🚨 ALGERIE : Le scandale étouffé du fils de Leïla Aslaoui (Révélations)

L’ombre d’un scandale d’État sous haute tension
Derrière les portes closes du palais présidentiel d’El Mouradia et les couloirs feutrés des plus hautes institutions judiciaires d’Algérie se dessine l’un des scandales financiers et politiques les plus sombres de ces dernières années. Appelée communément l’affaire de la « mafia des cigarettes », cette saga politico-financière met en lumière un système complexe où se mêlent enrichissement illicite, trafic d’influence, cupidité démesurée et collusions mafieuses. Au cœur de ce réseau tentaculaire, trois figures clés émergent, chacune liée par le sang, le pouvoir ou l’ambition aux sommets de l’État algérien : un membre par alliance de la famille de l’épouse du chef de l’État, un conseiller influent de la présidence de la République, et le fils de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leila Aslaoui.
Alors qu’un blackout médiatique absolu est imposé à travers tout le territoire national, interdisant aux médias locaux et aux sources officielles d’évoquer le sujet, les ramifications de ce dossier sensible commencent à être dévoilées. Ce récit retrace l’histoire d’une machine économique colossale devenue le terrain de jeu d’une élite en quête de gains faciles, sur fond de règlements de comptes sécuritaires et d’alliances opportunistes.
Les origines de l’enquête et le glissement des identités
L’affaire a commencé à faire surface de manière fragmentaire à l’automne 2025. Les premières investigations se heurtaient alors à un verrouillage systématique imposé par les services de sécurité et les autorités judiciaires algériennes, soucieuses de vider le dossier de sa substance avant qu’il ne touche des sphères intouchables. Initialement, les soupçons se portaient sur un certain Ali Bakari, présenté à tort par de premières informations comme le beau-frère direct ou le mari de la sœur de l’épouse du président Abdelmadjid Tebboune. Le nom de cet homme d’affaires semblait s’être volatilisé des procédures judiciaires initiales comme par enchantement.
Pourtant, la réalité des faits, bien que légèrement différente dans la structure généalogique, n’en demeure pas moins percutante. Ali Bakari, un ancien concessionnaire automobile originaire de la wilaya d’Adrar, s’est installé à Alger deux à trois ans après l’accession au pouvoir du clan Tebboune. Les investigations approfondies ont permis de rectifier son lien de parenté : il est en réalité le beau-frère du frère de l’épouse du président. Profitant de cette proximité géographique et familiale propre à la mentalité des réseaux d’influence algériens, Ali Bakari a rapidement cherché à capitaliser sur ce lien pour s’immiscer dans le secteur hyper-rentable du tabac en Algérie.
La mine d’or de la STAEM : Une machine à milliards
Pour comprendre l’ampleur du scandale, il est indispensable de mesurer le poids économique de la société au centre de toutes les convoitises : la STAEM (Société Algéro-Émiratie de Fabrication des Tabacs). Cette entreprise est une véritable puissance financière en Algérie, souvent considérée comme la deuxième entité la plus prospère du pays juste après la compagnie pétrolière nationale Sonatrach. Avec un volume de ventes annuel atteignant 3,2 milliards de dollars et un chiffre d’affaires colossal, la STAEM reverse chaque année plus de 1,7 milliard de dollars en taxes et impôts à l’État algérien. Pour son actionnaire public, représenté par le groupe Madar, les dividendes annuels oscillent entre 100 et 110 millions de dollars.
La STAEM détient le monopole exclusif de la fabrication et de la distribution de marques internationales majeures, telles que Marlboro et L&M, en partenariat avec des géants mondiaux de l’industrie comme Philip Morris, Japan Tobacco International et Imperial Tobacco. Dans un pays qui compte entre 13 et 14 millions de fumeurs, dont au moins 7 millions de consommateurs réguliers et invétérés, le marché du tabac représente une source de liquidités inépuisable qui ne nécessite aucun effort marketing. Les cigarettes y étant nettement moins chères que dans les pays développés ou voisins, l’accès aux agréments de distribution équivaut à la possession d’une véritable « poule aux œufs d’or ».
