sa voiture. Elle aurait eu une soudaine envie d’aller aux toilettes. Il se serait alors arrêté sur un parking. Quelques gouttes d’urine sur le siège l’aurait mis dans une colère noire.
Il aurait alors poussé la vieille dame qui ne se serait pas relevée. C’est parce qu’elle elle avait pissé dans ta voiture que ça t’a met en colère et donc tu l’as poussé, elle est tombée et elle est morte. le fait simplement de l’avoir poussé, elle est tombé par terre, la renverse sur le marché, sur le rebour par terre et puis elle s’est plus jamais relevée.
Ça n’a rien à voir avec le corps ou la décomposition, c’est que ça s’est passé comme ça. Je l’ai étranglé, ça je pourrais le dire, ça changera rien. Une question qu’on se pose mais je dis je pourrais dire je l’ai étranglé, ça changera rien de toute façon. Je sais que cette p c’est passé comme ça.
Je sais pas, ça changera rien. Sauf que là, tu peux encore dire comme les précédentes fois qu’au départ c’était accidentel quoi. Elle est tombée à la renverse lorsque je l’ai poussé. Ouais, je veux dire. Oui. Et pour nous c’est pas accidentel Louis. Je tu volontairement là. Bah oui. Oui, bien sûr. Bah oui, Louis. Louis Poirson finit par avouer qu’il a ramené Luciam à la ferme.
Elle était vivante. Il se serait à nouveau disputé violemment. Cette fois, il l’a étranglé. J’essayé son coup avec le pli. C’est ça. Mettez-vous là 2 secondes, on ira plus vite pour comprendre. Mettez là 2 secondes, on ira plus vite pour comprendre. Attends, attends, je vais le faire moi mon collègue, tu vas me dire si c’est ça.
Ben non, je le faire si vous voulez. Ça sera le geste il sera plus facile. Admettons goû d’elle tourner là. Je l’ai chopé comme ça. Bon, il est un peu grand. Je l’ai changé, je l’ai amené à la voiture comme ça. J’ai montré pas grave, pas grave machin. Et après je me suis mis derrière et claque, j’ai serré. Voilà.
- Voilà. Michel Fin c’est assez exceptionnel. Vous avez filmé la garde à vue de Louis Poiron. Vous avez même pu l’interviewer. Comment est-ce que vous avez obtenu une telle autorisation ? Bah, c’est rare ici, mais en fait euh au départ, j’avais demandé une autorisation au cirpa gendarmerie de travailler avec une section de recherche.
Ce que je voulais au départ, c’est faire un petit travail, euh une suivre une enquête sur le grand bonditisme. Et là, le lieutenant Colonet Schneeder un jour m’appelle, il me dit “Vron, j’ai rien, j’ai juste un tueur en série.” Je dis “Un tueur en série, moi ça m’intéresse.” On était en pleine affaire Émile Louis, c’était je me posais beaucoup de questions sur les tueurs en série. Je suis dit d’accord.
Nous avons demandé et eu l’autorisation de la gendarmerie, du procureur, du juge d’instruction, ce qui est aussi très rare et nous avons travaillé dans ces conditions. Alors, ce qui est aussi très rare, c’est que vous accompagnez Poiron et les gendarmes sur les lieux où il a, dit-il, enterré la vieille dame.
Comment est-ce qu’il réagit lui lorsque il voit ses restes humains ? Il ne dit rien, il est impassible. Il ne manifeste rien, rien. Il ne bouge pas. il a il a il a une tête à faire peur et à aucun moment euh il ne bouge ni dit quoi que ce soit. Pas d’émotion ? Non, pas d’émotion visible même pendant l’interview, il a il a pas bougé.
Ah, justement, c interview parlons-en. Ça aussi, c’est exceptionnel. Filmer une garde à vue, c’est une chose. Interviewer quelqu’un pendant une garde à vue. Euh, comment il vous est apparu au final ? Est-ce qu’il vous a touché pendant cette interview ou pas ? Pas du tout. Simplement, il se réfugie à chaque fois derrière sa non responsabilité.
C’est pas lui, c’est les autres, c’est parents, c’est la société, c’est pas sa faute. Vous guettiez quelque chose chez lui ? Vous cherchiez quelque chose ? Non, je me demandais ce qu’il avait dans la tête quand il me regardait. Moi journaliste, moi femme, il il avait tué des femmes. Donc je me demandais comment comment il me percevait, si effectivement il pouvait avoir des réactions quoi.
Je m’en suis pas rendu compte pendant l’interview, mais j’avais trois gendarmes derrière moi. Je m’en suis rendu compte à la fin. Comment vous comment vous vous sentiez cet après-midi ? Va très bien va très bien. Ça vous retourz devant devant un trou que vous avez enterré quelqu’un alors qu’il aura jamais dû être là. On se sent jamais très bien.
Qu’est-ce que vous vous a dit à ce moment-là ? Tu déconné. Je déconnais. C’est tout. Tout ça pour un peu de pise dans une voiture. C’est vrai que ça aurait jamais d arrivé là. s’est énervé, il se s’est emporté autant pour ça, ça ne valait vraiment pas la peine et on arrivait surtout là pour ça. Et vous savez pourquoi vous le faites ? Non, ça reste à ce moment-là comme ça.
C’est tout. Faut pas l’expliquer. J’ai trouvé pour l’instant, j’ai trois. Bon les deux premières, il y a l’histoire je sortais de prison d’une longue peine et comment quand cette histoire devait être banale au départ s’est transformé en en sordie d’affaires ce que je regrette c’est sûr parce que ça jamais dû en arriver là parce qu’il y a eu les mots prison gendarme prison gendarme gendarme prison ça ça tourné là-dedans et puis ça ça a fini mal la deuxième personne qui a eu dans l’histoire c’est parce que moi j’étais
énervé tu as vu sa voiture moi ça m’a énervé et par après quand elle avait un petit air de ressemblance avec ce que j’appelle ma mère bon mais c’est pas moi j’appelle pas ça ma mère Mais bon, vous avez vous avez un problème avec vos parents ? Oui, un gros même si j’en ai rien à secouer honnêtement avec ma frangine on s’est promis que le jour il y en a un qui meurt, on s’achète une modelle champagne, on la boit sur leur tombe.
On va vous dire à quel point çaen est. J’en ai rien à secouer. Qu’est-ce qu’ vous ont fait vos parents ? Ouais, le vieux il tapait tout le temps, c’est tout pour un oui, pour un non et la vieille elle disait rien. Elle laissait faire, c’est tout. Et vous avez l’impression que cette enfance là, elle a fait de vous ce que vous êtes devenu aujourd’hui.
Oui, on va partir à fait un rebelle, c’est sûr. Un rebelle ? Oui. Coup de colère, ça vient de là. À mon avis, ça vient de là. Si j’avais pas tapé pour un bouille, pour un jeu, j’aurais peut-être eu un autre vie et tout. Et vous avez des remords ? Oui, c’est sûr parce que je sais que j’aurais jamais dû arriver à ce point-là.
Et vous à ce moment-là, je réfléchis pas à ce moment-là. Et vous pensez que vous êtes dangereux ? Ça dépend quel degré on peut penser ça. Ça dépend quel degré on peut penser ça pour la société. Oui, on va dire je suis dangereux, c’est sûr. Moi non. C’est sûr que j’ai trois cas là qui sont tombés. Je dis, on peut penser ce que je veux, ça a jamais dû arriver.
On pour penser ce qu’on veut, ça jamais dû arriver. C’est par bêtise humaine. C’est ma bêtise à moi qui a pris le dessus, c’est tout. Comment est-ce que Louis Poiron se comporte lorsqu’il est avec les menottes comme ça, attaché à son plot en béton face au gendarme ? Quelqu’un de calme, sûr de lui, euh j’ai presque envie de dire fier de lui, fier de ce qu’il a fait.
Il y a pas à un moment ou un autre l’ombre d’un remord ou d’un regret. Je sais pas si le fait d’être finalement sous les feux de l’actualité parce que là on commence à parler de lui. Ne le le ne le met pas en situation de d’être satisfait de des agissements qu’il a eu. C’est assez curieux. il a il il est à la fois il est ambivalent dans sa personnalité parce que d’un côté il nous raconte en fait une vie familiale extrêmement traditionnelle avec sa compagne, les enfants de sa compagne et concomitamment il nous raconte avec un
total détachement le fait qu’il tue les gens. Il les il les étrange parce qu’en fait les gens l’énervent. C’est toujours comme ça. C’est le hasard qui fait qu’il les rencontre, c’est le hasard qu’elle se blesse et c’est le hasard finalement qu’il les tue. Il y a quelque chose dont on n pas encore parlé, c’est une éventuelle composante sexuelle dans le passage à l’acte de Poirçon.
On sait que Poirisson a violé par le passé, mais ces victimes-là, les a-t-il violé ? Toutes ces victimes ? Moi je je pense je ne pense pas qu’on aille sur les routes de France chercher une proie, l’obliger à monter dans la voiture, la tabasser uniquement pour le plaisir de la tuer à quelques kilomètres. Voilà À ce stade de l’enquête, les gendarmes sont certains que Poirson a tué quatre personnes.
En 1995, Monique et Janine Villin. En 1999, Lucy Fam et Charlotte Berson. Et en 2000, il a enlevé et séquestré la jeune Adelle. Plus tard, ils vont découvrir qu’en 98, il a aussi violé une jeune femme à Douin. C’est donc un dangereux multirécidiviste qui se présente le 23 septembre 2002 devant la cour d’assise d’Evreux.
Il y est d’abord jugé pour les meurtres de Janine et Monique Villin. L’homme qui arrive au palais de justice d’Evreux, dissimulé sous son blouson, c’est Louis Poiron, le tailleur de pierre de Passissureur. Le tueur en série renvoyé devant la cour d’assise de l’heure pour les meurtres de Janine et Monique Vilain en août 95. d’entrée déjà physiquement, il correspond pas tout à fait au portrait qu’on avait brossé de lui.
On avait brossé le portrait d’un solide gaillard, c’est le casin. C’est un c’est un costaud, il a les épaules larges mais il n’est pas aussi impressionnant que ce à quoi je pouvais m’attendre. Dans la salle du palais de justice d’Évreux, un homme Michel Vilain accusé du meurtre de sa mère et de sa sœur puis Innocenté.
Il a purgé 3 ans de prison pour rien. Il attend d’être réhabilité par ce procès. Pourquoi c’est important pour vous ce procès ? B si c’est important dans le sens que ma mère et ma sœur vont être vengé et toute cette histoire va quand même finir quand même. La première journée du procès est consacrée à l’étude de la personnalité de Louis Poirçon.
Qui est-il vraiment ? La première à répondre à cette question est sa compagne Chantal, celle dont il utilisait la voiture. C’est une compagne un petit peu particulière. hein, elle est euh plus âgée que lui de 14 ans. Ils ont assez peu de d’intimité ensemble, c’est-à-dire que ça ressemble plus à une relation presque de mère à à fils.
À travers le témoignage de Chantal, on découvre un homme qui, s’il a commis le pire, est aussi capable du meilleur. Jamais elle n’a imaginé vivre avec un tueur. Elle le décrit comme un un personnage doux, attentionné. C’est euh l’amand qui offre des fleurs. Euh il part en vacances, il il est particulièrement euh affectueux avec euh avec les enfants.
Vient l’examen des faits. Louis Poiron raconte une fois de plus ce qui s’est passé au cimetière, mais il n’explique toujours pas pourquoi. Alors ça, il a beaucoup de mal à rentrer dans ses motivations. il a assez peu de de réflexion en fait sur ces sur ces crimes, ce qui pose problème d’ailleurs pour pour l’avenir parce queil y a au niveau de la prise de conscience de la gravité de ces faits, il y a quelque chose qui pose difficulté.
Louis Poiron raconte quand même son agacement devant le cimetière pour animaux. Un tel tralala pour un chien mort, dit-il alors que la pierre ça coûte cher. Selon une psychologue, il ne pouvait pas supporter l’affection et la considération pour ses animaux, lui qui s’était toujours senti rejeté.
tout cet argent que les gens ont mis, toutes ces larmes pour ces chiens entre enfin en fait c’est et moi et moi et moi qui pleure pour moi qui s’occupe de moi, qui va mettre des fleurs pour moi. Enfin, il a une espèce d’identification tout à fait anormal et là cette colère, il va la transposer sur ces deux femmes et il va donc les enlever et passer à l’acte.
Mais c’est toujours un cheminement très précis de de frustration, colère, dépit, passage à l’acte, violence. Et tout au bout de ce cheminement, on ne trouve chez l’accusé ni remord ni sentiments de culpabilité. Ce sont surtout des regrets qu’il s’adresse à lui-même. Il regrette d’avoir fait ça, pas véritablement pour celle qui a fait passer de vie à très mais il regrette d’en être arrivé là.
Au bout des 3 jours de procès, l’avocat général requiert la perpétuité à sortie d’une peine de sûreté de 22 ans. C’est le maximum. Il est effectivement extrêmement dangereux sur le plan criminologique avec des perspectives d’évolution que les psychiatres évaluaient de je dirais d’assez d’assez faible ou en tout cas une une difficulté certainement pour lui à évoluer dans un sens je dirais plus positif en terme de réinsertion sociale et cetera.
Sans surprise, Louis Poiron est cope de la perpétuité. La peine de sûreté de 22 ans n’est pas retenue. Selon la loi, il devra au minimum faire 18 ans de prison. Dire que c’est fini, ben je suis bien content. C’est le sourire là sur sur votre visage. Oui. Bah ça y est, c’est fini. Disons bon ben il a pas eu la sûreté mais la sûreté étant donné qu’il a encore deux affaires sur le dos, la prochaine fois il va la ramasser d’une manière ou d’une autre.
2 ans et demi après le procès du double meurtre des femmes vilains, Louis Poiron comparait devant la cour d’assise de Versailles pour les meurtres de madame Berson et de Madame Femme, ainsi que pour l’enlèvement et la séquestration d’Adè. Sophie Gourmelon est commise d’office pour défendre Poiron.
Qu’est-ce qui a plaidé dans une affaire comme celle-là ? On sait que les débats vont pas bien se passer. On sait qu’il va y avoir un certain nombre de victimes. On n’ignore pas qu’il y a une condamnation antérieure à perpétuité. Et on sait qu’il va falloir, on dit dans nos jargons, déchirer sa robe. C’est-à-dire qu’il va falloir d’une manière ou d’une autre trouver des arguments en faveur de Louis Poiron, non pas tant pour faire réduire la peine parce que ça c’est même pas imaginable et est-ce que c’est même vraiment
souhaitable, mais essayer de faire en sorte que la cour avant de se retirer dans dans son délibéré euh est la sensation de connaître un peu mieux cet homme au-delà du dossier, c’est-à-dire au-delà de celui qui a été mis en examen pour pour des faits domicil. pour des faits de viol et pour des faits de d’enlèvement et séquestration.
Sur quoi est-ce que vous pouvez vous appuyer comme ça a priori pour donner à cet homme un peu d’humanité ? bah le contact qu’on a déjà ensemble, les relations particulières qu’on a établi pendant pendant toutes ces années, il a un profil psychiatrique extrêmement particulier et il a effectivement euh une enfance et un vécu général tellement difficile que de toute évidence, c’est rentrer dans son passage à l’acte.
Ça a déclenché les passages à l’acte. Est-ce que avant le procès vous lui conseillez de Oh, je dirais pas demander pardon mais parler au moins aux victimes, aux familles de victimes ? Je lui avais dit que c’était le moment où jamais de s’exprimer. Il le savait. Il le savait parfaitement. Maintenant, Louis Poiron est quelqu’un d’extrêmement solitaire et même s’il m’a toujours écouté, il n’appartenait qu’à lui de prendre cette décision.
De toute façon, quand euh un accusé fait part de regrets devant la cour d’assise, on sent très vite si les regrets ont été euh, comment dirais-je sollicité par son conseil ou si ils sont spontanés. En 20 ans, c’est son 3è passage devant les assises. Sur le banc des accusés, il paraît blasé. Poron va passer le procès avec les bras croisés et la tête entre les bras en regardant le sol et sans jamais regarder ni les victimes, ni le procureur général, ni le président.
C’est toujours son avocate qui l’a poussé à se lever, à parler. Il s’en foutait quoi. C’était pas franchement je crois qu’il n’avait rien à [ __ ] quoi. Il a fait il a fait de mal et puis voilà quoi. C’était quand même un être assez froid. qui n’éprouvait des émotions que lorsqu’il parlait de lui-même, lorsqu’il parlait de son passé, lorsqu’il parlait de sa famille, lorsqu’il parlait de sa mère.
La haine de sa mère semble être la clé de son histoire. Il lui reproche de ne l’avoir jamais protégé quand son père le battait. Il est convaincu que ses parents ne l’ont pas aimé. Il explique que ses parents, il a la haine pour eux. Et l’une des femmes qui l’a tué, il dit “Je l’ai tué parce qu’elle ressemblait à la vieille.
Quand il parle de sa mère, c’est la vieille. Et c’est quelque chose de très bizarre parce qu’on a l’impression que il déteste ses parents mais il s’en prend aux autres. L’enfance malheureuse de Poiron n’aime pas l’auditoire. Quoi qu’il en dise, l’enquête menée sur son passé ne révèle pas de maltraitance particulière.
On peut pas dire qu’il a eu une enfance qui a été complètement opprimée, dévastée. Non, il a eu une enfance dont lui-même a tiré de grandes blessures. Si tous les gens qui avaient des difficultés avec leurs mamans se livraient aux actes de monsieur Poiron, je serais très inquiet quant à la sécurité des personnes sur le territoire français.
À Versailles, Louis Poiron se retrouve face à certaines de ses victimes. Adelle vient témoigner à la barre en tremblant. J’avais peur de le fixer quand même. J’avais peur le fixer. J’étais comme ça. Je regardais comme ça. J’ai parlé. J’ai dit comment ça s’est passé comme je vous ai parlé tout à l’heure et il a répondu.
Il a dit “Oui, tout ce que la dame dit c’est vrai, elle ne ment pas. Poirçon n’a pas nié à la cour d’assise. Poissiron a reconnu. Alors, il a reconnu à sa façon mais il a reconnu. Donc ça c’est quand même pour les victimes quelque chose d’extrêmement important. Quand quand elles ont affaire à quelqu’un qui ni les fait, c’est terrible.
Louis Poiron avoue mais il maintient qu’il ne voulait pas tuer. C’est parce que les autres s’énervent que lui perd pète les plombs et perd les pédales et que il y a un espèce d’enchaînement qui fait que finalement il est un peu obligé de faire ce qu’il fait. Soit elle la femme avait crié et ça c’était insupportable.
Soit soit elle ressemblait à à sa petite amie qui l’avait trompé pendant que pendant que lui était en prison. Donc il la violait et il dit tout le temps ça m’énerve, ça m’énerve. Comme si on pouvait justifier ou expliquer un un meurtre par un par un geste d’humeur. Selon les psychiatres, Louis Poiron se tue sur un coup de sang et pour les victimes, c’est un prédateur qui prémédite ses crimes.
Lorsqu’il choisit de de d’attaquer, il le fait pas n’importe où. Il le fait sur des lieux qu’il connaît parfaitement, sur des routes isolées où les personnes sont isolées. Et lorsqu’il a commis son forfait, il a pas un comportement de quelqu’un qui est affolé, qui a perdu les pédales et qui serait totalement énervé à en point d’en perdre la raison.
L’accusation rappelle l’existence de cette pièce où a été retrouvée Adelle. C’est pas sur un coup de folie qu’on commence à aménager une pièce. euh pour y séquestrer des des femmes. Ça ça c’est ça c’est une autre démarche complètement. Il était capable de préparer visiblement des choses. Et si Poirson avait fait d’autres victimes inconnues.
Les enquêteurs et les psychiatres en sont persuadés. La présidente du tribunal demande à l’accusé s’il a déjà commis le crime parfait. Ça signifie monsieur Poiron, est-ce qu’il y a des crimes qui ne figurent pas au dossier ? Et là, on peut vraiment se poser la question : Est-ce que les meurtres pour lesquels il a été condamné, est-ce que ce sont les seuls qui commis ? Est-ce que ce c’est uniquement euh ceux qui ont mal tourné qui ont été jugés ? Il répond pas.
Après 3 jours de procès, c’est l’heure du réquisitoire. Comme àreux, l’avocat général demande la perpétuité à sortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Pour moi, il est profondément dangereux. Alors certes, il fait partie de la communauté des humains et on ne va pas l’écarter la communauté des humains, mais c’était une évidence qu’il faut l’écarter le temps le plus long de la société.
Les jurés suivent leur réquisitoire. La peine est bien accueillie par les familles et par Adelle. C’est un grand soulagement. C’est vrai, je vis, j’ai eu cette chance mais je vis avec le mal. Voilà, je vis avec le mal. Je c’est un fardeau. Nous, on voulait absolument que Poiron prenne 22 ans de sûreté pour le mettre à l’écart de la société et pour qu’il ne détruise plus d’autres familles.
À 43 ans, Louis Poiron est condamné à perpétuité. Il aura passé l’essentiel de sa vie en prison. Tous les gens qui ont assisté à ce procès ont été très choqués par son attitude, par sa manière de s’exprimer, ses mots extrêmement crus, cette espèce de de violence permanente.
Enfin voilà, il passe pour un monstre pour les gens qui l’ont vu au procès. Vous en avez conscience ça ? Oui, mais c’est quelqu’un effectivement qui même d’apparence purement physique paraît très très brutal et c’est vrai qu’il s’exprime de manière extrêmement abrupte. C’est-à-dire que il ne cherche pas à enrober ses propos.
il est il les dit tel qu’il lui viennent à l’esprit et effectivement pour certains auditeurs, c’est absolument insupportable mais ça ne veut pas dire que c’est dénué de sentiment c’est sa manière à lui de s’exprimer. Un moment pendant ce procès, il s’est adressé aux victimes. Oui. C’est venu de lui-même. C’est venu de lui.
C’est ça a surpris, je crois tout le monde a commencé par moi. Il s’est adressé directement aux victimes en leur faisant part de ses regrets. Mais il a il a su trouver les mots. Il avait une intonation de voix que je lui avais jamais connu. Dire qu’il l’avait pour la je crois la première fois. Il y a vraiment eu de l’émotion dans la salle d’audience et et les victimes l’ont ressenti comme ça.
Elles n’ont pas douté. C’était vraiment sincère et profond. Les psychiatres ont dit que il était irrécupérable. Vous le pensez aussi ? peut pas être aussi radical que les psychiatres, mais il a quand même été vu par les plus grands. Il est évident que cet homme-là, à partir du moment où il n’accepte pas une introspection parce qu’elle lui fait peur ou parce que parce qu’il n’en veut pas ou qu’il n’envoie pas euh la nécessité, il est évident qu’il représente un danger et il le sait.
