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Stérile, elle adopte 7 enfants… mais le silence qui règne derrière sa porte cache une horreur innommable : ils ne sont pas humains

Stérile, elle adopte 7 enfants… mais le silence qui règne derrière sa porte cache une horreur innommable : ils ne sont pas humains

Ma voisine avait sept enfants. Chaque soir à minuit précis, ils disparaissaient tous. Les histoires mystiques de Lena. Amina  venait de décrocher son premier poste d’enseignante à Cotonou. Après des années de galère, de petits boulots, de vacation par-ci  parl, elle avait enfin un contrat stable, un vrai salaire, une chance de commencer vraiment sa vie.

 Elle a loué un petit appartement dans un immeuble à hackpacpa, rien de luxueux. Deux pièces au deuxème étage, une cuisine minuscule, mais c’était à elle et c’était tout ce qui comptait. Le premier jour, en montant ses cartons, elle a croisé sa voisine de palier, une femme dans la trentaine, le sourire chaleureux, les cheveux tressés en nat impeccable.

 Elle portait un pagne coloré et tenait un bébé contre sa hanche. Bienvenue ma sœur. Je m’appelle Maman Grâce. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu frappes hein. On est voisine maintenant. Amina a sourit soulagé. Un bon voisinage, c’est précieux. Merci beaucoup. Je m’appelle Amina. Maman grâce rit doucement.

 Amina, joli nom. Tu verras, ici c’est calme, très calme. Elle a regardé le bébé dans ses bras puis elle a ajouté : “J’ai sep enfants mais ne t’inquiète pas, ils  ne font jamais de bruit. Sepant.” Amina a regardé la porte de l’appartement de maman grâce. Deux pièces aussi comme le sien. Elle s’est demandé comment on pouvait vivre à neuf dans un si petit espace.

 Mais elle n’a rien dit, ce n’était pas son problème. “Bon courage alors”, a-t-elle simplement  répondu. Les premières semaines ont été normales, presque trop normales. Amina partait tôt le matin pour l’école, revenait tard le soir et chaque fois qu’elle croisait Maman Grce dans le couloir, c’était toujours la même scène.

 Maman grasse avec un ou deux enfants, jamais plus. Un jour, c’était le bébé. Le lendemain, deux petits garçons. Le surlendemain, une fillette. mais jamais les en même  temps. Amina s’est dit que les autres devaient être à l’école ou chez des membres de la famille. C’est normal non ? Ce qui était moins normal, c’est qu’elle n’entendait jamais rien.

 Pas de cri,  pas de pleur, pas de course dans le couloir, pas de dispute entre frères et sœurs, rien. Un silence parfait, même la nuit. La première fois qu’Amina a vraiment senti que quelque chose clochait, c’était un soir de vendredi. Elle était rentrée tard après une réunion pédagogique. Il devait être 22h. Elle montait les escaliers quand elle a entendu des voix d’enfants, des rires, des champs.

 Ça venait de l’appartement de maman grâce. Amina s’est arrêtée devant la porte. Sep voix distinctes, sep enfants qui chantaient en cœur. Une contine qu’elle ne reconnaissait pas. Les paroles étaient étranges. 1 2 3 Le soleil s’en va. 4 5 6 La nuit nous prendra. 7 8 9 Nous partirons ce sous. 10 11 12 jusqu’à minuit. Puis silence total, Amina a affroncé les sourcils.

Elle a hésité à frapper. Puis elle a continué vers son appartement. Une fois chez elle, elle a posé son sac et s’est préparé un thé. Mais elle n’arrivait pas à se sortir cette chanson de la tête. Jusqu’à minuit, elle a regardé le 23h4. Par curiosité, elle a décidé de rester éveillée, juste pour voir.

 À minuit pile, elle a entendu un bruit, un bruit sourd comme quelque chose de lourd qui tombe ou qui se ferme. Ça venait de l’appartement d’à côté. Puis plus rien. Le silence est revenu. Amina a collé son oreille contre le mur. Rien, pas un souffle, pas un mouvement. Elle s’est dit qu’elle imaginait des choses. Fatigue, stress du nouveau travail.

 Elle est allée se coucher. Le lendemain matin, elle a croisé maman grâce dans l’escalier. Comme d’habitude, elle n’avait qu’un seul enfant avec elle, le bébé. Bonjour Amina. Bien dormi ? Oui. Oui. Et vous ? Maman Grâce a sourit. Très bien. Mes enfants dorment comme des anges. Amina a regardé le bébé. Il avait les yeux grands ouverts, mais il ne bougeait pas. Il ne pleurait pas.

