Armand pensait avoir trouvé la chambre la moins chère d’Abidjan pour seulement 2 000 francs, mais trois mois plus tard, il découvrit que le propriétaire était mort et vivait toujours entre les murs

J’ai loué une chambre à 2000 francs par mois à Abidjan, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire où une chambre coûte normalement au minimum 50000 francs, 2000 francs. C’était trop beau pour être vrai et ça l’était parce que le propriétaire vivait dans les murs. Je suis Lena et je vous raconte les histoires que personne n’ose raconter.
Cette histoire m’a été confiée par un jeune homme qui a perdu 3 mois de sa vie dans cette chambre. 3 mois qu’il ne récupérera jamais. 3 mois pendant lesquels il n’était pas seul, jamais seul. Armand était étudiant en master à l’université Félix Fouet Boign d’Abidjan. Il venait de l’intérieur du pays de Bouaké.
Sa famille était modeste. Son père vendait du café. Sa mère cultivait un petit champ de manioc. Il faisait tout pour payer ses études. Mais à Abidjan, tout coûte cher, très cher. Armand partageait une chambre avec trois autres étudiants à Yopougon, quatre dans 10 m carrés. Il dormait à tour de rôle. Il n’avait jamais de moment seul, jamais de calme pour étudier et le loyer était de 15000 francs par personne, 60000 francs pour une chambre sans eau courante.
Armand en avait assez, il devait trouver mieux, quelque chose d’abordable, quelque chose à lui. Un jour, en revenant de l’université, il a vu une petite annonce collée sur un poteau électrique. Chambre à loué 2000 FCFA moi à Bobo. Armand s’est arrêté net. 2000 francs par mois, c’était impossible. Ça devait être une erreur ou une arnaque, mais il y avait un numéro de téléphone. Il l’a noté.
Ce soir-là, il a appelé. Ça a sonné longtemps. Puis une voix a répondu. Une voix d’homme vieille, fatiguée. Allô ? Bonsoir. Je vous appelle pour l’annonce. La chambre a 2000 francs. Un long silence. Tu es étudiant ? Oui. Tu es sérieux ? Pas de fête, pas de bruit ? Oui, je suis très sérieux.
Bon, viens demain 15h, quartier à Bobo Baoulé. Je t’enverrai l’adresse exacte. D’accord. Mais pourquoi c’est si peu cher ? La voix a hésité. parce que ce n’est pas grand et parce que je n’aime pas les gens compliqués. Si tu es simple, honnête, ça me va. Je suis simple. Alors à demain. Il a raccroché.
Armand a reçu l’adresse par SMS quelques minutes plus tard. Une ruelle dans un coin reculé d’Abobo. Pas sur les cartes, pas sur Google Maps. Mais il irait. Évidemment qu’il irait. Le lendemain à 15h, Armand est arrivé à l’adresse. C’était une vieille maison, pas un immeuble moderne, une vraie maison coloniale en brique rouge avec des volets en bois, des murs couverts de mousse. Elle avait l’air abandonnée.
Armand a frappé à la porte une fois, deux fois, pas de réponse. Il a attendu, puis il a entendu des pas lent, traînant. La porte s’est ouverte. Un vieil homme était là, peut-être 70 ans, peut-être plus, maigre, voûté, avec des yeux enfoncés dans leurs orbites. Tu es armand ? Oui. H.
L’intérieur sentait le vieux, le moisi, la poussière, mais c’était propre. étrangement propre, le vieil homme a marché lentement jusqu’à une porte au fond du couloir. Voilà, c’est ici. Il a ouvert la porte. La chambre était petite, vraiment petite. 6 m carrés peut-être, un lit, une table, une chaise, une petite fenêtre avec des barreaux, mais elle était meublée et elle était propre.
Il y a l’eau, l’électricité. Oui, tout est inclus dans les 2000 francs. Armand n’en croyait pas ses oreilles. C’est parfait, je l’apprends. Le vieil homme a souris. Un sourire étrange, fatigué, bien. Mais il y a une règle, laquelle ? Ne fait jamais de bruit après 22h. Jamais. D’accord, pas de problème.
Et ne touche jamais au mur. Armand affroncé les sourcils au mur. Oui, ne colle rien dessus. Ne les gratte pas. Ne les frappe pas. Laisse-les tranquille. Euh, d’accord. Le vieil homme a attendu une clé. Tu peux emménager dès maintenant. Le loyer se paie le premier du mois. En cas, tu me le glisses sous ma porte. Sous votre porte ? Oui.
