7 ans d’analyse : thérapie obligatoire pour Mélanie Page avant d’avoir ses enfants avec Nagui

Pendant longtemps, Mélanie Page a donné l’image d’une femme épanouie. Comédienne appréciée du public, épouse de Nagui depuis de nombreuses années, mère de trois enfants et désormais auteure, elle semble avoir trouvé un équilibre rare entre vie professionnelle et vie familiale. Pourtant, derrière cette apparente sérénité, l’actrice reconnaît avoir longtemps travaillé sur elle-même avant d’accepter…
Pendant longtemps, Mélanie Page a donné l’image d’une femme épanouie. Comédienne appréciée du public, épouse de Nagui depuis de nombreuses années, mère de trois enfants et désormais auteure, elle semble avoir trouvé un équilibre rare entre vie professionnelle et vie familiale.
Pourtant, derrière cette apparente sérénité, l’actrice reconnaît avoir longtemps travaillé sur elle-même avant d’accepter l’idée de devenir mère.
À 50 ans, Mélanie Page appartient à cette génération de femmes qui n’hésitent plus à parler ouvertement de leurs doutes, de leurs blessures et du poids de l’héritage familial. Un sujet qu’elle aborde d’ailleurs au cœur de son premier roman, Peaux à peaux, publié le 1er avril 2026 aux éditions Albin Michel.

Connue du grand public pour ses rôles dans Sous le soleil, Madame le Proviseur, Léo Mattéï ou encore dans plusieurs films de Philippe Harel et Amanda Sthers, la comédienne a longtemps partagé son temps entre les plateaux de tournage et les scènes de théâtre.
Née à Paris d’un père anglais et d’une mère australienne, elle grandit dans un environnement multiculturel qui forge très tôt sa curiosité et sa sensibilité.
Au fil des années, Mélanie Page construit également une histoire d’amour solide avec Nagui. Leur rencontre au début des années 2000 marque le début d’une relation qui résistera au temps, aux contraintes médiatiques et aux exigences de leurs carrières respectives. Ensemble, ils accueilleront trois enfants : Roxane en 2004, Annabel en 2008 puis Adrien en 2012.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la maternité n’a jamais été pour elle une évidence immédiate. Bien avant la naissance de ses enfants, la comédienne s’interroge sur ce qu’elle pourrait transmettre malgré elle.
À l’occasion de la promotion de son roman auprès de la journaliste Margaux Sieffert pour CNews et Europe 1, Mélanie Page a évoqué avec une grande sincérité cette réflexion qui l’accompagne depuis de nombreuses années.
Son livre aborde justement les liens familiaux, les transmissions invisibles entre générations et les bouleversements provoqués par l’arrivée d’un enfant. Un thème qui résonne particulièrement avec sa propre expérience.
Selon elle, devenir parent transforme profondément le regard porté sur sa propre histoire familiale. Les certitudes vacillent, certaines blessures ressurgissent tandis que d’autres s’apaisent avec le temps.
« Quand on devient mère ou père, ça marche dans les deux sens, on comprend nos parents différemment. Je pense qu’on pardonne certaines choses, il y a des colères qui peuvent un peu se calmer.
En tout cas, ça peut appeler à une conversation qu’on n’avait pas eue avant, ce qui peut au final déboucher sur quelque chose de plutôt positif. Ce qui est sûr, c’est que ça remue. »
Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit de l’actrice. Pour elle, la parentalité agit comme un miroir. Elle oblige chacun à revisiter son passé, à comprendre certaines décisions prises par ses propres parents et parfois à regarder autrement les blessures accumulées au fil des années.
Mélanie Page explique également que l’arrivée d’un enfant bouleverse tous les équilibres existants. Le couple change, les priorités évoluent et l’identité personnelle se transforme elle aussi.
« Les cartes sont rebattues […] dans les familles, dans le couple et en soi. […] Donc il faut être un peu solide pour être prêt à rebattre ses cartes parce qu’il y a des choses positives qui vont sortir, mais pas que. »
C’est précisément cette prise de conscience qui l’a poussée à entreprendre un long travail personnel bien avant de devenir mère.
Loin d’être une démarche imposée par son entourage, cette décision est venue d’elle-même. Convaincue que certaines blessures non résolues risquaient d’influencer sa future vie familiale, elle choisit d’entamer une psychanalyse approfondie.
Une démarche qui durera sept années.
« Je conseille après chacun fait comme il veut, mais moi j’ai fait sept ans d’analyse avant de faire des enfants. Parce que je me suis dit, j’ai quand même 2-3 casseroles, des choses qu’on m’a transmises, des bons petits bagages foireux que je n’avais pas envie forcément de transmettre.
Et c’est pas mal de faire le tri avant. D’avoir répondu à des questions qui n’avaient pas de réponse. Chacun fait comme il veut, mais je pense qu’il faut faire un travail sur soi-même avant de devenir parent. Ça vaut pour les deux, c’est pas mal.
Après ça ne fera pas de nous des parents parfaits, il n’y a pas de parents parfaits et tant mieux. Comme il n’y a pas d’enfants parfaits. Mais on peut éviter deux-trois bêtises. »
Ces confidences ont particulièrement touché de nombreux parents sur les réseaux sociaux. Beaucoup y voient un message universel : personne n’arrive totalement préparé à la parentalité, mais apprendre à se connaître soi-même peut permettre d’aborder cette étape avec davantage de sérénité.
Aujourd’hui, plus de vingt ans après la naissance de son premier enfant, Mélanie Page ne prétend toujours pas détenir de recette miracle. Elle refuse d’ailleurs l’idée du parent parfait, qu’elle considère comme une illusion.
Son parcours témoigne plutôt d’une volonté constante de comprendre ce qui nous construit, ce que nous héritons de nos familles et ce que nous choisissons de transmettre à notre tour.
À travers son roman comme à travers ses confidences, la comédienne livre finalement une réflexion qui dépasse largement le simple cadre de la maternité. Une réflexion sur la transmission, les blessures invisibles et la possibilité de transformer son histoire avant d’écrire celle de ses enfants.