L’homme par qui le scandale est arrivé : Les aveux de Yaakoub Mohammed

Le château de cartes a commencé à s’effondrer à partir des activités d’un opérateur périphérique mais stratégique : Yaakoub Mohammed. Originaire de Jijel, cet homme d’affaires était l’ami intime et le partenaire privilégié de Zahir Khaled, l’ancien directeur général de la STAEM. Durant plusieurs années, Zahir Khaled a octroyé à la société de son ami, TPM Yaakoub, la gestion exclusive d’un marché extrêmement lucratif : la récupération, le transport et le traitement des déchets tabagiques de l’usine.
Détenant près de 80 % des parts du marché national, la STAEM génère des volumes industriels de résidus. Ce contrat de sous-traitance a permis à Yaakoub Mohammed d’accumuler en peu de temps une fortune immobilière et commerciale colossale, comprenant :
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Trois grands dépôts de stockage situés à Blida et des propriétés à Boufarik.
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Une villa et des commerces à Chéraga, ainsi qu’une villa sur les hauteurs de Bouzaréah.
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Un complexe hôtelier, un appartement et une villa dans sa région d’origine à Jijel.
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Un bungalow de standing situé à La Madrague.
En parallèle, Yaakoub Mohammed s’était lancé dans le commerce de gros, s’associant pour racheter et revendre des volumes massifs de cigarettes auprès de la Société de Distribution des Produits (SDP) au niveau de Constantine. Les transactions portaient régulièrement sur des lots de 2 000 caisses de cigarettes. Dans le jargon de l’industrie, chaque caisse contenant une cinquantaine de cartouches, la valeur globale de ces transactions quotidiennes se chiffrait en dizaines de milliards de centimes algériens.
Ciblé par une enquête de l’Office central de lutte contre le crime organisé de la DGSN, basé à Châteauneuf (Chaoula), Yaakoub Mohammed a été arrêté et placé en garde à vue. Face à la pression des enquêteurs, l’homme a paniqué et a choisi de collaborer pleinement. Lors de ses auditions, il a révélé l’intégralité des secrets de la STAEM, détaillant la manière dont Zahir Khaled gérait les pots-de-vin, monnayait les autorisations de distribution et modifiait les agréments au profit de commerçants influents. En échange de ses révélations et d’un pacte de protection, Yaakoub Mohammed a évité la détention provisoire. Remis en liberté, il entretiendrait toujours des liens étroits avec certains responsables de l’organe de lutte contre le crime organisé, préservant ainsi son impunité.
Le rôle des intermédiaires et l’implication d’El Mouradia
Ce sont les aveux de Yaakoub Mohammed qui ont permis de reconstituer les connexions politiques ayant facilité l’ascension d’Ali Bakari à Alger. Pour s’introduire auprès de la direction de la STAEM, Bakari a bénéficié de l’intervention directe d’un conseiller influent de la présidence de la République, alors chargé des titres et des décorations au sein du palais d’El Mouradia.
Dans le contexte politique algérien, l’existence d’un lien de parenté, même indirect, avec l’entourage présidentiel est souvent instrumentalisée pour actionner des leviers de trafic d’influence. Le conseiller présidentiel, conscient de la proximité d’Ali Bakari avec l’épouse du chef de l’État — une figure écoutée et respectée par son mari —, a perçu cette situation comme une opportunité de carrière. En rendant service au parent par alliance de la première dame, le haut fonctionnaire espérait obtenir en retour des faveurs, des promotions et une progression rapide au sein de l’appareil d’État.