Je n’aime pas qu’on me dérange. D’accord. Merci beaucoup, monsieur. Appelle-moi juste monsieur. Il est parti sans un mot de plus. Armand est resté seul dans la chambre. Il a regardé autour de lui. 2000 francs par mois à Abidjan. C’était le deal du siècle ou le début d’un cauchemar. Les premiers jours ont été parfaits. Armand avait enfin sa tranquillité.
Il pouvait étudier en paix, dormir seul, avoir son espace. Il respectait les règles. Pas de bruit après 22h, pas touché au mur. Mais il a commencé à remarquer des choses. La première nuit, vers 23h, alors qu’il était couché, il a entendu un bruit, un grattement léger, très léger, comme des ongles sur du bois. Ça venait du mur.
Le mur derrière son lit armand s’est redressé. Il a écouté. Le bruit s’est arrêté. Il s’est dit que c’était un rat ou un lézard. Les vieilles maisons sont pleines de bestioles. Il s’est recouché. Le grattement a recommencer. Plus fort ! Armand a allumé la lumière. Il s’est approché du mur.
Il a posé son oreille dessus. Le grattement s’est arrêté immédiatement. Puis il a entendu autre chose. Une respiration lourde, lente de l’autre côté du mur. Armand a reculé brusquement. Il y a quelqu’un ? pas de réponse. Il a attendu rien. Il a fini par se dire qu’il imaginait des choses. Stress, fatigue, nouvel environnement.
Il s’est recouché mais cette nuit-là, il n’a pas vraiment dormi. Le lendemain, il a croisé une voisine dans la rue, une femme dans la quarantaine. Elle vendait des fruits à côté de la maison. Bonjour tantine. Bonjour mon fils. Tu es nouveau dans la maison du vieux ? Oui, j’ai loué une chambre. Le visage de la femme a changé. Une chambre chez lui ? Oui.
Pourquoi ? Elle a baissé la voix. Mon fils, sois prudent. Prudent de quoi ? Cette maison, elle n’est pas normale. Comment ça ? Le vieux, il vit seul depuis 30 ans. Mais on entend toujours des bruits, des voix, des pas. C’est une vieille maison, c’est normal. La femme a secoué la tête. Non, ce ne sont pas des bruits normaux.
Et puis, elle a hésité. Quoi ? Les gens qui loi chez lui, ils ne restent jamais longtemps, maximum 3 mois. Après, mais ils partent en courant. Pourquoi ? Ils ne disent jamais pourquoi. Mais quand ils partent, ils ont peur. Une vraie peur. Armand Harit nerveusement. Tantine, vous me faites peur pour rien. C’est juste une chambre.
La femme l’a regardé tristement. Peut-être, mais fais attention quand même. Et si tu entends des choses la nuit, ne pose pas de questions. Cette nuit-là, Armand a entendu plus que des grattements. À minuit pile, il a entendu des pas dans le couloir lent, régulier. Quelqu’un marchait de long en large pendant des heures, Armand a regardé sous sa porte.
Il y avait de la lumière dans le couloir. Les pas continuaient. Armand a voulu sortir voir, mais quelque chose l’en a empêché. Une peur instinctive. Il est resté dans son lit, les yeux ouverts, écoutant. Les pas ont continué jusqu’à 3h du matin puis tout s’est arrêté. Le lendemain, Armand a voulu parler au propriétaire. Il a frappé à sa porte.
Pas de réponse, il a frappé plus fort, toujours rien. Il a collé son oreille contre la porte. Silence total, mais il sentait une présence. Quelqu’un était là de l’autre côté qui écoutait aussi. Armand a reculé, mal à l’aise. Il est retourné dans sa chambre. La semaine suivante, les choses ont empiré.
Les grattements sont devenus quotidiens toujours la nuit, toujours vers 23h. Armand a remarqué quelque chose d’autre. Les murs de sa chambre semblaient bouger, pas vraiment bouger, mais il semblait vivant comme s’il respirait. Un soir, alors qu’il étudiait, il a vu une fissure apparaître sur le mur. Une petite fissure.
Elle n’était pas là le matin. Il s’est approché. Il a regardé à travers. De l’autre côté, il y avait du noir, un noir total, mais il sentait quelque chose, une odeur comme de la chair pourrie. Et il a entendu la respiration plus proche, plus claire. Quelqu’un respirait de l’autre côté du mur à quelques centimètres de lui. Armand a reculé, terrifié, il a pris du scotch, il a recouvert la fissure, mais le lendemain, il y en avait une autre à un autre endroit.
