Patrick Bruel Patrick Poivre d’Arvor on devrait les remercier tout les deux !

La France assiste aujourd’hui à un spectacle médiatique et judiciaire sans précédent, une véritable compétition de l’ombre qui suscite autant l’effroi que l’interrogation. Nous n’avons plus besoin d’attendre les grands rendez-vous populaires comme la Coupe du Monde de football ou le Tour de France pour vibrer, car un tout autre événement, bien plus sombre, s’est emparé de l’espace public. Il s’agit de la trajectoire judiciaire effrénée dans laquelle se trouvent désormais engagés Patrick Poivre d’Arvor et Patrick Bruel, à celui qui accumulera le plus de vagues d’accusations.
Les chiffres actuels donnent le vertige et témoignent de la gravité de la situation. Alors que Patrick Bruel fait face à un compteur impressionnant de 30 accusations à son encontre, une nouvelle secousse vient de relancer l’affaire PPDA. Deux nouvelles plaintes viennent d’être déposées contre l’ancien roi du journalisme télévisuel français pour des faits qui se seraient déroulés en 2001 et 2011. Ces nouveaux éléments portent désormais son total à 13 plaintes. Dans cette triste course, certains franchissent les lignes rouges de la décence, s’apprêtant presque à lever les bras en signe de victoire sur les Champs-Élysées de l’opprobre public. À ce duo, il convient d’ajouter le monstre sacré du cinéma, Gérard Depardieu, lui aussi lourdement embourbé dans des affaires de méfaits similaires.
Patrick Bruel Patrick Poivre d’Arvor on devrait les remercier tout les deux !

Au-delà de la gravité des faits reprochés, une troublante similitude unit ces trois figures majeures de la culture française. Chacun d’eux a été le numéro un incontesté et le leader absolu dans son domaine respectif. Patrick Poivre d’Arvor régnait sans partage sur le journalisme télévisuel en France. Gérard Depardieu demeure, toutes générations confondues, le pilier historique du cinéma français. Quant à Patrick Bruel, le phénomène de la « Bruel Mania » des années 80 suffit à rappeler l’immensité de sa popularité et l’étendue de son pouvoir d’attraction sur les foules.
Pourtant, le secret de polichinelle entourant leurs comportements était connu de tous. Les mains baladeuses de l’un, les agissements déplacés des autres dans les couloirs des studios : personne n’ignorait totalement la réalité. La véritable interrogation, qui pousse à rejeter les accusations d’amateurisme ou de complotisme facile, réside dans le timing de la justice. Pourquoi un silence si assourdissant a-t-il régné pendant trente ou quarante ans ? Tant que ces hommes étaient en haut de l’affiche, tant qu’ils étaient rentables et qu’ils généraient des millions, aucune plainte n’aboutissait et aucun bruit ne filtrait.
Le schéma se répète de manière identique : c’est uniquement à l’approche de la soixantaine tardive ou des 70 ans, lorsque leur popularité décline et qu’ils ne rapportent plus autant au système, que la digue cède. Tout éclate subitement, comme si l’appareil judiciaire et médiatique décidait soudainement de les jeter en pâture au public. Cette manœuvre orchestrée pose question. S’agit-il d’une réelle volonté de nettoyer le pays et d’instaurer une justice équitable, ou assistons-nous simplement à une stratégie de communication visant à sacrifier d’anciennes gloires pour faire croire à l’opinion publique que personne n’est intouchable ? En réalité, l’exposition soudaine de ces trois icônes, bien que présumées innocentes pour certaines, ressemble fort à l’arbre qui cache une forêt bien plus dense et inavouable.