Bouleversante tragédie et colère des parents
La disparition et le décès de Lyhanna ont bouleversé la France entière. Mais derrière cette tragédie, c’est un cri d’alarme qui s’élève, un témoignage qui met en lumière les failles d’une justice paralysée. Par la voix de leur avocat, les parents de la fillette ont dénoncé un système à bout de souffle, où des vies peuvent être perdues faute de moyens, de personnel et d’organisation.
« J’ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats crouler sous des piles de dossiers. J’ai vu des décisions de justice qui ne pouvaient pas être appliquées faute de personnel. J’ai vu des experts refuser des missions car ils étaient surchargés. » Ces mots, prononcés avec gravité, révèlent une réalité glaçante : la tragédie de Lyhanna n’est pas seulement celle d’une petite fille perdue, mais celle d’un système qui n’a pas su la protéger.
L’avocat raconte comment des plaintes pour viol et agression sexuelle s’accumulent depuis des années. Les experts mettent six mois à rendre leurs rapports, les magistrats doivent examiner des milliers de dossiers, et parfois les audiences s’étendent jusqu’à 4 heures du matin pour quelques cas seulement. Pendant ce temps, des enfants restent vulnérables, des vies restent en danger, et la justice, pourtant garante de l’État de droit, est paralysée.
Un système dépassé et impuissant
L’avocat souligne une réalité terrifiante : « Étudier 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet, c’est impossible. Personne ne peut le faire correctement. » Face à une telle surcharge, les erreurs, les retards et l’injustice ne sont pas des exceptions, mais la norme. La famille de Lyhanna constate que la justice ne manque pas d’envie ou de courage, mais simplement de moyens.
Il est choquant de comparer la France à ses voisins européens. Dans d’autres pays, le nombre de procureurs, de magistrats et de greffiers est quatre fois supérieur, ce qui réduit drastiquement les délais de traitement des affaires graves. En France, le budget consacré à la justice est le plus faible d’Europe. Cette insuffisance a un prix : des vies comme celle de Lyhanna.
L’avocat appelle à une prise de conscience urgente. « Combien de Liana faudra-t-il pour que nous soyons enfin entendus ? » demande-t-il, colère et désespoir mêlés. Il insiste sur le fait que l’attribution de la responsabilité de ce drame à la seule institution judiciaire serait un non-sens : le problème est structurel, politique et financier.
La mobilisation héroïque de la gendarmerie
Malgré tout, l’avocat rend hommage à la mobilisation des forces de l’ordre : la gendarmerie du Gers, sous les ordres du procureur de la République, a fait un travail exceptionnel. La localisation du corps de Lyhanna est qualifiée de miracle par la famille. Mais combien d’autres parents n’ont pas cette chance ? Combien d’enfants restent disparus, victimes de l’inefficacité d’un système sous-financé et débordé ?
Cette dimension tragique renforce le message : ce drame aurait pu être évité. La famille de Lyhanna ne réclame pas des réformes ou des lois symboliques, elle exige des moyens concrets : personnel supplémentaire, budget suffisant, expertises rapides et procédures efficaces. Ce sont ces mesures qui peuvent prévenir les tragédies futures.

Une justice à bout de souffle
L’avocat détaille l’absurdité du système : un seul procureur pour traiter des centaines de plaintes depuis 2025, des experts débordés qui refusent des missions, des instructions judiciaires qui durent des années faute de juges et de salles d’audience. Des magistrats épuisés, travaillant jusqu’à 23h ou 4h du matin, tentent malgré tout de protéger les victimes, mais leurs efforts se heurtent à une infrastructure inadéquate.
Il rappelle également la tragédie humaine des professionnels de la justice : suicides de magistrats épuisés, colère et frustration accumulées. Ce tableau dévastateur montre que les dysfonctionnements ne sont pas volontaires, mais résultent d’une surcharge structurelle dramatique et d’un manque de moyens.
Un appel à la responsabilité des autorités
Par ce discours, la famille et leur avocat adressent un message clair au gouvernement : il est temps de prendre ses responsabilités. Chaque ministre, chaque décideur doit comprendre que la sécurité des enfants et l’efficacité de la justice ne peuvent plus attendre. Les drames comme celui de Lyhanna ne doivent pas se répéter.
« La robe que je porte me hurle de demander plus de moyens », déclare l’avocat. Il s’agit d’un appel poignant, chargé d’émotion et de désespoir, mais aussi de détermination. La famille ne veut pas de récupération politique ou de lois symboliques : elle réclame l’allocation immédiate de moyens efficaces, pour que la justice protège réellement ceux qui en ont besoin.

La colère et le désespoir transformés en exigence de justice
Ce discours est un acte de courage et d’urgence. Il transforme la douleur, la colère et l’injustice en revendication claire : donner à la justice les moyens de son devoir. La famille de Lyhanna exige une réponse rapide et efficace, pour que plus jamais un enfant ne disparaisse sans que la justice puisse intervenir.
La tragédie de Lyhanna devient ainsi le symbole d’une France où la justice est débordée, où la sécurité des enfants est compromise par des choix budgétaires, et où l’inaction peut avoir des conséquences irréversibles