À un moment, de manière assez inattendue, je crois que même son avocate ne s’y attend pas. Poisson s’adresse à vous. Oui. Et justement ce qui restait dans l’interrogation de ben de mes neveux et de et de mes enfants et de mes sœurs, c’était est-ce qu’elle a été violée ? Et là, il a répondu non. Vous l’avez cru ? Euh oui, parce que c’est à peu près euh le seul moment de de sincérité euh qu’il a eu pendant le le procès.
Donc, il vous a convaincu qu’il n’avait pas violé votre maman. Il nous a convaincu sur ce point-là. Pour moi, le fait qu’il ait euh avoué, ça lui a rendu une parcelle d’humanité. Cette photo a été retrouvée dans les affaires de Louis Poiron. Alors, on ne voit ici qu’un visage, mais la photo au total montre une femme nue dans un bois terrorisé.
Les gendarmes sont convaincus que c’est une victime de poisson, mais il n’a jamais rien dit, rien avoué à son sujet. Pour lui, c’est simple. Cette photo, il l’a trouvé. On ne saura sans doute jamais qui est cette femme, ni ce qu’elle est devenue. Jean-Pierre Trébert. Ce visage est celui
d’un innocent. Un innocent chez qui on a retrouvé deux cadavres. celui de Katia Lerbier, Géraldine Girot, mais un innocent tout de même. Un innocent qui a utilisé pendant des semaines les cartes bleues de ces deux victimes. Mais innocent malgré tout, c’est comme ça. Très s’est suicidé avant son procès. C’est la loi.
Il est innocent pour l’éternité. Ultime pied de nez d’un homme sur lequel on s’est beaucoup trompé. On a vu en lui un rustre, un homme des bois, une bête humaine. Il était beaucoup plus futé, beaucoup plus intelligent qu’on ne l’a dit. Sens en Bourgogne le 4 novembre 2004. Il est environ 15h quand la police reçoit la visite d’une jeune femme inquiète.
Elle s’appelle Marielle Lerbier. Elle est sans nouvelle de sa sœur de 32 ans Katia. On est saisi que la disparition de Katia Lerbier dont la famille est venue signaler dire au commissariat de police de sens il se passe quelque chose de pas normal. Ma sœur ne donne pas signe de vie depuis le 1er novembre. Elle a pas repris son travail. Elle nous a pas appelé.
Elle n’a pas honoré les rendez-vous qu’elle avait. Deux jours plus tôt, Katia avait en effet promis à ses sœurs de garder les enfants pour la soirée chez elle. Mais quand elles sont arrivées, Katia n’était pas là. On essaie de lui téléphoner. Leur passant, bon, on se dit qu’on allait pas attendre, surtout avec les trois enfants qui étaient jeunes à l’époque sur place.
Donc on convient de rentrer l’une et l’autre chez nous avec nos enfants respectifs. Et là, bah on commence toute la nuit à appeler, appeler, à appeler. Mais Katia ne répond pas. Et le lendemain, l’angoisse monte d’un cran car ses deux sœurs apprennent qu’elle ne s’est pas présentée à son travail, un foyer où elle est éducatrice.
C’est quelqu’un de très ponctuel, de très assidu qui planifie tout à l’avance. Donc c’est pour nous c’est impossible quoi. C’est c’est pas normal. C’est pas normal que enfin moi je l’ai jamais connu manqué une journée de travail. Euh c’est c’est c’est le premier signe euh avec les enfants.
Jamais elle ne elle n’a manqué un rendez-vous. Jamais elle a été ne serait-ce qu’en retard un rendez-vous euh pour une activité qu’elle avait planifiée par avance avec eux hein. Sonia l’herbier est la dernière de la famille à avoir parlé au téléphone avec Katia. C’était le jour de la Toussin le lundi 1er novembre vers 13h. Katia passait le weekend avec sa petite amie Géraldine Girot, la fille du comédien Roland Girot.
Les deux copines étaient à l’apostole un village à 20 km de sens. La famille Girot y possède sa résidence secondaire. Face au policier, Mariel Lerbier conclut sa déposition par ses mots. Je suis sûr que Katia est avec Géraldine et qu’il est arrivé quelque chose. Quelques jours plus tard, il y a eu un autre signalement qui a été fait cette fois de auprès d’un service de police parisien par Roland Girot qui aurait signalé euh la disparition de sa fille parce que lui aussi ça lui paraît inquiétant dans la mesure où sa fille et
lui avaient certaines habitudes et qui n’ont pas été respectées. Et l’habitude dans la famille Girot, c’est de se téléphoner presque tous les jours. La dernière fois que Roland Girot a parlé à sa fille, c’était aussi le 1er novembre. Elle était dans leur maison de campagne avec Katia, une conversation banale et depuis le rien.
Comme celui de Katia Lerbier, le téléphone portable de Géraldine ne répond plus. La messagerie est saturée. Alors certes, Géraldine est une grande fille, elle a 36 ans. Mais ce silence inquiète Roland Girot qui décide donc d’alerter la police. D’un seul coup, là ça prend une ampleur différente.
Roland Girot, heureusement pour lui, il a un petit peu d’entre gens. Il est connu, il a un carnet d’adresse qui lui permet d’aller tout de suite avec la même inquiétude que la famille l’herbier d’aller se rapprocher des plus hautes autorités de police dans ce pays et c’est le coup de pouce qui va être donné effectivement à l’enquête.
Philippe Lerbier, vous êtes le frère de Katia. Oui. Euh l’idée que elle aurait pu disparaître comme ça, euh faire une fugue en quelque sorte, votre sœur ne pense pas que c’est possible sur le moment. Et vous ? Non, pas du tout. C’est un sentiment partagé par toute la famille parce que c’était pas du tout dans son habitude et puis Katia avait était dans sa 33e année, donc elle avait aucun compte à rendre à sa famille sur si elle avait eu envie de partir par exemple voyage ou autre.
Oui, elle l’aurait dit. Oui, sans aucun doute. Il y avait une relation entre vous qui faisait qu’on se parlait quoi. Ouais. Ouais, tout à fait. Oui. Donc l’idée qu’elle ait pu prendre une initiative sans vous en parler tient pas debout quoi. Non, absolument pas. La famille globalement avait totalement accepté son homosexualité.
Oui. Oui. Oui. Oui. Tout à fait. Ou bien sûr. C’était pas du tout un tabou dans la famille. Vous saviez ? Oui. Oui. Bien sûr. Tout à fait. Ou et elle s’en cachait pas. C’estd qu’elle a pas pu elle peut pas avoir fui pour une escapade amoureuse dont elle voulait pas vous parler. Ouais. Non, absolument pas. Non. Non.
Elle elle ne l’aurait pas caché. Vous la connaissiez vous Géraldine ? Non. Moi je je l’ai pas personnellement rencontré. Non. Non. Non. Mais vous saviez que Géraldine existait ? Oui oui tout à fait. Oui. H elle la connaissait depuis quand ? Environ 15 jours avant leur disparition à peu près. Et euh vous savez comment elle s’était rencontrée ? Euh oui oui.
Marie-Christine les avait présenté puisque Marie-Christine donc est la tente de Géraldine donc j’imagine qu’elle ait dû venir voir un jour sa tente et puis que Katia habitant étant la colocataire de Marie-Christine, je suppose qu’elle sera rencontré par celui-là. La mairie de l’apostole placarde des avis de recherche et donne la description de la voiture de Géraldine Giro.
On fouille les environs, les bois de la région à la recherche notamment de la Peugeot 206 de Géraldine. Pas de résultat. Un appel discret est lancé dans la presse locale. Les familles y implorent Katia et Géraldine de prendre contact. Le dernier appel téléphonique de Géraldine était à 20h10. Une amie qui l’avait appelé.
Elle vient apparemment de quitter l’apostole. Donc par la géolocalisation du téléphone, on sait que c’est couvert par le relais qui arrose l’apostole et puis brutalement la conversation va s’arrêter et c’est le dernier signe de vie qu’on a qu’on a d le 1er avant 20h10. La conversation entre Géraldine et son ami est brutalement coupée par une rupture de réseau habituelle à la sortie de l’apostole sur la route qui mène à sens.
Après cette coupure, le téléphone de Géraldine restera mué. Le portable de Katia, lui est actif jusqu’au lendemain, le 2 novembre. On le localise pour la dernière fois en fin d’après-midi à 30 km au sud de la postole près de Villu Surion. Après, plus rien. Éteint, à cours de batterie, détruit. Impossible de le dire. Si les téléphones portables ne fonctionnent plus, par contre les cartes bancaires continuent à fonctionner.
Les policiers constatent que les cartes ont été utilisées dès le 1er novembre dans la soirée. Deux retraits effectués au distributeur du crédit agricole de Ville-9 Suron. D’abord 250 € avec la carte de Géraldine Giro puis 70 avec celle de Katia Alerbier. Les collègues ont récupéré la la vidéo de du créicole de Vinov Suron.
L’argent a été pris, on sait pas trop, 21h50, 20h50, il y a un problème d’horaire parce que c’est juste la nuit du changement d’heure d’été à l’heure d’hiver. Donc ils font des recherches distinguent à peu près deux filles qui viennent au distributeur dans l’une fume. On les distingue mal mais il y a deux filles qui se présentent à 21h37 je crois.
Le lendemain, deux autres retraits sont effectuées à Paris, près de la gare de Lyon où la carte de Géraldine a aussi servi à acheter des cigarettes. Le jeu de piste des cartes bleues mène ensuite les policiers dans un hypermarché de Sain et Marne environ 1 heure de route de l’Apostole. Les enquêteurs se dépêchent sur notamment le carrefour de potoombo où la la carte a été utilisée le le 8 novembre.
Une caissière dit avoir remarqué deux filles par le ticket de caisse. Elle se rappelle qu’il y a un sous total, donc un incident qui lui fait rappeler deux filles et elle pense reconnaître Géraldine Giro dans ces deux filles. Voilà qui donne corps à la tesse de la fugue. Ce qui pourrait rassurer les familles.
Sauf que le contenu du cadit payé avec les cartes bancaires les laisse perplexes. au vu des courses, on a tout de suite réagi en disant que euh bon euh des knaki euh c’est pas ce que ma sœur aurait privilégié dans son panier. Elle aurait plutôt eu mis aussi euh une bonne bouteille de vin que un pâ de bière par exemple. 8 jours plus tard, le 16 novembre, la carte de Géraldine Giro est à nouveau utilisée dans un autre supermarché de Sémarne, Ren Melin.
Dès le lendemain, le commandant Michel Cunot se rend sur place pour visionner les enregistrements des caméras de surveillance. Donc, j’appelle monsieur Girot en lui demandant de bien vouloir venir avec moi pour regarder la vidéo. Donc, on passe des heures à visionner tout cela et on trouve personne.
Lui, ne reconnaît pas sa fille, on ne voit personne. On a le ticket de caisse bien évidemment où il apparaît qu’il y a par cas qui a été acheté des effets pour enfants, des couches, des choses comme ça. Ce qui est un peu surprenant puisque les deux filles n’ont pas d’enfant. À moins qu’elles étaient recueillies par une famille, enfin bon, et cetera, les achats sont déjà surprenants.
Pas de chance. La caisse où ces achats ont été enregistrés n’est pas dans le champ de vision des caméras. Alors, ticket de caisse à l’appui, le commandant CU demande à la caissière si elle se souvient des personnes qui ont fait ses courses. Elle se rappelle très bien. Elle dit “Bien sûr, je me rappelle.
Je je débutais, je reprenais mon service, mais ce ne sont pas deux filles qui ont qui ont fait ces achats, c’est un homme. Et donc ça c’est la première fois qu’on a quelque chose de de concret qui nous dit voilà, ce sont pas les filles qui utilisent la carte bancaire, c’est un homme.
Monsieur Girot est à côté de moi et bien évidemment c’est un choc, un choc effroyable parce que pour lui sa fille n’a pas pu confier sa carte bancaire à quelqu’un, à un homme. C’est impossible. Le policier fait alors visionner à la caissière toutes les bandes enregistrées dans les heures qui précèdent ce passage en caisse. Au bout d’un bon moment, elle reconnaît l’individu qui passe une caméra qui qui donne un peu en appel comme ça.
On voit un homme qui pousse un cadis pris un petit peu en hauteur. un homme d’une quarantaine d’années avec les cheveux dégarnis, le poussin cadis plein. Je lui dit “Bon, on reconnaît le parca qui est qui figure sur le ticket de caisse, on le voit sur le cali et et c’est le seul la seule image qu’on ce soir-là de cet homme.
L’image est floue mais la caissière est formelle. C’est bien cet homme qui a fait des achats. Il était seul. Jusque-là, les policiers étaient saisis d’une disparition inquiétante. Mais la vision de cet homme seul poussant un cadion à l’affaire et une information judiciaire est ouverte pour enlèvement et séquestration, vol et escroquerie.
Et là, on change de braquet. Il faut mettre la main au plus vite sur cet homme rou au crâne dégarni. La chance va sourire aux policiers car la carte bancaire de Géraldine Giro est à nouveau utilisée en Sené Marne dans une station service de réo pour payer un plein d’essence. Et là aussi il y a des caméras de surveillance.
On voit la station service d’une part un véhicule de 105 cabriolet qui est stationné à la pompe en question mais en plus on voit le même homme qu’on a vu la veille au magasin Carrefour et là on le voit de face, on le voit entrer dans la station, on le voit payer, regagner la 205 et partir. Les policiers zooment sur la plaque d’immatriculation.
L’image est presque illisible, mais on distingue quand même le chiffre 4, la lettre Z et le chiffre 7. On est en région parisienne déjà, on fait des recherches avec une immétriculation 778 ce qui nous donne 800 véhicules. Bon beaucoup trop de façon subjective étant donné que on est en cinémarne que les achats sont faits en cinémarne, on dit que c une 77.
Et là, les policiers ont une liste de six voitures pouvant correspondre à la 205 cabriolet photographiée à la station service. Après vérification, ils mettent hors de cause plusieurs propriétaires et finissent par resserrer leur recherche autour d’une seule voiture. J’ai un véhicule qui appartient à nommé Tréber Jean-Pierre Tréber mais l’adresse n’est pas très très explicite.
Il habite rue du Bois à Villeneuve et je vais rue du bois Villu sur Yon et il y a pas de Jean-Pierre Trilleu sur Yonne. Les policiers sont tout excités car c’est à Ville Suron que les cartes bancaires ont été utilisées la première fois le soir du 1er novembre. Et c’est tout près que le téléphone de Katia Lerbier a émis un signal.
Pour la dernière fois, la police apprend que le dénommé Tréber a travaillé les années précédentes comme garde chasse au hameau de Safteux dans un domaine forestier à quelques kilomètres de Melin. Et là bah on monte au secrétariat, on voit une secrétaire. Est-ce que vous connaissez Jean-Pierre Trébert ? Ben oui oui bien sûr, on connaît Jean-Pierre Trébert.
C’est quelqu’un qui a travaillé ici mais ne travaille plus ici. Vous sazez le reconnaître bien évidemment. Donc je lui présente mon ordinateur portable, je lui présente les photos euh du magasin Carrefour et de la station totale et elle le reconnaît immédiatement Jean-Pierre Treb. Il se trouve que cette secrétaire nous avait dit je sais pas où il travaille.
En revanche chaque matin vers 7h30 je le vois passer. Il vient d’ Châel Hambri, il va du côté de Bandy les tours. Pratiquement tous les matins, je le vois. Dès le lendemain matin à l’aube, les policiers planquent autour du domaine de Safteux et à 7h35, il voit arriver la fameuse 205 blanches. On le laisse rouler un peu et puis avant d’arriver à la nationale, je le double, je le serre.
Mes collègues arrivent derrière, on le braque comme on fait habituellement, on l’extrait de la voiture, on lui passe les menotes. Lui ne dit rien bien évidemment, il est surpris, il est pas aperé, il est calme. Je pense au portefeuille, j’ouvre le portefeuille et je trouve les cartes. Katia Lbier, Géraldine Girot, qu’est-ce que c’est ça ? C’est pour ça que vous m’interpellez ? Pas de problème.
Je vais vous expliquer. Jean-Pierre Tréber est conduit au commissariat de Melin. Les cartes bancaires, c’est Géraldine et Katia qui les lui ont donné. Il explique qu’il a fait leur connaissance environ un mois plus tôt. Elles l’ont pris en stop près de Villeneuve Surion. Ils sont allés à Paris tous les trois. Mais lors de sa seconde audition, Tréber change de version.
Il dit qu’il a rencontré Géraldine et Katia 3 ou 4 mois plus tôt. Ça se serait passé dans un bowling. Et puis il change encore. Maintenant Tréber raconte qu’il a bu un verre avec elle pendant l’été dans un bistre de sens. Ces récits vont varier d’une audition à une autre à la fois pendant sa garde à vue, ensuite chez le juge.
Mais avec une constante, c’est que il m livrer un certain nombre de détails sur la vie mais alors toujours de Charles Giro curieusement il parle jamais jamais. C’est toujours Géraldine et quand on lui demande de préciser, d’être beaucoup plus précis, il n’y parvient pas. Autrement dit, on a l’impression que il connaît un certain nombre de choses mais qu’il ne connaît pas directement.
Tréber parle d’un secret lié à Géraldine, un grand secret de famille, mais il ne donne pas plus de précision. Selon lui, les deux amis voulaient disparaître, changer de vie et elles lui ont demandé de les aider. il leur a rendu service et les filles lui ont dit prends les cartes, nous on s’en va, on a plus besoin de nos cartes, on a de l’argent donc tu les utilises.
Après ça, Tréber annonce qu’il a bientôt de nouveaux rendez-vous avec Katia et Géraldine dans une semaine, donc le 3 décembre matin, il doit les retrouver dans le hall de la gare de Lyon à Paris. Il est très serein mais quand on lui pousse on pousse un peu dans le questionnaire, dans l’interrogatoire, on se rend compte que il s’énerve vite.
Il y a des choses qui voilà quelqu’un on sent une violence latente. Pendant la garde à vue, les policiers perquisitionnent la maison qu’occupe Jean-Pierre Tréber au hameau du château sur les hauteurs de Ville NeuSion. Elle appartient à ses parents. Il n’y trouve rien. Persuadé que Tréber leur raconte des fables, au milieu de la nuit, ils vont alors réveiller sa femme, Marie-Pascal dont Tréber et séparé depuis plusieurs mois.
La sonnette a retenti et c’était des policiers qui venaient m’annoncer l’arrestation de mon époux. Et donc ils m’ont demandé éventuellement pour le faire parler d’amener mes chiens avec eux avec eux de partir avec eux et d’amener mes chiens au commissariat. Incroyable. On laisse donc Tréber voir Sarah et Gloria petites chiennes Tquel à poil dur.
Mais l’initiative des policiers n’apporte rien. Très est content mais il n’en dit pas plus. Du côté des familles, c’est l’incompréhension totale. Trèsber, un ami de Géraldine Katia, ça ne tient pas debout. Personne n’a jamais vu ou même entendu parler de ce garde de chasse. Bah là, c’est très inquiétant. Enfin, moi ce qui me concerne quand ils arrêtent Jean-Pierre Tréber, là je me dis que que on a quand même peu de chance de les retrouver vivantes toutes les deux.
Michael Gir, vous êtes le juge qui va instruire cette affaire. Alors, quand Jean-Pierre Tréber est arrêté, il est d’abord entendu en garde à vue et puis il est déferré de devant vous pour ce qu’on appelle l’interrogatoire de première compar. Euh, il vous répète ce qu’il a dit au policiers à peu près mais avec quelques ajouts.
Alors, il dit quoi ? quelques modifications. Euh alors c’est interrogatoire pour commencer qui va durer euh qui va durer 5h, ce qui est très très inhabituel hein. Il nous dépint euh une rencontre avec Gérardine et Katia qui aurait eu lieu à la fin de l’été 2004 sur la place du marché à sens à la terrasse d’un café.
Il s’agit là de la 4e version de cette rencontre. Alors, petit point important, euh Jean-Pierre Trébert va me dire que cette première rencontre à la fin du mois d’août sur une terrasse à sens aurait impliqué à la fois Cathier Herbier et Géraldadine Girot, ce qui est absolument impossible. Elle se connaissait pas. Elle se connaissait pas.
et euh il va me raconter l’histoire de ce qui se serait passé le 1er novembre 2004 dans la soirée. Il se serait donné rendez-vous donc lui, Katia et Géraldine dans le cadre plus ou moins de l’exécution d’un plan mystérieux visant à faire chanter quelqu’un. Il se serait rendu il se serait rendu à Paris où tous les trois tous les trois tous les trois à bord du véhicule de Géraldine et il se serait rendu dans un bar.
Sortant du bar, il se serait exécuté et sous les indications géraldines, il aurait brisé la vitre d’une grosse Peugeot dans laquelle il aurait dérobé deux mallettes. Ces deux mallettes, il les aurait remises à Géraldine. Tous trois seraient ensuite allés dans un second bar où ils auraient encore pris un verre.
Et dans ce second bar, il aurait ils auraient tous trois croisé la route de deux personnes, deux hommes inconnus de lui mais qui seraient des connaissances de Géraldine plutôt bien habillé en costume cravate et avec qui Jean-Pierre Tréber se serait embrouillé. Est-ce qu’il vous fait l’impression de quelqu’un qui est en train d’inventer une histoire ou ça tient son récit tient debout ? Alors, il me donne l’impression d’une personne qui bon qui me raconte une histoire qui peut apparaître comme une histoire à dormir debout. Effectivement,
je dispose durant cet interrogatoire de pièces dont les policiers ne disposaient pas. Ce sont les facturations détaillées de son téléphone mobile et je constate une incongruité entre ses déclarations et les déclenchements de son téléphone mobile le 2 novembre matin. Mais vous lui dites ça. Je lui dis bien sûr ça tient pas votre histoire.
Je lui fais remarquer que ça ne tient pas son histoire et il est visiblement décomptenancé. Quelle impression il vous fait le bonhomme ? En tout cas, pas l’impression de cette brute épaisse de cet homme des bois un petit peu rustre que les médias ont un petit peu trop trop souvent trop souvent dépin. Il est plus futé que ça.
C’est une personne intelligente qui s’exprime plutôt correctement. une personne comme je vous l’aiindiqué qui est auagué qui comprend très bien ce qu’on lui demande et qui comprend très bien ce qu’il est en train de de vous dire mais un interrogatoire qui finit sur un mensonge. Alors Dominique qui est ce Jean-Pierre Tréber ? Qu’est-ce qu’on sait sur lui ? D’abord Christophe, il a un casier judiciaire vierge, c’est important de le dire.
Il n’a jamais eu affaire à la justice. Quand la police l’arrête, il a 41 ans. Il est né en 63 à Mulous dans une famille modeste. Alors, il a grandi dans un petit village à une vingtaine de kilomètres de Mulouse. Scolarité médiocre. C’est un un mom assez particulier qui vit à l’écart euh de la vie locale du village. C’estàdire qu’il participe pas au fait, il va pas au stade avec ses copains.