 Il fixait juste le vide. Ils sont où les autres ? À l’école ? Maman Grce a penché la tête comme surprise par la question. Non, ils sont à  la maison. Ah bon ? Je ne les entends jamais. Le sourire de maman Grass s’est figé une seconde, juste une seconde, c’est parce qu’ils sont très sages.

 Puis elle est partie, laissant Amina avec un malaise qu’elle ne savait pas expliquer. Les jours suivants, Amina a commencé à observer. Elle a remarqué que maman gras sortait toujours seule ou avec un seul enfant à la fois, jamais avec plusieurs. Elle a remarqué aussi que le gardien de l’immeuble, oncle Bernard, évitait de  parler de maman grâce.

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 Un soir, Amina l’a croisé en bas et a tenté de poser des questions. Oncle Bernard, ça fait longtemps que maman Grâce habite ici. Le vieil homme a levé les yeux de son journal. 2 ans, peut-être trois. Et ses enfants, vous les voyez souvent ? Oncle Bernard a refermé son journal lentement.

 Mademoiselle Amina, je vais vous dire quelque chose. Dans cet immeuble, il y a des choses qu’on ne cherche pas à comprendre. On vit tranquille, on se mêle de nos affaires. Mais il a levé la main. Vous êtes nouvelle ici. Alors, je vais vous donner un conseil gratuit. Ne posez pas trop de questions sur maman grâce et surtout ne sortez jamais de chez vous après minuit.

Pourquoi, oncle Bernard a rouvert son journal et n’a plus dit un mot. Cette nuit-là, Amina n’a pas pu dormir. Elle était allongée dans son lit, les yeux ouverts, fixant le plafond. À 23h55, elle a entendu la contine. Encore les sept voix, les sept enfants. 1 2 3, le soleil s’en va. 4 5  6 La nuit nous prendra.

 7 8 9 Nous partirons au 10 11 12 jusqu’à minuit. Amina s’est levé doucement. Elle a marché jusqu’à la porte de son appartement. Elle l’a ouverte très légèrement. Juste un petit craquement. Le couloir était sombre, mais elle voyait la porte de maman gr fermée. Puis à minuit  pile, elle l’ la porte de maman grasse s’est ouverte. Sept silhouettes sont sorties.

Sept enfants en file indienne. Ils marchaient lentement. Leur pas ne faisaient aucun bruit. Ils ont descendu l’escalier. Amina, le cœur battant, les a suivi du regard. Ils sont sortis de l’immeuble. Elle a couru jusqu’à la fenêtre du couloir. Elle les a vu traverser la cour, puis franchir le portail, puis  disparaître dans la nuit. Cet enfant seul à minuit.

 Amina a attendu 1 heur. À 2h du matin, elle les a vu revenir les sept enfants en file indienne,  toujours silencieux. Ils sont remontés, ils sont rentrés dans l’appartement, la porte s’est refermée et Amina  a compris une chose terrifiante. Maman Grce n’était pas sortie avec eux. Les enfants étaient sortis seuls.

 Le lendemain, Amina a décidé d’en parler à quelqu’un, n’importe qui. Elle a  appelé sa grande-sœur Fatima qui vivait à Portonovo. Fatima, il se passe des choses bizarres dans mon immeuble. Quoi encore ? Tu viens juste d’emménager. Ma voisine, elle a sep enfants et chaque nuit à minuit, ils sortent seul sans elle. Un long silence.

Amina, tu es sûr de ce que tu as vu ? Je les ai vu de mes propres yeux. Cet enfant, ils sortent, ils reviennent 2 heures après. Et la mère, elle fait quoi pendant ce temps ? Rien. Elle reste à l’intérieur, je crois. Fatima a soupiré. Amina, tu sais ce que je vais te dire ? Quoi ? Qu’il y a des choses dans ce monde qu’on ne doit pas chercher à comprendre.

 Si ces enfants ne te font rien, si cette femme ne te dérange pas, laisse tomber. Mais Fatima, Amina, concentre-toi sur ton travail. Tu viens de commencer. Ne te crée pas de problème. Elle a raccroché. Amina s’est sentie seule, plus seule que jamais, mais elle ne pouvait pas laisser tomber. pas maintenant. Ce soir-là, elle a décidé de suivre les enfants.