Un mois après son eménagement, Armand a décidé d’en avoir le cœur net. Une nuit, quand les grattements ont commencé, il ne s’est pas recouché. Il a pris sa lampe torche. Il est sorti de sa chambre. Il a marché dans le couloir. La maison était plongée dans le noir, mais il entendait les bruits partout, dans les murs, dans le plafond.
Sous le plancher, des grattements, des chuchotements, des respirations. Armand a marché jusqu’à la porte du propriétaire. Il a frappé. Monsieur, monsieur, je dois vous parler. Pas de réponse. Il a tourné la poignée, fermé à clé. Mais sous la porte, il a vu quelque chose, une ombre. Quelqu’un était debout de l’autre côté, immobile.
Monsieur, l’ombre n’a pas bougé. Armand a senti sa gorge se serrer. Je je veux juste savoir les bruits. C’est quoi ? Une voix a répondu, mais ce n’était pas celle du vieux. C’était une voix différente, plus jeune, étrange. Ne cherche pas. Qui êtes-vous ? Retourne dans ta chambre. Où est le propriétaire ? Il est là où partout.
Armand a reculé. L’ombre sous la porte s’est déplacée. Rapidement, trop rapidement. Armand est retourné en courant dans sa chambre. Il a fermé la porte à clé. Il a poussé la table contre. Il est resté assis par terre tremblant. Le lendemain, il a appelé son meilleur ami Boris. Boris, je crois que je deviens fou.
Pourquoi ? Ma chambre, il se passe des trucs bizarres. Quel genre de truc ? Armand lui a tout raconté. Les grattements, les respirations, l’ombre sous la porte. Boris a écouté en silence. Armand, tu dois partir de là. Je ne peux pas. J’ai payé pour 3 mois et je n’ai pas d’autres endroits où aller. Alors, fais des recherches sur la maison, sur le propriétaire.
Comment ? Parle aux anciens du quartier. Ils savent toujours tout. Armand a passé le weekend à poser des questions. Il a parlé aux vendeurs du marché, aux vieux qui jouaient aux dames sous les arbres, aux commerçants. La plupart refusaient de parler, mais un vieil homme a fini par craquer. Tu habites dans la maison de monsieur Coné ? Je ne connais pas son nom, mais c’est le vieux qui loue des chambres.
Le vieil homme a secoué la tête. Monsieur Cony est mort. Il y a 5 ans, le sang d’arm s’est glacé. Quoi ? Il est mort. Crise cardiaque. On l’a enterré au cimetière de Williamsville. Mais mais j’ai parlé au propriétaire. Je le vois. Je lui pai le loyer. Le vieil homme l’a regardé gravement. Qui tu vois exactement ? Un vieux maigre voûé.
C’est lui monsieur Con. Mais vous venez de dire qu’il est mort. Le vieil homme s’est penché. Oui. Mort ? Mais pas parti. Je ne comprends pas. Monsieur Cony aimait tellement sa maison qu’il a refusé de la quitter même après sa mort. Vous voulez dire qu’il qu’il hante la maison ? Non, pas hanté. Il vit dedans dans les murs. Armand a reculé.
Dans les murs ? Oui. On dit qu’il s’est fait enterrer dans les murs de sa propre maison. Vivant pour rester là pour toujours. C’est impossible. Pourtant, c’est ce qui s’est passé. Et depuis, personne ne peut rester dans cette maison parce qu’il est toujours là à surveiller, à écouter, à gratter. Ce que Armand ne savait pas, ce que personne dans le quartier ne savait vraiment.
C’est comment monsieur Cony était arrivé à cette décision terrible. Il y a 40 ans, monsieur Cony était un homme riche. Il avait construit cette maison de ses propres mains, pierre par pierre, brique par brique. C’était son rêve, son chef-dœuvre. Il y avait vécu avec sa femme et ses trois enfants.
Ils étaient heureux. Mais un jour, tout a changé. Sa femme est morte, maladie foudroyante. Puis ses enfants ont grandi. Ils sont partis à l’étranger. Il ne revenait jamais. Monsieur Con s’est retrouvé seul dans cette grande maison avec ses souvenirs. Il a essayé de vivre normalement mais la solitude le ronit.