Ce qu’il aime lui quand il n’a pas d’école, c’est aller se promener dans les bois, euh courir le long des ruisseaux, pêcher à la main et il va apprendre à découvrir comme ça tout seul la forêt par cœur, les sentiers, les oiseaux. Et c’est une passion qui va devenir son métier, il va devenir paysagiste. Alors plus tard, c’est peut-être ce qui lui vaudra ce son surnom d’homme des bois.
Mais en attendant, il est adolescent et le surnom qu’il a, c’est Neneœuil. Parce qu’il a Christophe de naissance cet œil à moitié fermé qui lui donne un drôle de regard et puis à cela s’ajoute ses grandes oreilles dont une décollée. Ça va pas l’empêcher de plaire à une femme, une femme très bien qui s’appelle Marie Pascal.
Elle est la fille d’un médecin, elle est secrétaire quand il la rencontre. elle deviendra fonctionnaire au trésor public. Elle a 8 ans de plus que lui. Elle a une petite fille quand elle le rencontre. Ils vont se marier, ils ont une autre fille ensemble. En 95, il quittent l’Alsace tous les quatre pour aller s’installer en Saarne à Bréau, un petit village.
Et là, il est garde-chasse. Ils habitent une maison dans la campagne et un jour le propriétaire veut récupérer cette maison. Très va le vivre très très mal. Il quitte la maison, il quitte son employeur et on le retrouve en juin 2000, 5 ans plus tard, un petit peu plus loin dans un village de Cénéar qui s’appelle Safteux.
Il est aussi garde-cha, un peu homme à tout faire, ouvrier agricole. Mais la fille de Paris de Marie-Pascal tombe malade, gravement malade. Le couple a des problèmes financiers et euh c’est la rupture. En 2003, Tréber quitte sa femme, son emploi, la Sénémarne et il va s’installer à Ville-9 Suron à 20 km de sens dans une maison qui appartenait à ses parents.
Et là, on est à l’automne 2004. Et sa femme va raconter aux enquêteurs, elle va dire “À partir de cette époque là, quand on s’est séparé, il a sombré, il a sombré de plus en plus. Il s’est installé dans une forme de marginalité.” Et ce qui est sûr, c’est que financièrement Treber à cette époque-là, il est aux abois. Jean-Pierre Tréber est mise en examen pour enlèvement, séquestration, vol et escroquerie.
À partir de ce moment-là, l’enquête va devoir faire avec les médias. Je sors du palais de justice donc dans la cour derrière les grille dans la rue, il y a effectivement toute une série de véhicules avec les flashes qui crépitent. Je ne vois pas ce jour-là effectivement pourquoi cela prend déjà de telles proportions. Il y a une invasion absolument démentielle.
La petite rue du palais de justice de de sens est remplie de journalistes et je me dis c’est pas possible, on peut pas laisser Tréber débarquer là-dedans. Du coup, c’est par une porte dérobée sur les quai de Lyon que Jean-Pierre Tréber quitte le palais de justice pour rejoindre la prison d’Osser.
Les journaux font maintenant leur choura de cette affaire et parlent surtout de Géraldine Girot. Il y a la notoriété du père de l’une de des jeunes femmes à tel point qu’au départ c’est l’affaire Girot. On ne parle que de Géraldine Girot. Catti Herbier, elle est on parle pas. Il y a tout cocktail pour en faire un très bon fait d’hiver.
Et c’est vrai que quand ça touche au people, aux gens connus, bon ben tout de suite ça prend une dimension supplémentaire et en plus sil y a un mystère ben voilà c’est le bon fait d’hiver. Après la police, ce sont maintenant les journalistes qui enquêtent sur Géraldine et sa petite amie Katia. Une fille que Géraldine a rencontré chez sa tante, Marie-Christine Van Kempen, avec laquelle elle partageait son appartement.
Katia à Sens, au centre-ville de Sens, c’est un petit peu à mini poulin. Tout le monde la connaît, elle a ses petites habitudes, ses petits commerçants préférés. Euh et puis bon, c’était quelqu’un de plutôt jovial, plutôt altruiste. Donc bon, la communication passait facilement avec elle. [chant] La passion de Katia, c’est le chant, le jazz, la bossaova, la chanson française et particulièrement le répertoire de Claude Nougaro qu’elle interprète sur les scènes de la région avec son groupe Pondéri.
Dans le coin, elle a une bonne renommée et cette passion, elle la partage avec Géraldine. Je marche, je marche vers l’inconnu. Je marche, je marche vers l’inconnu. La fille de Roland Girot a tenté de percer dans la chanson à la fin des années 80 sans grand succès. Alors, elle s’est tourné vers la comédie.
Elle est d’ailleurs déjà montée sur les planches avec son père, mais c’est surtout grâce au doublage et au films publicitaires que Géraldine gagne sa vie. Je peux parler ? Non. Sur le plan intime, la jeune comédienne présente une personnalité assez instable. Elle boit. Effectivement, Géraldine Giro avait un penchant pour l’alcool.
Bon, on peut pas on peut pas le nier. Euh, il lui est arrivé de de boire plus que de raison. On peut pas dire que c’était une alcoolique, enfin pour moi, mais c’était quelqu’un qui de temps en temps bah faisait la fête de façon un peu avec outrance quoi. Ça lui arrivait de s’alcooliser. Ouais. Michael Gir, Géraldine Girot, est-ce qu’au fond elle aurait pas pu rencontrer Tréber dans un bistro au cours d’une virée alcoolique ? C’est une des hypothèses qui ont été envisagées, hein.
Euh, j’ai demandé aux policiers munis de photographies euh des disparues de Géraldine et de Katia et de photographie de Jean-Pierre Tréber également, de faire le tourner des barres de toute l’acclomération de sens hein afin de d’essayer de déterminer si une rencontre commune entre ces trois personnes pouvaient ça donne rien du tout.
Euh ce qui est étonnant, c’est que Tr livre quand même des détails intimes sur la vie de Géraldine Girot euh laissant penser évidemment qu’il qu’il la connaît quoi, puis qu’il la connaît qu’il la connaît bien. Qu’est-ce qu’il dit par exemple ? Deux choses principalement. Euh il fait état d’allégation d’abus sexuel que Géraldine Giro aurait été amené à subir dans le cadre familial.
Hm hm. Il me parle également d’un cancer que Géradine aurait eu et dont elle serait guérie. Or, il s’avère qu’effectivement, alors si tentais qu’il s’agisse de la de la même chose, Géraldine Giro a bien eu un fibre dont elle était guérie depuis 2 ans. Tout cela évidemment pour accréditer l’idée qu’il la connaît bien quoi.
Il me parle de ces deux choses qui sont troublantes. À vous maintenant de savoir évidemment quelle est la vérité. Effectivement. Alors, les a-t-il rencontré ? Si oui, dans quelles circonstances ? à mon sens quatre possibilités. Soit Jean-Pierre Tréber effectivement était amené à rencontrer Géraldine Girot à une ou plusieurs reprises dans des circonstances qu’on n’explique pas mais qui en tout cas ne sont pas les circonstances dont lui nous parle ça tient pas.
Ça ça tient pas. Deuxième possibilité euh ces euh révélations euh n’en sont pas et on a affaire à une coïncidence. Pourquoi pas ? il invente et par hasard ça colle quoi. On peut pas l’exclure. Troisème possibilité, on pourrait avoir affaire à des informations qui auraient été obtenu dans le casre d’une relation d’emprise, d’une séquestration oralement ou par le biais décrit, un morceau d’ordonnance, un petit morceau de journal intime ou que sais-je, quelqu’un cri que ce soit.
4è possibilité, ces informations proviennent d’une autre personne. Mais dans ce cas, qui ? Le 7 décembre, un mois après les disparitions, le juge d’instruction entend Roland Girot qui a sûrement des choses à lui apprendre sur Géraldine. Il pourrait notamment l’éclairer sur cette histoire d’attouchement, évoque Tréber.
Le comédien s’explique sans aucune difficulté, le procureur assiste à l’audition. Gir va nous dire un soir je suis rentré à la maison puis ma femme fa une drôle de tête pas comme d’habitude. Alors au bout d’un moment je dit mais qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce qui se passe ? Et là elle me dit et Géraldine me dit que tu aurais abusé d’elle quand elle était petite.
Alors lui si vous me permettez l’expression il tombe du placard. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Sûr de lui, il veut avoir une explication avec sa fille, il va la voir. Et sa fille lui dit “Écoute, j’étais pas bien dans ma peau. Je suis allé voir un psi.” Et il m’a dit “Vous présentez tous les symptômes de quelqu’un qui a été agressé sexuellement pendant sa jeunesse.
” Roland Girot raconte alors que c’est sa belle-sœur, Marie-Christine Van Kempen qui l’a désigné comme coupable. Girot explique qu’il avait des relations conflictuelles avec elle, mais de là à être accusé d’inceste, cette histoire l’a rendu furieux. Mais Géraldine l’a rassuré. Papa, ne t’inquiète pas.
Tu sais, Marie-Christine dit parfois n’importe quoi. L’affaire, on est resté là. Il s’est expliqué mais alors avec une forchice totale et je pense pas qu’il y avait lieu de douter de d’ailleurs, il y a pas lieu de douter de ce qu’il a dit. Ça a été assez fort son audition pour moi.
Pour moi, Roland Girot, c’était un type que j’avais vu sur un écran. C’était trois hommes et un coup fin. C’était un nom sur un un générique de film. C’est quelqu’un qui n’avait pas de réalité humaine, je dirais. et de voir ce type là euh effondré hein parce que il avait déjà la certitude que sa fille était morte. Il savait, il le sentait, il nous l’a dit d’ailleurs.
C’était assez terrible. Comment Jean-Pierre Tréber a-t-il eu vent d’une histoire aussi intime ? A-t-il recueilli les confidences de Géraldine, celle d’un proche ? Les policiers n’ont retrouvé aucune trace de contact entre Géraldine et Trébert. Pas de témoin, pas d’appel téléphonique. C’est incompréhensible.
Michel Gir dès sa garde à vue, Tréber vous dit que il a un nouveau rendez-vous avec les filles à Paris dans le quartier de la la gare de Lyon. Euh alors lui, bon, il va pas pouvoir y aller puisqu’il est dans votre cabinet, mais c’est quelque chose que vous une piste que vous avez exploré, vous y êtes allé à ce rendez-vous ? Bien sûr, c’est une une piste qui a été euh exploitée.
Des policiers en nombre se sont rendus sur place à la gare de Lyon, munis de photographier des victimes et se sont attachés à vérifier si trouvait trace de ces personnes. On les a pas vu sans résultat. Il y a une nouvelle audition de Tréber le 6 décembre et alors il apporte des éléments supplémentaires, des choses qui vous avez pas encore dites.
Jean-Pierre Tréber nous livre deux informations. Un, il est passé à son domicile avec les deux jeunes femmes le 1er novembre au soir. Et quand je lui demande pourquoi il en a pas parlé auparavant alors que c’est capital, c’est central, il me répond “Je n’y ai même pas pensé.” H c’est inconcevable. Inconcevable. Il a passé 48 heures en garde à vue et on a passé 10 heur d’interrogatoire ensemble.
Et quand je lui demande pourquoi il n’en parle pas avant, il me dit “Je pas pensais.” Tréber euh dans au cours de cet interrogatoire va aussi livrer un élément capital et et et se justifier sur le témoignage d’un voisin qu’il l’a vu faire du jardinage, enfin remuer de la terre dans son jardin. Alors qu’est-ce qu’il dit là ? il va me dire euh qu’il a loué ou du moins emprunté une pelle mécanique à son ancien employeur euh donc à Sens qui est un entrepreneur en élage.
Et les 3 4 et 5 novembre euh il va travailler sur son terrain et il m’indique qu’il a débrousaillé, enlevé des souches, enlevé des épines noires et que que de tout cela il a fait un gros brasier. Je me souviens du regard que je que j’échange avec le poker de la République Michel Mer qui a demandé assister à l’interrogatoire et on se comprend.
Je n’ai pas besoin de lui dire que bien évidemment dans l’urgence, je vais donner des fouilles cette fois-ci du terrain de Jean-Pierre Trébert. Le 8 décembre 2004, dès le matin, Villeneu Suron prend l’allure d’un camp retranché, particulièrement la route qui mène au hameau du château vers la maison de Tréber.
Il y a des gendarmes, des policiers accompagnés de chiens et des experts de la police scientifique qui entreprennent une fouille méthodique de la maison. Pour explorer les 400 m carrés de terrain qui entourent le pavillon et les bois voisins, un tractopel est acheminé. Une mini pteuse identique à celle que Trébert a utilisé un mois plus tôt.
Dans un coin, il y a euh un carré un réangle plutôt de 2,50 3 m sur 1 m de large qui était remué et puis on savait que la terre remuée prend prend du volume mais on fait comme une tombe. On commence par creuser cette tombe bien évidemment et on se rend compte que la terre est meuble sur environ 1,50. Ça a été creusé mais il y a rien.
Et puis on tombe sur du rocher. Donc on peut pas y aller plus on peut pas continuer et il y a rien. Mais ça veut dire que quelqu’un avant nous a essayé de creuser un trou là puis il est pas arrivé donc il a remis la terre comme ça. Tréber est présent et il assiste au travail des policiers qui tombent bientôt sur les restes d’un feu.
Et là, au milieu des cendres, il trouve des objets qui n’ont rien à y faire. Il y a des boutons, il y a des restes de vêtements, il y a les restes d’une montre, il a les restes de carcasses de téléphone portable, il y a des restes de flacons de parfum, il y a des clés et tout ça va parler évidemment. Il se trouve que quelques jours auparavant, nous étions allé faire une perquisition de missile de Géraldine Giro et j’avais remarqué que la clé de sécurité était très particulière de cette de cet immeuble et de cet appartement. Et là, je trouve un trou de
clé. On trouve un autocu de clé qui est identique. Donc il y a pas de doute. À ce moment-là pour nous, il y a pas de doute. Ce sont les clés de Gérardine Giro. On s’apercevra également que les carcasses de téléphone portable et bien elles correspondent au type de téléphone portable qu’avaient les deux jeunes femmes.
Et pour couronner le tout, les policiers découvrent dans un cabanon un porte-clé avec un éléphant en peluche. C’est un objet dont ne se séparit jamais Katia l’herbier. La journée s’achève, les fouilles doivent s’interrompre. Les journalistes qui poirotent un peu plus loin sont informés par brib de toutes ces découvertes.
Ils sentent qu’il se passe quelque chose. Au départ, c’était plutôt les médias locaux et et quelques quelques journaux mais de façon ponctuelle. Et là, on voit vraiment débarquer les camions satellites, les voitures de radio, euh tout le monde est là. Et donc, on se rend compte que on est véritablement un tournant dans l’affaire. Le lendemain, le 9 décembre, les policiers reprennent les recherches.
Ils ratisent les parties encore inexplorées du terrain de Tréber. En fin d’après-midi, il s’approche d’un puis au pied de la ha qui borde la route. Il y a un couvercle et un regard qu’on un peu qui fait à peu près 30 cm de de côté. À l’aide d’une lampe électrique, Michel Cotu jette un coup d’œil au fond du puis aperçoit un tas de pierres.
Mais je constate en même temps qu’il y a une un objet orange vif au niveau des pierres long de la paroie, ce qui me paraît surprenant parce que ça semble humide comme endroit. Donc quelque chose de orange vif, c’était un tissu ou un plastique, ça sera altéré, sera devenu un peu noir. Enfin là, ça me paraît très neuf, très propre.
Et puis parallèlement, je vois Jean-Pierre Trébert qui est en haut du terrain, je constate qu’il est inquiet. Et Trer, c’est quelqu’un qui est assez un pavide. assez indifférent mais là de cesse de se retourner il guettete il surveille Michel Cotu demande qu’on amène Tréber près du Puisard puis il fait déceller le couvercle et moi à ce moment-là j’ai une odeur une odeur qui arrive une odeur fétide une odeur de cadavre une odeur absolument abominable qui se dégage de spizard mais bon ça [grognement] change jamais très bon
un puard les eaux usées Et donc il y a un enquêteur qui va descendre dans le dans le puiseur. Dans le fond, on voit il y a état de pierres. Le policier déplace quelques pierres, un pied dépasse. À ce moment-là, Jean-Pierre Tréber fait deux pas vers moi, vers le trou et il dit “Putain, il les il les a tué.” Donc je le fais reculer tout de suite et je dis “Mais collègue, tu tu feras un procès verbal de ce que tu as entendu là.
Il faut savoir que Jean-Pierre Trabert est au bord du tout depuis plus d’une heure. Il si c’est lui qui les a mis, je pense que c’est lui qui les a mis. Il savait très bien ce qu’on allait trouver. Et donc je pense qu’il a eu largement le temps de réfléchir à la réaction qu’il allait avoir au moment où on allait trouver parce que c’était simultané.
Deux autres pieds sont découverts, mais le puis est trop étroit pour exhumer les corps. On achemine donc une grosse pteuse pour le dégager. Un travail qui va durer jusqu’au milieu de la nuit. On passe la nuit à attendre. Euh et là là Jean-Pierre Trébert est droit, ne bouge pas, a une couverture sur les épaules, il y a aucun totalement indifférent, totalement ailleurs. Froid complet.
3h du matin, on arrive à exumer les deux corps. Deux corps qui sont l’un sur l’autre avec une couverture de couleur orange. Pour moi, ce sont les corps malheureusement Géraldine Giro et Katia Lbier. Bon, c’est un choc hein. Il faut savoir que pour nous les enquêteurs, ça a été un véritable choc parce que pendant un mois, malgré tout, on a chercher ses filles, plus d’un mois, il y avait toujours un peu l’espoir de les retrouver vivantes.
Il y avait une atmosphère absolument surréaliste avec ces deux corps qui étaient là au milieu et elles avaient sur le visage une espèce de masque curieux. On aurait dû une mise en scène. Katia, je crois, des un billon sur les yeux et sur la bouche et Jéraline n’a que sur la bouche. Mais il y a différentes couches. Il y a un gant de toilette, il y a il y a du ruban adhésif, il y a du fil de fer, un fil électrique.
On sait pas trop, on comprend pas trop. C’est pas un simple baillon quoi. C’est pas un simple rubin adhésif qui entoure l’été la bouche. C’est plus complexe et ça ça fait un peu froid dans le dos hein parce que en plus de l’ambiance générale mais là on se dit ces filles qu’est-ce qu’elles ont vécu quoi en fait hein. Jean-Pierre Tréber lui ne branche pas et il regagne camouflé sous une couverture la prison d’ER.
Michael Gir en tant que juge d’instruction, évidemment vous êtes présent au moment de la découverte des corps. On a évoqué à l’époque une sorte de masque mortuet, quelque chose qui aurait pu être lié à un rituel. C’est étrange ces bandelettes sur sur le visage. C’est étrange. Euh ça n’est pas mon sentiment.
Je pense qu’on a affaire à quelque chose qui est plutôt utilitaire, c’est-à-dire que ça recouvre les yeux. C’est donc fait pour toucher la vue, pour aveugler. Ça recouvre la bouche. C’est fait pour éviter de de crier. Ah, vous l’avez entendu dire Trébert évidemment à ce moment-là. [ __ ] l’enculé, il les a tué. Euh ce qui ouvre la porte au minimaité, voir un meurtre commis par quelqu’un d’autre que lui.
Comment on l’aperçoit cette phrase sur le moment ? complicité oui et non dans la mesure où Tréber lui-même s’exclut de la commission des faits. En tout cas, pas complicité selon du point de vue de monsieur Trébert. Euh je pense qu’il faut prendre les choses avec recul euh de deux choses. L’une.
Soit Jean-Pierre Trébert ignore ce que l’on va trouver au fond du puis le découvre en même temps que nous. Mes éléments du dossier permettent très sérieusement d’en douter. Ou alors il a eu 2 jours pour imaginer la réaction qu’il allait nous offrir lorsque nous allions lorsque nous avons découvrir les corps. Alors Trébert va plus loin.
L’enculé ces deux hommes en noir. C’est une piste pour vous ça ? La piste de de deux hommes extérieurs finalement à votre enquête pour l’instant. Jean-Pierre Trébert présente ces deux hommes en noir comme ayant appartenu à l’entourage de Géraldine Girot. Donc vous faites le boulot, vous faites un portrait robot avec lui.
Effectivement, j’ai passé 5 he avec lui au courant du mois de février 2005 dans mon cabinet à l’aide d’un portrait de identité judiciaire et puis on va constituer patiemment les visages de deux hommes. Vous avez montré ces portraits robots, personne ne les a jamais reconnu. Ça donne rien du tout. Dans l’affaire Giro, plus aucun doute ne subsiste.
Les premiers résultats des autopsies pratiquées sur les corps des victimes de Villeneuve Suron confirme qu’il s’agit bien de Géraldine Girou et Katia Lerbier. On attend maintenant. C’est aux experts de l’Institut médico-légal de Paris de déterminer les causes de la mort des deux jeunes femmes. Le procureur de la République de s assiste aux autopsies.
C’est intéressant la médecine légale et ça contrairement à ce qu’on peut penser un cadavre ça parle et ben ça donnera rien. Pas de lésion par arme à feu, pas de lésion par arme blanche, pas de trace de strangulation, pas de trace de violence sexuelle. Les poumons sont dans un drôle d’état. Ce qui laisse à penser qu’elles sont peut-être respiré quelque chose.
Mais pure supposition à ce moment-là, les experts ne peuvent qu”estimer la date de la mort. Ils la font remonter à un mois ou moins, peut-être un peu plus. Alors si Géraldine et Katia ne sont pas mortes le 1er novembre, on peut supposer qu’elles ont été séquestré quelque part peut-être dans la maison de Jean-Pierre Tréber à Ville Neu Suron.
Comment elles ont pu se retrouver chez un homme qu’on connaît ni Dev ni d’adan avec qui a priori en tout cas Katia et je pense également Géraldine n’avait rien tant commun. Puis le fait que ça soit tout proche de chez nous aussi, ça c’est quelque chose aussi, c’est pas le plus difficile hein bien sûr, mais c’est ça ça ajoute à l’incompréhension.
Le 18 décembre, Villeneuve Surion est en deuil pour la messe d’enterrement de Katia Lerbier. Roland Girot est là avant d’enterrer à son tour sa fille de jours plus tard au cimetière de l’apostole. Jean-Pierre Tréber lui continue de nier malgré les preuves qui s’accumulent.
Les cordes des deux jeunes femmes bien sûr, on les a retrouvé chez lui mais ça n’est pas tout. Tréber est aussi trahi par son téléphone portable. Le 2 novembre, le lendemain de la disparition des deux jeunes filles, il a déclenché une borne téléphonique à quelques mètres du parking de l’hôpital Lariboisier à Paris, là où justement on a retrouvé la Peugeot 206 de Géraldine.
