Elle s’était assise par erreur en première classe avec son bébé dans les bras… sans jamais imaginer que l’homme aux yeux verts assis à côté d’elle, un millionnaire discret, allait changer son destin à jamais.
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— Excusez-moi, madame, mais je crois que c’est mon siège, dit-il d’une voix calme.
Catalina Dubois serra son petit Mateo contre sa poitrine et désigna maladroitement le siège 3B.
L’homme, vêtu d’un costume parfaitement taillé, releva les yeux de son ordinateur portable et lui adressa un sourire bienveillant.
— Ne vous inquiétez pas. Je pense qu’il y a simplement une confusion avec les billets.Catalina sentit ses joues s’enflammer. Elle savait très bien que son billet indiquait le siège 23A. Mais après avoir traversé tout l’avion avec Mateo qui pleurait sans arrêt et une vieille valise usée à la main, elle avait aperçu ce siège libre et s’y était laissée tomber quelques instants, épuisée.
— Mon billet… il est là… je…
Elle fouilla nerveusement dans son sac d’une seule main tandis que l’autre soutenait son bébé.
À cet instant, une hôtesse de l’air s’approcha avec un sourire professionnel.
— Madame Dubois, votre place se trouve en classe économique. Permettez-moi de vous accompagner.
— Attendez un instant, intervint l’homme en se levant.
Il dépassait facilement le mètre quatre-vingt-cinq. Ses yeux verts rappelaient à Catalina ceux des acteurs qu’elle voyait parfois dans les séries françaises.
— Combien coûte un surclassement en première classe ?
— Monsieur, ce n’est vraiment pas nécessaire…, protesta Catalina.
Mais il avait déjà sorti sa carte bancaire.
— Le bébé a besoin d’espace, répondit-il simplement en regardant l’hôtesse. Je vous prie d’effectuer le changement.
Catalina resta figée.
À vingt-huit ans, personne n’avait jamais accompli un geste aussi généreux pour elle.
L’hôtesse effectua rapidement la transaction avant de lui tendre sa nouvelle carte d’embarquement.
— Voilà, madame. Bienvenue en première classe.
Catalina baissa les yeux vers Mateo, qui s’était enfin calmé.
— Je ne sais pas comment vous remercier…
— En acceptant simplement l’aide, répondit l’homme avec un sourire.
Le commandant annonça alors le décollage de ce vol reliant Paris à Nice.
Quelques minutes plus tard, tandis que les lumières de la capitale disparaissaient sous les nuages, Mateo commença à s’agiter de nouveau.
Sans hésiter, l’homme referma son ordinateur.
— Puis-je vous aider ?
— Vous n’êtes pas obligé…
— J’insiste.
À la surprise de Catalina, le bébé tendit immédiatement les bras vers lui.
L’homme éclata de rire.
— Eh bien, on dirait que j’ai été adopté.
Pour la première fois depuis longtemps, Catalina se mit à sourire elle aussi.
Elle ignorait encore que cet inconnu n’était autre qu’Alexandre Beaumont, l’un des entrepreneurs les plus riches de France.
Et elle ignorait surtout qu’avant l’atterrissage, une découverte inattendue allait bouleverser la vie de tous les deux.
partie 2…
L’avion avait atteint son altitude de croisière lorsque Mateo s’endormit dans les bras d’Alexandre Beaumont.
Catalina observait la scène avec une étrange émotion.
Son fils n’avait jamais aimé être porté par des inconnus. Même les voisins qu’il connaissait depuis des années avaient du mal à le calmer. Pourtant, à présent, il dormait paisiblement contre l’épaule de cet homme rencontré à peine une heure plus tôt.
— Il vous apprécie vraiment, dit-elle avec un sourire.
Alexandre baissa les yeux vers l’enfant.
Son regard s’assombrit légèrement.
— Quel âge a-t-il ?
— Presque deux ans.
— Et son père ?
Le sourire de Catalina disparut.
— Il est décédé avant la naissance de Mateo.
Alexandre hocha doucement la tête.
— Je suis désolé.
Un long silence s’installa entre eux.
Alors que l’avion commençait sa descente vers Nice, Alexandre demanda soudain :
— Vous venez rendre visite à de la famille ?
Catalina serra les mains.
— Non.
— Pour le travail, alors ?
— Non plus.
Elle hésita quelques secondes avant de sortir de son sac une vieille enveloppe froissée.
— Je suis venue chercher mon père biologique.
Alexandre sembla surpris.
— Votre père ?
— Je ne l’ai jamais rencontré. Ma mère est décédée il y a trois mois. Avant de partir, elle m’a enfin révélé la vérité.
Catalina ouvrit une lettre jaunie par le temps.
— Cet homme était autrefois un entrepreneur connu sur la Côte d’Azur. Ma mère disait qu’il n’avait jamais su qu’elle était enceinte. Elle est partie avant d’avoir le courage de le lui annoncer.