Chaque pièce lui rappelait quelqu’un qu’il avait perdu. Il a commencé à louer des chambres pour avoir de la compagnie, pour entendre des voix, pour ne pas être seul. Mais les locataires partaient toujours. Il ne restait jamais longtemps parce que monsieur Cony était envahissant. Il écoutait aux portes. Il entrait sans frapper.
Il voulait parler, toujours parler. Les gens fuyaient et monsieur Coné devenait de plus en plus fou. Un jour, il a rencontré un marabou, un charlatan qui lui a vendu une idée folle. Tu veux rester dans ta maison pour toujours ? Oui. Même après ta mort ? Oui, je ne veux jamais partir d’ici. Le marabou a souris.
Je peux t’aider mais le prix est élevé. Quel prix ? Ta liberté. Tu resteras ici pour l’éternité mais tu ne pourras jamais sortir. Tu seras prisonnier de ta propre maison. Monsieur Coné a accepté. Le rituel a été fait. Des scarifications, des incantations et surtout une instruction précise. Quand tu sentiras la mort venir, enferme-toi dans les murs, fais-toi murer vivant.
Ton corps deviendra un avec la maison et ton esprit y restera pour toujours. 5 ans plus tard, monsieur Coné a senti la mort approchée. Crise cardiaque imminent. Il le savait. Il a appelé un maçon. Il lui a payé une fortune et il lui a demandé de le murer vivant dans un espace entre deux murs.
Le maçon, apâté par l’argent, a accepté. Monsieur Coné est entré dans cet espace étroit debout, les bras le long du corps et le maçon a refermé le mur brique par brique. Monsieur Cony est mort là, debout, enfermé, mais son esprit est resté coincé entre les murs à tout jamais. Et depuis, il continue sa vie. Il loue des chambres, il veille sur sa maison, mais il ne peut jamais sortir.
Il est prisonnier des murs. Après avoir appris la vérité, Armand a voulu partir immédiatement, mais il avait un problème. Il avait payé pour 3 mois et il n’avait plus d’argent. S’il partait maintenant, il perdrait tout. Il a décidé de tenir juste mois de plus, mais les choses ont empiré rapidement. Les fissures dans les murs sont devenues plus nombreuses, plus grande.
Une nuit, Armand s’est réveillé et a vu quelque chose sortir du mur. Une main, une main grise, décharnée qui tâonnait dans le vide. Armand a hurlé. La main s’est rétractée immédiatement, mais le lendemain, il y avait une trace sur le mur comme une empreinte de main brûlée dans la peinture. Armand a commencé à éviter sa chambre.
Il passait ses journées à la bibliothèque. Il ne rentrait que pour dormir et encore parfois il dormait chez Boris mais chaque fois qu’il rentrait, il trouvait des signes. Ses affaires déplacées, ses livres ouverts à des pages qu’il n’avait pas lu, ses vêtements pliaient différemment. Quelqu’un entrait dans sa chambre quand il n’était pas là.
Quelqu’un qui vivait dans les murs. Un soir, Armand a décidé de confronter l’esprit. Il s’est assis au milieu de sa chambre. Il a parlé au mur. Monsieur Coné, je sais que vous êtes là. Je sais que vous m’entendez. Silence. Je respecte votre maison. Je paie mon loyer, mais vous devez me laisser tranquille.
Un grattement juste derrière lui. Armand s’est retourné sur le mur. Des lettres sont apparues gravées comme tracé par des ongles. Reste. Armand a senti son cœur s’emballer. Je ne peux pas rester pour toujours. D’autres seuls. Vous êtes seul ? Reste avec moi. Armand a compris. Monsieur Cony ne voulait pas lui faire du mal. Il voulait juste de la compagnie.
Il était seul depuis si longtemps. Mais cette révélation n’a pas rassuré Armand. au contraire, parce qu’il a compris autre chose, monsieur Coné le laisserait jamais partir. Les jours suivants, la situation est devenue insoutenable. Les murs se sont mis à saigner, une substance noire, visqueuse qui sentait la mort.
Les grattements sont devenus assourdissants, jour et nuit sans arrêt. Et une nuit, Armand s’est réveillé et a trouvé monsieur Coné dans sa chambre, pas l’esprit, le corps ou ce qu’il en restait. Une silhouette décharnée, grise avec des yeux vides debout au pied de son lit qui le regardait. Armand a hurlé, il a fermé les yeux et quand il les a rouverts, la silhouette avait disparu.