Le même jour, Jean-Pierre Tréber a eu son employeur au téléphone et il lui a menti. Il a dit qu’il avait passé le weekend en Alsace chez ses parents, ce qui est faux, avant de lui demander une semaine de vacances. Il nous avait dit qu’il allait voir ses parents. Bon, parce que il a des parents, il avait des parents d’un certain âge.
Bon, et il y avait peut-être un problème de santé. Moi, j’ai pas trop cherché à savoir. Il m’a demandé euh je lui ai donné sa sa sa semaine, hein. J’ai pas cherché à savoir plus quoi. Ces mensonges aggravent les charges contre Tréber. Et que dire de cette dernière découverte dans le petit box qui est situé à l’arrière de la maison de Ville Suron.
Un congélateur repose à l’entrée à droite sur une palette et sous cette palette mais vraiment très bien dissimulée, on a découvert un fusil de chasse qui était sié, donc le canon sier et la crossier et sur lequel on avait aménagé une sorte de crochet attaché à la crosse avec un ruban adhésif. Et ce ruban adhésie qui entoure la crosse est identique à celui qui a permis de bayonner Géraldine et Katia.
C’est une arme qui est soit utilisée par des braqueurs parce queon peut facilement la dissimuler avant de passer l’action, soit par quelqu’un qui a besoin d’avoir quelque chose de très menaçant sous la main. Une arme pour faire peur, peut-être pour extorquer les cartes bancaires. En tout cas, ça n’est pas l’arme du crime puisque Géraldine et Katia n’ont pas été tué par balle.
Mais comment ont-elles été tuées ? Les experts tatonnent quand un garde forestier, lieutenant de l’ouvêterie, lance le juge d’instruction sur une nouvelle piste. Une piste qui enfonce un peu plus Jean-Pierre Trébert. La presse a évoqué l’hypothèse que Géraldine et Katia ait pu être empoisonné. Quand Lucas Vissu, un lieutenant de l’ouvêterie, a lu ses articles, ça fait tilt.
Il a aussitôt alerté le juge d’instruction. Le rapprochement est automatique. Quand on dit garde de chasse et gaz toxique, on pense chloropicrine. Pour moi, c’était l’évidence. La chloropicrine, un gaz bien connu des gardes forestiers et des agriculteurs. Jusqu’à son interdiction en 89, elle servait à éliminer les renards et les bléots.
C’est un gaz liquide un peu huileux. Donc, il y avait un opercule ici que les gardes et les personnes sermentées savaient découper rapidement parce que dès que l’opercule était ôé, le gage était volatile et gazait tout le monde. Donc, il fallait faire très vite pour éviter de se brûler les yeux, de se brûler les poumons et d’étouffer.
Trèsber aurait-il utilisé ce gaz toxique pour tuer les filles ? Les policiers se disent qu’en tant que garde de chasse, ils savaient comment s’en procurer. Le hic, c’est que la chloropicrine est beaucoup trop volatile pour qu’on puisse espérer en retrouver la trace sur le corps des deux victimes. Au niveau des poumons, on ne détecte rien.
Par contre, sur les vêtements et sur la couverture, on va trouver des traces de chloroforme. La présence du chloroporforme ne peut pas s’expliquer par la décomposition des corps. Le chloroporme ne peut pas expliquer à lui seul la mort. C’estàdire qu’on peut pas les avoir tués en leur faisant respirer une dose massive de chloropforme. Par contre, c’est un élément de décomposition de la chloropicrine.
Un expert en toxicologie réalise alors des tests. Il arrose de chloropicrine des objets similaires à ce qu’on a retrouvé au fond du puis une couverture, un gant de toilette, un masque de chirurgie, un pantalon. Puis il les enterrent quelques semaines et les déterrent pour découvrir qu’il reste des traces de chloroforme dans des quantités équivalentes à celles qu’on a relevé sur les objets ramassés dans le buiseur.
Une démonstration qui ne convain pourtant pas la défense de Jean-Pierre Trébert. L’expert ne dit pas précisément c’est la chloropicrine. L’expert nous dit c’est un produit chloré qui a provoqué donc les lésions au poumon. Donc après parce qu’on sait que monsieur Tréber a été chasseur, bah on pense à la chloropicrine.
Mais la chloropicrine, elle apparaît pas en tant que telle sur le corps des victimes. En dépit de l’accumulation d’éléments qui accusent Tréber, ses proches refusent de voir en lui un assassin. Rationnellement, je ne le crois pas capable d’avoir commis un tel assassinat. Je sais très bien qu’il n’était pas quelqu’un de cruel, de de profondément méchant.
C’était un il était certainement déséquilibré, il était certainement immature. Il avait d’énormes défauts. Mais s’il y avait un défaut qu’il n’avait pas, c’était d’être cruel comme ça gratuitement. Si les proches sont incrédules, c’est aussi parce que de nombreuses questions restent sans réponse. Au domicile de Tréber, la police scientifique n’a détecté aucune trace ADN de Géraldine ou de Katia, ni dans la maison, ni dans le box, ni dans le cabanon.
On n’ jamais de certitude. Le lieu où effectivement elles ont été assassinées, il y a aucun élément matériel dans le dossier qui permet de le localiser avec précision. Est-ce que ça s’est déroulé chez monsieur Tréber ? Est-ce que ça s’est déroulé ailleurs ? Est-ce qu’on les a ramené dans la dans la dans la propriété ? À quel moment ? Et puis Tréber a-t-il pu tout seul maîtriser les deux jeunes femmes plutôt grandes et charpenté ? Pourquoi a-t-il choisi son propre jardin pour dissimuler les corps alors qu’il connaît la forêt ?
Comme sa poche. Enfin, quel serait le mobile du crime ? L’hypothèse du crime sexuel étant écarté, reste l’acte crapuleux 2314 €. C’est la somme d’argent retiré ou dépensé avec les cartes bancaires de Géraldine et Katia. 2314 € il aurait tué pour ça. Michael Gir, bon il y a un mobile possible hein dans cette affaire là, c’est le mobile financier 2314 € qui ont été dépensés avec les cartes bleues des des deux jeunes femmes.
C’est un mobile qui tient pour vous ça ? Première précision. 2314 € et pas plus. C’est bien parce qu’on l’interpelle Jean-Pierre Trébert le 23 novembre au matin. La veille continué la veille encore le 22, il retirait 40 € à Fontainebleau. Première remarque. Ensuite, qui est Jean-Pierre Trébert ? Du point de vue financier au 1 novembre 2004, c’est une personne qui gagne environ 900 € par mois dont le découvert le découvert bancaire est à peu près égal à cette somme 900 €.
Donc il a besoin d’argent. C’est ça que vous êtes en train de donner. Besoin d’argent. Oui. Et alors ? Donc ça tient, c’est en tout cas concevable. Alors est-ce qu’on a retrouvé de l’ADN chez chez Tréber ? Est-ce qu’on a retrouvé des traces d’autres personnes ? Est-ce qu’on a retrouvé les traces des victimes à l’intérieur de la maison ? À l’occasion d’une perquisition ultérieure, le 15 décembre 2004, on va retrouver dans une cagette, dans son cabanon, un euh rouleau de ruban adhésif marron de type de celui qui est utilisé
pour les déménagements. À l’extrémité de ce ruban, on retrouvera quelques éléments pileux, quelques fibres également. Euh ces éléments pileux, on pourra en déterminer la compatibilité pour l’un d’entre eux avec Géraldine Girot et pour l’autre avec l’épouse de Jean-Pierre Tréber ou ses filles, ce qui est un petit peu surprenant et incongru.
Faut expliquer que dans les cheveux, si on n pas le bulbe, on n pas l’ADN, on a un ADN dégradé qu’on appelle mitochondrial. mitocondriale qui est partagé par plus de gens que ne l’est l’ADN intégrale avec une fréquence qui varie selon les types de de profil. C’est tout ce que vous trouvez comme ADN chez Tréber qui ne soit pas celui de Tréber ? Alors on va trouver également de l’ADN sur ce ruban donc de l’ADN discriminant qui nous permettrait un véritable ADN véritable ADN qui nous permettrait d’identifier éventuellement une personne
si on on l’a trouvé. Donc c’est possiblement un complice. C’est pas celui c’est pas l’ADN de Tréber. On va buter pendant de très longs mois sur cet ADN inconnue. Euh, il y a quelque chose qui qui a toujours été intrigant, c’est qu’avec la carte de crédit, Tréber a acheté des couches pour enfants. Il a pas d’enfant, Trèsvert.
Il a des enfants mais pas des enfants en bas âge. Voilà. Donc, pas de raison d’acheter des couches. Ça pose question. On va se poser la question. Ça posera pas bien longtemps puisque dès le 26 novembre 2004, le lendemain de la mise en examen de Jean-Pierre Trébert, on va placer en garde à vue Patricia Darbau.
Patricia Darbau est une personne qui est proche de Jean-Pierre Tréberc, une personne avec qui Jean-Pierre Tréber est en contact téléphonique constant, sans arrêt tout le temps, notamment les 1ers et de novembre. Ça pose de question. On demandera naturellement à Patricia Darbau si ses courses lui sont destinées et sans difficulté, elle nous indiquera que oui.
Jean-Pierre Tréber a rencontré Patricia d’Arbau en 2003 lorsqu’il travaillait au domaine de Safte comme garde chasse. Le compagnon de Patricia venait de reprendre un restaurant en face de la maison du couple Tréber. Mon mari m’a dit il est assez sympa et je voyais ensuite mon mari tous les jours parler avec ce ce bonhomme quoi.
Ces gens étaient des flambeurs et utilisaient leur argent. Finalement, ils buvaient énormement de champagne, il vivait très bien. Il faisait la fête tous les soirs. On voyait bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Trébert tombe sous le charme de cet hommeur au passé judiciaire chargé. Et bientôt, le garde-chase délaisse son travail et sa famille pour devenir l’homme à tout faire du compagnon de Patricia Darbau, un patron de restaurant qui l’entraîne dans des magouilles et des trafics.
Il s’est trouvé que Jean-Pierre Tréber avait été un personnage beaucoup plus complexe qu’on pouvait l’imaginer au départ. C’était pas un simple employé homme à tout faire du milieu ricole au niveau de la chasse. Jean-Pierre Tréber, c’est quelqu’un qui connaissait des voyou, qui fréquentait des voyou, qui avant son interpellation euh trafiquait des cigarettes, trafiquait peut-être les carpers, il fréquentait des voyoux.
À l’été 2004, le patron du restaurant est rattrapé par une ancienne affaire. Avant de partir en prison, il fait promettre à Tréber de prendre soin de sa compagne Patricia et de leur bébé. Il s’est trouvé à s’occuper de d’elle et elle reconnaît qu’effectivement elle l’avait multiples fois au téléphone dans la journée parce que c un soutien, il l’aidait.
Voilà ce que nous dit Patricia Larbot mais elle n’avait aucun renseignement à nous donner sur sur les utilisations de carte bancaire sur Géraldine Girotia Lbier. Sauf qu’elle avait remarqué que depuis quelques temps Jean-Pierre Travers vivait mieux. Effectivement, il m’a donné de l’argent. Je suis parti à Montpellier voir ma fille qui venait d’accoucher.
Il m’a d’ailleurs donné sa carte bancaire mais je l’ai pas utilisé. Et il m’a donné de l’argent aussi. Il m’a donné 100 €. Alors c’était surprenant. Donc elle avait remarqué un changement d’attitude dans le comportement de Jean-Pierre Trébert. Mais c’est tout ce qu’elle avait à nous dire. Trèsber aurait-il embrassé sur le tard une carrière de voyou ? Continuer à faire de petits trafics avec les amis du restaurateur.
Il a joué au voyou. Il s’est mis à jouer au voyou. Alors, est-ce qu’il était entraîné dans cette affaire ? Est-ce qu’il a vu joué le dur ? Est-ce qu’il a vu Est-ce qu’il a pensé qu’il pouvait avoir de l’argent facilement ? Très se serait-il à coquiner avec des malfras endurcis ? serait-il rentré dans quelque chose qui le dépassait ? Et pour leur malheur, Katia et Géraldine se serait-elle trouvé mêlée à tout ça d’une manière ou d’une autre ? Dominique Risé, ce qu’on sent bien, c’est que les policiers sont à la
recherche des mauvaises fréquentations éventuelles de Tréber. Ouais, ils recherchent Christophe un complice possible. Alors effectivement, ils vont regarder dans l’entourage de Tréber parce qu’il y a aussi des voyou et dans un milieu qui est à l’opposé de celui dans lequel on a l’habitude de le trouver.
On n’est plus dans les gardes de chasse, on n’est plus dans les gardes forestiers, on n’est plus dans les ouvriers agricoles. Il faut dire que pendant les 4 ans que va durer l’instruction, euh les flics de la PJ vont faire un boulot colossal de recherche. Alors dans l’entourage de Tréber, ils vont trouver des gens, des petits voyou qui ont été condamnés pour des affaires de vol, pour des affaires de trafic, pour des escroqueries diverses.
Et parmi eux, il y en a même un qui a été condamné, qui a été impliqué dans une affaire d’assassinat, complicité d’assassinat. Il s’appelle Arnaud le polonais. Et ce type, il était en contact avec Trébert dans une affaire de trafic de cigarettes de contrebande. Dossier dans lequel Trébert dit au départ, j’ai rien à voir, il finira par reconnaître qu’il en fait partie de l’équipe des trafiquants, mais il va minimiser son rôle.
Les policiers en 2007 vont retrouver Arnaud Polonais en Pologne. Ils vont aller l’entendre là-bas avec l’assistance de la police polonaise. On va lui prélever son ADN et cet ADN, on va le comparer à un ADN masculin qui est retrouvé dans l’enquête. Mais ça colle pas. Donc c’est pas Arnaud le Polonais. L’enquête va aussi emmener les enquêteurs au Pérou.
Alors Arnaud le Polonais au Pérou c’est le Pruvien. C’est un type qui est incarcéré pour une affaire de stup qui saurait des choses. On découvrira que ça tient pas. Il y a aussi un garçon qui s’appelle Tony l’Albanais. Il y a le général. Enfin bon, tout ce milieu-là va être inspecté mais on trouvera jamais rien.
Et s’il fallait chercher ailleurs que dans l’entourage [grognement] de Tréber, dans celui de Katia et Géraldine par exemple. Dès les premières semaines de l’enquête, la police s’intéresse notamment à Marie-Christine Van Kempen qui est la tante de Géraldine Giro et qui est aussi la colocataire de Catière.
Dès le début de l’enquête, les policiers ont été troublés par l’attitude de Marie-Christine Van Kenpen, une artiste lyrique assez fantasque, un peu lunaire que les téléspectateurs ont découvrir dans une interview diffusée le soir des funérailles de sa niè soit rencontré ici exactement là. [soupir] [grognement] C’est c’est c’est très dur.
Je pense vraiment qu’elle s’était trouvée pour réaliser beaucoup de choses et c’est ça qui me qui me fait le plus mal encore dans tout ça. Je veux dire, c’est tout est terrible mais elles auraient se serait bien bien entendu et elles auraient fait plein de choses. Elles se complétait elle a l’air d’une biche aux abois complètement ailleurs, complètement allumée.
Bon et c’est Marie-Christine Vancampon. Bon elle est comme elle est. Elle est effectivement peut-être un petit peu farfelue. C’est une artiste au sens un peu caricatural du terme et quelque part on l’impression se dit celle-là elle est pas nette. Dans les jours qui ont suivi les disparitions, la police a bien sûr interrogé Marie-Christine Van Kempen.
Après tout, elle connaissait très bien les deux jeunes femmes puisqu’elle était la tante de l’une et la colocataire de l’autre. Bon, je me rends compte qu’elle a une certaine animosité vis-à-vis de sa niè qui est partie avec son ami Katia. Quand j’ai dis son ami, sa colocataire pas plus loin.
On sent qu’elle est assez en colère contre elle. Marie-Christine Van Kempen est interrogée sur son emploi du temps dans les jours qui précèdent la disparition de Géraldine et de Katia. Elle indique qu’elle a passé tout le weekend de la Toussin chez sa mère à 30 km de sens. Mais vérification faite, elle n’y était pas.
Puis elle oublie de nous dire que elle est venue à sens durant le weekend. Elle était partie le jeudi soir, elle était revenue le mardi matin mais bon, on s’est rendu compte qu’avec la téléphonie bien évidemment, il y a des traces et on est elle est venue à sens, elle a oublié. Donc effectivement, elle a évolué. Ah oui oui, je suis venu à sens.
D’ailleurs, le dimanche soir, Marie-Christine Van Kempen a été vue dans un peuple du centreville, le Bogart. Elle a du mal à raconter la suite. Ah oui, mais j’ai dû coucher chez mon ami. Mais l’ami se rappelle pas. Alors, j’ai peut-être je suis peut-être rentré chez moi ou alors non, c’est peut-être un ami qui m’a emmené. Ah bon ? Voilà.
On est dans ces déclarations là. Ce qu’elle nous dit ne correspond pas à ce qu’on a découvert. Elle est la tente de la victime. Je me demande pourquoi la tente de la victime ne dit pas les choses réelles. Elle devrait collaborer avec la police, donner son emploi du temps réel. Il est pas réel. Au début du mois de novembre, des policiers du commissariat de sens étaient venus une première fois chez Marie-Christine Van Kempen.
Ils avaient notamment visité la cave où à la simple lumière d’un briquet, ils avaient remarqué un chat noir sur le sol. Mort sans importance, s’était-il dit, à tel point qu’il l’avait même pas consigné dans leur procès verbal. Quelques semaines plus tard, les policiers retournent inspecter la cave. Le chat a disparu. Marie Christine Vanpen elle-même d’ailleurs dira oui, c’est vrai.
Il y avait un chat mort dans la cave et elle a demandé une relation de barre plus ou moins marginale la qu’elle connaissait de venir l’en débarrasser moyennant 20 €. On va le retrouver, il dira “Oui, je suis allé, je mis dans le sac poubelle et puis je l’ai mis dans la première poubelle venue. On retrouvera jamais.
” Évidemment, ça c’est un élément dans lequel qui aurait pu être intéressant parce que si on en revient à la chloropicine, gaz lourd donc qui stagne aura du sol. Si on avait utilisé chloropicine dans la cave, quelques temps plus tard à chaque serait introduit, aurait pu en mourir également.
Ça c’est une hypothèse évidemment mais l’autopsie du chat aurait pu être intéressante et qu’on aura jamais. Voilà qui rajoute au trouble des policiers. Il décide alors de ramasser les chiffons qui jonchent le sol de la cave et de les faire expertiser. Sur un certain nombre d’objets, on va trouver des traces de chloropore.
Tout le monde s’est dit bingo ! C’est bon, on a trouvé le lieu. Le 1er mars 2005, la tente de Géraldine Giro est placé en garde à vue. En sa présence, les policiers font une perquisition approfondie de l’appartement qu’elle partageait avec Katia l’herbier. On trouve des masques. Bon, des masques de chirurgien.
Elle explique qu’il y a de la laine de verre dans son grenier. les chanteuses donc ça la gêne. Donc ce qui expliqu s’explique facilement, on trouve une lettre destiné à Katia qui a un peu bon on sait pas trop si c’est une lettre d’amour, ça ressemble à une lettre d’amour de de séparation. Elle se plaignait auprès de quartier d’herbier de des relations que celle-ci avait avec sa niè.
en lui disant qu’elle en disant qu’elle s’effaçait. C’était très curieux comme on aurait dit la lettre de quelqu’un qui était amoureusement abandonné. Et dans ce brouillon de lettre à Katia, cette phrase énigmatique l’ombre de la famille Girope trop lourd sur moi pour ne pas parasiter mon quotidien à travers votre rencontre.
En plus dans son agenda retrouvé des des notations un peu curieuses du style “Géraldine marche sur mes plats de bandes.” Donc on a essayé de voir un peu, on a fouillé dans sa vie quoi. Le projecteur médiatique est maintenant braqué sur la tente Marie-Christine Vanempen. [grognement] C’est très séduisant de croire que Marie-Christine V Campen aurait quelque chose à voir dans l’affaire et dans le meurtre.
On a presque envie de s’imaginer que que c’est elle qui aurait commandité ce crime, aussi odieux soit-il, parce que parce que elle pourrait avoir un mobile, elle pourrait vraiment vouloir à cette nièce qui est belle, qui est gay, qui réussit bien, qui qui est en joué et qui depuis 3 semaines vit une une histoire d’amour passionnelle avec Katia qu’elle a pris sous son aile à peu près au même moment.
très berse rustre cet homme des bois a pu être le bras armé de de cette tente qu’il a manipulé utiliser pour se débarrasser de de de de de sa concurrente quoi. En gros Géraldine une rivale. Pourtant, absolument rien ni personne ne dit que Marie-Christine Van Kempen et Katia Lerbier entretenaient une relation amoureuse. Alors, c’est une question importante.
Est-ce que Marie-Christine Van Cemp est homosexuelle ? Elle dit non. Les gens de son entourage, certains disent non. Son mari que j’ai retrouvé puisqu’elle a été mariée, mariée avec un roumain qui avait besoin de papier. Son mari m’a dit la première chose, ma femme, mon ancienne femme est homosexuelle, je peux vous l’assurer.
D’autres personnes de son environnement disent “Non, elle est pas homosexuelle.” [soupir] une réponse, on n pas la réponse. On s’est interrogé sur les relations que que Katia pouvait entretenir avec Marie-Christine Van Kempen. Euh, il y a une lettre étrange qui semble indiquer que avaient aussi une relation amoureuse, peut-être platonique, mais qu’est-ce que vous en pensez ? Moi, ce que je pense, c’est que Marie-Christine n’a pas forcément un grand cercle d’amis.
et que bon qu’ étant sa colocataire, je pense qu’elles avaient beaucoup d’affinité artistiquement parlant et que moi je connais pas mal de gens qui sont aussi comme ça qui sont un petit peu qui peut leur arriver d’être un peu possessif même en amitié et je pense qu’elle voyait qu’ tient un peu comme ça quoi.
C’était un peu sa sa chose. Ouais voilà c’était une personne voilà qui était avec elle chez enfin chez elleux quoi et puis euh qui rompait sa solitude un peu. Oui voilà tout à fait. C’est ça. Ça rompé sa solitude et peut-être que le fait que sa niè du coup ça capare un petit peu Katia par le une relation amoureuse qui débutait, ça a dû un peu la enfin, je peux comprendre que c’est pu la l’embêter un petit peu. Ouais.
Mais à votre avis, rien de plus ? Absolument pas. Maître Frenot, vous êtes l’avocat de Marie-Christine Van Kempen. Alors, chez votre cliente, on a quand même retrouvé des traces de chloroforme, on a retrouvé des masques chirurgicaux. Il y a des zones d’ombre dans son emploi du temps.
