L’Algérie Rattrape Son Retard : Nouvelles Prévisions de Croissance Révélées
Salam alaykoum et bienvenue. On est le 1er juin 2026 et l’Algérie commence ce nouveau mois avec une série de bonnes nouvelles qui mérite vraiment qu’on s’y attarde. La Banque africaine de développement vient de revoir à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Algérie et les chiffres surprennent. Le diplomate américain en poste à Alger parle d’une Algérie transformée et méconnaissable par rapport à ce qu’il avait connu il y a 20 ans.
Le salon CIE Polytech 2026, le plus grand rendez-vous professionnel de l’eau et de l’environnement, ouvre ses portes aujourd’hui même à Alger. Et l’Algérie transforme les pots de mouton de Laï en or industriel dans le cadre d’une stratégie de souveraineté économique. Quatre sujets de fond, on décortique tout ensemble. C’est parti. Partie 1.

La bas de revoie à la hausse. 4. L’Algérie surprend le continent. Commençons par les chiffres. Et cette semaine, c’est la banque africaine de développement qui a produit le document le plus important sur l’économie algérienne. Dans son rapport 2026 sur les perspectives économiques en Afrique présenté à Brazaville lors des assemblées annuelles de l’institution, la BAD prévoit une croissance du PIB réel de l’Algérie de 4,1 % en 2026 puis de 4,2 % en 2027.
Ce n’est pas un chiffre ordinaire, c’est une révision à la hausse significative par rapport aux précédentes prévisions de la BAD qui tablait sur 3,4 %, un bon de presque un point entier. Dans le contexte économique mondial actuel, c’est remarquable. Ce qui est encore plus fort, c’est que ces prévisions de la BADE convergeant exactement avec les estimations retenues dans la loi de finance algérienne 2026, autrement dit, le gouvernement algérien avait vu juste.
La trajectoire qu’il avait annoncé est validée par l’une des institutions financières les plus sérieuses du continent. Mais derrière le chiffre de 4,1 %, il y a des moteurs concrets qu’il faut nommer la BAD soulligne que l’économie algérienne a continué d’afficher de bons résultats grâce à une forte production manufacturière et agricole ainsi qu’à l’investissement et à la consommation des ménages.
Ce sont des moteurs sains. Ce n’est pas uniquement la rente pétrolière qui tire la croissance. Ce sont aussi les usines, les champs et la demande intérieure. Deuxème élément remarquable du rapport, l’inflation. Son taux est passé de 4,4 % en 2024 à 1,7 % en 2025. C’est une chute spectaculaire pour les familles algériennes.

Ça veut dire que le pouvoir d’achat se stabilise. Les prix ne s’emballle plus comme il le faisait il y a quelques années. 3è élément, l’indice de développement humain. La BAD soulligne que l’IDH de l’Algérie place le pays parmi les plus développés du continent africain. Ce n’est pas une métrique économique uniquement, c’est une mesure de la qualité de vie réelle des citoyens.
Accès à l’éducation, à la santé, niveau de vie et l’Algérie y figure dans le haut du tableau africain. 4e élément, le contexte dans lequel tout cela se produit. Le rapport de la BAD note explicitement que l’Algérie maintient ses indicateurs [musique] malgré un contexte international marqué par les tension géopolitiques, les fluctuations des marchés énergétiques et les incertitudes pesant sur l’économie mondiale.
Autrement dit, l’Algérie résiste au choc externe mieux que beaucoup d’autres. Il faut être objectif et complet dans l’analyse. Ces performances sont solides, mais des défis structurels demeurent. La diversification économique reste un chantier inachevé. La dépendance aux hydrocarbures pour financer le budget de l’État est toujours réel et le chômage des jeunes reste une problématique persistante.
Ce que les chiffres de la base nous disent, c’est que la direction est la bonne. Ce qu’ils ne disent pas encore, c’est que la transformation est achevée. Elle est en cours. Partie 2 Marc Chapiro, l’Algérie vue par Washington. Une nation transformée. La deuxième actualité de ce juin nous emmène dans les coulisses de la diplomatie et elle est particulièrement intéressante parce qu’elle nous donne un regard extérieur rare et révélateur sur l’Algérie d’aujourd’hui.

Marc Chapiro est le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Alger depuis le 1 mars 2026. Ce n’est pas un inconnu de l’Algérie. Il avait déjà servi comme officier politique à l’ambassade américaine à Alger entre 2007 et 2009, 20 ans de séparation. Et quand il est revenu en 2026, il a découvert un pays qu’il ne reconnaissait plus dans le bon sens du terme.
Dans une déclaration largement reprise par les médias algériens, Chapiro a dit des choses qui méritent d’être rapportées parce qu’elles viennent d’un observateur professionnel habitué à peser ses mots et qui n’a aucune raison de flatter l’Algérie gratuitement. Il a parlé d’un pays plus ouvert et plus détendu. Une formule qui en dit long sur l’atmosphère sociale et politique qu’il perçoit dans le pays.
