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ALGERIE : Le scandale étouffé du fils de Leïla Aslaoui (Révélations)

ALGERIE : Le scandale étouffé du fils de Leïla Aslaoui (Révélations)

L’Algérie est actuellement secouée par l’un des scandales politiques et financiers les plus sombres et les mieux gardés de ces dernières années : l’affaire de la mafia des cigarettes. Ce dossier ultrasensible, caractérisé par un black-out médiatique total imposé par les services de sécurité et les autorités judiciaires algériennes, met en lumière une collusion profonde entre des cercles d’affaires mafieux et des personnalités politiques majeures situées au sommet de l’État.

Au cœur de cette gigantesque affaire de corruption, de trafic d’influence et d’enrichissement illicite, trois figures clés se détachent : un membre par alliance de la famille de l’épouse du chef de l’État, un conseiller influent du palais présidentiel d’El Mouradia, et le fils de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui.

L’enquête révèle que l’affaire a véritablement éclaté à la suite de la chute et de l’arrestation de l’ancien patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le général Ismaïl Abdelatif, plus connu sous le nom de Nassar Jéni. Dès 2022, le président Abdelmadjid Tebboune avait ordonné à ses services de renseignement d’enquêter de manière approfondie sur la Société Algéro-Émiratie pour la Fabrication du Tabac (STAEM).

 

Cette entreprise représente une véritable mine d’or économique en Algérie, générant plus de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et versant chaque année l’équivalent de 100 à 110 millions de dollars de dividendes à l’État algérien via le groupe public Madar. L’objectif initial du pouvoir était de constituer un dossier à charge contre les investisseurs émiratis pour les évincer de cette entreprise hautement prospère. Cependant, les investigations ont mis au jour un réseau de corruption interne d’une ampleur insoupçonnée, initialement protégé par Nassar Jéni lui-même.

Le personnage par qui le scandale a fini par éclater publiquement s’appelle Mohammed Yaakoub. Ami intime et principal partenaire commercial de l’ancien directeur général de la STAEM, Zahir Khaled, Yaakoub gérait depuis plusieurs années un marché extrêmement lucratif de sous-traitance lié à la récupération et au transport des déchets de tabac via sa société TPM.

Portrait : Leïla Aslaoui, une femme de fer

Ce business lui a permis d’accumuler une fortune colossale, comprenant de nombreux biens immobiliers de luxe à Blida, Bouzaréah, Chéraga et un complexe hôtelier à Jijel. Arrêté et placé en garde à vue par l’Office central de lutte contre le crime organisé de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), Mohammed Yaakoub a cédé à la panique face aux enquêteurs.

 

Pour sauver sa peau, il a accepté de coopérer pleinement en révélant l’intégralité des secrets financiers de Zahir Khaled, les réseaux de distribution opaques, ainsi que le versement systématique de pots-de-vin en échange d’agréments de grossistes. En contrepartie de ses aveux complets, Yaakoub a bénéficié d’une immunité totale et a été remis en liberté sans passer par la case prison.

C’est précisément le témoignage de Mohammed Yaakoub qui a permis de reconstituer les ramifications de ce réseau au sein même de la présidence de la République. Parmi les grossistes ayant bénéficié des faveurs de la STAEM figure un homme d’affaires originaire d’Adrar, Ali Bakari. Les investigations confirment que Bakari est le beau-frère du frère de l’épouse du président Tebboune. Profitant de cette parenté éloignée, Ali Bakari s’est rapproché d’un conseiller de la présidence de la République chargé des titres et des décorations au palais d’El Mouradia. Ce conseiller, cherchant à s’attirer les faveurs de la première dame pour propulser sa propre carrière, a personnellement introduit Ali Bakari auprès du directeur de la STAEM, Zahir Khaled. Y voyant une opportunité inespérée d’acheter une protection politique au plus haut niveau face aux enquêtes qui le visaient, Khaled a immédiatement accordé à Bakari toutes les autorisations nécessaires pour devenir un distributeur majeur de cigarettes. Ce dernier s’est ainsi enrichi de manière spectaculaire en brassant des transactions quotidiennes de plusieurs dizaines de milliards de centimes. Bien que l’affaire ait été étouffée, Ali Bakari a finalement été incarcéré à la prison de Koléa.

Le volet le plus choquant de ce scandale réside dans le traitement de faveur accordé à un autre acteur central du réseau : Khalid Aslaoui, le fils de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui. Khalid Aslaoui occupait le poste stratégique d’assistant du directeur général chargé du développement commercial au sein de la STAEM.

 

À ce titre, il gérait directement la sélection des grossistes, l’attribution des quotas de cigarettes et la facturation, le plaçant au cœur des manœuvres frauduleuses de l’entreprise. Pourtant, alors qu’une douzaine de cadres supérieurs de la société ont été arrêtés et jetés en prison lors du coup de filet d’octobre 2025, le fils de la haute magistrate a été miraculeusement épargné par les poursuites judiciaires.

 

 

Son exclusion des procédures criminelles démontre les interventions politiques majeures visant à protéger les enfants de l’élite et à vider le dossier de sa substance. Cette affaire, où se mêlent trahisons politiques et pillage financier, lève le voile sur les dérives systémiques d’un régime où l’appareil judiciaire reste subordonné aux intérêts des clans du pouvoir.