Il écrit une drôle de lettre à Katia [grognement] et pourtant après 31 heures de garde à vue, elle est libérée. Comment l’expliquez-vous ? Au cours de cette garde à vue, elle s’est expliquée sur ces éléments qui se trouvaient en sa possession. Je parle des masques. Le chloroforme dans la cave, c’est le locataire antérieur qui a utilisé des bombes antiuces car cette cave, d’après les informations qu’on a obtenu, était remplie de d’insectes diverses et variés et de puces.
Elle écrit “Géraldine, marche sur mes plat de bandes”. Bon, ça ressemble à la phrase de quelqu’un qui est qui est amoureuse et on a envisagé finalement que elle soit jalouse [raclement de gorge] de Géraldine. Ça a été un des mobiles mis en avant par l’accusation dirais-je, mais le dossier a démontré et sa conclusion est la preuve la plus formelle que madame Van Campen n’a jamais été homosexuelle, qu’elle n’a aucune tendance homosexuelle que bien au contraire c’est une hétérosexuelle stricte.
Elle connaissait Tréber ? Non non non non. Connaî pas. Formel là-dessus. Ah mais formel. Rien n’a pu prouver que Tréber et Marie Christine se connaissaient. Il ne se connaissaient pas. Elle aurait pu payer un tuage. C’est une excellente question car quand on commandite un double assassiné en général celui qui est commandité demande de l’argent.
Marie-Christine Van Kempen n’en a pas. Mais pas du tout. Ses comptes ont été vérifiés. Elle vit à la pierre couverte ou à Hambourg dans la dans sa famille et elle a je dirais un salaire qui n’équivaut certainement pas au SMIG qui est bien inférieur. Donc le soupçon ne tient pas à son écart. Tient pas matériellement il ne tient pas sauf si on veut le faire tenir.
L’hypothèse Van Kempen semble donc abandonné. Mais un mois plus tard, chez elle, dans son grenier, les policiers découvrent une nouvelle pièce intéressante, une boule de ruban adhésif sur laquelle il repère un cheveux. L’analyse ne leur permet pas d’établir la totalité de l’empreinte génétique, mais seulement quelques éléments qui leur permettent de rapprocher ce cheveux d’un proche de Tréber, Nicolas Métier.
Nicolas Métier, c’est le fils de l’employeur de Tréber et cela fait des mois que les policiers ont ce jeune homme de 20 ans dans le colimateur. D’abord parce qu’en dépit de la différence d’âge, il est l’ami de Tréber. Les deux hommes chassent ensemble et puis Nicolas Métier est incapable de donner un emploi du temps fiable le jour de la disparition de Géraldine Giro et de Katia Lerbier.
Il se rappelle pas ce qu’il a fait ce soir-là. Son ami se rappelle pas non plus. Son téléphone était coupé le soir des faits tout comme Jean-Pierre Trébert. Bon euh c’est très très surprenant. qu’il est bien évidemment décidé de faire des investigations sur Nicolas Métier. Le 16 novembre 2005, la police place en garde à vue tous les membres de la famille Métier.
Le père, la mère, le fils Nicolas et sa petite amie. Là, ils ont mis la pression. Il a fallu qu’on leur fournisse l’emploi du temps de de moi, de Nicolas, de ma femme euh ce sur ce qui s’était passé l’année d’avant. Alors euh je voudrais bien voir toute personne euh pour se rappeler ce qu’on a fait il y a un an sans l’avoir noté ni rien.
Euh alors euh bon, ça a été difficile à comment à retrouver hein. Faute de charge suffisante, toute la famille est libérée. Mais Nicolas Métier n’en a pas fini avec la police. Plusieurs mois plus tard, il est à nouveau placé en garde à vue. Michel Cotu et ses hommes reviennent avec lui fouiller le terrain de la famille Métier.
Il pensait qu’on avait enterré une voiture que mon garçon avait enterré une voiture, la voiture qui avait servi à Jean-Pierre Téber pour transporter les corps. Alors comme il pensait qu’il était complice, il pensait qu’il l’avait enterré là-haut. Détecteur de métau à l’appui, les policiers inspectent l’exploitation des métiers car Jean-Pierre Tréber ne roulait pas qu’en Peugeot 205 au moment des faits.
Des témoins l’ont vu à l’époque circuler en Renault Cliot avec Nicolas Métier et cette voiture a disparu. Les policiers déterrent bien le moteur d’une Clio, mais ça n’est pas la bonne. En ce qui concerne Nicolas Métier, hormis cet ADN qui pouvait être commun, son emploi du temps qui pouvait être flou, son amitié avec Jean-Pierre Travers et leur connivant sur certains faits, la disparition du véhicule, euh on a rien d’autre.
Donc le juge d’instruction a décidé de le remettre en liberté à l’issue de la garde à vue. J’aurais bien aimé qu’il soit confronté directement avec monsieur le juge d’instruction dans son cabinet pour voir ce qu’il avait à dire en dehors de la garde à vue. Nous on est arrivé au terme de la garde à vue. On pouvait pas aller plus loin.
Pas été une situation trop les policiers sont agacés. [raclement de gorge] Les partis civiles aussi. Roland Girot n’hésite pas à critiquer publiquement à la télévision le travail de la justice. Oui, il est vrai que le travail admirable que fait le policier enquêteur depuis 2 ans est contré systématiquement et je le dis sous ma propre responsabilité totalement que moi et contré systématiquement par le jeune juge qui lui fait partie de ceux qui ont la faiblesse de de ne de ne pas faire vraiment ce qu’ils ont à faire. Voilà.
Pourquoi n’avez-vous pas mis en examen la non mise en examen de Nicolas Métier ? est pour moi une évidence hein et elle est basée sur une réalité scientifique puisque ce qu’il met en cause principalement c’est une histoire d’ADN. Le profil mitochondriel de Nicolas Métier, on le retrouve sur une chez une personne sur 500.
Une personne sur 500 à sens, ça représente 80 personnes. À Paris, 5000 personnes. En France, 120000 personnes. On ne met pas en examen une personne alors qu’il peut s’agir de 120000 autres. Et à la fin du dossier, on finira par établir que selon toute vraissemblance, ce cheveux appartenait plutôt à une ancienne locataire des lieux qui, de surcroix, avait travaillé dans le grenier.
Novembre 2005, ça fait plus d’un an que Géraldine Giro et Katia Lerby ont disparu. Les policiers n’ont pas chamé mais on n pas beaucoup avancé depuis la découverte des corps. Un seul suspect, Jean-Pierre Trébert. Pas de mobile clair et toujours rien sur la date, le lieu et la manière dont les deux amis ont été tués.
C’est alors qu’un nouveau témoignage fait rebondir l’affaire. Nouvel épisode dans l’affaire de l’assassinat de Géraldine Girot et Katia Lerbier. La tante de Géraldine déjà placée une première fois en garde à vue a été interpellé en même temps. 9 mois après sa précédente garde à vue, Marie-Christine Van Kempen est à nouveau arrêtée et cette fois elle est mise en examen pour complicité d’assassinat.
Patricia Darbo est également mise en examen pour Recel d’escroquerie. Les deux femmes sont écrouées. C’est un nouveau témoignage recueilli par le commandant de police Kuno qui a relancé l’affaire. Alors qu’il enquêtait à Fontainebleau sur l’entourage de Jean-Pierre Tréber, il est retourné poser des questions à la patronne d’une brasserie où Tréber et Patricia d’Abau avaient leurs habitudes.
Cette femme me dit “Écoutez, il y a quelque chose qui me tracasse, faut que je vous dise, ça fait depuis le début, mais j’ai pas osé vous le dire. Un jour, j’ai j’ai vu Jean-Pierre Tréber et Patricia Drabo parler avec une femme. Oui, mais oui, puis mais elle l cette femme, c’est c’est celle qu’on voit dans les journaux, celle qu’on appelle la tente.
Elle donne une description de sa tenue cimentaire et dans cette description apparaît un manteau de fourrure très particulier. Elle me donne des des détails sur ce manteau de fourrure. C’est un manteau de fourrure avec un col mao avec de couleur marron avec des bandes marron clair marron foncé. Ce manteau de fourrure, il appartient à Ma Girot, la mère de Géraldine, la femme de Roland.
En tout cas, elle en possède un identique qu’elle affirme avoir prêté à sa sœur Marie-Christine Van Genben. Elle l’a récupéré en novembre 2004 après la disparition de sa fille. Mar Christine Van Campen dit non ce manteau je l’ai mis une fois on trouve une photo. Elle était avec le manteau mais je l’ai mis qu’une fois une communion.
Donc on entend bien évidemment tout son entourage bah oui on connaît son manteau. Elle l’avait constamment avec elle. Il y en a un qui nous dit mais je l’appelais colar Gol avec ce gar ce manteau en fourrure. Donc elle mettait ce manteau de façon habituelle. C’est clair. Pour les policiers Marie-Christine Van Kempen ment.
Si elle a bien rencontré en secret Jean-Pierre Tréber, c’est peut-être pour en femme jalouse lui commander le meurtre. Un scénario auquel Patricia Darba aurait pris part intérêt financier. Le 17 février 2006, le juge d’instruction organise une confrontation générale entre la patronne de la brasserie et les trois mises en examen. Jean-Pierre Trébert, Patricia Darba et Marie-Christine van Kempen.
La confrontation va durer 8h mais elle ne donne rien. Chacun campe sur ses positions. Tréber et Darbau d’un côté, Van Kempen de l’autre affirment qu’ils ne se connaissent pas. La patronne de la brasserie de Fontainebleau ne change pas d’avis jusqu’à ce que son témoignage ne soit fragilisé. Maître Frenot, ce témoin, cette patronne de de brasserie qui vient tout à coup mettre en cause votre cliente en affirmant que voilà, elle a assisté à une scène sans ambiguïté.
Oui. Euh sur le moment, ça tient pour vous ça. Alors, ce sont les services de police qui la détectent. Il l’interroge officiellement et il lui pose une première question de savoir si monsieur Tréber et madame Darbau qui fréquentait son établissement de manière habituelle était venu au cours des du mois d’octobre 2004 avec d’autres personnes.
Et madame Nabias au cours de cette première déposition qui figure au dossier répond jamais. Bien. Le chef de l’enquête lui montre à ce moment-là un album photographique. Madame Van Kempen est photographié et dans ce cet album est en configuration physique exacte d’octobre 2004. C’est-à-dire qu’elle a les cheveux rou cuivrés voire rouges.
D’accord. Madame Nabias a cette réaction exceptionnel. Elle dit à part monsieur Trébert et madame Darbau, je ne reconnais personne. Hm hm. Elle maintiendra cette position pendant une autre déposition qui sera prise 24h ou 48h après. Et à la 3 ou 4e audition par les mêmes services de police, ils vont sortir non plus le document officiel fait par le juge d’instruction contenant les photographies des intéressés ou les protagonistes dossiers, mais une photocopie de la photographie en noir et blanc de madame Van Kempen tiré du
journal Paris Match. Hm hm. Et là, déclic extraordinaire, madame Nabias va dire “Ah mais je reconnais, elle était là avec Trébert. C’est cette personne là qui est venue un jour avec monsieur Tréber et madame Darbau dans mon établissement. Elle est blonde à ce moment-là, excusez-moi, elle est blonde à ce moment-là sur la photographie car elle a changé de de couleur couleur de cheveux.
Donc pour vous euh il y a quoi ? Une une manipulation ou une volonté de manipuler ? On peut parler de manipul c’est ça que vous êtes en train de dire. Je suis pas loin que les policiers ont cherché absolument à l’impliquer. C’est quand même étrange. C’est quand même étrange. Est-ce que ça a profondément marqué la vie de votre cliente qui a été lavée tout soupçon dans cette affaire ? Oui, oui, oui.
C’est c’est-à-dire bah c’est-à-dire qu’elle s’en mettra sans doute jamais parce que pour tout le monde parce que elle a été prise par l’opinion publique comme étant coupable et les gens sont persuadés que il reste quelque chose ou qu’il y a quelque chose. Michael Gir, ça fait 4 ans maintenant euh que l’instruction court.
décider de renvoyer devant les assises Jean-Pierre Trébert et Jean-Pierre Tréber seul. Point. Il n’y a rien dans le dossier qui permet de renvoyer qui que ce soit d’autre comme complice. Il y a dans le dossier et c’est ce qui a justifié des placements garde à vue et des mises en examen des éléments tout blancs pour les deux femmes que Capen et Patricia d’Arbau.
Mais leur mise en examen n’était concevable que parce que ce témoignage d’une serveuse de Fontainebleau euh est arrivé et a permis de nourrir le soupçon d’une rencontre à trois. Ce témoignage, il existe, il est réel, il est troublant, mais au bout du compte, il n’est corroboré par rien. Il y a eu tout au long de cette enquête l’hypothèse d’une complicité, d’un complice de Tréber et vous vous êtes longtemps accroché à cet ADN retrouvée sur le ruban adhésif.
Euh finalement, ça a donné quoi cette piste là ? Cet ADN inconnu a été inscrit au fichier national automatisé des empreintes génétiques qui euh a mouliné et puis a fini par sortir des rapprochements avec d’autres affaires et notre attention a été appelée par le fait que ces différentes affaires qui n’avaient pas de lien en terme de de nature avaient été traité par le même service de police.
Donc c’était l’ADN d’un policier. Les soupçons ont été confirmés. Il s’agissait effectivement de l’ADN d’un technicien en identification criminelle qui avait pollué la scène de crime qui avait pollué le scellé. Au bout de cette enquête, on a un coupable mais sur le processus c’est le vide quoi. On a une personne qui est la dernière jusqu’à preuve du contraire avoir vu Géraldine et Katia en vie.
Une personne qui ment sur l’intégralité de ses relations avec les deux jeunes femmes et puis une personne chez qui on va retrouver les deux corps, des victimes qui sont bayonnées à l’aide de ruban adhésif orange d’une marque bien particulière qui est la même qui a servi à confectionner une arme de braqueur que l’on a retrouvé chez lui.
Mais au final on sur sur ce qui s’est passé, on sait pas quoi. On sait à peu près tout ce qui s’est passé jusqu’au 1er novembre à 20h10 et on sait qu’à 21h52 et 53 Jean-Pierre Tréber retire 250 € et 70 € avec les cartes bancaires des disparues euh à Vinov Suron. Ce qui s’est passé au milieu, il y a que lui qui le sait quoi.
Ce qui s’est passé au milieu. Euh effectivement à tout le moins Jean-Pierre Trébert n’a jamais donné d’explication crédible à ce qui a pu se passer ce soir-là. Et le dossier, et ça n’est pas une opinion, il démontre que Jean-Pierre Trébert est au cœur de l’histoire et qu’il a participé à ce qui s’est passé. La famille Giro, elle convaincue par son avocate de l’implication de Marie-Christine Van Genpen, fait appel de la décision du juge.
Mais le 10 février 2009, la Cour d’appel de Paris confirme le nonlieu dont bénéficie Marie-Christine Van Kempen. Le procès de Jean-Pierre Tréber est prévu pour la fin. de l’année 2009 et lui continue de dire qu’il est innocent. Une fois encore, Tréber se retrouve seul face à la justice, écrasé par les charges qui pèsent contre lui, mais constant dans ses dénégations.
Il se présente comme victime. Victime de la justice, victime du juge d’instruction, victime de la chambre d’accusation, enfin victime de tout le monde parce qu’il est enfermé. Parce qu’il est enfermé et qui crie son innocence. Michel Agrapard Delmas a vu Tréber en mars 2008. Ça faisait plus de 3 ans qu’il était en prison et la psychologue a été frappée par l’ambiguïé de sa personnalité très loin de l’image univoque donnée par la presse.
L’homme des bois. Oui, sûrement. Il aimait beaucoup la nature mais il n’était pas que ça. C’était pas un génie intellectuel, c’était un homme d’une intelligence normale mais surtout malin, futé, menteur, manipulateur. Malin futé certainement plus encore que les policiers ne l’avaient imaginé. Bonsoir et bienvenue à tous.
Des centaines de gendarmes, des maîtres chiens, des hélicoptères, mais toujours aucun résultat. Jean-Pierre Tréber, 45 ans, accusé d’un double meurtre, poursuit donc sa cavale ce soir après son évasion hier à Ouer le 8 septembre 2009, en fin de matinée, Jean-Pierre Tréber s’est évadé alors qu’il travaillait dans un atelier.
Il s’est dissimulé dans un carton avant de sauter du camion qui revenait vers son entrepôt. C’est ce type de carton, il était je l’ai posé sur cette palette et il m’a pas semblé anormal. Allez, on est parti. La prison a mis 8h pour se rendre compte de sa disparition. Une gigantesque chasse à l’homme commence.
Un mandat d’arrêt international émis à l’encontre de Trébert. Brusquement cette évasion qui est une évasion qui est bien montée, bien menée, sans sans prise d’otage, qui qui est relativement calme, cool, un peu drôle entre guillemets qui est un peu fantasque et qui lui ressemble d’ailleurs. Tout d’un coup, il prenait une autre dimension, la dimension d’un d’un type qui n’est pas du tout un imbécile.
Trébert nargue les forces de l’ordre et il tient la France en haleine. Le fugitif sortu une semaine après son évasion, il expédie une lettre à l’heomadaire Marianne signé. Jean-Pierre Trebert. Je suis quand même l’affaire un petit peu. Je connais je crois je sais de quoi il s’agit.
Je rends compte c’est du sérieux et il authentifie son document en ren en envoyant sa carte de détenu la prison la maison d’arrêt d’osser avec le numéro. Dans ce courrier manuscrit, Tréber crie son innocence et dénonce une instruction à charge. Il serait victime d’un complot ourdi par les vrais tueurs de Katia et Géraldine.
La presse reproduit bientôt d’autres lettres. Celle que Tréber envoie à Blandine, une amie dont il est amoureux. Il raconte sa vie dans les bois. Colanta, c’est du pipicha à côté de ce que je fais. Ultime pied de nez à la police, Trébert cache ses lettres au pied d’un arbre sur lequel il a gravé un cœur pour sa belle.
Résultat des opérations, bien évidemment, toute la presse va s’attacher, enfin une certaine partie de la presse restant en poli, va s’attacher au basque de Jean-Pierre Tréber, va reconstituer un petit peu ses pseudo à venue en dans la forêt comme s’il était en train de manger des glands et de se nourrir de je ne sais trop quel ba sauvage et d’aller la pé dans les ruisseaux. On était au-delà du délire.
Bon là, il s’agit de l’assassin de deux personnes quoi. C’est pas encore une fois, c’est pas un voleur de mobylette hein. C’est pas un simple escroc à la carte bleue hein. Il a tué deux personnes. Donc que l’opinion enfin en tout cas qu’une certaine opinion publique baignée par une certaine presse, on arrive à se dire que c’est un pauvre Robin des Bois qu’il a une Mariane à qui il écrit et pour qui il grave un cœur.
Je trouve ça pathétique quoi. pathétique. Jean-Pierre Tréber se joue depuis 5 semaines de toutes les polices de France et on apprend maintenant que des caméras de surveillance des forces de l’ordre l’ont filmé en pleine rue mais sans permettre son arrestation. C’est le Figaro Magazine qui diffuse ces images. Les photos font scandale.
On les voit Tréber en train de déambuler dans les rues de Bréo, un village de Saint et Marne. Les policiers sont encore passés à côté. Le 20 novembre, la folle équipée s’achève. On le croyait caché dans la forêt. Jean-Pierre Tréber se planqué dans un appartement myteux du centreville de Melin. Un refuge que lui avait procuré un de ses amis.
L’homme des bois, n’était pas dans les bois. Cette cavale est censée est une cavale pour prouver son innocence. Or, en réalité, rien ne sera amené par Tréber que des divagations qu’il a déjà agité au moment de l’instruction. Et on verra surtout que s’il avait été la victime de tueurs et finalement il les aurait protégé par son silence, ses tueurs auraient été en dette avec lui et donc ils auraient été au combien intéressés soit à le liquider, soit au contraire à lui donner les moyens. de partir très loin. Or, on voit
bien que sa cavale met à néant cette thèse des tiers qui seraient intervenu et et on voit bien que ce crime c’est son crime et qu’il n’y a pas d’autres personnes à incriminer dans cette affaire. Après 74 jours de cavale, Jean-Pierre Tréber retourne en prison à Fleur Méogis cette fois à l’isolement jusqu’à son procès prévu au printemps 2010.
Mais l’homme utilise sa dernière liberté. Lui qui avait toujours dit qu’il ne se déroberait pas à la justice se suicide le 20 février. À 2 mois de son procès, il se pendule. Il avait écrit qu’il irait au procès. Je n’y croyais pas. Déjà, je savais très bien que la il a il n’accepterait pas de se retrouver face à des juges, face à des jurés, face à des témoins qui diraient des choses, des vérités finalement.
Et bien il ne n’aurait pas supporté d’entendre tout ça. Un nouveau coup dur pour les parents de Katia et de Géraldine. Il y a toujours la frustration du sentiment d’inachevé. Mais en même temps, il n’y a pas d’impunité pour celui qui a causé la mort de Géraldine dans l’esprit. de la famille de Géraldine Virot.
Dans mon esprit, il n’y a pas de doute que celui qui était responsable avait été arrêté, identifié et qu’il devait traduit en justice. Philippe Lerbier, comment est-ce que vous avez réagi à l’annonce du de l’évasion d’abord puis du suicide de de Jean-Pierre Tréber ? Il y a eu un enchaînement terrible. Ouais. L’évasion.
Ouais. L’évasion et puis encore plus les lettres euh les correspondances entre Jean-Pierre Tréber et les médias. Euh c’est vrai qu’avec notre famille Ouais. Ça nous a mis dans une rage assez terrible parce que rage. Ouais. Ouai vraiment parce que il se moquait il se moquait de nous quoi en fait en écrivant toutes ses lettres.
Ouais. C’était c’était vraiment assez difficile à vivre quoi. On [grognement] nous prend Katia et finalement on attend un procès, on attend cet affrontement quoi de pouvoir le regarder enfin dans les yeux. C’est ce que la justice un peu nous permet en France de pouvoir affronter la l’assassin de de votre sœur ou de votre fille, de votre ami en tout cas. Et et ça il nous en privé.
Donc il nous prive de Katia, il nous prive d’un jugement qu’on attendait. Le suicide, c’est l’issue la plus la plus défavorable qu’on pouvait avoir quoi parce que c’est un peu une partie de poker où la personne joue sa dernière carte quoi. Et finalement finalement il gagne en faisant ça quoi. Il gagne. Ouais parce que finalement il restera toujours dans la présomption d’innocence quoi.