Il a évoqué sa surprise devant la maîtrise de la langue anglaise qu’il a constaté chez de nombreux Algériens. Il a dit, et je cite en substance ses propos, “Il me semble que tous les Algériens parlent anglais, c’est une transformation. Personnellement, je ne m’attendais pas à ça. Pour un américain, c’est un signal fort. L’anglais, c’est la langue de l’économie mondiale, de la tech.
Des affaires, sa progression en Algérie dit quelque chose sur l’ouverture culturelle et intellectuelle du pays. Chapiro a aussi évoqué ses déplacements à travers le pays. Il a parlé de la diversité des paysages algériens, de l’accueil chaleureux reçu partout où il est allé. Il a mentionné son passage à Constantine et les pâtisseries locales.
Il a évoqué un voyage à Timy Moun et dit “Avoir découvert un désert fantastique, ce sont des éléments anodins en apparence. Mais venant d’un diplomate américain chargé d’analyser l’Algérie pour Washington, il dessine une image positive, humaine d’une nation qui n’est pas celle que les médias occidentaux décrivent parfois.
” Sur le plan diplomatique, Chapiro a aussi clarifié la situation de l’ambassade. Depuis le départ d’Élisabeth Morobin, l’ambassadrice titulaire, le poste est vacant. Il l’a dit clairement. Envoyer un chargé d’affaires relève des transitions diplomatiques normales, une pratique courante dans les relations entre États.
Il a précisé que ces attributions couvrent l’intégralité des opérations de l’ambassade au même titre qu’un ambassadeur de plein exercice. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que le dialogue algéro-américain se poursuit à un niveau élevé. Le président Teboun a reçu le patron de l’Afriom et le secrétaire d’État adjoint américain.
Ce n’est pas le profil d’une relation tendu, c’est le profil d’un partenariat stratégique qui continue malgré les désaccords sur certains dossiers. L’Algérie n’est pas dans le camp [musique] américain, elle n’est pas dans le camp russe ou chinois. Elle est dans son propre camp depuis une posture de souveraineté.
C’est ce que confirme l’éclairage de Marc Chapiro. Partie 3, Sier et Polutech 2026, Alger capitale mondiale de l’eau et de l’environnement. La troisème actualité de ce jour est un événement qui démarre aujourd’hui même et il mérite toute notre attention parce qu’il touche à un sujet qui est peut être le plus critique de ce siècle pour l’Algérie et pour l’Afrique entière.
L’eau. Depuis ce matin, le palais des expositions de la Safex à Alger accueille la 20 et 1e édition du CI Polytech, le salon international des équipements, des technologies et des services de l’eau et de l’environnement. Il durera jusqu’au 4 juin soit 4 jours entiers de rencontres, de présentation technique et de négociation commerciale.
Les chiffres de cette édition 2026 sont éloquents. Plus de 170 exposants contre 140 en 2025. Près de 10000 visiteurs professionnels attendus contre 8500 l’année dernière, une hausse de 21 % pour les exposants et de 18 % pour les visiteurs. [musique] Cette progression n’est pas anodine. Elle dit que le secteur de l’eau et de l’environnement est en accélération en Algérie.
Ce qui est remarquable dans cette édition, c’est la composition des exposants. 70 % d’entre eux sont algériens. Sur la base des 170 exposants annoncés, ça représente environ 120 entreprises algériennes. Ce n’est plus un salon international où l’Algérie regarde des étrangers présenter leur technologie. C’est un salon où les entreprises algériennes montrent ce qu’elles savent faire au côté des 16 pays représentés.
l’Allemagne, la Chine, la France, l’Italie, l’Espagne, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Russie, la Tunisie et d’autres. Quels sont les thèmes au cœur de cette édition 2026 ? Il reflète exactement les défis concrets que l’Algérie doit relever. Le dessement de l’eau de mer et des eaux somatâtres. L’Algérie a investi massivement dans les stations de dessement et le pays possède aujourd’hui l’une des plus grandes capacités installé d’Afrique.
L’économie circulaire appliqué à l’industrie. Comment réutiliser, recycler, réduire les déchets industriels. La réutilisation des eaux usées épurées pour l’agriculture. Un enjeu crucial dans un pays où la ressource en eau est sous pression. La finance verte. Comment mobiliser des capitaux pour financer des infrastructures environnementales et la préservation du littoral et la lutte contre la pollution marine.
Ce salon est stratégique pour l’Algérie à plusieurs niveaux. D’abord parce que l’eau, c’est la sécurité alimentaire. Sans eau, pas d’agriculture. Sans agriculture, pas d’autosuffisance alimentaire. Ensuite, parce que la transition écologique est une réalité économique, les pays qui maîtrisent les technologies environnementales ont un avantage compétitif considérable dans les décennies à venir.