 Elle s’est habillée en noir. Elle a mis des chaussures silencieuses et à 23h50, elle s’est posté dans le couloir, cachée derrière l’escalier. À minuit, la porte de maman grasse s’est ouverte. Les sept enfants sont sortis. Amina a attendu qu’ils descendent, puis elle les a suivis. Ils ont traversé la cour, le portail.

 Ils ont pris la rue principale, puis ils ont tourné dans une petite ruelle. Amina gardait ses distances.  Elle ne voulait pas qu’il la voie. Ils ont marché pendant presque 30 minutes jusqu’à arriver devant un vieux bâtiment abandonné.  Une ancienne école semblait. Les enfants sont entrés. Amina à Hésite. Chaque cellule de son corps lui criait de faire demi-tour.

 Mais quelque chose de plus fort la poussait en avant. Elle s’est approchée. Elle a regardé par une fenêtre cassée et ce qu’elle a vu l’a glacé jusqu’aux eaux. Les sept enfants étaient debout en cercle.  Au centre du cercle, il y avait quelque chose, une forme sombre qui bougeait. Ce n’était pas un animal, ce n’était pas un humain non plus. C’était autre chose.

Les enfants ont commencé à chanter la même continue mais cette fois il y avait d’autres voix qui répondaient. Des voix qui venaient de la chose au centre. Amina a reculé, elle a trébuché. Sa main a heurté un morceau de tôle. Le bruit a raisonné dans la nuit. Les voix se sont arrêtées.

 Les sept enfants ont tourné la tête en  même temps vers elle. Leurs yeux brillaient dans le noir. Une lumière jaune pas humaine. Amina a couru. Elle a couru sans se retourner. Elle a couru jusqu’à perdre le sou. Elle a couru jusqu’à son immeuble. Elle est monté les escaliers 4 à qu  elle s’est enfermée chez elle.

 Elle a poussé un meuble contre la porte et elle a attendu. Ce qu’Amina ne savait pas. Ce que personne dans l’immeuble ne savait vraiment, c’est que Maman Grce n’avait jamais eu d’enfant, pas de la manière dont on l’entend. Il y a 5 ans, maman Grce s’appelait encore Juste Grâce. Elle était mariée à un homme qu’elle aimait.

Ils avaient tout planifié, la maison, les enfants, l’avenir. Mais après 3 ans de mariage, rien, pas de grossesse, pas d’enfant. Les examens médicaux ont confirmé ce qu’elle refusait d’accepter. Elle ne pourrait jamais avoir d’enfants, jamais. Son mari l’a quitté 6 mois plus tard pour une autre femme plus jeune, plus fertile.

 Grâce est tombée dans une dépression profonde. Elle ne sortait plus, ne mangeait plus, ne parlait plus. C’est sa voisine de l’époque, une vieille femme qui lui a parlé un jour. Tu veux des enfants ? Grâce avait levé les yeux. Les yeux rouges de larmes. Plus que tout au monde. La vieille femme s’est penchée vers elle. Alors, je connais quelqu’un qui peut t’aider.

 3 jours plus tard, Grass se retrouvait dans une pièce sombre face à un homme qu’elle ne voyait pas clairement. Il était enveloppé d’ombre. Tu veux des enfants ? Ce n’était pas une question. Oui, je peux t’en donner sept comme les jours de la semaine. Ils seront à toi. Ils t’appelleront maman. Ils vivront avec toi.

 Grâce a senti son cœur bondir. Vraiment ? Oui. Mais il y a une règle, laquelle ? L’homme s’est penché vers elle. Elle a vu ses yeux noirs, complètement noirs. Chaque nuit à minuit, ils doivent partir. Ils doivent aller nourrir celui qui les a créé. Nourrir. Tu ne dois pas savoir comment. Tu ne dois pas savoir avec quoi.

 Tu les laisses partir, ils reviendront grâce à hésiter. Et si je refuse, alors tu resteras seul toute ta vie. Elle a regardé ses mains vide, tellement vide. J’accepte. L’homme a souri. Un sourire terrible. Alors c’est fait. Le lendemain matin, Grass s’est réveillée dans son lit.  Elle a entendu des voix, des voix d’enfants.

 Elle s’est levée incrédule et dans son salon, il y avait sept enfants, trois garçons, quatre filles de différents âges, du bébé de quelques mois à l’aîné de 12 ans. Ils l’ont regardé et encore ils ont dit “Bonjour maman.” Grâce à pleurer de joie, elle avait enfin ce qu’elle voulait. Elle ne s’est jamais demandé d’où il venait.