Il sera jamais reconnu coupable par un jury, par des magistrats. Parce que pendant l’évasion et à l’annonce du suicide, votre conviction à vous et et à toute votre famille, c’est que il est l’assassin. Il y a pas de place pour le doute à à la lecture du dossier et surtout de tous les procès verbaux concernant ses ses interrogatoires et pendant sa garde à vue et ensuite par le juge d’instruction une fois qu’il est accusé ne laisse vraiment aucun doute quoi.
que il était le Ouais, il était bien sûr du meurtre de Katia Géraldine sans aucun doute. Le dossier est désormais clos et Jean-Pierre Tréber pour l’éternité est innocent. Les familles des victimes restent avec leurs chagrins. Leurs interrogations sans doute ne sauront-elles jamais ce qui est arrivé à Géraldine Girot et à Katia Lerbier le soir de la Toussin 2004 juste après 20h10.
C’est une histoire qui ressemble à un roman noir, à un roman de gare, bref à une fiction. Et pourtant, c’est une histoire vraie, dramatiquement vraie. Monstrueusement vrai. Tous les ingrédients d’un grand polar sont là. Il y a un cadavre, beaucoup d’argent, une femme et une maîtresse à la fois rival et complice et l’espoir d’une vie dorée sous les cocotiers à l’abri des soucis matériels.
Mais tout cela tout cela bien sûr va échouer comme dans les bons polars grâce à la sagacité des enquêteurs. Tout commence le soir du 6 juin 1987 dans l’héros au lieu dit du col de l’homme mort. Le col de l’homme mort. Un soir de pleine lune, le décor est planté. Ça se trouve à 80 km au nord-ouest de Montpellier entre Seille et Lodève dans la vallée de l’Orbe.
On est le 6 juin 87 en plein weekend de la Pente-côte et ces deux phares dans la nuit sont ceux d’une petite hustine métro rouge qui file vers le village de Seille. Dans la voiture, il y a Daniel Blue qui conduit et à sa droite son ami Yve Dandonau. Ils viennent de dîner au bord de la grande Bleue à Palavas les Flots et ils ont réservé une chambre à l’hôtel.
Lorsque soudain l’ostine fait une embardée sur sa droite et vient percuter un gros rocher sur le bas côté. Au volant, Daniel Blouard est indemne mais son passager est blessé. Il a perdu connaissance. [grognement] Alors il s’enfonce dans la nuit pour aller chercher du secours. Il marche pendant de longues minutes dans l’obscurité et puis il tombe sur cette maison blanche que l’on distingue à peine dans la nuit.
Daniel Blou frappe au volet de Fernand Pégier qui lui ouvre. Il s’est fait connaître au début en rentrant. Je suis un ami intime, je crois qu’il a dit le monsieur Dandon. Euh très bien, on était là ensemble et on a eu cet accident, c’est ennuyeux. Euh je crois qu’il nous a dit “C’est lui-même qui serait là-haut dans la voiture accidentée.
Il y aurait un blessé.” Ma femme lui a posé une question en lui disant “Mais voyons, est-ce que vous croyez que c’est prudent de laisser l’accidenté là-haut dans la voiture ?” et d’attendre ici. Est-ce qu’il faudrait pas monter de suite, voir si on peut le secourir, voir ce qu’il y a lieu de faire ? Essayz. Il a dit non, il faut pas toucher un accidenté.
Non, non. Les gendarmes du Busquet d’Orbe et les pompiers de Luna sont alertés. Ils seront là le plus vite possible, disons dans moins d’une demi-heure. En attendant les secours, Daniel Bloard accepte un café. Mais il a l’air très angoissé. il passait énervé, en mouvement, c’est-à-dire pas à l’aise.
Et alors euh quand il allait là, il me disait “Mais j’ai peur, je pourvu que la voiture ne prenne pas feu tout ça.” Alors, il disait à premier abon, il lui semblait tout naturel de dire ça, que la voiture prendre feu. Ça je sais pas c’est une idée à lui qu’il avait que ça allait ça allait bouler quoi. Pourvu que la voiture ne brûle pas.
Voilà ce que répète Daniel Blouard au vieil homme. Brûlé un incendie. Mais qu’est-ce qui lui fait dire ça ? Quand il a abandonné la voiture pour aller chercher du secours, elle ne brûlait pas. Et quand les pompiers arrivent au col de l’homme mort, effectivement la petite hostine rouge est en flamme. Alors, il s’attaque au feu et recherche le blessé dont leur a parlé ce monsieur Blouard.
Au cours de l’extinction, ils ont trouvé un tron humain. Donc ils ont dit “Mais le blessé il est là et c’est même plus un blessé, c’est un mor.” Il avait une personne carbonisée côté avant droit et on voit je je me souviens encore, je vois ce corps encore incandescent. C’est ses braises à l’intérieur du corps.
Plus de jambes, plus de bras et il y avait que le buste. C’est le pompier qui a ouvert la portière. C’est pasf sur le coup qu’il a ouvert la laature de cette personne carbisé tombé comme ça. Tout a brûlé. Le feu n’a laissé aucune chance au passager. Daniel Blouard, visiblement traumatisé, est évacué vers la clinique de l’ODÈve.
Sa déposition attendra demain, dimanche. Les gendarmes et les pompiers tentent de comprendre ce qui s’est passé. Il est possible que vu que cette route est assez sinueuse, que l’individu ne connaissant pas bien les lieux, il est tout tout d’un coup quitter la la chaussée pour percuter ce rocher.
Justement, personne avancé à à rien de particulier [grognement] de de et surtout de suspect. Voilà, c’est un accident mortel. C’est écrit noir sur blanc dans le rapport que font les gendarmes. Un accident, un mort de plus sur les routes de la Pente-côte, c’est banal, tragiquement banal.
Quelques lignes dans le journal local, on y parle d’un incendie. Les phares de la voiture auraient provoqué un court circuit qui aurait mis le feu à l’austine. Après une nuit de repos à la clinique de l’odève, les gendarmes interrogent Daniel Bloard qui raconte le digna Palavas, l’hôtel réservé pour la nuit, la petite route si nuuse qu’il connaissait mal.
Il a dit-il perdu le contrôle. Il s’est encastré dans le rocher. Voilà. Et les gendarmes ne cherchent pas plus loin. Il ne se demande pas par exemple pourquoi Daniel Blouard qui est infirmier, c’est son métier, a laissé son ami évanoui sur le siège dans la voiture alors même qu’il semblait avoir peur que l’hostine ne prenne feu.
D’ailleurs, ce bloard a l’air bien vite consolé de la perte de son ami. J’ai je l’ai surpris par l’attitude de de de cette personne. Je me sentais pas tellement disons désolé ou je sais pas ayant perdu un ami comme ça, je le sentais je sais pas bizarre. Je le voyais pas tellement affecté par la disparition de son camarade et ça ça m’a un peu interpellé.
Après l’incendie de l’ostine, il ne reste pas grand-chose du corps calciné. Les pompiers comme c l’usage ont rassemblé les restes humains dans une housse en plastique. Le maire de Jon théâtre du drame, a été réveillé en pleine nuit à lui de conserver la dépouille en attendant que la famille de Dandonau ne vienne l’identifier.
Alors voilà, c’est là que nous avons installé de trait, nous avons mis des plateaux et et nous avons laissé le corps pendant tout le restant de la nuit. Voilà. Yve D’Andonu est mort à l’âge de 41 ans. C’est écrit sur le certificat d’essai qui autorise l’innumation. Sa compagne éploré a identifié le défunt grâce à un morceau de caleçon à moitié calciné retrouvé dans l’épav de la voiture.
Et ayant récupéré le corps, elle assure Mordicus, mais sans aucune preuve, que le défunt voulait être incinéré et le corps de Yv d’Andonau, où ce qu’il n’en reste est donc réduit en cendre au funéarium de Montpellier. La famille organise une petite cérémonie au col de l’homme mort, quelques fleurs sur le rocher et les cendres sont dispersées là dans le ravin.
Daniel Bloard n’est pas là après sa déposition. Il a déjà repris un train pour Paris. Il n’y a là que deux ou trois membres de la famille de Dandonau et la secrétaire du défunt, Daniel Simonin, elle a fait le déplacement de Paris. Et voilà que la veuve et la secrétaire réclament dans un même élan au maire de Jonel qu’une stelle à la mémoire d’andonau soit érigée sur le rocher.
Elles étaient toutes les deux vraiment éplorés. Elles nous ont demandé où étaient les toilettes parce que vraiment elles avaient besoin de d’essuyer leur larmes, de refaire leur si franchement si elles étaient au courant, je peux dire qu’elles ont joué une très bonne comédie parce qu’on s’est laissé attraper moi-même et puis la secrétaire de mairie parce qu’on a été vraiment très touché par leur par leur chagrin si vous voulez.
Pendant que la veuve et la secrétaire de Dandonau sèchent leur larmes, les gendarmes du Busquet d’Orbe demandent à un garagiste d’aller chercher la carcasse de l’ostine. Pas pour la détruire, surtout pas, mais pour la mettre à l’abri dans un coin au casou. Parce qu’à y regarder de plus près, il y a quelques bizarres dans cet accident.
Bon, moi j’ai pensé que que c’était pas clair. Ça étant donné que cette voiture était contre un caillou, le seul caillou qui avait dans la ligne droite. En plus de ça, c’était pas un choc énorme étant donné que la jante avant droite n’était même pas pliée. Donc j’ai dit là c’est du moment que le gars brû c’est qu’il y a il y a quelque chose qui n’est pas clair.
Il se trouve que le mort Yve Dandonau avait contracté des assurances vies au bénéfice de sa concubine, plusieurs assurances vies. Cet homme est envoyé à l’époque par l’une de ses compagnies, la général accident. Sans lui, il n’y aurait peut-être pas eu d’affaires d’Andono. Comment est-ce que vous vous retrouvez à enquêter sur ce dramatique accident de voiture ? En juillet 1987, mon directeur du service indemnisation et juridique me contacte.
Il m’avise qu’il a été saisi euh d’un dossier concernant le décès du SI Dandon. Ce dernier a souscrit à la compagnie un contravis au profit de sa concubine. Hm hm. Le capital est de 7500 francs. Ah oui triplé. Oui. Triplé en cas d’accident, soit 22500 francs et si je me trompe pas 343000 €. Hm hm. Euh il a des doutes sur cet accident car d’après les premières informations qu’il a eu, le contrat est récent.
Combien de temps ? Oh, ça date à peu près de 2 mois, de ou 3 mois la souscription d’après ce que j’ai. Ah ouais, c’est louche. Oui, ça c’est quand même assez troublant. Donc on vous envoie sur place en vous disant faut vérifier des trucs quoi. Oui, je fais part au gendarme qui me reçoit des doutes de mon directeur.
Je lui parle, j’exagère un petit peu. Je lui parle d’escroquerie éventuelle d’une éventuelle escroquerie à l’assurance et euh il accepte de me communiquer ce de me faire lire au moins de me faire lire la une partie du rapport. Et alors déjà au niveau du du rapport qui vous fait lire, il y a des choses qui ressortent ? Effectivement, c’est les renseignements que j’obtiens à ce moment-là peuvent paraître anodin mais rouler rouler à deuxème vitesse, avoir un accident en général et un accident qui crée un décès. On
roule quand même vite et en deuxième vitesse, je crois que c’est pas possible. Donc ça déjà déjà ça me ça me titigue et je me dis bon ben il faut il faut aller voir les lieux d’accident. Hm. Donc vous y allez. Je vais sur les lieux d’accident. Là encore je suis un peu troublé parce que je me dis tiens le conducteur a pas eu de chance. Il y a qu’un seul obstacle.
Il tomb il dit qu’il roulait pas vite h et il tombe là-dessus. Et le choc n’étant pas violent le passager est à première vue grièvement blessé puisqu’il a pas pu sortir du véhicule. Hm. Là aussi ça colle pas. Là ça ne colle pas. Je dis quand même là il faut poursuivre l’enquête et je reprends contact téléphoniquement à l’ag avec la gendarmerie et je leur demande de me communiquer le lieu où se trouve l’épave du véhicule.
Et là qu’est-ce qui se passe ? Alors l’intérieur du du véhicule est totalement calciné. Les sièges ont été totalement détruits. Il ne reste plus que les ossatures métalliques. Ouais. Et horreur, à la place du passager avant droit sur le plancher, je constate qu’il y a des ossements humains qui sont ceux de la victime qui sont ceux du passager. Oui.
de monsieur pour moi de monsieur Donau du passager décédé. Du passager décédé. Là quand même, je me dis compte tenu de toutes ces constatations, il faut faire une expertise complémentaire de du véhicule et je demande au garagistes de conserver de de préserver ce véhicule, l’épave et de ne pas la détruire tant que que le nouvel expert sera passé.
N’empêche que si vous vous n’aviez pas avancé ce pion là, on serait peut-être passé à côté de de l’affaire d’Andonau. Peut-être, peut-être. D’autres compagnies d’assurance se manifestent bientôt dans le dossier. Beaucoup de compagnies car cette DNA Dono était un homme très prévoyant. Au total, il a contracté h assurances vies.
La plupart des contrats ont été signés 3 mois avant le crash. Tous au bénéfice de sa compagne Marie- Thérèse Zéro. Des assurances dont les primes doubles ou triples en cas d’accident. Au total, il y en a pour près de 12 millions de francs. Certaines compagnies ont déjà payé leur du, notamment le GAN et la Fédération continentale.
En 2 mois, la compagne d’Ive d’Andonau a empoché près de 1800000 francs. Mais voilà que la générale accident flair une arnaque et demande à son avocat d’engager une procédure. Les photos révélaient des des curiosités un peu inhabituelles, une route très droite et un rocher. et contre ce rocher, j’allais presque dire appuyer à ce rocher légèrement une voiture qui aurait brûlé dans le choc.
Bon alors j’avais fait part de mon je dirais de ma perplexité ou de mon trou à la compagnie en disant moi je suis curieux serait peut-être intéressant de d’approfondir un peu ce PV. À la mi-août, l’avocate de la générale accident alerte une première fois le parquet de Montpellier sans succès. La compagnie mobilise également l’Alpha, l’organisme antifraude des assureurs.
Un expert est désigné. Jean Poré, un ancien gendarme de Montpellier, se met en route vers le col de l’homme mort. D’abord, il s’aperçoit que Yve Dandono et Daniel Bloard ont pris en pleine nuit pour aller à Seille une route étroite et sinueuse alors qu’il en existe une autre plus directe et plus sûre. bizarre.
Son enquête dure 15 jours pendant lesquels il décortique le scénario de l’accident. Il frappe aux portes des voisins et passe au crible l’emploi du temps de Dandonau et de Blueard. Et là, il commence vraiment à douter. Lorsque je suis arrivé ici, j’ai remarqué que c’était une ligne droite et ce rocher tout à fait isolé en bordure de la route m’a donné l’impression qu’on s’y était jeté directement.
J’ai été donc surpris surpris de cette manœuvre surtout que le véhicule n’allait pas vite. Il était soit-disant en seconde d’après Bluear le conducteur. Aucune trace de freinage, aucune trace. Donc j’étais ça a été le premier doute qui a traversé mon esprit avant que je poursuive mes investigations plus loin.
Le scénario de l’accident lui paraît encore plus louche quand il découvre l’épave de la voiture au fond de la cour d’un garagiste. C’est une carcasse calcinée mais un simple examen révèle que sans doute l’accident n’a pas pu se dérouler comme Daniel Bloard le prétend. Donc les dégâts étaient limités ici aller l’avant le phare ici à gauche et les roues étaient bloqué vers l’extérieur mais l’intérieur du moteur tout était brûlé il y avait plus rien.
J’ai été intrigué par la position des boucles de la ceinture de sécurité des sièges avant celle du passager. La boucle était accrochée à la position du conducteur alors qu’elle aurait dû être dans l’emplacement du passager. Lors de l’accident, les deux passagers avaient bien leur ceinture de sécurité mais ils avaient croisé leur fixation.
Bizarre. Et puis l’ostine, pourquoi et comment a-t-elle brûlé ? On a évoqué jusqu’ici un court-circuit dans les phares. En court circuit était peu probable étant donné que le véhicule était très récent et que la voiture a brûlé complètement. Ce qui signifie que on a mis un accélérant pour la détruire parce qu’en règle générale à la suite un court circuit un véhicule ne brûle jamais complètement.
Quand vous dites un accélérant, c’est par exemple un accéress du gasoile un autre produit et donc déjà on peut penser que l’accident l’incendie n’est pas accidentel, c’est un élément qui se rajoute aux autres. Après l’expertise technique, Jean Por passe à l’enquête de voisinage. Il interroge Fernand Pégier, le vieil homme chez qui Daniel Blouard a demandé du secours.
Il est intrigué par l’attitude de Blueard, la nuit de l’accident. Lorsqu’il est arrivé chez Pégurier, il a raconté l’affaire. Ils ont appelé les pompiers mais en attendant Bloir s’inquiétait un peu. Dis pourvu que la voiture ne brûle pas. Mais s’il avait peur que la voiture brûle, pourquoi ? Il avait laissé Dandono attaché sur le siègein.
Il n’avait qu’à le sortir et il lui donner quelques soins ici parce qu’il était quand même infirmier lui Bloard. Jean Poret poursuit sa route vers le village de Seille, le plus proche du col de l’homme mort. Là-bas, le patron de l’hôtel raconte qu’il a vu Yve Dandonau et Daniel Bloard quelques heures avant l’accident.
Il lui avait réservé une chambre pour la nuit. En quittant l’hôtel ce soir-là, Dandono et Bloard ont emporté la clé de leur chambre. Or, après l’accident, plus de clés, ni dans les poches de Daniel Blouard, ni dans les débris de la voiture. Et puis l’hôtelier raconte à Jean Poré que les deux hommes sont déjà venus 15 jours avant l’accident, il voulaient acheter cette maison dans le village.
Au total, ça sent l’escroquerie a plein né et Jean Por boucle son rapport le 29 août. L’idée d’un assassinat lui traverse l’esprit. J’aurais pu le sacrifier. et toucher le bénéfice de ses primes puisque sa compagne avait déjà commencé à en toucher mais c’était pas parfait. Dandono tué par sa compagne qui touche ensuite les assurances.
Évidemment c’est séduisant mais Dandono connaissait bien les ficelles du milieu. Il avait travaillé dans le monde des assurances. Il ne se serait pas jeté comme ça dans la gueule du loup. Ça ne colle pas. Alors, l’assureur relance la justice. Il a fallu, je dirais euh euh beaucoup de Oui.
de convictions, je peux dire de séduction, enfin presque pour euh convaincre à la fois monsieur le substitut et puis après madame la Porte qui était juge d’instruction qu’il fallait manifestement approfondir ce dossier, que c’était pas un simple accident de la circulation fut-il, dramatique puisqu’il y avait mort d’homme, mais qu’il cachait manifestement des choses plus graves.
Le 16 octobre, Gérard Christol dépose une plainte pour escroquerie au nom des cinq compagnies qui ont déjà payé les primes. Et un mois plus tard, le 18 novembre, le parquet ouvre enfin une information judiciaire. Il y avait de quoi s’interroger, euh peut-être pas être alarmé comme les télécompagnes d’assurance, mais en tout cas ordonner des investigations et ça devait être fait.
Le meilleur cadre à l’époque était le cadre de de de l’information judiciaire. C’était tout à fait légitime qu’une information soit ouverte et rapidement. Ça y est, le dossier est sur le bureau des gendarmes et le parquet commence à se rendre compte qu’il y a peut-être une véritable affaire dans Dono, une grosse affaire. Plus les éléments ont été recueillis et plus en effet alors on s’est mis à sentir comme vous dites la la grosse affaire.
L’affaire l’affaire un petit peu hors norme inhabituelle. De jours plus tard, le 20 novembre, un incident intervient à Paris qui va donner un coup d’accélérateur à l’affaire. Vers 10h du matin, deux femmes et un homme se présentent aux chèqus postaux de la rue des favorites dans le 15e arrondissement. Ils veulent retirer francs en espèce.
La somme est énorme et les trois clients ont des allures pas très catholiques. Les guichetiers se méfient et préviennent le commissariat. À la sortie du centre de chèque post, la police arrête les trois individus. Il y a Marie Thérèse Héros, la compagne de Dandono, Daniel Simonin, sa secrétaire et son mari.
Leur sac est bourr et à craquer de billets de banque. Marie-Christine Bunex, comment se fait-il que vous les policiers du 15e arrondissement, vous soyez à la sortie de ce bureau de poste au moment où où jaillissent ces trois personnes au comportement bizarre ? Alors, le bureau de poste du 15e était un lieu particulièrement surveillé, hein, autant l’intérieur que l’extérieur d’ailleurs, puisqu’il y avait pas mal d’agression de personnes âgés.
Euh, c’était un lieu où les personnes âgées à l’époque n’avaient pas de carte bancaire, donc allaient retirer de l’argent, des sommes assez importants et les le personnel de guichet nous appelait systématiquement dès qu’ils avaient un moindre soupçon sur un retrait plus ou moins frauduleux. Donc, qu’est-ce qui se passe ? débarquer. Alors, on vient en se demandant un petit peu ce qui va se passer hein, si c’est un braquage qui va être organisé, si c’est euh si c’est une escroquerie tout simplement.
Donc des policiers se mettent à l’intérieur des CCP, d’autres à l’extérieur et on regarde ce qui se passe. Et dès que les deux femmes donc sortent avec leurs deux sacs bien gonflés quand même, on les interpelle et on interpelle donc le le monsieur qui les accompagnait. Et là, qu’est-ce qu’elles vous disent ? Vous les interrogez sur place ou vous les amenez au commissariat ? Pas du tout ? Non non non.
on les ramène au commissariat qui était pas très loin euh et puis on commence à compter l’argent qu’elles avaient dans leur sac et on s’aperçoit qu’il y avait plus que ce qu’elle venait de retirer. Et là, bon, très tranquillement, elle nous explique effectivement il y en a une d’entre elles qui a été bénéficiaire de chèque suite au décès de de son cubin et qu’elle a été retirée l’intégralité donc du chèque qu’elle avait déposé au CCP et l’intégralité d’un autre chèque quelques heures auparavant, toujours dans le 15e qu’elle avait déposé dans
une autre banque. H donc là, on commence quand même à s’interroger un petit peu. il y a quand même des risques à se promener avec une telle somme d’argent alors que des virements bancaires sont très faciles. Mais elle vous dit quoi sur enfin qu’est-ce qu’elle vous dit sur ce qu’elle va en faire quoi ? Euh sur ce qu’elle va en faire, pas grand-chose.
Mise à part une qui est un peu plus locasse et qui nous explique qu’elle a déjà transporter de l’argent comme ça en espèce provenant pareil de d’autres assurances. Oui, vi euh qu’elle a déjà transporté cet argent donc sur un compte qu’elle a ouvert à son nom de jeune fille sur les côtes d’Azur. Hm. Et que finalement cet argent-là devait rejoindre ce compte-là.