Mais sur le mur, il y avait écrit “Ne pars pas”. Le lendemain, Armand a appelé Boris en pleur. Je n’en peux plus, je dois partir maintenant. Alors pars, oublie l’argent, je ne peux pas. Il ne me laissera pas. Qui ? Monsieur Conna. Il me retit. Boris est venu chercher Armand avec deux autres amis. Ils sont entrés dans la maison. “Fais tes bagages, on part.
” Armand a commencé à rassembler ses affaires, mais soudain toutes les portes de la maison se sont fermées violemment. En même temps, les fenêtres aussi, les lumière se sont éteintes et dans le noir, ils ont entendu la voix. Il reste Ce n’était pas la voix du c’était quelque chose d’autre, plus profond, plus ancien. Boris a allumé son téléphone.
La lumière tremblait sur tous les murs, le même mot écrit des centaines de fois. Reste, reste, reste, reste. On sort d’ici. Ils ont couru vers la porte d’entrée. Elle ne s’ouvrait pas. Boris a donné des coups de pieds, rien. Puis les murs ont commencé à se rapprocher. Pas vite, mais il bougeait. La pièce rétrécissait. “Il va nous écraser.
” Armand s’est souvenu de quelque chose. Ce que le vieil homme au marché avait dit. Il s’est fait enterrer vivant dans les murs. Quoi ? Il faut détruire le mur, celui où il est enterré. “Comment on sait lequel ?” Armand a écouté les grattements. Il venait toujours du même endroit.
Le mur de sa chambre derrière son lit. Là, ils sont retournés dans la chambre. Boris a pris la chaise. Il a frappé le mur fort. Le mur s’est fissuré. Un hurlement a retenti. Inhumain. Continue. Boris a frappé encore et encore. Le mur s’est effondré. Derrière, il y avait un espace étroit et dedans, il y avait un corps debout momifié.
Les bras le long du corps, les yeux ouverts, la bouche ouverte dans un cri silencieux. Monsieur Conet, Armand a reculé, horrifié. Boris a allumé son briquet. Il a mis le feu à un vieux rideau. Il l’a jeté sur le corps. Le corps s’est embrasé et à l’instant où les flammes l’ont touché, toutes les portes se sont ouvertes. Les lumières se sont rallumées, le silence est revenu.
Armand et ses amis sont sortis en courant. Ils ne se sont jamais retournés. La maison a brûlé cette nuit-là. Les pompiers sont intervenus, mais il était trop tard. La moitié de la structure s’est effondrée. Dans les décombres, ils ont retrouvé le corps de monsieur Cony ou ce qu’il en restait. Muré dans un espace entre deux murs, les journaux ont parlé d’une découverte macabre d’un homme enterré vivant il y a des années, mais personne n’a compris pourquoi. Personne sauf Armand.
Armand n’a jamais récupéré son argent. 6000 francs perdus mais il s’en fichait. Il était vivant, libre. Il a déménagé chez Boris. Puis il a trouvé une nouvelle chambre plus chère mais normale. Parfois la nuit il se réveille en sursaut. Il croit entendre des grattements mais c’est juste son imagination ou du moins, c’est ce qu’il se dit.
Le terrain où se trouvait la maison est toujours vide aujourd’hui. Personne ne veut le racheter, personne ne veut y construire parce que les gens du quartier jurent qu’on entend encore des bruits la nuit, des grattements, des chuchotements comme si quelqu’un était toujours là, prisonnier seul pour l’éternité.
Cette histoire Armand me l’a raconté il y a 1 an. Il vit maintenant à Cocodi dans un appartement moderne au 5e étage. Il dit qu’il ne louera plus jamais de chambre dans une vieille maison. Jamais. Il y a des choses qu’on ne devrait jamais faire par désespoir. Acceptez un prix trop bas. Ignorez les signes.
Restez quand tout vous crie de partir. Monsieur Cony a choisi la solitude éternelle. Au lieu de se résigner, il a préféré être prisonnier plutôt que de partir. Et maintenant, il passe l’éternité à chercher de la compagnie, s’accrochant à ceux qui franchissent le seuil de sa porte, car la solitude est pire que la mort. La prochaine fois que quelqu’un vous propose une offre trop belle pour être vraie – une chambre à 2 000 francs à Abidjan, un appartement gratuit, un loyer dérisoire – demandez-vous pourquoi c’est si bon marché et, surtout, qui d’autre y vit, car parfois, on ne loue pas seul ; on partage un logement avec quelqu’un qui ne peut pas partir.
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