 Vraiment, elle ne voulait pas savoir. Les premières semaines, elle a vécu dans un bonheur parfait. Les enfants étaient calmes, obéissants, parfait. Puis minuit est arrivé. Ce premier soir à minuit pile, les sept enfants se sont levés en même temps sans dire un mot. Ils ont marché vers la porte grâce à voulu les arrêter. Où allez-vous ? Ils ne lui ont pas répondu.

 Ils sont sortis, elle a voulu les suivre, mais dès qu’elle a mis un pied dehors, une douleur atroce a traversé sa poitrine comme si on lui arrachait le cœur. Elle est tombée à genou et elle a compris. Elle ne pouvait pas les suivre. C’était la règle. 2 heures plus tard, les enfants sont revenus et depuis ce jour, chaque nuit,  c’est la même chose.

 Ils partent, ils reviennent et Grass ne pose plus de questions. Le lendemain de la nuit où elle a suivi les enfants, Amina n’est pas allée travailler. Elle a appelé pour dire qu’elle était malade. Elle est restée enfermée chez elle toute la journée. Les rideaux tirés, la porte verrouillée. Vers 17h,  quelqu’un a frappé à sa porte.

 Trois coups lents, régulier. Amina a figé. Qui est-ce ? Une voix d’enfant douce, innocente. Maman dit bonjour. Amina s’est approché de la porte sans l’ouvrir. Qu’est-ce que tu veux ? Maman veut te voir. Elle dit que tu es allée te promener hier soir. Le sang d’Amina s’est glacé. Je ne vois pas de quoi tu parles. Un rire ? Un rire d’enfant.

 Mais il y avait quelque chose de faux dedans. Maman dit que tu ne dois plus nous suivre. C’est dangereux. Je ne vous ai pas suivi. Si, on t’a vu un silence. Mais maman est gentille, elle te pardonne cette fois. Puis les pas se sont éloignés. Amina s’est effondrée contre la porte tremblante. Cette nuit-là, elle n’a pas dormi.

 Elle est restée assise sur son lit. Tous les sens en alerte. À minuit, elle a entendu les pas dans le couloir, les sept enfants qui sortaient, mais cette fois, ils se sont arrêtés devant sa porte. Tous les 7, elle le sentait. Puis une voix, plusieurs voix qui chantaient doucement. 1 2 3 le soleil s’en va.

 4 5 6 La nuit nous prendra. 7 8 9 Nous partirons aussi. 10 11 12 jusqu’à minuit. Puis ils sont partis. Le lendemain, Amina a pris une décision. Elle devait parler à Maman Grce directement. Elle a frappé à sa porte en fin de matinée. Maman Grce a ouvert. Elle tenait le bébé comme toujours. Amina, quelle surprise ! Entre.

 Amina a hésité puis elle est entrée. L’appartement était propre, rangé, normal mais il y avait quelque chose, une odeur sucrée, écœurante. Tu veux du thé ? Non merci, je je voulais juste te parler. Maman Grce s’est assise sur le canapé. Elle a posé le bébé à côté d’elle. Je t’écoute. Amina a pris une grande inspiration.

 Tes enfants, où sont-ils en ce moment ? Maman Grâce a sourit. À l’école. Quelle école ? Le sourire de maman grasse s’est figé. Pourquoi tu poses toutes ces questions ? Parce que parce que je les ai vu la nuit. Ils sortent à minuit seul. Un long silence. Maman Grce a penché la tête. Tu les as suivis ? Ce n’était pas une caisse, c’était une constatation.

 Je Maman Grce s’est  levé lentement. Le bébé dans ses bras ne bougeait toujours pas. Amina, tu es une fille intelligente. Alors, je vais être honnête avec toi. Elle s’est approchée. Ce que tu as vu, tu dois l’oublier complètement. Je ne peux pas. Tu dois. Maman Grâce a posé une main sur l’épaule d’ Sain était froide. Trop froide.

 Parce que si tu continues à poser des questions, si tu continues à chercher, ils vont venir pour toi aussi. Qui ? Ceux qui m’ont donné mes enfants. Amina a reculé brusquement. Tu es folle, maman. Grâce a secoué la  tête tristement. Non, juste désespérée. Et maintenant prisonnière. Prisonnière de quoi ? Du choix que j’ai fait.

 Amina est sortie en cours. Cette nuit-là, Amina a fait ses valises. Elle ne voulait plus rester ici, plus une seule nuit. Mais alors qu’elle fermait son dernier sac, la lumière s’est éteinte. Toutes les lumières de l’appartement. D’un coup. Puis la porte de sa chambre s’est ouverte lentement et dans l’encadrement, il y avait les sept enfants.