Alexandre l’écouta attentivement.
— Je n’ai qu’un nom et une ancienne adresse. Peut-être qu’il a déménagé depuis longtemps. Peut-être qu’il est mort. Mais je devais essayer.
L’avion atterrit.
Lorsque les passagers commencèrent à récupérer leurs bagages, Alexandre sortit une carte de visite de sa veste.
— Si vous avez besoin d’aide, appelez-moi.
Catalina lut la carte et resta figée.
ALEXANDRE BEAUMONT
Président-Directeur Général
Groupe Beaumont
Ce nom, elle l’avait déjà vu dans les journaux.
L’un des entrepreneurs les plus influents et les plus riches de France.
Elle leva les yeux, stupéfaite.
Mais Alexandre se contenta de sourire.
— Bonne chance, Catalina.
Puis il disparut dans la foule des voyageurs.
Trois jours plus tard.
Catalina se tenait devant une magnifique villa ancienne dominant la mer Méditerranée.
Un vieux majordome lui ouvrit la porte.
Lorsqu’il entendit le nom de la personne qu’elle recherchait, son visage se figea.
— Monsieur Henri Moreau est décédé il y a six mois.
Le cœur de Catalina se serra.
Tous ses espoirs s’effondrèrent en un instant.
Mais le majordome ajouta :
— Cependant… avant sa mort, il avait engagé des enquêteurs pour retrouver une jeune femme nommée Catalina.
Elle resta sans voix.
— Comment ?
Le vieil homme la conduisit dans un bureau.
Sur le bureau reposait une enveloppe.
On pouvait y lire :
« À ma fille, si un jour elle me retrouve. »
Les mains tremblantes, Catalina ouvrit la lettre.
Les larmes commencèrent à couler.
Henri y expliquait qu’il avait cherché sa fille et sa mère pendant plus de vingt ans.
Il n’avait découvert leur existence qu’après avoir reçu une ancienne lettre qui s’était perdue pendant des années.
Dès qu’il avait appris la vérité, il avait engagé des détectives dans tout le pays.
Mais il était déjà trop tard.
Il n’avait jamais réussi à les retrouver avant sa mort.
À la fin de la lettre, une phrase bouleversa Catalina :
« Si tu lis ces mots aujourd’hui, c’est que tu es enfin arrivée jusqu’à moi. Pardonne-moi d’avoir manqué toute ta vie. Sache que je n’ai jamais cessé de te chercher. »
Catalina éclata en sanglots.
Pas à cause de l’héritage qu’il lui laissait.
Mais parce que, pour la première fois de sa vie, elle comprenait qu’elle avait été attendue.
Qu’elle avait été aimée.
Six mois plus tard.
Grâce à l’héritage reçu, Catalina créa une fondation destinée à aider les mères célibataires en difficulté.
Le jour de l’inauguration, de nombreuses personnes étaient présentes.
Mais une personne en particulier la surprit.
Alexandre Beaumont.
Il descendit d’une élégante voiture noire.
À peine Mateo l’aperçut-il qu’il s’écria :
— Papa Alex !
Tout le monde éclata de rire.
Au cours des six derniers mois, Alexandre l’avait aidée dans toutes ses démarches administratives.
Puis étaient venus les dîners.
Les longues conversations.
Les promenades au bord de la mer avec Mateo.
Leur amour était né naturellement, sans promesses forcées ni grands discours.
Alexandre s’approcha d’elle.
— Catalina, aujourd’hui est un jour très important.
— Je le sais.
— Mais j’ai encore quelque chose de plus important à te demander.
Il s’agenouilla devant elle sous les regards émerveillés des invités.
Puis il sortit un écrin contenant une bague.
Ses yeux verts étaient aussi doux que le jour où ils s’étaient rencontrés dans cet avion.
— Tu as retrouvé ton père.
— Mateo a trouvé une famille.
— Et moi, j’ai trouvé la femme avec qui je veux passer le reste de ma vie.
Les larmes remplirent les yeux de Catalina.
— Oui… j’accepte.
Des applaudissements éclatèrent autour d’eux.
Mateo se jeta dans les jambes d’Alexandre.
— Moi aussi, j’accepte !
Les invités rirent de bon cœur.
Alexandre souleva le petit garçon dans ses bras avant d’enlacer Catalina.
Derrière eux, le soleil se couchait lentement sur la Méditerranée.
À cet instant, Catalina comprit quelque chose.
Le jour où elle s’était assise par erreur en première classe, elle avait cru avoir simplement eu de la chance.
Mais ce n’était pas la chance.
C’était le destin.
Le destin qui l’avait conduite vers un père qui ne cessa jamais de la chercher.
Vers un homme qui l’aimait sincèrement.
Et vers le foyer dont elle avait rêvé toute sa vie sans jamais croire qu’il puisse exister.