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Lio, Anna Mouglalis, Flavie Flament… Les « victimes » de Patrick Bruel étaient toutes présentes à la manifestation de soutien à Lyhanna, exprimant l’indignation et l’émotion de celles et ceux qui vivent des situations similaires

Lio, Anna Mouglalis, Flavie Flament… Les « victimes » de Patrick Bruel étaient toutes présentes à la manifestation de soutien à Lyhanna, exprimant l’indignation et l’émotion de celles et ceux qui vivent des situations similaires

L’émotion est devenue une onde de choc nationale. Le 4 juin 2026, la France apprenait avec effroi la découverte du corps sans vie de Lyhanna, une collégienne de seulement 11 ans, dans le département du Gers. Rapidement, le nom de Jérôme Barella est apparu au cœur de l’enquête : un suspect déjà visé par plusieurs procédures pour des violences sexuelles sur mineures avant même la disparition de la jeune fille. Ce drame, qui aurait pu être évité selon de nombreuses voix, a agi comme le catalyseur d’une colère populaire et artistique sans précédent.

Une mobilisation historique contre la « faillite » de la justice

À l’appel de collectifs engagés tels que « NousToutes », la « Fondation des femmes » et « Face à l’inceste », plus de 150 rassemblements ont été organisés simultanément dans toute la France. Devant les tribunaux, les manifestants ont réclamé justice pour Lyhanna, mais ont surtout dénoncé ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements chroniques et impardonnables d’un système judiciaire qui, selon eux, échoue systématiquement à protéger les plus vulnérables.

La colère ne porte pas seulement sur le suspect, mais sur l’institution elle-même. Les manifestants pointent du doigt une justice lente, déconnectée, et trop souvent incapable de prendre les mesures conservatoires nécessaires lorsqu’un danger est avéré. Le cas de Jérôme Barella, dont le passif judiciaire était connu, devient le symbole de ce que les associations appellent un « crime d’État par omission ».

Les artistes féminines en première ligne

Le rassemblement parisien a été marqué par une présence forte de figures emblématiques de la culture française. Malgré l’interdiction initiale du rassemblement devant le ministère de la Justice place Vendôme par la préfecture de police — justifiée par un risque de trouble à l’ordre public — et le déplacement forcé vers l’île de la Cité, une foule déterminée a tout de même convergé vers le site symbolique. Anna Mouglalis, Judith Godrèche, Coline Berry, Suzanne et Lio étaient présentes pour porter haut ce combat.

La chanteuse Lio, fidèle à son franc-parler, a livré un constat cinglant au micro de France Bleu : « Il n’y a pas de dysfonctionnement, c’est comme ça que la justice pour les femmes et les enfants fonctionne en France. Ils ne veulent pas de justice pour nous, ils veulent se protéger entre eux. » De son côté, Flavie Flament, figure médiatique récemment engagée dans une procédure judiciaire personnelle très suivie, a posé une question qui résonne avec force : « Qu’est-ce qu’il y a de plus dangereux, un gouvernement et une justice qui laissent des violeurs dans la nature ou une manifestation de pacifistes qui vont faire en sorte que le monde se remette à l’endroit ? »

Manifestation pour Lyhanna : la chanteuse Lio pousse un coup de gueule  contre la justice en France - Voici.fr

Le choc des chiffres et la force du symbole

Selon les chiffres officiels de la préfecture, près de 3 000 personnes ont été recensées entre les sites de la place Vendôme et de l’île de la Cité. Au-delà du cas tragique de Lyhanna, les représentantes des associations présentes ont tenu à souligner que le combat est global. Il s’agit de s’attaquer à la racine des « violences masculines » et à une culture institutionnelle perçue comme plus protectrice des agresseurs que des victimes.

Les témoignages qui se sont succédé lors de ces rassemblements ont dressé un portrait sombre d’une justice à deux vitesses. Nombreuses sont les mères de famille et les anciennes victimes de violences sexuelles qui ont pris la parole, souvent dans les larmes, pour expliquer leur sentiment d’abandon. « Quand on dépose plainte, on a l’impression d’être coupable », a résumé une manifestante présente place Vendôme.

Photo : Anna Mouglalis lors de la manifestation organisée contre les  violences faites aux femmes dans le quartier de l'Opéra à Paris, le 24  novembre 2018. © CVS/Bestimage - Ode (Purepeople)

Vers un tournant sociétal ?