 Amina a hurlé mais aucun son n’est sorti de sa boue. Les enfants sont entrés en file indienne sans faire de bruit. Ils se sont arrêtés devant elle. L’aîné, un garçon de 12 ans a parlé. Maman dit que tu veux partir. Amina, paralysée, ne pouvait que hocher la tête. Tu peux, mais d’abord tu dois venir avec nous une fois. Non, le garçon a souri.

 Un sourire qui n’appartenait pas à un enfant. Tu n’as pas le choix, ils l’ont emmené. Amina ne se souvient pas exactement  comment. C’est comme si son corps bougeait tout seul, comme si elle flottait. Ils ont traversé les rues jusqu’au vieux bâtiment. À l’intérieur, la chose était là au centre du cercle. Amina a enfin pu la voir clairement.

 Ce n’était pas une créature. C’était un hama, un ha de ténèbres qui respirait, qui pulsait. Les sept enfants se sont placés autour et ils ont commencé à chanter. Mais cette fois, ils ont chanté autre chose. Elle a vu, elle sait, elle doit rester ou partir pour toujours. Lama s’est tournée vers Amina et une voix a parler, une voix qui venait de partout et de nulle part.

 Tu veux des enfants toi aussi ? Amina a secoué la tête frénétiquement. Non non, je veux juste partir. Alors pars, mais ne dis rien à personne, sinon je viendrai te chercher. Lama s’est rapprochée.  Amina a senti son souffle froid, putride, tu m’as vu maintenant je te connais et je saurai toujours où tu es. Amina s’est réveillée dans son lit le lendemain matin.

 Elle ne se souvenait pas comment elle était rentrée, mais ses valises  étaient toujours prêtes. Elle a appelé un taxi, elle a tout pris et elle est partie. Elle a quitté Cotonou le jour même. Elle est retournée chez sa sœur à Portonovo. Elle a démissionné par téléphone. Elle n’a jamais remis les pieds dans cet immeuble.

 Quelques semaines plus tard, par curiosité morbide, elle a appelé oncle Bernard le gardien. Oncle Bernard, c’est Amina. Je voulais savoir. Maman grâce est toujours là ? Oncle Bernard a soupiré. Oui, elle est toujours là avec ses sept enfants. Et personne ne pose de questions. Non mademoiselle, ici on ne pose pas de questions.

 Pourquoi vous ne l’avez pas signaler  à la police ? Oncle Bernard Harit amèrement. La police ? Pour leur dire quoi ? Qu’une femme vit avec sep enfants qui sortent la nuit ? Ils vont nous rire au nez. Mais mademoiselle Amina, vous avez eu la chance  de partir. Beaucoup n’ont pas cette chance. Il a raccroché.

Amina vit maintenant à Portonovo. Elle a trouvé un autre poste, un autre appartement seul, sans voisin étrange. Mais chaque nuit, quand minuit approche, elle vérifie ses portes, ses fenêtres et parfois très rarement elle entend une contine. 1 2 3 Le soleil s’en va. 4 5 6 La nuit nous prendra et elle se souvient maman grâce.

 Elle vit toujours dans cet immeuble àpakpa avec ses sept enfants qui sortent tous les soirs à minuit. Cette histoire, Amina me l’a raconté il y a 2 ans. Elle m’a fait jurer de ne jamais révéler son vrai nom, de ne jamais dire exactement où se trouve cet immeuble parce qu’elle a peur. Peur que la chose se souvienne d’elle, peur qu’elle vienne la chercher.

 Il y a des choses dans ce monde que nous ne comprenons pas. des choses qui naissent, du désespoir, de la solitude, du besoin insatiable d’avoir ce qu’on ne peut pas avoir. Maman Grâce voulait tellement des enfant qu’elle  a accepté de ne jamais poser de questions. Elle a accepté de vivre avec des créatures qui ne sont pas vraiment humaines.

 Elle a accepté  de fermer les yeux sur ce qu’ils font chaque nuit parce que pour elle, c’est mieux que d’être seul. Mais le prix à payer, est-ce que ça vaut vraiment la peine ? La prochaine fois que vous entendez des bruits étranges chez vos voisins, la prochaine fois que vous voyez des enfants trop silencieux, trop parfaits, la prochaine fois qu’on vous dit de ne pas poser de questions, posez-les quand même ou partez, mais surtout ne restez jamais par curiosité parce que certaines vérités vous lient à elle pour toujours. Merci d’avoir suivi