Et enfin, parce que l’Algérie peut devenir un exportateur de solutions environnementales vers l’Afrique sub-saharienne, un marché de plus d’un milliard de personnes qui en a désespérément besoin. Le fait que 70 % des exposants soient algériens, c’est la preuve que l’industrie nationale de l’eau et de l’environnement est en train de se structurer.
Ce n’est plus un marché de l’importation, c’est un marché de la production et de l’expertise locale. Partie 4 du sacrifice à l’usine. L’Algérie transforme les pots de mouton en richesse industrielle. La 4è actualité de ce juin est l’une de celles que j’aime particulièrement raconter parce qu’elle illustre un changement de mentalité profond dans la manière dont l’Algérie regarde ses ressources.
Chaque année, à l’occasion de Laidelada, des millions de moutons sont sacrifiés à travers le pays et chaque année, des tonnes et des tonnes de peau aux vines finissaient abandonné, jeté ou brûlé représentant un gaspillage économique colossal. Cette année, l’Algérie a décidé de transformer ce gaspillage en opportunité industrielle et la démarche est sérieuse.
Depuis le 27 mai 2026, premier jour de l’aï, le ministère de l’industrie a lancé à travers tout le pays une opération nationale de collecte des pots de mouton. La campagne est placée sous un slogan qui dit tout. Du sacrifice à l’usine, la peau est une valeur à ne pas gaspiller. Concrètement, comment ça fonctionne ? Des équipes de collecte sont déployées dans toutes les wiayas.
Le groupe public GTEX, le holding textile et cuir coordonne les opérations avec les autorités locales, les services techniques, les associations et les équipes de terrain. Les peaux collectées sont transportées vers des structures de traitement et de valorisation. Elles vont alimenter l’industrie du cuir algérienne qui peut produire des chaussures, des sacs, des vêtements en cuir, des équipement industriel et d’autres produits à forte valeur ajouté.
L’objectif de 2026 est ambitieux. Le docteur Mogda Dagoun, directeur de la veille stratégique au ministère de l’industrie, l’a annoncé clairement sur les ondes de la radioalgérienne. L’objectif est d’atteindre un taux de 45 à 50 % de peau exploitable valorisé cette année. Concrètement, ça voudrait dire que une peau sur deux serait récupéré et intégré dans la chaîne de production industrielle.
C’est une révolution dans les pratiques. Le groupe public GTEX dispose d’une capacité de stockage de 1,2 million de pots. Ces équipements vont être modernisés pour répondre au standard actuel de transformation. L’objectif à terme est de renforcer la production locale et de réduire progressivement la facture des importations de produits en cuir fini ou semi-fini.
Pourquoi cette initiative est-elle importante à l’échelle nationale ? Parce qu’elle s’inscrit dans une logique d’économie circulaire que l’Algérie est en train de construire pièce par pièce. Au lieu d’importer du cuir ou des produits en cuir de l’étranger en dépensant des devises, l’Algérie produit localement à partir de ses propres ressources.
C’est moins d’importation, plus de production locale, plus d’emploi dans l’industrie du cuir et il y a une dimension culturelle et symbolique aussi. Laïada est le moment le plus important du calendrier religieux algérien. En faisant de ce moment un acte économique utile pour le pays, en plus d’être un acte de foi, le gouvernement envoie un message fort.
Chaque ressource compte, rien ne doit être gaspillé et le développement économique peut s’appuyer sur les traditions plutôt que de les ignorer. Selon les premières informations de terrain, la mobilisation lors du premier jour de la campagne a été décrite comme large et encourageante. Les résultats définitifs de l’opération seront connus dans les prochains jours.
Si l’objectif de 45 à 50 % est atteint, ce sera une première historique pour la filière cuiral algérienne. Voilà le bilan de ce 1 juin 2026, premier jour d’un nouveau mois chargé en promesse pour l’Algérie. La BAD a révisé à la hausse ses prévisions de croissance algérienne à 4,1 % bien au-dessus des prévisions précédentes de 3,4 %. L’inflation est tombée à 1,7 %.
L’IDH place l’Algérie parmi les plus développés d’Afrique. Une validation internationale solide. Le chargé d’affaires américain Marc Chapiro qui revient à Alger 20 ans après d’une Algérie méconnaissable, plus ouverte, plus détendue, plus anglophone, plus accueillante. Un regard extérieur précieux.
Le Copolytech 2026 ouvre aujourd’hui ses portes à la Safex avec 170 exposants dont 70 % algériens et 10000 visiteurs professionnels attendus. L’Algérie s’affirme comme acteur et pas seulement spectateur dans le secteur stratégique de l’eau et de l’environnement. Et l’opération nationale de collecte des pots de mouton vise 45 à 50 % de cuir valorisé cette année transformant un gaspillage ancestral en opportunité industrielle.
L’Algérie avance. Elle avance avec méthode, avec cohérence et avec une vision de long terme qui commence à porter ses fruits. Likez si cette vidéo vous a apporté quelque chose. Abonnez-vous pour ne rien rater.