Et là, il se passe un truc très important. Elle vous donne un nom, un contact sur la Côte d’Azur. Tout à fait. Elle nous dit que elle téléphone régulièrement à une nommée Betti dont elle nous donne le numéro de téléphone. Oui. sur la Côte d’Azure. Et alors, est-ce que vous cherchez à vérifier la véracité de cette histoire d’assurance vie de décès du concubin ? Tout à fait.
On téléphone donc aux assureurs qui ont établi les chèqus pour être sûr qu’il s’agit pas de chèque volé déjà dans un premier temps. Euh bon, eux nous disent que non, pas de problème, ils ont bien établi ces chèqus. Ces chèqus ont bien une réalité et correspondent donc au décès de monsieur Dandonau. Donc là, on va commencer à s’intéresser un petit peu à ce décès puisque l’échec une réalité.
Pourquoi toujours vouloir cacher cet argent-là ? Vous vous intéressez donc à la mort de monsieur Dandonau H et vous rentrez, j’imagine, en contact assez vite avec les gens qui enquêtent dessus. Tout à fait. Mais ce que vous racontez vous au gendarmes, ça les intéresse ? Non. Euh, il ne du moins, ils le montrent pas sur l’instant que ça les intéresse sur le moment.
Non, il ne nous donnent pas beaucoup de détails sur l’accident. Euh, on les sent un petit peu gênés, mais ils nous disent pas non plus que notre affaire les intéresse vraiment. Pourquoi est-ce qu’alors ça n’est pas vous, les policiers du 15e arrondissement qui poursuivaient cette affaire ? Elle va nous échapper parce qu’un juge d’instruction à un moment donc nous demande de les remettre en liberté et de leur restituer l’argent.
Pourquoi ? Ça, je l’ignore. Parce qu’il voulait les pister. Je suppose. Oui, je suppose qu’il avait effectivement une idée dans ce sens-là. Antoine Trivaldo est le gendarme de Montpellier qui va diriger l’enquête. Antoine Trivaldo, au moment où la police parisienne procède à ces trois interpellations dans le 15e arrondissement, il y a un petit risque quand même que l’enquête que vous venez de débuter vous échappe un peu.
Bien sûr, c’est ça a été d’ailleurs une période très délicate car il a fallu convaincre tour à tour et le magistrat instructeur en la personne de madame la porte d’une part et ensuite les policiers du 15e arrondissement qu’il fallait cesser immédiatement les l’enquête euh pourquoi ça compromettait inexorablement la suite.
Il nous manquait encore des investigations à poursuivre et le but essentiel c’était d’interpeller l’auteur des faits et nous étions loin de de de savoir encore ce que nous allions apprendre les jours qu’il allait suivre. Que vous apporte le le témoignage venu de Paris hein et collecté par les policiers ? Alors, plusieurs choses.
Euh déjà dans un premier temps, le fait que le fait qu’on nous indique la région de la Côte d’Azur comme un endroit où il peut y avoir un point d’ancrage. Ce qui peut nous intéresser à nous, c’est le fait de dire nous avons nous avons nous avons dans le dans le dans le midi midi une correspondante. C’est ces femmes ont dit on a on va porter tout cet argent sur la côte d’Azur.
Voilà. Donc madame Simonin déclare qu’elle va déposer qu’elle allait déposer cet argent sur un compte personnel sur la Côte d’Asur où elle avait une amie qui se prénommait Betsy. Betsi. Betsi. À cette époque-là, c’était le prénom de Bepsy qui apparaissait. Retour au garage où l’épave de l’ostine repose toujours dans un coin.
Fin novembre, 6 mois après l’accident, la juge d’instruction commande une expertise complète de la carcasse à un laboratoire d’analyse de pointe, le Carme. Méticuleusement, l’ingénieur Jean-Marie Graffeille explore le moindre détail. On a prélevé toutes les toutes les particules, tous les gravagues qui étaient sur les plancher pour pouvoir tamiser et extraire tous les éléments d’intérêt.
On s’est aperçu que la montée en température avait été très violente et rapide, que après la crémation des chaires, les eaux s’étaient pelées. Les pompiers ont bien enlevé le squelette mais par chance des petites esquilles superficielles d’os. sont tombés dans le fond de la voiture. Parmi ces infimes particules, il y a de quoi reconstituer un morceau de mâchoire humaine, un tout petit morceau d’à peine 4 g, un vrai puzzle.
Mais au final, voilà un bout de la mâchoire du mort. Or, les gendarmes ont retrouvé le dentiste de Dandono qui, ça tombe bien, a conservé une empreinte de ses dents. Il ne reste donc qu’à comparer. Sur le petit bout de mandibule reconstitué, on constate que la dent de sagesse est absente chez la victime qui a été brûlée, ainsi que ces deux molaires.
et la comparaison avec les radiologies retrouvées par Antoine Trivaldo chez le dentiste montrait que la victime officiel possédait ces trois dents là. Voilà, c’est clair. Yve Dandonau n’est pas le mort carbonisé de l’ostine, le corps brûlé est celui d’un autre. D’ailleurs, entre-temps, la preuve est faite qu’on a mis le feu à la voiture.
Volontairement, il y a des traces de plomb dans l’habitacle. Autrement dit, on aurait aspergé l’intérieur de la voiture des sens. Bref, ça n’est plus une escroquerie, c’est un assassinat. C’est à partir de ce moment-là que l’affaire d’Andonau devient une affaire criminelle. Dominique, jusqu’ici c’était une simple escroquerie.
Là, le cadavre n’est pas celui qu’on pensait et c’est une victoire d’un laboratoire de police scientifique qui s’appelle le karme. Oui. C’est l’une des premières victoires du carme. C’est quoi le karme ? Le Carme c’était, il faut en parler au passé puisqu’il n’existe plus, le centre d’application et de recherche en microélectronique.
C’est un peu compliqué en fait. Cétait un laboratoire privé Ouais. Fondé par un monsieur qui s’appelle le Libau qui est un géologue. Et il il a eu l’idée d’utiliser le microscope électronique à balayage, le MEB, pour grossir des particules, des éléments, des choses retrouvées sur des scènes de crime et les faire parler.
H alors appliquer à l’affaire d’Andono, ça donne quoi ? Et bien, on retrouve dans la voiture divandonau des résidus, des particules brûlées, des morceaux de mâchoir, des morceaux de dents. Bon, et avec les morceaux de mâchoire, le microscope électronique va permettre en les agrandissant d’avoir un pourtetour, une structure et de les assembler comme les pièces d’un puzzle, de reconstituer avec ça 2 cm 2 cm et demi de la mâchoire de celui qui a brûlé dans la voiture.
On compare cette empreinte à celle qu’on saisit chez le dentiste d’Iv d’Andono, ça ne correspond pas. Donc celui qui a brûlé dans la voiture n’est pas Yve Dandono. Si on se résume Dominique, les roues de la voiture n’étaient pas dans le bon sens. Il y avait pas de trace de freinage. Il y avait des traces d’essence dans l’habitacle de la voiture, ce qui n’est pas logique.
On voit la femme et la maîtresse se ruer sur le magot et puis le mort de la voiture finalement n’est pas celui qu’on pensait. Ça veut donc dire que dans Dono est vivant. vivant mais où ? 6 mois après l’accident, Marie- Thèses Héro, la compagne de feu d’Andono, reçoit la visite d’un assureur.
L’homme n’est manifestement au courant de rien. Il n’a rien à voir avec les assurances vies. Lui représente l’assureur de la voiture. C’est un ancien policier à la retraite. Il propose à madame Héros une indemnité d’essai calculé sur les revenus d’Ive Dandonau. Les revenus, parlons-en. Madame H explique que Yve Dandonau venait juste de monter sa société Baby Ball qui fabriquait des piscines à balles pour enfants.
Il venait par ailleurs d’investir chez un armateur de la région de Cann International Yoting pour fabriquer des bateaux de plaisance et madame H très bavarde raconte qu’il avait d’ailleurs en projet d’acheter un gros catamaran et puis elle se ravise. Elle a perdu les coordonnées du chantier naval.
Trop tard l’inspecteur allume son minitel. Il trouve instantanément les coordonnées du chantier qui appartient à un certain Guy Fillon. Et au téléphone, Guuy Fillon lui raconte que justement depuis quelques mois, un drôle de Quitur lui rend régulièrement visite. Elle est venue euh cette dame avec euh la la personne qui était à peu près sensiblement du même râ qu’elle, il me semble en Gabardine, qui était au départ discret puis ensuite de plus en plus volubile et du bateau après il s’est dit tiens ben finalement on pourrait bien acheter le chantier. en
quoi j’étais très étonné. Fillon raconte à l’assureur que l’homme à la gabardine s’appelle Bernard De Pen. Il se dit conseiller financier et aurait repris en main les affaires d’Iv d’Andono. Bernard de Pen a l’air d’un seigneur de la côte d’Azur. Il est généreux. Il lui arrive d’inviter Guillon au bar des hôtels chices de la Croisette ou dans un restaurant du quartier des Palace.
Fillon raconte que quand il vient au chantier, Bernard de Pen est parfois accompagné d’une certaine bêtisie ou Bets, quelque chose comme ça. Cela dit, de Pen n’est pas venu depuis longtemps et c’est un autre homme plus jeune et plus fuyant qui vient désormais avec la campagne de feu d’Andono.
Au fur et à mesure que je m’approchais, il s’éloignait. Je comprends pas. Et puis bon euh il me parlait pas, il était très distant. Je remonte dans le bureau. Lui à ce moment-là, il monte dans sa voiture et du bureau, je me dis c’est quand même bizarre les mêmes attitude que cette personne que j’ai vu cet été qui était intéressé par le catamaran.
Fillon ne se pose pas plus de questions. On lui dit qu’il s’agit du frère de De Pen. L’assureur qui pensait au départ indemniser une pauvre veuve se retrouve avec une drôle d’histoire sur les bras. Réflexe d’ancien policiers, il appelle les gendarmes de Montpellier et donne sans le vouloir un sacré coup de main à l’enquête.
Les gendarmes filent chez l’armateur avec des photos d’Ive d’ Dandono. C’était le personnage que lui connaissait sous le nom de Bernard de Pen puisqu’il s’était présenté sous cette identité à l’époque. Et c’est à partir de ce moment-là qu’avec les photos que nous nous présentons nous que nous avions de Yve Dandon le vrai Yve Dandon que nous avions à ce moment-là la certitude qu’ Dandono était en vie et donc que l’escroquerie existait en tout cas.
Il n’y a donc pas plus de deux peenes que de frères de De Pen. L’homme qui depuis des mois tourne autour du chantier naval, c’est Yve d’Andonau qui a maintenant changé de visage. Il est évident que je pouvais pas le reconnaître puisque entre-temps, j’ai appris qu’il s’était fait changer le visage et que il ne voulait pas me parler probablement parce qu’il avait peur que je reconnaisse sa voix.
Yve Dandona a voulu changer de tête complètement et c’est dans cette clinique de Cann qu’il s’est offert un nouveau visage. Opération complété par une autre chez un chirurgien de Marseille. Les opérations coûtent cher mais peu importe, il y a l’argent des assurances vies. Au total, cinq opérations en moins de 3 mois.
Il était pressé, c’est vrai, il était pressé et il avait déjà eu plusieurs interventions de chirurgie esthétique et il en était pas très satisfait. Donc il demande de venir un un plus un plus sur son visage. Euh voilà, je l’ai examiné et je l’ai opéré. Et pour convaincre le chirurgien qu’il est un homme honnête qui veut simplement changer de visage, il a fut de ses arguments.
Je crois qu’il venait tout simplement, autant que je me souvienne, il venait me dire “Je suis pas très beau.” Je l’ai regardé et j’étais quand même d’accord. Au chantier naval, il se faisait appeler Bernard de Pen. À la clinique, c’était François Meier. Mais Yve Dandono ne sait pas que changer de nom, c’est plus facile que de changer de gueule.
C’est impossible de changer un visage. Ça c’est dans l’imaginaire de la chirurgie esthétique. Les enquêteurs cherchent entre Marseille et Cann la trace d’un homme qui a changé de nom et de tête et les taux se resserrent. Et puis nouveau coup d’accélérateur dans l’enquête. Depuis l’épisode des chèqus postaux à Paris il y a 2 mois, les gendarmes de Montpellier ont mis sur écoute un numéro donné spontanément à l’époque par la secrétaire de Dandonou.
Cette copine qui habite Cann et qui s’appelle Betti. Or l’armateur Guillon parle lui d’une Betsy ou peut-être d’une Betty qui vient régulièrement au chantier naval. Betti Betsy le rapprochement est fait. Elle est localisée et placée sur écoute. Le 14 au soir, nous interceptons une communication qui s’adresse à un certain Bernard.
Euh, on a tout lieu de penser que bon, il s’agit du de de notre ami Dandonau. Donc, par conséquent, très rapidement, on tente d’identifier avec beaucoup de difficultés à l’époque euh le destinataire de cet appel et on tombe dans la région du Rouré. L’adresse exacte, c’est le 15 route de Rockfort au Rouré, petite ville de l’arrière pays à 25 km de la Croisette.
Là, les gendarmes pensent que Dandono est piégé. C’est forcément son adresse, mais pas de chance pour eux, il y a plusieurs routes de Rockfort. Alors, ils tâonnent, ils vont de villa en villa. Par-dessus les grilles, on ne voit pas grand-chose. Il pleut, le soir tombe. C’est maintenant un concert d’aboiement de chien dans le quartier.
En rodant comme ça, ils vont tout faire rater. Tant pis, il laisse passer la nuit. Demain, il fera jour. Le lendemain matin de de très bonheur avec le facteur de du village, nous avons pu effectivement trouver le 15 route de Rockfort à Ororé où pouvait se trouver Yvand Donu donc c’est le facteur qui nous a indiqué l’endroit. L’endroit était étant une impasse, c’était extrêmement difficile de mettre en place un dispositif euh discret pour pour l’interpellation.
On souhaitait comme on pratique habituellement procès d’interpellation à l’extérieur. L’effet de surprise sera total. Ils se postent en embuscade au début de l’impasse et en planque dans la maison du voisin. Ils ne pourront pas rater Dandono lorsqu’il ira comme tous les matins, chercher son pain au village.
Pour nous, c’était une opportunité intéressante de procéder à l’interpellation de Donotu puisqu’il avait pas d’autres itinéraires pour se rendre au village que d’emprunter la cette rue qui qui mène au village. Et on pensait l’interpeller un peu plus bas. et manque de chance, il n’est pas sorti de chez lui et il a fallu prendre la décision de dire ben on va interpeller au domicile avec tout ce que ça peut comporter comme problème de sécurité parce qu’il était évident que nous ne savions pas qui était à l’intérieur de la maison.
Les gendarmes se méfient des réactions de Dandono. Certes, ça n’est pas un gangster mais on ne sait jamais. à découvert. On a fait une course un petit peu jusqu’à l’entrée où on a on a agi tout à fait normalement en tapant la porte. Surprise, on a entendu des talons hein d’une personne, une jeune femme. C’est la fameuse Betsy qui ouvre la porte.
Yve Dandonau est restée en retrait. La jeune femme se retrouve donc en première ligne face à des gendarmes revolver au point. Et quand vous vous retrouvez avec un un pistolet grand comme ça qui vous arrive là, vous poussez un hurlement. Et lui quand il a entendu le hurlement que j’ai poussé, il a essayé de fuir mais il y avait pas d’autres issues.
Il il s’est réfugié dans la salle de bain. On trouvait pas d’andono qui a été de suite après découvert derrière la porte de la salle de bain touteve d’Andonau n’est pas armé et n’oppose aucune résistance. Betsi tente alors une ultime ruse. Il y a erreur, ce monsieur s’appelle Bernard de Pen.
Mais lui, lui dit au gendarme qu’il s’appelle François Meier. Dernière manœuvre avant de lâcher le morceau. Comment il trahit ? Il [grognement] trahit euh en fait pour nous, il n’a pas à trahir puisque nous avons la certitude d’avoir en face dans de nous. simplement, il essaie de d’employer quelques stratagèmes pour essayer de de comprendre d’abord et de réfléchir pour savoir comment il va s’y prendre pour nous séduire.
Ouis. Nous séduire et essayer peut-être de nous convaincre d’écouter ce qui pourrait être des infrisses. Ouais. à un moment néanmoins, il lâche le morceau. Bien sûr, à bout d’argument, comprenant que le dossier est bien ficelé, euh il commence à à vouloir s’expliquer, mais au préalable en vouloir d’abord mettre sa vie en scène un petit peu.
Il va nous expliquer un petit peu son enfance, sa sa vie, ses déboirs. Je me souviens d’ailleurs très bien d’avoir d’avoir larmoyé un petit peu avec lui dans la cour de la de la brigade des recherches de Nice pour essayer on essayer l’un et l’autre de se séduire un petit peu en tout cas de rentrer en confiance. C’est que vous avez féminine de pleurer sérieusement un petit peu oui un petit peu.
Lui aussi est effondré et bon en essayant de le comprendre un petit peu, je lui parlais de de quelques problèmes et cetera et donc que j’avais inventé bien sûr mais surtout pour qu’il puisse pour qu’il puisse un petit peu se lâcher comme on dit. Donc ensuite, par la suite, il sera assez euh assez prolixe, il s’expliquera, taisant bien sûr ce qui paraissait peut-être important pour lui.
Donc calculateur. Néanmoins vient un moment où il reconnaît je suis Yve Dandonau, je ne suis pas menier, je ne suis pas de peine. Il reconnaît très rapidement d’ailleurs qu’il est dansuo. Le problème pour lui de donner une explication cohérente à ce qu’on peut lui reprocher. Et [grognement] bien sûr, il est toujours en attente de savoir ce que nous pouvons avoir avant de le confirmer. Hm.
Donc déjà un élément de calcul chez lui, une réflexion déjà pour essayer de s’en sortir et puis balance ses complices. Puis bien sûr, il est assez clair d’ailleurs quant à ses complices en ce qui concerne Blueard, la participation de Meier sûr, la présence de la fameuse BSI avec lui euh bien sûr c’est sa façon de vouloir de de vouloir changer de physionomie pour échapper à la justice.
Et puis bien sûr toujours ces projets plus ou moins utopiques sur ce qu’il voulait faire par la suite au niveau des bateaux, des constructions et autres. Yve D’Andonau a balancé ses complices qui sont immédiatement cueillis en région parisienne. En quelques heures, tout le monde est sous les verrou.
Et d’abord, Daniel Blouard, l’homme qui conduisait la voiture. Il est arrêté dans son pavillon de loise et il est le complice numéro 1 du crime. Le gendarme Francis Doré va le cuisiner. Daniel Bloard minimise un petit peu son rôle là-dedans. C’est un peu compréhensible. Il y a quand même une mort d’homme hein. Ils ont tout fait que ce soit Blue ou que ce soit Donau pour que cette personne périsse dans l’accident.
Quelques heures plus tard, un autre complice tombe. C’est François Meier, le barman de Sarcelle, l’homme qui a sélectionné la victime. Et puis c’est autour de la fidèle secrétaire Danielle Simonin. Elle est rattrapée dans son HLM de Villeneuve Lagaren. Chez elle, les gendarmes retrouvent la copie des huit contrats d’assurance vie.
C’est pas des grands voyou, c’est pas des des des grands criminels. Bon, ils ont monté ça autour de de de Dandonau et puis bon, ils sont coincés, ils peuvent pas faire autrement que de que d’avouer leur participation à cette affaire. Pour compléter le casting, les gendarmes vont chercher Marie- Thérèse H, la fausse veuve pleurée dans son pavillon de Montmorance.
Elle le raconte alors cette nuit de décembre 86 où Dandono l’a réveillé pour lui raconter son projet délirant. Il lui explique, il veut monter une gigantesque escroquerie aux assurances. Il a contracté des assurances vies dont elle est bénéficiaire. Il va disparaître. Il n’explique pas vraiment comment.
Il parle d’un accident de la circulation. Il lui dit qu’il ne faudra pas s’inquiéter, qu’il l’appellera au téléphone et qu’elle aura pour mission d’encaisser le mago. Dandono a tout prévu. Mieux, il a répété son scénario. On se résume. Pour toucher les primes d’assurance évoguer vers les îles, Dandono a besoin que quelqu’un prenne la place du mort dans l’ostine incendie au cours du pseudoaccident.
quelqu’un qui a à peu près la même corpulence que lui. Et au gendarme, il raconte avec un cynisme absolument fou comment il a choisi sa proie et recruter un sans-abri prénommé Michel. Ce Michel, il l’a rencontré sur le quai du métro Châtelet à Paris. Il était paraît-il malade et suicidaire. Il trouvait sa vie inutile. Que demander de mieux ? La victime idéale ? Donau lui explique son projet et Michel dit banco et tous les deux filent vers les lieux du crime.
Seulement voilà. Donau au dernier moment aurait été pris de remord. Il raconte mais il le fait peut-être pour attendrir les gendarmes qu’il a fait demi-tour à Fontainebleau et qu’il est rentré à Paris. Faut-il croire en toute cette histoire ? En tout cas Michel ne saura pas le cadavre de l’ostine mais dans Dono poursuit son casting macabre.
Il lui faut coûte que coûte un cadavre. Finalement au lieu de sacrifier un clochard vivant pourquoi ne pas voler le corps d’un mort ? Ce sera la mission d’un certain Daniel Blouard. Il est infirmier. Il doit bien y avoir des cadavres dans sa clinique. Et puis l’homme a l’air cupide.
Il traverse une période de déprime. Il sera facile à convaincre. Lorsque il fait la connaissance de Dono, il est en état de vulnérabilité parce que euh il cherche un petit peu quelqu’un avec qui se bavarder, à qui se confier et dans il pique. Mais Bluear, l’infirmier ne trouve pas de cadavre. Alors, puisqu’il n’y a pas de mort tout fait, il va falloir en fabriquer un.
Dans Donneau repense à l’idée du clochard, une idée qui peut-être n’était pas si mauvaise. On se rend compte que d’abord avec le clochard, c’est plus facile, que deuxièmement et surtout c’est rien du tout un clochard, ça n’a pas d’identité, ça n’a pas de famille, ça n’a pas de logement, c’est un déchet humain qui n’appartient plus à la société.
Lorsque ce clochard sera mort, on s’enapercevra même pas. Il n’aura pas de funéraill, il ira dans la fausse commune. Euh il il a pas d’intelligence, c’est une abstraction. En un mot, c’est un déchet humain. Pour trouver un clochard, Yve Dandonau a besoin d’un complice plus fiable que Daniel Blouard.
Il a pas de François Meunier, un ancien cuistau qu’il séduit comme d’autres par l’argent. S’il lui trouve la victime idéale, dans Dono Promet à menier une vie en couleur, un pavillon, un 44. Fini le HLM. En somme une vie à la Dandono. François Meier était complètement subjugué par Dandono.