Le conseiller a personnellement mis Ali Bakari en contact avec le directeur général de la STAEM, Zahir Khaled. Pour ce dernier, qui se savait surveillé et faisait l’objet d’enquêtes de sécurité approfondies depuis 2022, l’arrivée d’un proche de la famille Tebboune a été accueillie comme une aubaine inespérée. Khaled a immédiatement cherché à utiliser cette relation pour s’attirer les faveurs du clan présidentiel, espérant acheter une immunité durable face aux investigations qui le menaçaient. C’est ainsi qu’Ali Bakari a été reçu officiellement dans les bureaux de la direction générale de la STAEM, en présence du conseiller présidentiel, pour se voir attribuer sans difficulté des quotas de distribution majeurs et hautement rentables.
Le cas de Khaled Aslaoui : Le traitement de faveur du fils de la magistrate
Un autre volet marquant de ce dossier concerne Khaled Aslaoui, le fils de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leila Aslaoui. Âgée de plus de 80 ans, cette haute magistrate dirige l’une des institutions juridiques les plus puissantes du pays. Son fils occupait quant à lui le poste stratégique d’assistant du directeur général chargé du développement commercial au sein de la STAEM.
De par ses fonctions, Khaled Aslaoui se trouvait au centre du dispositif de sélection des grossistes, de la répartition des volumes, de la facturation et de l’octroi des avantages commerciaux. Il gérait au quotidien les relations avec l’ensemble des distributeurs ayant bénéficié des largesses du système mis en place par Zahir Khaled.
Lorsque l’affaire a éclaté à l’automne 2025, une douzaine de cadres dirigeants de la société de tabac ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la prison de Koléa. Pourtant, Khaled Aslaoui a été écarté des poursuites majeures et a bénéficié d’une protection judiciaire flagrante. Ce traitement différencié s’explique par le poids institutionnel de sa mère, dont la position au sommet de l’appareil judiciaire a permis de préserver son fils des rigueurs de la détention provisoire, créant un vif contraste avec le sort réservé aux autres cadres de l’entreprise.
Chute de l’empire et règlements de comptes sécuritaires
L’implosion de la mafia des cigarettes est intrinsèquement liée à la chute de Hocine Boulahiya, plus connu sous le nom de Hocine Nacer, l’ancien patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Entre 2022 et 2025, la gestion et la surveillance du dossier du tabac en Algérie avaient été confiées à la Caserne Antar sous la direction de Nacer. Parallèlement, le chef de l’État avait ordonné à la fois à la DGSI et à l’office de Châteauneuf de la DGSN d’enquêter de manière pointilleuse sur la STAEM, avec l’objectif politique d’éjecter à terme les investisseurs émiratis de cette entreprise prospère.
Zahir Khaled, le patron de la STAEM, s’était longtemps maintenu à son poste grâce à la protection directe de Hocine Nacer. Cependant, dès que le chef des services secrets a été limogé à la fin du mois de mai 2025, puis poursuivi par le tribunal militaire de Blida en juillet, les alliances ont commencé à se fissurer. L’évasion spectaculaire de Nacer à la mi-septembre 2025 a précipité le déclenchement des procédures judiciaires militaires. Pour légitimer l’arrestation des complices de l’ancien patron de la DGSI, la justice militaire avait besoin de dossiers matériels indiscutables.
Sentant le vent tourner juste avant son arrestation en octobre 2025, Zahir Khaled a tenté de se retourner contre son ancien protecteur. Il a déposé plainte officielle contre Hocine Nacer, affirmant avoir été victime de racket, de chantage et de menaces de la part du chef de la sécurité intérieure pour justifier l’octroi de marchés opaques et le versement de commissions. Cette tentative de dernière minute n’a pas suffi à le sauver : Khaled a été incarcéré, tout comme Ali Bakari, le beau-frère du frère de la première dame, qui a finalement été placé en détention à la prison de Koléa après que ses protections politiques se sont avérées insuffisantes face à l’ampleur du scandale d’État.
L’affaire de la mafia des cigarettes demeure une illustration des luttes d’influence intenses qui traversent les cercles décisionnels algériens, où les intérêts financiers de structures monopolistiques croisent régulièrement les ambitions de pouvoir des clans familiaux et des services de renseignement.
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