C’était pour lui l’homme idéal. C’était le père qui n’avait pas eu, les frères en concentré qu’il n’avait pas eu. C’était l’ami, celui dont il voulait en tout cas devenir l’ami. Donc François Meier était manifestement à vide de pouvoir satisfaire les souhaits de DAOu pour conquérir cette amitié. C’est clair. Meier fréquente un bistro, le ravel à Sarcel.
Et c’est là au comptoir qu’il trouve l’homme que lui a commandé dans Meier allant souvent au café parce qu’il avait un problème d’alcoolisme a rencontré de façon épisodique mais assez régulière une ou deux fois par semaine plusieurs personnes. Parmi ces personnes, il y en avait un avec lequel il avait un petit peu plus sympathisé avec lequel il avait eu quelques échanges. C’est Joël.
Il le connaît sous son prénom de Joël, pas plus. Fin mai, Dandono rencontre donc Joël, sa proie, sa future victime, dans un jardin public de Sarcelle. Et Dandono prétend qu’il n’avait jamais vu un homme au regard aussi cruel. Il dit aussi que l’homme est une épave, qu’il ressemble à son père, bref, qu’il mérite de mourir.
À cet instant, Joël est condamné à mort. Le 5 juin 87 vers 10h, Menier livre Joël à Dandonau au rendez-vous des Belges un bistro face à la gare du Nord. Joël naïf emporte avec lui des textes de brassins. On lui a fait croire qu’on l’emmenait à 7 sur la tombe du poète. En réalité, c’est au bûcher qu’on le conduit.
À 11h, Yve Dandona embarque Joël dans une voiture de location, un véhicule de secours pour s’enfuir après le crime. Derrière, Daniel Bloard conduit l’ostine rouge. Il a apporté de quoi droguer le vagabond. Sur la route de Montpellier, Dandono donne ses habits à Joël.
Ainsi, son corps calcin et dans la voiture portera les vêtements n disparus. La veuve n’aura plus qu’à en identifier un fragment. Arrêt dans une station, Daniel Bloard remplit un jicane d’essence et puis les deux hommes droguent Joël. Vin, bière, whisky. médicament. Mais Joël est un costaud, il tient le coup. Mais Dandono et Bloir s’acharnent.
Le lendemain, samedi 6 juin, ils organisent un piquenique près du col de l’homme mort. Au menu, nouveau cocktail explosif d’alcool et de médicaments. On augmente les doses et cette fois, le vagabond s’endort sous un arbre. Il plonge dans un coma éthylique. Dandono et Bloir l’abandonnent sous l’arbre, dans le coma mais sans doute encore vivant et vont louer une chambre d’hôtel à Seille.
Et puis ils vont se payer un bon gueuleton de fruits de mer à Palavas les flots. Au retour de Palavas, Daniel Bloard examine le vagabond endormi sous l’arbre. D’après d’Andono, son diagnostic est à ce moment-là sans appel, Joël est mort. Le corps est attaché dans l’austine à la place du passager.
En principe, Blouard doit précipiter l’ostine dans le ravin, puis descendre y mettre le feu. Mais au dernier moment, il ne veut pas jouer les cascadeurs. Alors, il change le scénario et lance à petite vitesse la voiture contre le rocher sur le bas côté de la route. Après l’accident, Yve Dandono et lui laissent volontairement les phards allumés.
Cela accréditera l’hypothèse d’un court circuit. Ensuite, ils arrosent l’intérieur de l’ostine et le corps de Joël et craquent une allumette. Une fois carbonisé, c’est sûr, le corps passera pour celui de Dandono. À partir de là, la route des deux assassins se sépare. Il Dandono fonce vers Perpignan. Daniel Bloard a pour mission d’alerter les secours sans trop se presser car il faut que le corps se consume avant l’arrivée des pompiers.
Au petit matin, Dandono attrape un train pour la Charante Maritime. Là-bas, Bloir a préparé une caravane de repli dans le jardin d’un ami d’enfance, un certain Bernard de Pen. De Pen croit qu’il héberge un homme d’affaires dépressif. Quelques jours après le crime, Dandono appelle comme prévu Marie- Thérèse Hér pour la rassurer.
Il est vivant et la combine à marcher à merveille. Voilà le récit de Dandonau devant les gendarmes, tellement fier de son stratagème qu’il en oublie qu’il est un assassin. Ça le dérangeait pas du tout d’avoir débarrassé la société d’un d’une épave, d’un déchet compte tenu de la version profonde qu’il portait aux ivrognes et aux alcooliques.
Donc euh à quelque part il il voulait pendant toute la garde à vue euh mais trouver une justification à son geste en disant en fait j’ai pas fait grand-chose quoi. Dominique, parlez-nous de ce sans-abri prénommé Joël qui a donc été sacrifié par Dandonau. D’abord, comment est-ce qu’on retrouve sa véritable identité ? Bien, les gendarmes au départ ont un prénom.
Dondono leur a dit il s’appelle Joël. Il a fini par leur dire il s’appelle Joël. Donc les gendarmes vont faire des recherches en consultant le fichier des personnes disparues. Il vont retrouver neuf personnes prénommées Joël qui ont disparu en France. Vérifier neuf fois et s’apercevoir à chaque fois que ces Joël là ne sont pas ne correspondent pas à la personne qui a brûlé dans la voiture.
Dans le même temps, les gendarmes réalisent un croquis très précis, celui-ci de de Joël. C’est un portrait robot quoi. On a un croquy et un prénom. Ouais. Ce portrait robot, il va être diffusé dans la presse. Hm hm. Et dans sa cellule de la prison d’Amien, un détenu qui connaît Joël parce qu’ils ont travaillé ensemble va le reconnaître.
H h et témoigner. Il va lui donner un nom. Il s’appelle Joël Hippo. Faire savoir à ses proches, à son avocat qu’il a identifié cette personne. Les gendarmes seront prévenus et c’est comme ça que Joë Lippo va être identifié finalement. Comment est-ce qu’on retrouve la dernière compagne de cet homme qui se prénomme Jeun Viève ? Les gendarmes vont faire un travail classique d’enquête.
Ils vont essayer de reconstituer la vie de Joë Lippo en remontant vers l’amont de de son existence. Il était marié, il a divorcé, il est toujours resté dans le secteur de Sarcell. Ouais. Et c’est ici qu’il a rencontré une nouvelle compagne. On va la retrouver parce qu’il fréquente il fréquente des barres de de du du secteur et on va se souvenir qu’il qu’on le voyait parfois avec cette femme et c’est comme ça qu’on va la retrouver.
C’est très important parce que c’est elle qui va se constituer partie civile. Sans elle, sans cette personne qui s’appelle Je Viveconx. Et bien Joë Lippo, il n’avait pas d’existence. Personne ne serait venu demander des comptes pour lui à Yve Dandonau. Au procès d’Ive Dandon. procè divendono et et ce qu’on découvre c’est que cet homme n’était pas l’homme au regard cruel que nous a décrit dans absolument oui absolument ça n’est pas du tout l’homme le clochard l’épave dont parle yve d’andonau Joelipa c’est un homme cultivé un homme intelligent il a
été à l’âge de 15 ans le plus jeune bachelier de France à son époque. Il est licencié en droit il a fait des études de médecine. En tout cas c’est l’opposé d’IV Dandonau. Le procès de Dandonau et de ses complices s’ouvre 4 ans après le crime, le 30 juin 92 devant les assises de Montpellier.
On est impatient de voir le visage de l’assassin. Quelle tête a-t-il 4 ans plus tard ? La tête du lucky des assurances qui dégait si vite ses contrats, celle du fringant businessman fabriquant de jeux pour enfants ou bien celle de l’assassin Agar en fin de cavale. Or voilà que l’homme qui entre dans le box a la tête d’un mannequin de grands magasin au visage lisse et sans expression.
Il est l’homme au masque de cire. Moi, l’homme que j’ai connu le jour où j’ai été le voir à la maison d’arrêt pour la première fois et l’homme que pour lequel j’ai plaidé devant la cour d’assise avec l’infoberie n n’est pas n’est pas le même homme, n’a pas le même visage. On a on a l’impression et je pense que c’est une réalité que ce cette tous ces produits ont fondu et que c’est les traits de son visage ont changé.
Il était sous plastique les Je me souviens pas très bien de l’aspect physique des autres parce que je me je me souviens que je le regardais lui et tout le temps lui on aurait dit qu’on avait euh on l’avait passé à la sillure quoi. Ça pouvait plus bouger et je crois qu’il en était lui-même malheureux.
Ces opérations de chirurgie esthétique avaient été telles que ce visage ne bougeait plus. Il y avait plus pratiquement plus d’expression. La peau était tendue comme un tambour avec une coloration tout à fait particulière et ça lui donnait un côté très étrange. Très très étrange. Au 2è jour du procès, coup de théâtre car la presse fait sa une avec une interview du président des assises Jules Guers.
Il a parlé au Midi libre trois colonnes à la une et à la radio locale Radio Fran. C’était une grosse affaire. C’était le plus gros procès de ces 10 dernières années à Montpellier et on avait décidé à cette occasion dans la mesure où il y avait énormément de de journalistes qui descendaient à Montpellier, toutes les télévisions étaient en direct du palais de justice.
On avait décidé de faire une interview du président de la cour d’assise histoire de savoir un petit peu dans quel état d’esprit il abordait ce procès. Donau avait des d’immenses atouts. Il aurait pu faire de très belles choses. Il gagnait très bien sa vie. Il a choisi le pire dans une machination diabolique. Ben nous allons la justice humaine va passer par là.
Et là le scandale tous les tous les avocats au milieu de du box tous en train de lire le journal. Scandalisé, le président porte un jugement sur l’affaire. Manque d’impartialité. Le président Gers n’avait plus siégé depuis 4 ans et visiblement il a perdu la main. Mais de là à commettre une telle faute tenue à la neutralité, garantomption d’innocence, il a aux yeux de la défense manifester son opinion quant à la culpabilité de l’accuser, ce qui est bien sûr contraire au devoir de sa charge, la mort dans l’âme, mais
constatant que son impartialité est mise en cause, le président Guers renvoie l’affaire. Je pense que la façon dont les choses se sont passées, le justifier que ce procès soit renvoyé parce qu’on pouvait on pouvait ici ou là penser qu’effectivement même si ce n’était peut-être pas vrai sur le fond, tout au moins dans dans la forme et dans une ou deux expressions malheureuses utilisées, l’impartialité n’était pas au rendez-vous.
Fini le procès d’andono que tout le monde attendait depuis 4 ans, renvoyé pour bavure du président. Il faudra donc encore patienter plusieurs mois pour espérer connaître la vérité. En attendant, Dandono et ses complices retrouvent leurs cellules à Ville- Neuve les Maglon. Le procès reprend 3 mois plus tard avec un nouveau président.
La cour. Le nouveau président s’appelle René Gadel. Jean Poret, l’expert en assurance est appelé à témoigner le premier. Voilà 4 ans et demi qu’il a remis son rapport. La justice a pris son temps. Le nouveau président est un spécialiste des affaires commerciales. La psychologie n’est pas son truc.
Il expédit en quelques minutes la biographie de Dandono. Ce qui m’a frappé, c’est le président, le deuxième là, le remplaçant qui n’était pas exactement un grand habitué des cours d’assise, qui parlait comme une mitraillette et qui est passé sur la personnalité du principal accusé. Euh je crois que l’avocat avait mesuré le temps.
En 14 minutes, emballé, s’est posé, on avait tout fini. Et pourtant, la vie de Yve Dandonau méritait sans doute qu’on s’y attarde. Dandono a grandi dans cette petite maison de Béier et né de cinq frères et sœurs. Son père est gendarme, un homme violent et alcoolique qui sème la terreur dans sa famille.
Sa mère est violoniste au théâtre de Béier, femme battue. Dandono a été un enfant qui a vécu des choses difficiles, qu’il a peut-être lui-même amplifié parce qu’il a toujours le vécu de la personne. Mais je crois que voir un père violent briser les droits les doigts de de sa mère et casser le violon qui qui n’est pas que l’instrument de travail parce que c’est quand même beaucoup c’est chargé d’émotivité.
Enfin, c’est c’est la culture qu’on sacrifie, c’est la musique. Enfin, je veux dire, c’est une grande symbolique. Pour un enfant, je crois que c’est quelque chose de grave. À l’adolescence, Yve Dandono couche avec sa voisine, âgé d’à peine 16 ans et la gamine tombe enceinte. Dandono père l’oblige alors à l’épouser, c’est le mariage ou l’armée ? Le jeune Yve choisit le mariage forcé.
Du côté des études, ça n’est pas brillant. Dandono rate son apprentissage dans les métiers de la feronnerie. Il tente une reconversion dans la police et rentre à l’école de police de sens. Un rapport de l’époque stigmatise son caractère difficile. Il est contraint à la démission.
Juste au moment où monsieur Dandonu a fait sa a présenté sa démission qui dis il s’agit de quelqu’un de très nerveux, d’égocentrique qui ne possède pas le sens de la hiérarchie et subit la discipline avec beaucoup de difficultés. Il mettait en avant son caractère instable et entêté, ses réactions violentes et son mauvais esprit qui de toute façon ne lui aurait pas permis de faire dans la police nationale une carrière normale.
Il rentre alors comme courtier dans une compagnie d’assurance. On l’appelle le luiluc de l’assurance quand il est rapide à dégainer les contrats. C’est à ce moment-là que né son projet fou. Il s’intéresse à l’histoire d’Alain Colla, le navigateur disparu. Il en tire une leçon : pas de cadavre, pas de prime d’assurance vie.
Ce sera la clé de sa machination. Mais comme pour arriver à ses fins, il lui faut tuer un homme, Yve Dandonau s’invente une mission humanitaire. C’est ce qu’il raconte devant les assise. Avec l’argent des compagnies d’assurance, il va créer une école de la réussite dans les îles grecques pour les enfants défavorisés.
J’ai jamais entendu parler de de cette de cette île ni de ce projet. Enfin, c’était peut-être un projet qu’il aurait peut-être réalisé par la suite. Mais enfin, personnellement, devant moi, il en a jamais parlé. au fond de lui, il y avait ce rêve que par la suite l’idée été pervertique, il se soit laissé entraîner à des dérives.
Mais je crois que le fond c’est ça, c’est c’est quelque chose de parfaitement irrationnel. Enfin, je il est parti sur une idée qui qui était folle que que l’on peut tous avoir mais que l’on va s’arrêter d’avoir quand on s’aperçoit que c’est pas possible. En réalité, ce qu’il avait fait c’était descendre tout bêtement dans une zone bien construite de la côte d’Azur, s’acheter une villa et essayer d’investir dans une affaire de Catamaron si je me souviens bien.
C’est-à-dire mener la vie d’un riche basique, quoi. Quand on connaît la machination, on se dit que le cerveau doit être un sacré calibre, mais le maquiavellic d’Andono se révèle bien décevant. On s’attendait à avoir quelqu’un d’extrêmement maquiavellque, quelqu’un qui parle beaucoup, qui explique de brillant, brillant dans son escroquerie, j’entends dans son escroquerie crapuleuse. Mais c’était pas le cas.
Les gens attendaient qu’il soit à la hauteur du polar, un héros à la hauteur du polar, un type un type qui fasse fantasmer et c’est pas ce qu’il était du tout du tout du tout. C’est un monsieur tout à fait ordinaire. Dandonoon n’a peut-être pas beaucoup de charisme et d’envergure, mais il a tout de même embarqué quatre complices dans son délire et notamment deux femmes.
Sa secrétaire Daniel Simonin et sa compagne Marie- Thérèse héros, d’abord rivale et finalement inséparable. Tandono avait une double vie, il avait une femme et une maîtresse et y compris après les faits, la femme et la maîtresse continueront à exister et manifestement, l’une comme l’autre, au moins après les faits, sauront ce qui s’est passé mais ni l’une ni l’autre ne dénonceront dans ce qui me laisse penser que cet homme avait quand même un pouvoir de fascination terrible et je crois que ce pouvoir, il en avait conscience.
La fascination, je ne pense pas. Je ne pense pas qu’il y a eu une fascination. Il il y a eu certainement chaque personne seule ne pouvait pas le faire. Donc il a fallu la l’alchimie que certainement Dono a provoqué ou a induite parce que c’est quelqu’un qui a un fort pouvoir de persuasion. Maintenant il faut savoir une bonne fois pour toutes lequel des deux a tué Joel Hippo ? Dandono ou Bluear ? Bloire, c’est sûr, est celui qui a fourni les médicaments et beaucoup d’alcool. Mais selon les experts, le
whisky et le Valium fourni par Bloir n’ont pas pu seul tuer Joël qui était déjà alcoolique. Ils sont une hypothèse. Il fallait pour tuer Joel Hippo administrer en même temps une substance extrêmement dépressive sur le plan respiratoire à savoir le pain total et l’administrer pendant intravéneuse.
Ce qu’aurait pu bien parfaitement bien faire. un infirmi anesthésiste. Blouard nous a dit qu’il avait évité de trop charger sa boisson en médicament. On sait que le clochard s’est lourdement endormi. À partir de là, plus personne n’a voulu dire si le clochard était dans un sommeil profond ou s’il était déjà mort. On nen rien.
Si Bloard n’a pas drogué à mort Joë Hipo, alors c’est Yve Dandonau l’assassin puisque c’est lui qui a reconnu avoir mis le feu à la voiture. Or, il affirme qu’avant l’incendie, le clochard avait déjà succombé au mélange explosif de Blueard. À les entendre, ni l’un ni l’autre n’est l’assassin.
Et comme aucune autopsie n’est possible puisque le corps a été incinéré, la question reste sans réponse et peut-être qu’au fond cela arrange tout le monde. Le travail de la défense, c’était surtout d’empêcher que les jurés imaginent qu’on ait pu brûler ce monsieur avant qu’il ne soit mort. Et quant à Dandono et Bloard étaient extrêmement occupés l’un et l’autre à ne pas être le principal coupable.
Jusqu’ici dans ce procès, on a peu parlé de la victime Joël Hippo. Forcément, c’était un clochard. L’avocat Éric Dupont Moretti est là pour parler de lui. Éric Dupont Moretti, qu’est-ce que vous faites vous dans ce procès ? Quel est votre rôle ? Je suis mandaté par euh Jeun Viiecon qui est la concubine de Jolie Poau et qui me demande de me constituer partie civile.
Hm hm. Mais pour faire quelque chose de d’inédit, ça consiste en réalité à dire à l’accusé qu’il a tué un type extraordinaire. C’est ça qu’elle vous dit. Dites que Joël Hippo était un type extraordinaire. Dites qu’en dépit de son mode de vie, c’était un homme exceptionnel. Pourquoi en dépit de son mode de vie ? Parce que il était marginal.
parce qu’il était un routard, c’est comme ça qu’elle le définissait. Pas un SDF, un routard. Ouais. Pas un SDF, un routard parce qu’il n’avait pas un emploi fixe, parce que ça n’était pas un bourgeois, mais un type exceptionnel. Et pourquoi exceptionnel ? Exceptionnel de générosité, de culture, de sensibilité.
Et non seulement il faut que vous disiez ça, mais il faut en plus que [grognement] Dand de ne soit pas trop sévèrement condamné. Ah bon ? Ouais. Et pourquoi ça ? parce que Joël aimait pas trop la police, les gendarmes et la justice. Il était un brassince, un adepte de brassin sur le plan esthétique mais également sur le plan philosophique.
Et c’est ça que je vous demande d’aller dire devant une cour d’assise. Et pour un avocat, c’est extraordinaire. Tant que je vais devant cette cour d’assise, je suis naturellement très bien accueilli par l’avocat général. Ça, il y a beaucoup plus de proximité avec l’avocat général quand vous êtes partie civile que quand vous êtes en défense évidemment et il s’attend à ce que je corrobore l’action publique.
C’est comme ça qu’on dit en ces terme choisis. Donc ça consiste à dire tout un tas de saloperies sur Dandonau et et finalement à faire en sorte que son sort judiciaire soit le plus mauvais possible. Et moi je suis pas là pour ça. Alors vous faites quoi ? Alors, on parle beaucoup de la personnalité de cet homme pour tenter de réhabiliter sa mémoire et puis chaque fois qu’on le peut, on dit à l’intéressé que il a commis l’irparable l’irréparable parce qu’il a tué un type euh qui le valait bien parce que c’est ça ce procès. C’est quelqu’un
qui euh choisit sa victime, le marginal dont la vie ne vaut rien et qui décide de le tuer dans les conditions que nous savons pour du fric. Alors la plaidoirie. Alors la plaidoirie naturellement il faut évoquer Brassin parce que c’est au cœur du procès et ça tient particulièrement Jeunevè est particulièrement attaché à ce que l’on évoque cela.
Donc je dis à un moment au juret avec le tuto facile des hommes qui aiment vite, il vous aurait dit “Elle est à toi cette chanson et je choisis le petit morceau de chanson où l’on évoque bien sûr le moment où les gendarmes emmènent l’étranger et le moment où celui qui assiste à cette scène ne sourit pas.” Et là, j’hésite un instant.
La salle est pleine. Je le chante, je le chante pas et je le suissûure en chantant d’un grand soleil. Et je termine mon intervention là-dessus. C’est un souvenir pour moi exceptionnel parce que je vous avoue que je n’ai plus jamais chanté en plaidé dents et c’est pas à moi de dire quel effet c’est c ces quelques mots chantonnés ont pu avoir sur le jury sur la cour d’assise mais je crois me souvenir que c’était un vrai moment d’émotion.
C’était une sorte de dommage postume. Nous avions commencé par Brassin et nous terminions par lui. Dans la nuit du 16 octobre 92, le verdict tombe. 20 ans de prison pour Dandono qui frolent la perpétuité réclamée par l’avocat général. Il bénéficie de circonstances atténuantes.
Peut-être pour une enfance difficile, peut-être parce qu’on ignore s’il est finalement l’assassin de Joelipo. François Meier est cope de 9 ans de prison. Il a fourni la victime sans connaître, il le jure, le sort qui serait réservé à Joë Hipo. Mais quand il a tout compris, il n’est pas allé à la police. Pour Daniel Blue, c’est 14 ans de réclusion.
On ne sait pas si ses cocktails alcool médicaments ont été mortels. En tout cas, Bloir est allé jusqu’au crime sans y être forcé par Dandono. Enfin, les deux femmes, Marie- Thérèse Hérot, la compagne officielle et Daniel Simonin la maîtresse, ne sont condamnés que pour complicité d’escroquerie. Chacune est cope de 4 ans avec surcis.
Pour l’amour d’un mortvivant, Dandono avait été arrêté en 1988. Il a été condamné en 92 à 20 ans de réclusion criminel pour l’assassinat Joel Lippo et les escroqueries à l’assurance. Il en fait passé 13 ans derrière les barreaux et il est libre depuis 2001.